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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Wilko Johnson : Respect

6 thèmes | 19 oeuvres
Un regard hypnotisant, un corps à l’affût, jaillissant d’un coin de la scène comme un fauve tombe sur sa proie, et une guitare mitraillette hachant menu les haut-parleurs de la sono : Wilko Johnson, costard noir étriqué, Fender Telecaster rouge et noir, restera à jamais un de ces personnages héroïques qui, au milieu des seventies, ont redonné au rock sa hargne et sa fierté. Au moment où, victime d’un cancer incurable, le guitariste de Dr. Feelgood est contraint d’annuler les dernières dates de sa tournée d’adieu, hommage au grand monsieur. Photo : Brian David Stevens.

Aux sources du punk

Dès 1975, soit une grosse année avant les Sex Pistols, Dr. Feelgood et quelques groupes d’agités du bocal (Eddie and the Hot Rods en tête) sonnent les premiers assauts de ce qui ne va pas tarder à devenir le punk. Les piliers de l’épingle à nourrice et du « White Riot » (Johnny Rotten et Joe Strummer en tête) et les parrains de l’after punk (à commencer par Paul Weller) voueront une reconnaissance éternelle aux bonnes potions du « Docteur ».

Oil City Confidential

Canvey Island. Une « île » gagnée sur les eaux de l’estuaire de la Tamise, non loin de Londres. Un immense complexe pétrolier hérissé de torchères et de cuves Shell en dessous du niveau de la mer. Là où tout a commencé pour quatre jeunes copains, quatre « locaux » fans de musique, à l’aube des années soixante-dix… Le réalisateur Julien Temple ("La grande escroquerie du rock‘n’roll", "Absolute Beginners"), accompagné de Wilko Johnson, revient sur les lieux du crime pour raconter (avec l’aide des principaux acteurs, de nombreux documents et d’interviews plus anciennes de Lee Brilleaux) la grande et édifiante saga Dr. Feelgood. Poignant.

In the City

1977. L’année de tous les dangers. Un implacable trio balance un rock cinglant, conjuguant avec morgue toute la hargne du punk avec l’élégance d’un rock anglais sixties (Kinks en tête) et d’un rhythm & blues sans âge. The Jam annonce un « monde moderne », et leur leader, Paul Weller, torture sa guitare à la manière d’un Wilko Johnson. Les deux enragés deviendront vite amis, complices, frères de rage et d’électricité.

Teenage Depression

La même année que "Down By The Jetty" de Dr. Feelgood (1975), un groupe de jeunes énervés venus de l’Essex secoue le cocotier en annonçant confusément la grande vague punk. Avec "Teenage Depression" et le single « Do Anything You Wanna Do », Eddie & The Hot Rods trustent le circuit du pub rock du royaume d’Albion, mettent le feu aux charts anglais et prennent une singulière longueur d’avance sur les Sex Pistols, Clash et autres futurs iroquois hurlants.

Sniffin’ Glue And Other Rock’n’Roll Habits

En juillet 1976, Mark Perry, jeune fan des Ramones (« "sniffin’ glue" » est inspiré de la chanson des Ramones « Now I Wanna Sniff Some Glue ») crée autour de la venue du groupe new-yorkais en Grande-Bretagne le premier fanzine punk anglais. Les moyens sont ridicules (la photocopieuse du bureau où travaille sa copine), mais l’énergie immense : pendant une courte mais fulgurante année, "Sniffin’ Glue" va témoigner de toute la rage de l’époque à travers ses porte-parole, des Pistols aux Damned, des Clash aux Buzzcocks, de Subway Sect aux Stranglers. Un document (en anglais) unique.

Chevalier Wilko

La crinière au vent, Wilko Johnson enseignera un temps (très court) les lettres de retour de Katmandou, après avoir fait de très sérieuses études sur la littérature et s’être passionné pour les écrits du Moyen Âge finnois. Il gardera de cette époque un certain intérêt pour les sagas (y compris celle du pub rock anglais) et un goût certain pour les costumes d’époque dans un rôle de composition au petit écran.

Back In The Night

L’essentiel, le sublime, arrive souvent au tout début, dans l’urgence. Et puis les choses ont tendance à s’émousser. Wilko solo n’atteint peut-être pas les sommets de Dr. Feelgood, mais les instants de grâce sont nombreux, et réunis dans cette compilation où l’homme mitraillette s’entoure souvent de la rythmique de Ian Dury (et du "rock critic" Charles Shaar Murray à l’harmonica) pour balancer à la hussarde quelques vieux titres sortis de derrière les fagots. Héroïque.

Game of Thrones

Est-ce par goût pour la comédie ou par amour pour une fantasy héritée des vieilles sagas nordiques, toujours est-il que Wilko Johnson se retrouve projeté dans un Moyen Âge crépusculaire et violent en incarnant dans la série télévisée "Game of Thrones" ("Le Trône de fer") le bourreau Ser Ilyn Payne à la langue coupée. Et le rôle sied à merveille à son regard de dément et sa calvitie luisante ! Même sans Telecaster mitraillette, Wilko l’halluciné reste une formidable bête de scène.

