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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Lou Reed

5 thèmes | 19 oeuvres
Depuis qu’il a participé au changement du cours de l’histoire du rock’n’roll avec le Velvet Underground, Lou Reed est resté le seul musicien réellement dangereux de sa génération. Un de ces artistes dont on ne sait quelle bombe ils sont encore capables d’allumer. Tous les journalistes qui l’ont rencontré vous diront que, devant lui, ils n’en menaient pas large. « Je crée des vibrations sans rien dire. Simplement en étant présent dans une pièce. » Cette odeur de soufre venait d’une œuvre remplie de drogues, de drag queens, de prostitués, d’errances urbaines... Toutes ces histoires vécues à la première personne, après une enfance réglée à coups d’électrochocs. A 71 ans, Lou Reed laisse une des œuvres les plus importantes de la deuxième moitié du XXème siècle, un véritable pont entre poésie et rock’n’roll.

Au commencement était le Velvet

Une déflagration à retardement. Une explosion dont l’onde de choc se propage encore. A sa sortie, le premier album du groupe ne rencontra qu’une poignée d’amateurs. Puis, les carrières solo de Lou Reed, John Cale et Nico, la renommée d’Andy Wahrol, firent que de plus en plus de monde (re)découvrit The Velvet Underground qui devint et qui reste une des influences les plus importantes du rock.

1969

On prête à Brian Eno ces propos : « Mille personnes, peut-être, avaient acheté le premier album du Velvet (The Velvet Underground & Nico, sorti en 1967 avec la fameuse banane d’Andy Warhol), mais toutes ont monté un groupe ». Cet album live est un must. Il a été enregistré par un fan, dans des petits clubs, sur un magnéto à bandes au cours de deux concerts.

Berlin

Le succès de l’album Transformer avec son hit planétaire "Walk on the wild" "side," produit en 1972 par David Bowie dont le Velvet reste une des principales influences, ne va pas, pour autant, rendre Lou Reed plus serein. "Berlin" est une splendeur dépressive portée par la production et les arrangements (cordes, cuivres) de Bob Ezrin. Dix chansons presque susurrées sur ses thèmes récurrents. L’étoile noire du rock.

Paris 1919

John Cale, le Gallois, débarqué aux Etats-Unis sa formation musicale classique sous le bras, est celui qui a introduit le violon pour donner ce son si particulier au Velvet Underground. Sorti la même année que "Berlin" de Lou Reed, son ancien compagnon de route, "Paris 1919" reste un des plus beaux album de John Cale.

Songs for Drella

Les tensions avec Lou Reed étant devenues insupportables, John Cale, cofondateur du groupe, quitte le Velvet en 1968. Dire qu’ils étaient en froid est un euphémisme... Pourtant, 25 ans plus tard, ils travaillèrent ensemble pour créer "Songs for Drella", un album hommage à Andy Warhol, leur mentor et fondateur de la "Factory". Quinze titres qui forment un petit opéra. Magnifique.

  CD
Songs for Drella
Auteur: Reed, Lou (1943-....)
Edition: WEA

Compagnons de route

De Springsteen à Richard Hell en passant par Bowie, Laurie Anderson, Iggy Pop, Patti Smith, et des dizaines d’autres, Lou Reed est une des grandes figures de ces années où le rock’n’roll était dangereux et pouvait changer le cours d’une vie, qu’on décide d’attraper une guitare, une machine à écrire ou les deux...

Paris 1919

John Cale, le Gallois, débarqué aux Etats-Unis sa formation musicale classique sous le bras, est celui qui a introduit le violon pour donner ce son si particulier au Velvet Underground. Sorti la même année que "Berlin" de Lou Reed, son ancien compagnon de route, "Paris 1919" reste un des plus beaux album de John Cale.

