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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Alléluia ! Leonard Cohen revient

5 thèmes | 18 oeuvres
L'anecdote est racontée par un journaliste canadien, invité à Los Angeles pour une écoute en avant-première de "Popular Problems", le nouvel album de Leonard Cohen : en 2012, lors d'une séance similaire pour le disque "Old ideas", Tom Morello, guitariste du groupe de métal Rage Against The Machine, s'était pointé sans invitation, trop impatient d'écouter les nouvelles chansons... Tout Cohen est là : à 80 ans tout juste, le crooner de Montréal reste plus pertinent que jamais, et pas seulement pour les vieux fans de sa veine acoustique inaugurée en 1967 ("Songs of Leonard Cohen", avec les inusables «Suzanne» et «So Long Marianne»). Il poursuit en réalité un parcours artistique multiforme, entamé dès 1954 par la publication de ses premiers poèmes.

L'homme de la Renaissance

En plongeant dans la biographie de Leonard Cohen, on découvre un véritable voyageur. Poète publié dès 1954 et toujours actif, exilé en Grèce dès 1960, romancier, dessinateur à ses heures, passionné de photographie et de cinéma, observateur et acteur des religions, c'est l'ensemble de ces expériences multiples et renouvelées qui vient nourrir chacun de ses nouveaux disques.

Le livre du désir

A la sortie de son premier album, "Songs of Leonard Cohen" (1967), le chanteur canadien a déjà 33 ans et une belle carrière littéraire à son actif, ayant publié plusieurs recueils de poèmes depuis 1956 ainsi que deux romans, dont l'expérimental "Beautiful Losers" ("Les perdants magnifiques", chez 10/18 en France, facilement trouvable d'occasion). Mis entre parenthèses par son succès discographique, cet autre talent n'a jamais été abandonné, comme le montre ce recueil de dessins et de poèmes inspirés de William Yeats, auquel il a travaillé près de 10 ans.

Leonard Cohen : I'm your man

Bâti autour d'un concert-hommage donné en 2005 à l'opéra de Sydney par Nick Cave, Rufus Wainwright, Jarvis Cocker (Pulp), Laurie Anderson et autres fans, ce documentaire est surtout une passionnante biographie de Leonard Cohen : son enfance à Montréal, sa carrière de poète précoce, son exil en Grèce en 1960, de nombreux aspects méconnus de sa vie sont évoqués grâce à des archives et interviews.

Laetitia Casta

Oubliez son image d'austère poète canadien, Leonard Cohen, il suffit de lire ses poèmes et paroles pour s'en rendre compte, est un «ladies' man» particulièrement inspiré par la sensualité féminine. Et c'est bien le sujet principal de la photographe française Dominique Issermann, qui fut sa compagne et explore le thème depuis 30 ans, pour la publicité et la presse féminine. Également réalisatrice de clips et auteur de pochettes de disque, elle a l'an dernier signé celle de "Push the sky away", l'album du Cohen-maniaque Nick Cave.

Leonard Cohen par lui-même

Spécialiste de la scène folk au magazine "Rock&Folk" dès 1967, Jacques Vassal suit donc Leonard Cohen depuis son premier album. Il s'est aussi attelé à la traduction des poèmes du crooner ("Le livre du désir", 2006). C'est dire si cette biographie construite à partir de multiples entretiens est passionnante. Sans cacher leur admiration (le chanteur est présenté comme une «conscience universelle»...), les auteurs explorent toutes les dimensions du personnage – ses multiples talents artistiques, sa quête religieuse, sa vie privée...

  Livre doc
Leonard Cohen par lui-même
Auteur: Brierre, Jean-Dominique
Edition: Cherche midi
Collection: Autoportraits imprévus

L'inattendu

Innover, fuir la répétition, ne jamais se trouver là où l’on vous attend : en dépit d'une image de troubadour folk forgée par ses premiers succès, Leonard Cohen n'a jamais cessé, depuis, de se remettre en cause. Certes plus discrètement qu'un Bob Dylan, qui accomplit une mue spectaculaire au milieu des années 60 pour échapper à son statut de protest singer. Mais en cherchant perpétuellement de nouveaux sons, chez Phil Spector ou dans l'électronique, en variant les thèmes et même les looks !

