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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Al Musiqa

4 thèmes | 12 oeuvres
"Al Musiqa" invite à un voyage visuel et sonore allant de l’Arabie Heureuse de la reine de Saba jusqu’à l’Andalousie du grand musicien Zyriab, de la période préislamique, en passant par l’âge d’or égyptien de la diva Oum Kalsoum, jusqu’à la scène pop, rap ou électro, sortie dans les rues depuis les révolutions arabes. Jusqu’au 19 août à la Philharmonie de Paris.

Aux sources

Avant la naissance du prophète Muhammad se développe une vie culturelle extrêmement riche et raffinée qui s’épanouit aussi bien dans les villes que dans le désert, où la poésie est reine. Dans une culture où la langue est première, la musique puise sa source dans cette poésie dont elle magnifie le rythme et la composition à travers le chant.

al musiqa, voix & musiques du monde arabe

En 1932, le Congrès de musique arabe s’est tenu au Caire. C’était l’une des premières manifestations scientifiques internationales consacrée à une musique non européenne. Il a réuni les plus grands compositeurs et musiciens du monde islamique autour d’un projet de système modal unique, reconnu par tous et définissant ainsi les contours identitaires d’une « musique arabe ». Des origines traditionnelles, profanes, mystiques aux formes savantes, modernes, l’exposition "al musiqa" revient sur une histoire culturelle incontournable. Pour ceux qui ne pourront pas se rendre à l'exposition, signalons le très beau catalogue.

Mélodies judéo-arabes d’autrefois

La musique profane des juifs arabes est longtemps restée un objet mal connu, voire méprisé par les musicologues occidentaux. A partir des années 30, ils sont devenus trop juifs dans leurs pays d’origine, qui rêvent maintenant d’un nationalisme arabe, et trop arabes pour les sionistes ashkénazes qui appellent à venir peupler la Palestine. Petit à petit, les compositeurs juifs arabes vont voir leurs œuvres tombées dans l’oubli. Ce n’est que récemment que les descendants de ces exilés commencent à revendiquer la véritable place à laquelle la culture des juifs arabes peut prétendre.

L’Epopée du canal de Suez

Du canal, on connaît surtout le nom de Ferdinand de Lesseps. Mais l’idée de percer un passage reliant la Méditerranée à la mer Rouge remonte aux temps glorieux des pharaons, soit près de 2000 ans avant notre ère. Depuis son inauguration en grande pompe, le 17 novembre 1869, le canal de Suez c’est aussi Verdi, Nasser, la guerre des Six Jours, Lawrence d’Arabie… L’exposition "L’Epopée du canal de Suez " à l’Institut du Monde Arabe est visible jusqu’au 5 août.

En descendant le Nil

L’Égypte a longtemps été une terre de phantasmes, pour les géographes, les historiens, les conquérants, les poètes, les photographes, les musiciens... Nasser fut la figure de proue du mouvement panarabe pendant quinze ans, et la voix d’Oum Kalthoum vibra sur le monde arabe, du Maghreb au Golfe Persique. Une Histoire qui valait bien un opéra.

La voix de l’Egypte

On la surnommait la quatrième Pyramide. Comparée à la Callas ou à Piaf, elle était plus qu’une chanteuse. Elle a fait corps avec l’Egypte, au point d’en être le miroir. Sur les ondes, elle a porté la voix de son pays du golfe Arabique à l’océan Atlantique, incarné l’aspiration à la liberté des pays du Maghreb et du Moyen-Orient et, en chantant debout, elle a personnifié un féminisme arabe. Aujourd’hui encore, Oum Kalthoum reste l’une des figures les plus populaires du monde arabe.

Aïda

L'opéra, situé à Memphis et à Thèbes au temps des pharaons, met en scène l'intrigue amoureuse entre une esclave éthiopienne (Aida) et un officier égyptien (Radamès), contrariée par le conflit armé opposant leurs deux peuples. Commandé à Verdi par Ismaïl Pacha, pour les fêtes d'inauguration du canal de Suez, cet opéra a été représenté pour la première fois, le 24 décembre 1871, au nouvel Opéra du Caire, construit pour l'occasion.

Fils de roi, portraits d’Égypte

Le premier voyage de Denis Dailleux au Caire remonte à près de vingt-cinq ans. Sur place, il voulait voir « "les gens du peuple, sentir le bouillonnement de cette ville "(Le Caire)" où la vie gagne tout le temps "». Il dit que les Egyptiens ont une capacité très forte à vivre l’instant et une capacité au bonheur malgré la pauvreté.

