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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Jazz Divas

6 thèmes | 18 oeuvres
Depuis que le jazz existe, les chanteuses tiennent le haut du pavé. Et si beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis le temps où Bessie Smith ou Ma Rainey chantaient le blues dans des bouis-bouis, les divas du genre, en 2013, mènent toujours la danse. À l’occasion du Festival de jazz de Marciac, du 26 juillet au 15 août (http://www.jazzinmarciac.com), qui accueille cette année plusieurs grandes voix féminines, dont l’immense Diana Krall, coup de projecteur sur la chanteuse de jazz.

Black divas

Bessie Smith, Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Nina Simone, Abbey Lincoln et les autres. Depuis un siècle, elles entretiennent le mythe de la chanteuse de jazz. Son image iconique. Et depuis un siècle, elles incarnent une voix. Celle d’un peuple. D’une culture. Noire.

Nina Simone

Elle avait voulu être pianiste classique. Mais quand on naissait Noire, à cette époque-là, seul le jazz était de bon aloi. Nina Simone (en hommage à Signoret) chanta toute sa douloureuse vie ses humeurs noires et ses révoltes, son engagement aux côtés de Malcom X et Stokely Carmichael comme ses déroutes amoureuses, prouvant jusqu’au dernier souffle, en 2003, que les chants les plus beaux sont (malheureusement) les plus désespérés.

Lady Sings The Blues

« On a beau se couvrir de satin blanc jusqu’aux nichons, se mettre des gardénias dans les cheveux, ne pas voir de canne à sucre à perte de vue, c’est comme si on travaillait toujours dans une plantation. » La chienne de vie de la mythique chanteuse de jazz, racontée en 1956 par Billie Holiday elle-même, un peu plus de deux ans avant sa mort, à l’hosto, entre deux flics.

  Livre doc
Lady sings the blues
Auteur: Holiday, Billie (1915-1959)
Edition: Parenthèses
Collection: Eupalinos

Straight Ahead

Accompagnée en 1961 de quelques grandes pointures (Mal Waldron, Coleman Hawkins, Booker Little, Eric Dolphy...) et de son compagnon Max Roach (l’année précédente, elle chante d’ailleurs dans un album légendaire du batteur, "We Insist !"), Abbey Lincoln pleure le blues, hurle le jazz, à la manière d’un discours de Malcom X, avec une urgence qui ne laisse que peu de place aux artifices vocaux.

Black power

La plupart des chanteuses de jazz on dû lutter toute leur vie contre un féroce racisme. Certaines, de Nina Simone (auteur du fameux « To Be Young, Gifted and Black ») à Abbey Lincoln, en passant par Jeanne Lee ou Miriam Makeba, se sont faites les porte-parole d’une négritude franchement affirmée, aux côtés de musiciens militants soutenant Martin Luther King, Malcom X ou les Black Panthers.

Straight Ahead

Accompagnée en 1961 de quelques grandes pointures (Mal Waldron, Coleman Hawkins, Booker Little, Eric Dolphy...) et de son compagnon Max Roach (l’année précédente, elle chante d’ailleurs dans un album légendaire du batteur, "We Insist !"), Abbey Lincoln pleure le blues, hurle le jazz, à la manière d’un discours de Malcom X, avec une urgence qui ne laisse que peu de place aux artifices vocaux.

Free Jazz Black Power

La Bible, pour tous ceux qui s’intéressent à la grande flambée du free jazz, à ses racines musicales et politiques, et plus globalement à l’histoire du jazz et ses rapports avec l’histoire des luttes des Noirs américains. Un brillant essai, remarquablement documenté, « made in "Jazz Mag" » durant les seventies, assorti d’un petit dictionnaire de 260 musiciens free.

Fusions

Le jazz, plus que jamais, semble ouvert à toutes les influences. World music, rock ou refrains populaires, les chanteuses de jazz, désormais venues des quatre coins du monde, se font l’écho de ce grand mix. Pendant que Melody Gardot chante le fado, la coréenne Youn Sun Nah arrange des morceaux de Metallica ou – comme dans son dernier album – de Nine Inch Nails. Normal : la chanteuse de jazz est une pop star !

The Blue Room

Née à Athens (Georgie) et longtemps exilée à Paris où elle fit le plus clair de ses études, cette tout juste quadra symbolise à elle seule toute une génération de chanteuses parvenues à maturité. Culture plutôt classique (Billie Holiday, à laquelle sa voix fait penser, mais aussi Ella Fitzgerald ou Bessie Smith), solides influences pop et country (le fantôme de Patsy Cline se profile parfois dans ses albums) : Madeleine Peyroux ne doute de rien et ça lui réussit.