I'm your man

Dans les années 80, les dinosaures du disque souffrent : les Rolling Stones sont séparés de fait, Bob Dylan a perdu l'Inspiration, Paul McCartney sort quelques-uns de ses pires albums, sans parler de ceux de Neil Young. Leonard Cohen, lui, revit et réussit l'aventure d'un son renouvelé. Depuis "Various Positions", en 1984, il utilise synthés et chœurs féminins. Cette nouvelle direction se confirme, quatre ans plus tard, avec cet album très coté. En 1991, le morceau-titre, devenu l'un de ses plus connus, donnera son nom à l'album hommage réalisé par la crème des artistes d'alors (Nick Cave, R.E.M., Pixies...).

Death of a ladies' man

Curieux attelage que celui formé sur cet album par Cohen et Phil Spector, l'incontrôlable producteur resté célèbre pour son «mur de son», les arrangements luxuriants qu'il a imaginés pour les singles des Ronettes («Be My Baby») ou de Ike & Tina Turner («River Deep, Mountain High»). Le génie chasse le chanteur du studio après avoir capté ses premières prises de voix, puis se charge d'imprimer sa marque sur les morceaux. Cohen commencera par désavouer le résultat, mais par la suite il révisera son jugement en jouant sur scène les versions «spectoriennes» de certains morceaux, notamment le magnifique «Memories».

  CD
Death of a ladies' man
Auteur: Cohen, Leonard (1934-....)
Edition: Sony Music

I'm Not There

Dans ce film curieux, six acteurs différents incarnent des personnages imaginaires fortement inspirés des différentes périodes de la vie de Bob Dylan. C'est ainsi une femme, Cate Blanchett, qui joue le rôle de Jude Quinn, calqué sur le Dylan diaphane et filiforme de 1965/1966, au moment d'abandonner le folk des puristes pour un rock décapant. Résultat : un hommage réussi à la complexité d'un chanteur trop souvent réduit à sa caricature de "protest singer". Le tout aussi versatile Leonard Cohen mériterait le même traitement...

Le déclin de l'empire américain

A croire le réalisateur canadien David Cronenberg, ses compatriotes sont si raisonnables qu'ils écoutent toutes les opinions, au risque de la paralysie : «C’est très canadien, cet équilibre. C’est une qualité, mais ça devient vite maladif.» La patrie de Leonard Cohen recèle pourtant une dimension fantasque, révélée par son cinéma, comme dans ce film de Denys Arcand (qui a eu deux suites) où quatre couples parlent jusqu'à plus soif de leurs mœurs sexuelles. On aurait pu aussi choisir "C.R.A.Z.Y" (Jean-Marc Vallée, 2005), sur l'enfance d'un homosexuel dans le Québec des années 60 ; "Starbuck" (Ken Scott, 2011), l'histoire d'un donneur de sperme géniteur de 533 enfants ; ou "Lawrence Anyways" (Xavier Dolan, 2012), sur le parcours d'un transsexuel joué par Melvil Poupaud.

Le crooner

Tout bien réfléchi, Leonard Cohen est d'abord une voix, seule constante d'une longue carrière multiforme. L'homme aura tout essayé - écriture ou chant, textes engagés ou confessions intimes, guitare acoustique ou synthétiseurs, veste de treillis ou costume de bonne facture, judaïsme, christianisme et bouddhisme – mais au final son timbre est bien le fil rouge. Et c'est bien cette voix de basse, influence majeure de Nick Cave et de bien d'autres, que l'on retrouve aujourd'hui dans un album pourtant produit au goût du jour par l'habile faiseur Patrick Leonard, réalisateur de tubes pour Elton John ou Madonna.

