station elevenShakespeare for ever !

Avec Station eleven, Emily Saint John Mandel nous emmène sur une scène de théâtre à Toronto. Un soir, l'acteur principal meurt d'un crise cardiaque lors de la représentation du Roi Lear. Au même moment, une pandémie se déclare qui va décimer 99 % de la population mondiale. Très vite, nous partons une vingtaine d'années plus tard retrouver une troupe itinérante qui joue Shakespeare et offre des concerts de musique classique.

Si la représentation du Roi Lear à Toronto est le pivot de l'histoire, nous allons remonter le passé de plusieurs personnages, tous liés à l'acteur principal ou présents lors de sa mort, et accompagner la compagnie dans ses pérégrinations. Grâce à une écriture simple, mais au travers d'une construction très travaillée, Emily Saint John Mandel alterne le passé et le présent, elle brouille les pistes mais finit par nous conduire là où elle veut.

La force de cette chronique est de ne pas centrer le récit sur l'épidémie et son cortège de drames, mais au contraire d'évoquer la reconstruction d'êtres humains dans un monde d'absolu dénuement où l'opulence d'autrefois n'est plus qu'un vague souvenir pour les plus âgés. Kirsten, Clark et les autres sont des êtres d'une grande humanité auxquels on s'attache tout de suite. Mais les pages se tournent trop vite et il faut déjà les quitter, eux qui auraient encore tant de choses à nous raconter.

Emily Saint John Mandel réussit le tour de force d'écrire un roman d'anticipation aux images fortes, souvent empreint de poésie qui est aussi un récit intimiste.

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