Connexion

logomamediateque2

Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Jagger / Richards : Je t'aime, moi non plus

5 thèmes | 18 oeuvres
«Mick Jagger et moi, c'est un mariage, dit souvent Keith Richards. On s'engueule, mais il faut bien s'occuper du bébé.» Dans la formidable longévité de ce «bébé» - les Rolling Stones, ce 13 juin au Stade de France - il y a avant tout celle du duo formé par le chanteur et le guitariste, qui se sont eux-mêmes inventés, vers 1969, un surnom de jumeaux (les «Glimmer twins»). Camarades d'école devenus amis par amour de Chuck Berry et du blues, puis co-auteurs de l'œuvre du groupe, il y a longtemps qu'ils ne se supportent plus, mais savent qu'ils ne sont rien sans l'autre. En un demi-siècle de carrière, ils auront connu l'entente idyllique, la cohabitation orageuse et la tentation du divorce, avant d'arriver au mariage de raison. Toutes les figures du couple créatif...

A l'ombre

Ceux-là n'ont jamais présenté leur travail comme une réalisation commune, pas même Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, alors même que leur union très libre fut indéfectible surtout du côté de l'engagement et du soutien à l'œuvre de l'autre. Dans ces couples déséquilibrés, le rôle du personnage de l'ombre mérite d'être réhabilité : c'est bien Tina Turner, avec ses réinterprétations de morceaux rock, qui a emmené son duo avec Ike au sommet, tandis que le méconnu pianiste et arrangeur Billy Strayhorn a été la cheville ouvrière de l'orchestre de Duke Ellington pendant 25 ans.

Live in '71

Longtemps inédite, cette bande filmée par la télé néerlandaise témoigne de ce qu'était la «Ike & Tina Turner Revue» au faîte de sa gloire : le pionnier du rock Ike Turner (1931-2007) et sa femme revisitent, à l'instigation de cette dernière, des morceaux rock ("Come Together" des Beatles, "Honky Tonk Women" des Stones, "Proud Mary" de Creedence Clearwater Revival...) qui deviennent à la fois des tubes et, sur scène, des moments d'anthologie. En 1976, ne supportant plus le revers (drogues et violences) de cette association miraculeuse, Tina Turner s'échappera pour redémarrer de rien et réussir, dans les années 80, le comeback que l'on sait.

Piano Duets – Great Times!

Arrangeur de Duke Ellington de 1939 à sa mort en 1967, le pianiste Billy Strayhorn est resté dans l'ombre du maître alors même qu'il a signé quelques uns des morceaux les plus célèbres de l'orchestre, dont "Take the A train", rare moment de lumière pour ce «numéro 2» capable de jouer dans le même style que son patron. Ellington, autodidacte notant ses compositions de manière toute personnelle, avait besoin de lui pour convertir ses compositions en partitions compréhensibles, ainsi que, souvent, pour mettre en forme ses idées et finir ses morceaux. A la mort de Strayhorn, il confia ce rôle à son propre fils, Mercer.

Les amants de la liberté, Sartre et Beauvoir dans le siècle

«La légende de ce couple a changé nos mœurs» (Michel Contat, écrivain spécialiste de Sartre). Belle formule car si le «pacte» passé entre les deux philosophes peu après leur rencontre, en 1928, est resté célèbre (à côté de notre amour nécessaire, gardons la liberté d'avoir des «amours contingentes»), il s'agissait bien pour une part d'une légende. En réalité, cette liberté s'est payée de rancœurs, de quiproquos et de souffrances. Peu importe : dans l'engagement, le travail, la carrière, ces deux deux-là se sont toujours soutenu et sublimé l'un l'autre.

A l'unisson

Un concert des Stones, c'est pour l'essentiel des morceaux écrits au cours de leurs 15 premières années de collaboration. Une entente miraculeuse, à l'époque, entre deux hommes capables de s'enfermer en tête à tête pour «pondre» des chansons sur commande, mais aussi de magnifier les propositions de l'autre (le texte de Jagger sur le riff de "Satisfaction" apporté par Richards, ou au contraire le travail en studio du guitariste pour arranger le "Sympathy for the devil" du chanteur). Au final, comme aujourd'hui chez le jeune groupe Gush ou encore dans le cinéma des frères Coen, bien malin qui peut dire qui a fait quoi...