Liban

Situé entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe, le Liban, ce pays aux frontières dessinées en 1920 par la France (mandatée par la Société des Nations), fut longtemps un des pôles artistiques du monde arabe. Sa capitale Beyrouth a longtemps rivalisé avec Le Caire dans le domaine de la musique. Aujourd’hui, c’est les artistes libanais de la diaspora qui évoquent ces temps bénis avec des sanglots dans la voix.

Le piano oriental

L’arrière-grand-père de la dessinatrice Zeina Abirached est le personnage central de cette bande dessinée. Il a inventé le piano oriental, instrument hybride, un piano droit dont la pédale de sourdine décale toutes les cordes, permettant de jouer le quart de ton nécessaire à la musique orientale (le piano occidental – le clavier bien tempéré – ne permettant que les demi-tons). Un piano bilingue, en quelque sorte, qui offre à l’interprète la possibilité de passer d’une langue à une autre.

The Legendary Fairuz

Fairuz fut au Liban ce que Oum Kalthoum fut à l’Egypte : une icône. Moins secrète et plus en prise avec son temps, en chantant le Liban, la Palestine, l’amour, Fairuz conquit, grâce notamment à la diffusion radiophonique de ses chansons, un public libanais mais aussi syrien, jordanien et palestinien. Elle fut faite Commandeur des Arts et des Lettres par Jack Lang en 1988.

Kalthoum

Ibrahim Maalouf a la particularité de jouer avec une trompette à quatre pistons (quarts de ton), inventée par son père dans les années 60. A partir d'un des chants de la diva égyptienne datant de 1969, "« Alf Leila Wa Leila »" (« Les Mille et Une Nuits »), Maalouf a composé une œuvre divisée en sept parties comprenant une introduction, deux ouvertures et quatre mouvements numérotés. Un pont entre tradition arabe et orchestrations occidentales.

Kalthoum
GAM
Kalthoum
Auteur: Maalouf, Ibrahim (1980-....)
Edition: Universal Music

Musiques de l'exil

Dans les années soixante et soixante-dix, et avant l’institutionnalisation du regroupement familial, les travailleurs maghrébins venus en France se retrouvaient dans les cafés pour écouter les grandes voix arabes qui sortaient des juke-box. C’est aussi les grandes heures des k7 achetées sur les marchés. Des musiques souvent empreintes d’une grande mélancolie.

Diwan 2

Rachid Taha, d’abord au sein du groupe Carte de séjour, puis en solo, fut le premier artiste à injecter la musique maghrébine dans la chanson française ("Douce France", de Charles Trenet en 1986), le rock ("Rock el Casbah" de The Clash en 2004) et l’électro avec ses différentes collaborations avec Steve Hillage. C’est en 1998 que sort "Diwan, "un premier hommage aux chanteurs maghrébins et compositeurs de chaâbi, cette musique algérienne extrêmement populaire dont les origines plongent dans la musique arabo-andalouse. Sur "Diwan 2, "Rachid Taha revient aussi sur le répertoire classique égyptien en reprenant des titres de Oum Kalthoum. Des rivages de la Méditerranée aux bords du Nil.

  CD
Diwan
Auteur: Taha, Rachid (1958-....)
Edition: Universal Music

Alger Alger

Vedette dans tout le Maghreb dans les années 40, Lili Boniche range une première fois sa guitare à la fin des années 50. De retour sur scène dans les années 80, il est produit par Bill Laswell et édité sur le label de Jean Touitou, le couturier fondateur de la marque APC. "« Avec sa dégaine de rocker de la casbah, guitare électrique en bandoulière, il était le dernier géant du genre “ françarabe”». Ou plus exactement du “judéo-chaâbi” de Bab el Oued pimenté de roucouleurs alliages de cha-cha-cha, tango et paso doble. »" Eliane Azoulay - Télérama

La graine et le mulet

Slimane a été renvoyé du chantier naval où il a travaillé toute sa vie. Il décide alors de retaper l’un des vieux rafiots qui croupissent dans le port de Sète et d'en faire un restaurant, où il servira le couscous au poisson de son ex-femme. Avec l'aide de Rym, la fille de sa compagne, il entame l'héroïque parcours du combattant, obligatoire en France, pour celui qui songe à monter une petite entreprise... surtout quand on est immigré. La musique du film, notamment celle jouée par un groupe de Chibanis, porte toute la mélancolie d’une immigration ouvrière délaissée par l’histoire de France.

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