Lioness : Hidden Treasures

Un destin tragique, fait d’excès en tous genres. Une vie météorique (la chanteuse disparaît en juillet 2011, à 28 ans à peine). Une voix que beaucoup comparaient régulièrement à celle de Sarah Vaughan, d’Ella Fitzgerald ou de Dinah Washington. Un mélange de soul, de blues, gorgé de swing, et un duo presque hors sujet avec Tony Bennett... Amy Winehouse incarne peut-être, au début de ce siècle, le mythe de la chanteuse de jazz née sous une mauvaise étoile.

  CD
Lioness, hidden treasures
Auteur: Winehouse, Amy (1983-2011)
Edition: Universal music

Chico & Rita

L’histoire d’amour mouvementée entre une chanteuse et un pianiste de jazz, dans le Cuba de la fin des années quarante, puis dans le New York nocturne du début de la décennie suivante. Rutilantes Cadillac, costumes "zoots", somptueux dancings, cocktails colorés, mode latino et jazz de légende (de Dizzy Gillespie à Thelonious Monk) : ce film d’animation rythmé par la musique possède avant tout la vertu de retracer une période dorée pour le jazz et ses divas.

Lento

La jeune Coréenne Youn Sun Nah a découvert le jazz « sur le tard », en débarquant en France pour étudier au conservatoire Nadia et Lili Boulanger. Elle s’est bien rattrapée depuis, allant même jusqu’à décrocher la gloire en 2011 (en Europe comme en Asie) avec l’album "Same Girl". Mais cette vocation tardive explique peut-être la subtile distance que notre chanteuse du Pays du Matin Calme et du Gangnam Style met dans son approche du jazz.

Lento
GAM
Lento
Auteur: Nah, Youn Sun (1969-....)
Edition: HUB Music

Héroïne de polar

« L’écriture et le jazz, pour moi, c’est indissociable : je n’écris que sous influence. » (Jean-Claude Izzo.) Pendant longtemps, le polar a adoré le jazz, ses cuivres tranchants comme des crans d’arrêt, ses tambours battant la chamade des folles cavales, ses ambiances embrumées. Son tempo. Et ses fascinantes « pépées », susurrant le swing à deux doigts d’un micro en extase, tard dans la nuit, dans des boîtes enfumées que fréquentaient indifféremment, flics, gangsters, balances et privés.

Jazz Belle

En 1983, les mystérieux Marie et Joseph (alias Corinne Bouchard et Pierre Mezinski) entament une véritable saga musicale noire avec "Chaudes Bises", polar satirique situé au Festival de Bourges. La série continuera avec des romans bluesy (comme "Si t’as peur, jappe", en 1984), où ce polar très jazz de 1987, racontant les pérégrinations (sanglantes) d’une chanteuse de jazz à travers la France et l’Italie.

  Livre Fiction
Jazz Belle
Auteur: Marie et Joseph
Edition: Gallimard
Collection: Série noire

Jazz Ladies

De l’histoire des chanteuses de jazz vu comme une course d’obstacles. L’auteur de ce livre plaisant, souvent surprenant, revient sur le long chemin de croix des chanteuses d’avant-guerre. Sur le destin tragique de bon nombre de ces grandes voix. Sur le militantisme de beaucoup de ces femmes, luttant pour les droits civiques autant que pour leur propre reconnaissance. Sur le succès planétaire des divas actuelles, enfin, interprètes d’un jazz en perpétuelle évolution.

  Livre doc
Jazz ladies
Auteur: Koechlin, Stéphane (1962-....)
Edition: Hors collection
Collection: Gilles Verlant présente

La dame est une traînée

Tirée d’une comédie musicale des années trente, "Lady Is a Tramp" est avant tout un énorme standard du jazz, repris par à peu près tout le monde, immortalisé par Sinatra ou Ella Fitzgerald durant les fifties, et récemment remis au goût du jour par un duo entre le vieux Tony Bennett et l’insensée Lady Gaga. C’est aussi le titre d’un excellent polar jazz de Marc Villard, sorti en Série Noire en 1989 et adapté en BD avec le dessinateur Joos deux ans plus tard.