One + One (Sympathy for the Devil)

En juin 1968, Godard filme les Stones enregistrant "Sympathy for the Devil". La chanson, une de leurs meilleures, est signée Mick Jagger, mais en studio, le guitariste Keith Richards l'accouche : il suggère un rythme de samba et le dicte à Charlie Watts, relègue Bill Wyman aux percussions et se charge de la basse, dirige le chœur des fameux «oooh-oooh»... Aiguillonné, Jagger livre une performance vocale époustouflante. Sous nos yeux, deux jeunes hommes de 25 ans s'entendent sans guère se parler pour faire d'une bonne chanson un chef d'œuvre.

Aftermath

Sorti au printemps 1966, ce quatrième album des Stones est le premier entièrement composé par Jagger-Richards. Depuis "Satisfaction", à l'été précédent, le groupe délaisse les reprises de blues et de rhythm&blues au profit des morceaux du duo. Face à eux, Brian Jones perd définitivement la main : le disque doit beaucoup à son talent de multi-instrumentiste mais il n'écrit rien. Jagger et Richards, eux, ont trouvé la formule : rocks sexistes ("Under my thumb", "Stupid girl"), chroniques pop à la Dylan ("Mother's Little Helper", "Paint it black"), ballades ("Lady Jane"), blues ("Goin' Home") et country ("High and dry"), ils utilisent désormais toute leur palette en véritables maîtres.

Mira

Sur ce deuxième album, les Gush font évoluer leur pop rock à guitares vers un son plus moderne, délibérément calibré «French Touch» dans la foulée des groupes de chez nous qui réussissent à s'imposer à l'étranger, comme Phoenix. En revanche, ce groupe formé, il y a dix ans, par deux frères et leurs deux cousins («Siblings», donc, selon le titre du single) a gardé l'habitude des rôles interchangeables (tout le monde écrit, arrange et joue de tout) et des magnifiques harmonies vocales – pour chanter ensemble comme ces quatre-là, il faut avoir partagé des chambres d'enfant...

Fargo

A un biographe qui les sollicitait, ils avaient répondu : «Nous voyons que vous avez écrit un livre sur Laurel et Hardy. Republiez-le en mettant Joel et Ethan à la place, ce sera très bien». En 30 ans, ces frères de 59 et 56 ans ont écrit, produit et réalisé 17 films à quatre mains, en allant souvent jusqu'à signer le montage sous un pseudo commun. A l'aise dans la comédie ("The Big Lebowski", 1998) comme dans le film de genre revisité (le western "True Grit", 2010), ou le thriller, avec "Fargo" qui se déroule dans leur Minnesota natal enneigé, mais où les températures polaires ne refroidissent pas les ardeurs des barjots pour autant...

A quatre mains

Les vrais couples créatifs, ceux chez qui on ne sait pas vraiment qui fait quoi, sont rares. Chez les Stones, l'équation «musique de Richards, paroles de Jagger» est le plus souvent erronée. De même, le tandem d'auteurs de polars Boileau-Narcejac n'a jamais révélé ses secrets de fabrication. Les frères Goncourt écrivaient réellement à quatre mains. Et si les frères Coen s'attribuent des rôles au générique (Joel à la réalisation, Ethan à la production), c'est par pure commodité, alors qu'en réalité ils sont coauteurs des scénarios et tous deux au charbon derrière la caméra ou au montage.

Quarante ans de suspense (volume 1)

Alors que chacun avait déjà une carrière d'écrivain, ces deux-là décidèrent de s'effacer derrière cette curieuse signature, sans jamais s'étendre sur la répartition des rôles, même si l'on sait que Boileau était plutôt à l'intrigue et Thomas Narcejac (1908-1998) à la plume. Pas d'ego et priorité à l'histoire, avec de vraies réussites comme "Celle qui n'était plus" (qui deviendra "Les Diaboliques" au cinéma) et "D'entre les morts" (la base du "Vertigo" d'Hitchcock), toutes comprises dans ce premier volume de leurs œuvres complètes.

Fargo

A un biographe qui les sollicitait, ils avaient répondu : «Nous voyons que vous avez écrit un livre sur Laurel et Hardy. Republiez-le en mettant Joel et Ethan à la place, ce sera très bien». En 30 ans, ces frères de 59 et 56 ans ont écrit, produit et réalisé 17 films à quatre mains, en allant souvent jusqu'à signer le montage sous un pseudo commun. A l'aise dans la comédie ("The Big Lebowski", 1998) comme dans le film de genre revisité (le western "True Grit", 2010), ou le thriller, avec "Fargo" qui se déroule dans leur Minnesota natal enneigé, mais où les températures polaires ne refroidissent pas les ardeurs des barjots pour autant...