Popular Problems

A 80 ans, Leonard Cohen pourrait se reposer sur ses lauriers. Mais à l'image de son travail scénique (il donne de passionnants concerts-fleuves sans se contenter de chanter un "best of"), ce nouvel album refuse la nostalgie. Toujours capable de la plus dépouillée des chansons d'amour folk («Did I ever love you»), il ne s'enferme pas dans ce genre et confie la réalisation du disque au producteur Patrick Leonard, connu pour son travail avec Elton John ou Madonna. En quête de nouveaux sons, Cohen travaille en artisan, livrant une chanson sur laquelle il travaillait depuis le 11 Septembre («A Street»), et une autre en chantier depuis 30 ans («Born in chains»), dont il se dit toujours insatisfait ! Ce sera pour la prochaine fois : la moitié du prochain disque est déjà en boîte...

Popular problem
GAM
Popular problem
Auteur: Cohen, Leonard (1934-....)
Edition: Sony Music

From her to eternity

Avec cette première œuvre en solo, le chanteur australien se démarque de l'image «punk gothique» forgée au sein de son groupe The Birthday Party et s'affirme comme un "songwriter" de premier rang. Pour afficher sa mue, il ouvre l'album par «Avalanche», une reprise de Leonard Cohen, qu'il a toujours cité comme une influence majeure et dont il partage l'éclectisme (romans, cinéma...) et le goût pour un chant très grave. Depuis 30 ans, sur scène ou sur disque, Nick Cave a multiplié reprises et hommages à son aîné. La pochette de son dernier album, "Push the sky away" (2013), a même été photographiée par Dominique Issermann, l'ex-compagne de Cohen.

Ray of Light

S'il faut une preuve que Leonard Cohen n'est jamais là où on l'attend, cet album de Madonna la fournit. Largement produit par l'anglais William Orbit, il a contribué à diffuser auprès du grand public international les sons expérimentaux de l'electro. Autre producteur également aux manettes, notamment sur l'énorme tube «Frozen», l'Américain Patrick Leonard travaille aujourd'hui avec Cohen, pour qui il a réalisé Old ideas (2012), le plus gros succès de sa carrière, et le nouveau "Popular problems".

Le parrain

Comme pour Bob Dylan, l'importance de Leonard Cohen se mesure à l'aune de l'armée d'artistes qui se réclament de lui, du côté de la très vivace nouvelle scène folk mais aussi dans des univers musicaux a priori totalement différents, où c'est l'écriture et la liberté artistique du Canadien qui servent d'exemple. Venu d'Australie avec son punk rock gothique, Nick Cave entame ainsi sa carrière solo, en 1984, par une reprise de Cohen placée en ouverture de son premier disque.

From her to eternity

Avec cette première œuvre en solo, le chanteur australien se démarque de l'image «punk gothique» forgée au sein de son groupe The Birthday Party et s'affirme comme un "songwriter" de premier rang. Pour afficher sa mue, il ouvre l'album par «Avalanche», une reprise de Leonard Cohen, qu'il a toujours cité comme une influence majeure et dont il partage l'éclectisme (romans, cinéma...) et le goût pour un chant très grave. Depuis 30 ans, sur scène ou sur disque, Nick Cave a multiplié reprises et hommages à son aîné. La pochette de son dernier album, "Push the sky away" (2013), a même été photographiée par Dominique Issermann, l'ex-compagne de Cohen.

I'm your fan : the songs of Leonard Cohen by...

R.E.M., Ian McCulloch (Echo & the Bunnymen), Pixies, Nick Cave... En 1991, la crème du rock d'alors se réunit pour cet album-hommage à l'initiative des "Inrockuptibles", qui décrocheront aussi des contributions de Jean-Louis Murat («Avalanche») et de l'ex-Velvet Underground John Cale, qui vient alors de reformer le groupe avec Lou Reed. Ce "tribute" d'excellente tenue (John Cale livrant une époustouflante version de «Hallelujah» qui inspirera celle de Jeff Buckley) a largement contribué à la réputation de Cohen, bien au-delà du cercle de ses fans initiaux.