Sad songs et autres destins tragiques

Elles en ont vu des vertes et des pas mûres. Sordides histoires de violences conjugales, drogues dures, alcools forts, prison… Plus encore que leurs homologues masculins, les divas de jazz en ont souvent bavé face à l’éternité, à cette éternité dont le nom, écrivait Michel Leiris en parlant des chanteuses de jazz, est parfois « désespoir », et parfois aussi « vide ». « Y’a quand même eu des djaaaazzzmen heureux, non ? Non ? Bon. » (Jean-Bernard Pouy.) Des chanteuses non plus.

Nina Simone

Elle avait voulu être pianiste classique. Mais quand on naissait Noire, à cette époque-là, seul le jazz était de bon aloi. Nina Simone (en hommage à Signoret) chanta toute sa douloureuse vie ses humeurs noires et ses révoltes, son engagement aux côtés de Malcom X et Stokely Carmichael comme ses déroutes amoureuses, prouvant jusqu’au dernier souffle, en 2003, que les chants les plus beaux sont (malheureusement) les plus désespérés.

Avec mon meilleur souvenir

« C’était une femme fatale, dans le sens où la fatalité s’en était prise à elle dès le départ et ne l’avait jamais quittée. » Lors d’un voyage à New York en 1956, Françoise Sagan passe toutes ses nuits dans une boîte enfumée de la Grosse Pomme où chante Billie Holiday et devient amie avec elle. Elle la reverra deux ans plus tard, à Paris, amaigrie, vieillie, à quelques mois de sa mort, et écrira bien plus tard, dans ce petit recueil de souvenirs (où l’on croise aussi Sartre, Noureev ou Tennessee Williams), cette bouleversante évocation de la grande chanteuse de jazz.

Lioness : Hidden Treasures

Un destin tragique, fait d’excès en tous genres. Une vie météorique (la chanteuse disparaît en juillet 2011, à 28 ans à peine). Une voix que beaucoup comparaient régulièrement à celle de Sarah Vaughan, d’Ella Fitzgerald ou de Dinah Washington. Un mélange de soul, de blues, gorgé de swing, et un duo presque hors sujet avec Tony Bennett... Amy Winehouse incarne peut-être, au début de ce siècle, le mythe de la chanteuse de jazz née sous une mauvaise étoile.

  CD
Lioness, hidden treasures
Auteur: Winehouse, Amy (1983-2011)
Edition: Universal music

White jazz

Les chanteuses de jazz blanches ont toujours existé. Anita O’Day ou Blossom Dearie étaient encore là il y a quelques années pour en témoigner. Mais à la fin du XXème siècle, leur nombre a littéralement explosé. Diana Krall, Lisa Ekdahl, Melody Gardot, Stacey Kent, Robin McKelle et des dizaines d’autres prouvent que le talent n’a pas de couleur.

Glad Rag Doll

« Une voix bluesy pleine de tabac et de séduction, de vide et de solitude nocturne, dans un corps superbe de blonde. Un peu de nuit en plein jour. » C’est Martyn Waites, jeune romancier anglais, auteur de "Né sous les coups" (Rivages/Thriller), qui le dit en parlant de la belle. Derrière l’image sur papier glacé, on trouve les braises d’une voix riche et puissante, à l’aise dans tous les registres, y compris – comme dans ce disque de 2012 –celui de vieilles chansons des années vingt et trente, avec T-Bone Burnett et le guitariste Marc Ribot à la manœuvre.

  CD
Glad rag doll
Auteur: Krall, Diana (1964-....)
Edition: Universal Music

The Absence

Dès son premier album, en 2005 ("Some Lessons : The Bedroom Sessions"), la blonde américaine annonçait la tendance : un jazz largement métissé. Melody Gardot fait voyager le jazz sans jamais s’égarer, l’embarque (comme dans ce disque de 2012) du côté du Brésil le temps d’une bossa, ou s’attarde sur un brumeux fado, sans jamais perdre de vue le swing qui donne à toute sa musique son âme. Et c’est beau, Gardot.

Once Upon a Summertime

Peu de temps avant sa mort, en 2009, cette grande chanteuse de be bop déclarait avec un œil pétillant : «  Ne dites pas à ma mère que je chante dans un club de jazz, elle me croit encore en prison. » Loin de la puissance des grandes chanteuses noires, Blossom Dearie symbolisait dans les années cinquante, soixante (et au delà, notamment à travers des musiques de films), d’une voix juvénile, très haut perchée, l’élégance et la fraîcheur d’un jazz léger.

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