Sagas Islandaises

Avant de partir pour un long périple vers Katmandou (comme tout hippie de l’époque qui se respecte), Wilko Johnson, les cheveux au milieu du dos, fait des études de lettres et se passionne pour la littérature médiévale venue du Nord, notamment les sagas islandaises en prose du xiiie siècle, racontant souvent avec un humour froid les exploits des conquérants du pays. Une autre facette du personnage, assez éloignée de « Roxette » ou de « She Does It Right » !

Compagnons de route

De 1975 à la fin de la décennie, Dr. Feelgood va régner en maître. Dès 1976/1977, la presse punk les soutient et les adule, pendant que des dizaines de groupes viennent mettre le souk dans le circuit du punk rock. Wilko Johnson gardera de cette époque de solides soutiens, à commencer par son copain Ian Dury, qu’il rejoindra après s’être brouillé avec le brillant Brilleaux, histoire de prescrire quelques riffs incendiaires à monsieur « Sex & Drugs & Rock’n’roll ».

Teenage Depression

La même année que "Down By The Jetty" de Dr. Feelgood (1975), un groupe de jeunes énervés venus de l’Essex secoue le cocotier en annonçant confusément la grande vague punk. Avec "Teenage Depression" et le single « Do Anything You Wanna Do », Eddie & The Hot Rods trustent le circuit du pub rock du royaume d’Albion, mettent le feu aux charts anglais et prennent une singulière longueur d’avance sur les Sex Pistols, Clash et autres futurs iroquois hurlants.

New Boots and Panties !!

1977. Londres découvre un de ses enfants du centre ville, petit bonhomme à la démarche titubante et surtout à l’accent cockney à couper au cran d’arrêt, éructant un tube chaloupé promis à entrer dans l’histoire : Ian Dury, grand fan de Gene Vincent, sort le pub rock des tavernes enfumées et impose un style inimitable sur l’air de « Sex & Drugs & Rock’n’Roll ». L’heure de gouaille est arrivée. Après avoir claqué la porte du Dr. Feelgood, Wilko Johnson ira un temps le rejoindre, à l’aube des années quatre-vingts, avant de filer en solo.

Sniffin’ Glue And Other Rock’n’Roll Habits

En juillet 1976, Mark Perry, jeune fan des Ramones (« "sniffin’ glue" » est inspiré de la chanson des Ramones « Now I Wanna Sniff Some Glue ») crée autour de la venue du groupe new-yorkais en Grande-Bretagne le premier fanzine punk anglais. Les moyens sont ridicules (la photocopieuse du bureau où travaille sa copine), mais l’énergie immense : pendant une courte mais fulgurante année, "Sniffin’ Glue" va témoigner de toute la rage de l’époque à travers ses porte-parole, des Pistols aux Damned, des Clash aux Buzzcocks, de Subway Sect aux Stranglers. Un document (en anglais) unique.

Les racines noires du rock anglais

Après un détour folk, et alors que toute l’Europe plane sur les effluves du rock progressif, Dr. Feelgood redécouvre la rigueur et la classe du rhythm & blues. Pendant que Lee Brilleaux écoute en boucle les blues brûlants d’Howlin’ Wolf, sur fond d’harmonica, Wilko Johnson révise ses classiques du côté de Chuck Berry ou de Bo Diddley, avant de durcir le ton et de rajouter trois rallonges au jack de sa guitare.

Atlantic Box Set

Tout comme la plupart des rockers anglais des sixties et des seventies, Wilko Johnson n’a jamais caché son admiration pour le rhythm & blues du mythique label new-yorkais Atlantic qui, à son âge d’or – entre 1947 (date de sa création) et le milieu des années soixante-dix – pouvait afficher en tête de son catalogue des noms cousus or comme Ray Charles, Aretha Franklin, Otis Redding (Atlantic distribue le label de Memphis, Stax), les Drifters, Sam & Dave, Wilson Pickett, Joe Turner ou les Coasters. Un coffre au trésor.

Have Guitar Will Travel

Avec sa vue basse, son chapeau de shérif et ses guitares carrées, Bo Diddley est une des grandes images pieuses pour tous les "guitar heroes" de la planète. Un des pionniers bluesy et rock’n’roll du vibrato et de toutes sortes d’innovations techniques, le sorcier rhythm & blues du riff qui envoûte (Mick Jagger succombera bien vite à son irrésistible pouvoir) et le grand maître du « Diddley beat » qui hantera souvent le jeu de Wilko Johnson quand, « "back in the night" », sa Fender sonnera la charge.

Blues

Il a quasiment tout inventé – certains disent même qu’il a inventé le rock, carrément, tout seul comme un grand. Des mélodies définitives, devenues depuis belle lurette des standards (« Johnny B. Good », « Sweet Little Sixteen »…). Des parties de guitares d’anthologie (qui feront beaucoup baver Keith Richards). Et un jeu de scène unique, basé sur le « "duckwalk" », que Wilko Johnson le chien fou adaptera en pas glissés dedans-dehors, figure chorégraphique nerveuse pour un rock épileptique.

