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chanson douceUne nounou (presque) parfaite.

D’entrée de jeu Leila Slimani ne ménage pas son lecteur. Chanson douce s’ouvre sur le cri d’une mère : « le bébé est mort ». Un roman glaçant, sur fond de préjugés et de clivage social, écrit au scalpel et couronné par le prix Goncourt.

Myriam, mère de deux jeunes enfants décide de reprendre son travail. Après un casting sévère, Louise est engagée. Au départ les parents sont comblés par les qualités de la nounou : elle est parfaite, enviée par les couples d’amis, la perle rare. Petit à petit une alchimie s’installe entre Myriam et Louise, une sorte de dépendance qui conduira au drame.

Leila Slimani aborde entre autres les problèmes actuels de la parentalité dans les milieux bourgeois, le tiraillement entre la réussite professionnelle et les exigences de la vie familiale, les rapports de domination, d’argent.

Les faits qui mènent au drame ne sont pas très clairs, le passé de la meurtrière reste en partie mystérieux, cependant le suspens non résolu nous porte tout au long du roman. Un livre puissant que j’avais pourtant hésité à lire...

Christine G. : Dès les premiers lignes, j’ai été happée par le drame : la mort des deux enfants, l’horreur, immédiatement. Le lecteur qui connaît l’horrible fin, découvre un personnage fascinant, mystérieux, terriblement inquiétant et surtout l’ascendant que cette nounou prend sur le couple et les enfants. Le piège d’une dépendance mutuelle peu à peu se renferme.

Avec un style percutant, un ton sec et haletant comme dans un thriller, l'auteure nous parle de la place de la femme, des préjugés, d’éducation, de maltraitance, des clivages sociaux. Une vraie découverte, un auteur.