Darkness of the edge of town

Rien à voir et tout à voir. Si Lou Reed raconte des histoires de personnages décalés qui se débattent dans un underground nocturne, Springsteen, lui, raconte des histoires de gens normaux qui étouffent dans leur quotidien. Sorti trois ans après "Born to run", "Darkness of the edge of town" est son album le plus sombre. Juste avant sa sortie, Springsteen avait pris le temps d’aller faire des chœurs sur "Street Hassle", l’abum de Lou Reed sorti la même année. Rien à voir et tout à voir. CQFD.

Psychotic reactions & autres carburateurs flingués

« Tout artiste est coupable jusqu’à preuve du contraire. » Une telle profession de foi pose son homme. Sans Lester Bangs, la critique rock n’existerait pas. On lirait des chroniques ennuyeuses sur des albums sans saveur ou des propos creux d’artistes en promotion. Son interview de Lou Reed, pour lequel il a une admiration énorme, est un monument.

Blank generation

Lister les enfants artistiques plus ou moins légitimes de Lou Reed reviendrait à remplir un annuaire téléphonique. Et un gros. Patti Smith, Television, Daniel Darc... Richard Hell est de ceux–là, poète urbain, lui aussi marqué par la beat generation, la déferlante Ramones et par Lou Reed pour couronner le tout. D’ailleurs, comme pour prolonger la filiation, on retrouvera Robert Quine, le guitariste de Richard Hell and the Voidoids, aux côtés de Lou Reed, sur scène et en studio.

First we take Manhattan

Soho, Brooklyn, The Chelsea Hotel, The C.B.G.B... Dans ces années-là, c’est aux Etats-Unis, et plus particulièrement à New York, que battait le cœur du réacteur. Peut-être parce que vu de ce côté de l’Atlantique, Londres perdait de son exotisme et que les vibrations sourdes et glaciales de Berlin commençaient à peine à résonner sous nos pieds. Paris New York, New York Paris...

Brooklyn Boogie

"Brooklyn Boogie" raconte les derniers jours d’un magasin de cigares à Brooklyn menacé de fermeture. Passe toute une galerie d’habitués pour qui le Brooklyn Cigar Company est devenu un lieu de vie. Lou Reed appuyé derrière le comptoir, expliquant les vertus d’une paire de lunettes articulées vaut son pesant de nicotine. Un film joyeux qui, grâce à Madonna dans le rôle d’un Hermès des temps modernes finit bien... et en chanson.

Psychotic reactions & autres carburateurs flingués

« Tout artiste est coupable jusqu’à preuve du contraire. » Une telle profession de foi pose son homme. Sans Lester Bangs, la critique rock n’existerait pas. On lirait des chroniques ennuyeuses sur des albums sans saveur ou des propos creux d’artistes en promotion. Son interview de Lou Reed, pour lequel il a une admiration énorme, est un monument.

Free jazz et électrochocs

Lou Reed est le fruit de ses propres traumatismes (les électrochocs que ses parents lui feront subir craignant ce qu’ils croient être des penchants homosexuels) et d’une culture, dans laquelle on retrouve le free jazz, la musique contemporaine, et les grandes œuvres dans lesquelles des personnages plongent dans les enfers.

Free Jazz : A Collective Improvisation

Les sources d’inspiration musicales de Lou Reed sont diverses ; le rock’n’roll des années cinquante (Elvis, Little Richard, Gene Vincent...), et aussi le jazz du saxophoniste Ornette Coleman ou du trompettiste Don Cherry. "Free Jazz : A Collective Improvisation" est un album de jazz qui va jeter à terre le hard bop pour revenir aux sources du blues, comme pour mieux les concasser et créer le free jazz. Une pierre angulaire. Comme le premier Velvet Underground.

The Well-Tuned Piano

Né en 1935, La Monte Young va explorer toute l’histoire de la musique américaine et en devenir une pièce essentielle. Après avoir étudié le jazz sous toutes ses formes, la musique classique et les grands noms du début du XXè siècle (Debussy, Bartok, Schönberg...), La Monte Young va devenir un des pionniers de la musique sérielle et de la musique minimaliste, côtoyer John Cage, Yoko Ono, le mouvement Fluxus, et John Cale, dont il est une des grandes références.

