le traitreDans son dernier film, le traître le réalisateur italien Marco Bellocchio dénonce à nouveau les travers de son pays et dresse le portrait d’un parrain repenti Tommaso Buscetta.

1986 : alors que la guerre fait rage au sein de la Cosa Nostra, Tommaso Buscetta, de crainte de représailles pour sa famille, fuit au Brésil. Arrêté par la police et extradé, il décide de collaborer avec la justice et de rencontrer le Juge Falcone. Il devient alors le traître, celui qui, en brisant l’Omerta, va permettre de démanteler la mafia qui infuse toute la société italienne jusqu’à ses plus hauts représentants politiques.

Des années de plomb jusqu’au maxi-procès de Palerme, on suit la trajectoire du repenti et son cheminement interne. Si la scène d'ouverture décrit une réunion de famille digne du Parrain de Coppola, le ton du film change par la suite. Loin des règlements de compte à coups d’assassinats le réalisteur privilégie les joutes verbales, jouant sur la force des mots. A ce propos, la scène des échanges entre Buscetta et Falcone est criante de vérité. Le héros passe de la figure mythique du gangster à celle un homme de principes. Un film social, politique et une réussite !