Pub rock

L’alliance magique entre un débit de boisson chaleureux, rempli de lads surchauffés, et un rock carré et racé, balancé par quelques piliers de bistrot. Au milieu des seventies, le circuit des pubs permet à un rock complètement "outlaw" à l’époque de trouver son public, et à un nombre impressionnant de groupes et d’artistes (d’Elvis Costello à Ian Dury, de Dr. Feelgood à Ducks Deluxe, en passant par Lew Lewis et Graham Parker) de signer sur de petits labels malins. Santé !

Hits, Misses… The Complete Stiff Masters

Le pub rock avait ses stars (Ian Dury, Elvis Costello, Dr. Feelgood, Nick Lowe, tous sur le label Stiff Records, comme notre homme), et ses seconds couteaux. Wreckless Eric, alias Eric Goulden pour l’état civil, faisait plutôt partie de la seconde catégorie. Et pourtant, ce rocker attachant et souvent inspiré, un rien foutraque – qui durant les années quatre-vingt-dix jouait jusqu’au beau milieu du magasin parisien du label français New Rose – a signé un paquet de bonnes chansons, de « Whole Wide World » à « Veronica », en vrai soldat de la pression sans faux col.

Down By The Jetty

Un des premiers gros courts-jus de ces seventies (alors) très assoupies : en 1975, un groupe sorti d’une zone industrielle improbable de la périphérie londonienne racle jusqu’à l’os et passe au hachoir un rhythm & blues noueux. Voix et harmonica décapants, Fender sous tension, Dr. Feelgood, avec ce premier album aujourd’hui légendaire, bouscule les vieux dinosaures du rock pour remettre le blues et le rock au centre des débats, à quelques mètres de la pompe à bière. Le pub rock a désormais ses dieux.

New Boots and Panties !!

1977. Londres découvre un de ses enfants du centre ville, petit bonhomme à la démarche titubante et surtout à l’accent cockney à couper au cran d’arrêt, éructant un tube chaloupé promis à entrer dans l’histoire : Ian Dury, grand fan de Gene Vincent, sort le pub rock des tavernes enfumées et impose un style inimitable sur l’air de « Sex & Drugs & Rock’n’Roll ». L’heure de gouaille est arrivée. Après avoir claqué la porte du Dr. Feelgood, Wilko Johnson ira un temps le rejoindre, à l’aube des années quatre-vingts, avant de filer en solo.

This is England

Des banlieues ouvrières de Birmingham aux rues grisâtres des bas quartiers de Newcastle, en passant par Oil City, alias Canvey Island, d’où viennent les quatre Feelgood, l’Angleterre du début des années soixante-dix, dirigée par Harold Wilson ou Edward Heath, n’est guère plus folichonne qu’un "fish & chips" froid. Racisme, pauvreté, inégalités sociales criantes : toutes les conditions sont réunies pour une belle explosion musicale. Le pub rock, comme le reggae "made in England", viennent de là.

Oil City Confidential

Canvey Island. Une « île » gagnée sur les eaux de l’estuaire de la Tamise, non loin de Londres. Un immense complexe pétrolier hérissé de torchères et de cuves Shell en dessous du niveau de la mer. Là où tout a commencé pour quatre jeunes copains, quatre « locaux » fans de musique, à l’aube des années soixante-dix… Le réalisateur Julien Temple ("La grande escroquerie du rock‘n’roll", "Absolute Beginners"), accompagné de Wilko Johnson, revient sur les lieux du crime pour raconter (avec l’aide des principaux acteurs, de nombreux documents et d’interviews plus anciennes de Lee Brilleaux) la grande et édifiante saga Dr. Feelgood. Poignant.

La Loi du milieu

Un tueur professionnel travaillant pour la pègre londonienne (l’impeccable Michael Caine, chic et brutal à souhait, aux côtés d’une Britt Ekland – alors égérie des rock stars – divinement vulgaire et sexy) rentre chez lui, à Newcastle, pour faire un brin de ménage après la mort de son frère… Un film culte de Mike Hodges sur l’âpreté des villes du Nord de l’Angleterre, adapté d’un des plus grands polars de l’époque, "Get Carter", de l’injustement mésestimé Ted Lewis.

Handsworth Revolution

Dr. Feelgood, via Wilko Johnson, a toujours aimé le reggae, et le reggae lui a bien rendu. Bob Marley a même écrit un titre fameux (« Punky Reggae Party ») où il rend hommage (entre autres) au « Docteur ». Au moment où sort Down By The Jetty, la scène reggae anglaise est en pleine explosion, à l’image de l’excellent groupe Steel Pulse, formé en 1975 du côté de Birmingham, une des plus grandes villes du pays, une des plus dures et une des plus métissées, comme par hasard.

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