La vénus à la fourrure

"Venus in furs" est un des titres phare du premier album du Velvet Underground sorti en 1967 et directement inspiré par le roman de Léopold von Sacher Masoch, publié en 1870. Ce roman raconte comment un homme devient volontairement l’esclave d’une femme. Porté par l’alto de John Cale, "Venus in furs" a été repris par tout le gratin du rock. On l’entend également dans "Last days", le film de Gus Van Sant, inspiré par les derniers jours de Kurt Cobain.

Loulou

C’est l’histoire d’une femme belle et sans préjugé qui épouse un homme avant de devenir la maîtresse de son fils, puis de tuer accidentellement son mari. C’est ensuite une descente aux enfers (nuit, drogues, prostitution, assassinée par Jack l’éventreur). Une trajectoire faite pour fasciner Lou Reed. Un film somptueux porté par une Louise Brooks à la beauté intemporelle.

Last Exit to Brooklyn

Brooklyn, le sexe, l’ennui, l’alcool, les homosexuels, l’héroïne, la prostitution, les travestis, la violence... On comprendra que le premier roman d’Hubert Selby, un écrivain américain des plus importants, soit l’une des références majeures de Lou Reed. Mais comme Céline avant lui, Hubert Selby invente un style unique. Comme Lou Reed.

Le poids des mots

Certes, on retient le saxo de "Walk on the wild side", les riffs de "Racing in the streets" ou le phrasé de "Who by fire", mais ces chansons ne seraient pas dans les mémoires sans la qualité de leurs textes. Une qualité d’écriture que partagent, dans des registres différents, Lou Reed, Bruce Springsteen et Leonard Cohen.

Berlin

Le succès de l’album Transformer avec son hit planétaire "Walk on the wild" "side," produit en 1972 par David Bowie dont le Velvet reste une des principales influences, ne va pas, pour autant, rendre Lou Reed plus serein. "Berlin" est une splendeur dépressive portée par la production et les arrangements (cordes, cuivres) de Bob Ezrin. Dix chansons presque susurrées sur ses thèmes récurrents. L’étoile noire du rock.

Traverser le feu

Dans le rock, ils sont un tout petit nombre dont on évoque autant leurs paroles que leur musique. Dylan, Leonard Cohen, Tom Waits, Nick Cave... Une poignée dont les textes peuvent être lus à voix haute sans musique comme de la poésie. C’est l’exercice auquel se livrait parfois Lou Reed, notamment au 104 à Paris en 2008 avec "Traverser le feu", l’intégrale de ses textes en main.

Darkness of the edge of town

Rien à voir et tout à voir. Si Lou Reed raconte des histoires de personnages décalés qui se débattent dans un underground nocturne, Springsteen, lui, raconte des histoires de gens normaux qui étouffent dans leur quotidien. Sorti trois ans après "Born to run", "Darkness of the edge of town" est son album le plus sombre. Juste avant sa sortie, Springsteen avait pris le temps d’aller faire des chœurs sur "Street Hassle", l’abum de Lou Reed sorti la même année. Rien à voir et tout à voir. CQFD.

New Skin For Old Ceremony

Lou Reed et Leonard Cohen ont beaucoup en commun, entre autres la poésie. Pour mesurer l’importance de ces deux pointures, on peut s’amuser à compter les reprises prestigieuses qui ont été faites d’"Hallelujah" de Leonard Cohen et du "Walk On The Wild Side" de Lou Reed. C’est d’ailleurs lui qui prononcera, en 2008, le discours d’introduction de Leonard Cohen au "Rock & Roll Hall of Fame".

  CD
New skin for the old ceremony
Auteur: Cohen, Leonard (1934-....)
Edition: Sony music
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