les ruines de tagab
Difficile retour.


De retour d’Afghanistan, Damien n’est plus que l’ombre de lui-même. Muré dans le silence, des souvenirs effrayants le hantent nuit et jour.
Dans Les ruines de Tagab Cyril Legrais évoque avec justesse le retour d'un soldat brisé et Nina Jacqmin, après Tristesse de l’éléphant, nous enchante à nouveau avec son dessin délicat et doux. Un album qui remue.

Cyril Legrais met remarquablement en scène les mécanismes du choc post-traumatisme, la lente et difficile reconstruction, sans oublier le désarroi des proches. Avec un sentiment d’être inutile et un sentiment d’incompréhension, la famille de Damien assiste, impuissante, à sa lente descente aux enfers. C’est aussi l’histoire d’amitié de deux marginaux.

Malgré le sujet, le dessin de Nina Jacqmin dégage, avec ses tendres couleurs sépia, une certaine douceur, presque apaisante. Le sable et l’ocre dominent et rappellent le sable du désert d’Afghanistan qui envahit progressivement les nuits et les jours de Damien et dans lequel il s’enfonce de plus en plus. Le trait est beau, léger, fin, épuré. Tout est en jeux d’ombres et de lumière, sur une tonalité grise, et l’accent est mis sur les sentiments et les expressions des personnages.
Un magnifique album et une dessinatrice à suivre de très près.

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