L'indiscrétion des frères Goncourt

Tenu à quatre mains à partir de 1851, le "Journal" de Jules et Edmond Goncourt a la mauvaise réputation que méritent son antisémitisme et sa mysoginie. Roger Kempf y voit cependant davantage que des "Mémoires de la vie littéraire" de la deuxième moitié du XIXe siècle. Car s'ils tiennent la chronique des succès, échecs, dîners et manigances de l'édition d'alors, les frères, libérés de tout ego par l'écriture à deux, livrent aussi le moindre détail de leurs vies quotidiennes, jusqu'au sordide, avec une «indiscrétion» qui annonce l'exhibitionnisme de l'autofiction.

The songs of Leiber&Stoller

"Hound dog", "Kansas City", "Stand by me", "Jailhouse rock"... La plupart des chansons de cette collection sont familières, dans leur version originale ou au travers de multiples reprises. Des tubes écrits, dès le début des années 50, pour des artistes noirs par ces deux blancs new yorkais dont la double signature a fait rêver plusieurs générations d'auteurs-compositeurs. A commencer par ceux des Beatles et des Stones, qui adoptèrent l'habitude de parapher Lennon-McCartney et Jagger-Richards (sans que cela indique forcément une vraie collaboration), au départ, pour le plaisir d'imiter Leiber&Stoller et autres duos mythiques du Brill Building (Goffin-King, Mann-Weil...)

Désaccords

Quand les unions créatives en viennent au conflit, voire aux mains, la fin est souvent proche. La tentative d'atelier commun des peintres Gauguin et Van Gogh s'est terminée dans un bain de sang (celui de l'oreille du Néerlandais), et l'album "Pet sounds" a sonné le glas du rôle dominant de Brian Wilson au sein des Beach Boys, le reste du groupe lui reprochant son échec commercial. Mais la guéguerre ne nuit pas toujours au travail. La musique d'Ike et Tina Turner fut ainsi à son meilleur à une époque où la chanteuse était en proie aux diktats (et aux coups) de son mari-manager-producteur. Et les Stones, jusqu'aux années 90, se sont montrés capables de ravaler leurs rancœurs, au moins le temps d'un disque.

Voodoo Lounge

Eternel débat : quel est le dernier album valable des Stones ? Les puristes calent à "Exile on Main Street" (1972), les laxistes poussent jusqu'à "Tattoo You" (1981), rarement au-delà. Ce disque, sorti il y a 20 ans, est pourtant un sérieux candidat. Après la séparation de fait des années 80 et des albums solo à ranger entre «mauvais» (Jagger) et «inégal» (Richards), les deux hommes écrivent les yeux dans les yeux, chantent à deux voix ("Sweethearts together", "The Worst"), marient guitare et harmonica façon "Midnight Rambler" sur un funk salace ("Suck on the jugular")... et la magie d'antan revient.

Live in '71

Longtemps inédite, cette bande filmée par la télé néerlandaise témoigne de ce qu'était la «Ike & Tina Turner Revue» au faîte de sa gloire : le pionnier du rock Ike Turner (1931-2007) et sa femme revisitent, à l'instigation de cette dernière, des morceaux rock ("Come Together" des Beatles, "Honky Tonk Women" des Stones, "Proud Mary" de Creedence Clearwater Revival...) qui deviennent à la fois des tubes et, sur scène, des moments d'anthologie. En 1976, ne supportant plus le revers (drogues et violences) de cette association miraculeuse, Tina Turner s'échappera pour redémarrer de rien et réussir, dans les années 80, le comeback que l'on sait.

Pet Sounds, l'achèvement de Brian Wilson

Sous la houlette d'un père violent, les trois frères Wilson, leur cousin et un ami ont commencé par revisiter Chuck Berry à la sauce "surf", avec les plus belles harmonies vocales des années 60. L'aîné Brian, fasciné par le travail du producteur Phil Spector, fait preuve d'une folle ambition, incarnée par cet album et le single "Good Vibrations", écrits et enregistrés à 23 ans. La communauté pop mondiale, Beatles en tête, s'incline alors devant le chef d'œuvre. Mais c'est un flop commercial. La santé mentale de Brian Wilson n'y résistera pas : désavoué par son propre groupe, il n'atteindra plus jamais ces sommets.

