Connexion

logomamediateque2

Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Daniel Darc, 1959-2013

6 thèmes | 20 oeuvres
Daniel Darc a été retrouvé mort jeudi 28 février dans son appartement parisien du XIe arrondissement. Depuis sa découverte avec Taxi girl en 1980, ses fans traquaient ses singles "Chercher le garçon", "Mannequin, Paris, Nous sommes jeunes, nous sommes fiers, Aussi belle qu’une balle" enregistrés avec son groupe, puis en solo "La Ville, Sous aucun prétexte, Je suis déjà parti"... Pendant les années 1990, il sombre dans ses addictions et on perd sa trace alors que son compagnon d’infortune de Taxi girl, Mirwais, découvre la gloire en produisant l’album "Music" de Madonna. Ce n’est qu’en 2004 que Daniel Darc revient sur le devant de la scène avec "Crève Cœur", un album magistral qui le fera connaître à un plus large public. S’en suivront "Amours suprêmes" et "La Taille de mon âme" qui sonnent comme d’admirables confirmation de la renaissance de ce garçon sauvage qui, après avoir vécu mille morts, aura réussi le tour de force de réconcilier le Rock’n’Roll et la chanson française la plus exigeante.

Chemin de croix

« "Je voulais être guitariste junky. J'ai réussi à faire junky, je ne suis jamais arrivé à être guitariste."» Après un unique album et une poignée de singles, Taxi Girl se séparait, usé par les conflits, les drames et un mode de vie façon kamikaze. Daniel Darc passera l’essentiel des années 1980 et 1990 consumé par les addictions en tous genres comme nombre de ses héros. Jusqu’en 2004 où il revient débarrassé d’un fardeau qui faillit l’emporter à plusieurs reprises...

Crève Cœur

Revenu parmi les vivants par la grâce d’une conversion au protestantisme, Darc refait surface en 2004 alors que plus personne ne l’attend, avec un album d’une épaisseur et d’une intensité dramatiques qui en disent long sur les enfers qu’il a traversés. Douloureux, tourmenté, perclus de remords et de regrets et, parfois, tout simplement sidérant de beauté, "Crève Cœur" recevra les dithyrambes d’une critique unanime et sera étrangement récompensé par une "Victoire de la musique" dans la catégorie... Révélation.

Drugstore cowboys

Côte Ouest, début des années 1970. Bob et Dianne, couple de junkies indécrottables, font main basse sur les "drugstores" de la côte Ouest pour se ravitailler en drogue et en cash. Le jour où une de ses amies meurt d'une overdose, Bob décide de décrocher et de trouver un emploi dans une usine. Il prend ses distances avec Dianne qui a choisi de poursuivre la même vie et son passé ne tarde pas à le rattraper. Second film de Gus Van Zant, "Drugstore Cowboys" relance la carrière de Matt Dillon, avec en prime, l’apparition de William Burroughs en vieux prêtre "qui s'est injecté dans sa vie plus d'un million de dollars" !

Bad Lieutenant

Un flic pourri, endetté jusqu’à la moelle et en pleine déroute morale (alcool, crack, masturbation…) est touché par la grâce au moment où il touche le fond et finit par voir le Christ en enquêtant sur le viol d’une religieuse. Une histoire de chemin de croix et de rédemption au cœur des ténèbres servi par un Harvey Keitel assez stupéfiant de réalisme (dans un souci d’authenticité, les prises de drogues sur le tournage étaient réelles !). Tourné en seulement trois semaines dans les bas fonds de Manhattan, le film de Ferrara fera l’objet d’un remake plutôt réussi de Werner Herzog, avec Nicholas Cage, en 2010.

Seppuku

De ce groupe magnétique qui offrit à la jeunesse de son époque le verbe, l’allure et le goût du danger qui lui faisait cruellement défaut à l’orée des années quatre vingt, ne subsistent qu’une trentaine de titres un peu fanés, des polaroïds. Et un seul véritable album : "Seppuku", produit par Jean-Jacques Burnel, des Stranglers. Un album bleu nuit et rouge écarlate, baigné de crime et de sang et hanté par la voix blanche d’un Daniel Darc alors en pleine descente aux enfers.