  CD
I'm your fan
Edition: Sony Music France

Michigan

Devenues confidentielles dans les années 80, la musique folk et la tradition du "singer-songwriter" connaissent depuis une quinzaine d'années un revival passionnant incarné par de jeunes musiciens dépourvus de toute tentation puriste, qui retiennent l'incroyable liberté de cette musique plus que sa caricature «guitare acoustique et paroles engagées» dont ont souffert Leonard Cohen ou Bob Dylan. Parmi d'autres, cet Américain né en 1975 à Detroit (Michigan) s'est révélé avec ce disque consacré à son Etat natal, tout en finesse acoustique alors qu'il donnait jusque-là dans l'électronique ! Chacun des autres 49 Etats américains devait faire l'objet d'un album, mais il s'est arrêté à "Illinois" (2004). Tout en poursuivant dans la veine folk, il a depuis livré des disques orchestraux ou expérimentaux ("The age of ADZ, 2010").

Figure 8

Mort à 35 ans en 2003, cet Américain fût la caricature du folkeux dépressif des années 90 comme Leonard Cohen l'avait été vingt ans plus tôt. Comme dans le cas de son aîné, sa palette musicale et thématique était pourtant bien plus étendue. De même que Cohen chante plus souvent les femmes de passage que la politique ou la société, Elliott Smith était surtout un expert ès "love songs" mélodiques, sous une influence Beatles que cet ultime album, délaissant l'acoustique pour une orchestration pop rock aux harmonies vocales angéliques, révéla enfin.

  CD
Figure 8
Auteur: Smith, Elliott (1969-2003)
Edition: Skg Music

Saint Cohen

La religion tient un rôle central dans la vie et la carrière de Leonard Cohen. Tour à tour juif pratiquant, tenté par Jésus puis converti au bouddhisme, il a tout lâché, en 1994, pour se retirer dans un monastère proche de Los Angeles où il devient le moine Jikan («le silencieux»). Pas toujours facile à suivre, son parcours religieux est resté une quête personnelle, informant son travail sans jamais sombrer dans le prosélytisme.

Leonard Cohen : I'm your man

Bâti autour d'un concert-hommage donné en 2005 à l'opéra de Sydney par Nick Cave, Rufus Wainwright, Jarvis Cocker (Pulp), Laurie Anderson et autres fans, ce documentaire est surtout une passionnante biographie de Leonard Cohen : son enfance à Montréal, sa carrière de poète précoce, son exil en Grèce en 1960, de nombreux aspects méconnus de sa vie sont évoqués grâce à des archives et interviews.

Tea for the Tillerman

Véritable collection de tubes («Where do the children play», «Sad Lisa», «Father and son»...), cet album rappelle quelle star était Cat Stevens au tournant des années 70. Comme Leonard Cohen devenu moine bouddhiste dans les années 90, il a pourtant brutalement interrompu sa carrière après une conversion religieuse. Devenu Yusuf Islam et accusé de prôner un islam radical (notamment au moment de la fatwa iranienne contre l'écrivain Salman Rushdie), il est ensuite, lui aussi, revenu à la musique et à la scène, citant en exemple le retour de... Leonard Cohen, avec il partage d'ailleurs son agent.

Leonard Cohen par lui-même

Spécialiste de la scène folk au magazine "Rock&Folk" dès 1967, Jacques Vassal suit donc Leonard Cohen depuis son premier album. Il s'est aussi attelé à la traduction des poèmes du crooner ("Le livre du désir", 2006). C'est dire si cette biographie construite à partir de multiples entretiens est passionnante. Sans cacher leur admiration (le chanteur est présenté comme une «conscience universelle»...), les auteurs explorent toutes les dimensions du personnage – ses multiples talents artistiques, sa quête religieuse, sa vie privée...

  Livre doc
Leonard Cohen par lui-même
Auteur: Brierre, Jean-Dominique
Edition: Cherche midi
Collection: Autoportraits imprévus
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