Van Gogh et Gauguin, l'atelier du Midi

A l'automne 1888, Paul Gauguin quitte la Bretagne pour Arles, où il s'installe chez Vincent Van Gogh. Les deux hommes, désargentés, veulent malgré tout créer un «atelier du Midi», une communauté où d'autres artistes finiraient par les rejoindre. Mais ils se querellent tant, que l'expérience s'achève dès la veille de Noël, par le célèbre épisode de l'oreille coupée. Pourtant ces quelques semaines de travail en commun, d'influences réciproques, de critiques et de débats sur l'art auront un profond effet sur la suite de leurs carrières, comme le raconte le catalogue de cette exposition tenue au musée Van Gogh d'Amsterdam au printemps 2002.

Le frère que je n'ai jamais eu

Certains créateurs sont tellement associés dans l'imaginaire collectif qu'on jurerait leurs œuvres communes, même quand ce n'est pas le cas, ou si peu. François Truffaut et Jean-Luc Godard n'ont jamais travaillé ensemble, mais leur amitié et leurs regards croisés sur le cinéma de l'autre furent si intenses qu'ils ont fini par former un couple de légende. De même, l'histoire commune de Van Gogh et Gauguin va bien au-delà de leur courte (et orageuse) collaboration, tout comme celle d'Hergé avec l'autre pape de la «ligne claire» en BD, Edgar P. Jacobs, le créateur de "Blake et Mortimer".

Deux de la vague

De leur rencontre en 1949 à leur rupture définitive en 1973, ils ont révolutionné le cinéma français. Sans jamais travailler ensemble (même si Godard tourne son premier film, "A bout de souffle", sur un court script de Truffaut), mais souvent l'un par rapport à l'autre. Le critique Antoine de Baecque, biographe des deux hommes, a écrit ce documentaire qui examine cette collaboration à distance, de plus en plus difficile à mesure que leurs cinémas s'éloignaient, surtout après 1968. Leur échange de lettres final est un modèle de rupture : à Godard qui, après avoir vu "La nuit américaine", le traite de «menteur» tout en le tapant pour son prochain film, Truffaut répond qu'il n'est qu'un «dandy» et... «une merde».

La damnation d'Edgar P. Jacobs

Jagger, le maniaque du professionnalisme contre Richards, le vagabond... Dans la fiction aussi, les couples adoptent le modèle clown blanc/Auguste. Et le second a souvent plus d'intérêt. A la télé, on se souvient d'"Amicalement Vôtre" pour l'exhubérant Danny Wilde, pas pour Lord Sinclair. Même chose en BD avec Haddock, Obélix, Fantasio... et Mortimer. Cette biographie révèle que la tension entre fantaisie et sérieux traversait la personnalité d'Edgar P. Jacobs, baryton raté, artiste frustré et d'une créativité qui donna une collaboration orageuse avec Hergé entre 1942 et 1947. C'est piqué au vif par l'imagination de son rival que l'auteur de Tintin se serait lancé dans ses épisodes les plus audacieux, "Les 7 boules de cristal/Le temple du Soleil et Objectif Lune/On a marché sur la Lune". By Jove !

Van Gogh et Gauguin, l'atelier du Midi

A l'automne 1888, Paul Gauguin quitte la Bretagne pour Arles, où il s'installe chez Vincent Van Gogh. Les deux hommes, désargentés, veulent malgré tout créer un «atelier du Midi», une communauté où d'autres artistes finiraient par les rejoindre. Mais ils se querellent tant, que l'expérience s'achève dès la veille de Noël, par le célèbre épisode de l'oreille coupée. Pourtant ces quelques semaines de travail en commun, d'influences réciproques, de critiques et de débats sur l'art auront un profond effet sur la suite de leurs carrières, comme le raconte le catalogue de cette exposition tenue au musée Van Gogh d'Amsterdam au printemps 2002.

logo departement

Notre newsletter

MDDS - Médiathèque des Deux-Sèvres

298, Route de Coulonges

79000 Niort

Tél. : 05 49 26 28 20

 

28, rue des Epinettes

79100 Thouars

Tél : 05 49 66 09 60