Du rock 50’s au post punk

Fasciné par les premiers bluesmen et les rockers des années 1950, Darc y restera fidèle jusqu’au bout. Mais ce sont les déflagrations du punk qui déclencheront l’envie de participer à la bataille. Et entre temps, Kraftwerk et le Suicide d’Alan Vega et Martin Rev étaient passés par là... Alan Vega était d’ailleurs lui-même une sorte de chanteur de Rockabilly branché sur synthétiseurs : la boucle est bouclée.

Alan Vega

Actif pendant l’essentiel des années 1970 au sein du combo proto punk Suicide, Alan Vega, avec Martin Rev, a ouvert la voie à toute la vague synthpop mais sa musique vient d’ailleurs : du blues, de la rue, et mêle rythmiques rockabilly et synthés antédiluviens, « "Elvis jammant avec Kraftwerk" » s’enflamment les gazettes spécialisées. En 1980, Alan Vega publie son premier album solo et décroche son premier hit, « Juke Box Babe », que Daniel Darc, fan de la première heure, jouait encore récemment sur scène.

The Raven

A la sortie de l’album "Seppuku", Taxi Girl est embarqué pour une vingtaine de dates au Royaume Uni, en première partie des Stranglers. Les deux groupes ont des atomes crochus et des points communs en pagaille : "Seppuku" a été produit par Jean-Jacques Burnel, avec la participation de Jet Black, le batteur des Stranglers, Dave Greenfield et Laurent Sinclair font sonner leurs claviers avec la même frénésie et la voix de Daniel Darc s’apparente à s’y méprendre à celle de Burnel sur la chanson titre de l’album "The Raven" (1979). Comme si ça ne suffisait pas, Burnel et Darc partagent la même fascination pour les arts martiaux.

Sun sessions

« "Elvis, il m'a peut-être raccourci la vie, mais il me l'a surtout sauvée ! L‘hôtel des cœurs brisés, c’est là où j’habite depuis un bout de temps... Et le plus beau disque du monde, c’est lui qui l’a fait avec les Sun Sessions..."» Daniel Darc vénérait Elvis au point de se faire tatouer sur le flanc la pochette d’Elvis 56 ! Sur "La taille de mon âme", son ultime album, Darc adressait un clin d’œil à son idole de toujours en chantant « My baby left me », fausse reprise et vrai hommage à l’interprète de « Heartbreak hotel. »

Seppuku

De ce groupe magnétique qui offrit à la jeunesse de son époque le verbe, l’allure et le goût du danger qui lui faisait cruellement défaut à l’orée des années quatre vingt, ne subsistent qu’une trentaine de titres un peu fanés, des polaroïds. Et un seul véritable album : "Seppuku", produit par Jean-Jacques Burnel, des Stranglers. Un album bleu nuit et rouge écarlate, baigné de crime et de sang et hanté par la voix blanche d’un Daniel Darc alors en pleine descente aux enfers.

Les deux faces de la médaille

Daniel Darc avait ses héros... et ses alter egos. La muse de la Factory, la belle et vénéneuse Nico lui ressemblait comme une sœur, les Stranglers qui les accompagnèrent un temps avait le même goût du danger; Mirwais son alter ego de Taxi Girl, qui connut la gloire en produisant Madonna au moment où Darc plongeait dans les abîmes. Et, à des années lumière « des jeunes gens modernes », Téléphone, le groupe français le plus populaire de l’époque qu’on n’écouta plus de la même façon après avoir découvert Taxi Girl.

The Raven

A la sortie de l’album "Seppuku", Taxi Girl est embarqué pour une vingtaine de dates au Royaume Uni, en première partie des Stranglers. Les deux groupes ont des atomes crochus et des points communs en pagaille : "Seppuku" a été produit par Jean-Jacques Burnel, avec la participation de Jet Black, le batteur des Stranglers, Dave Greenfield et Laurent Sinclair font sonner leurs claviers avec la même frénésie et la voix de Daniel Darc s’apparente à s’y méprendre à celle de Burnel sur la chanson titre de l’album "The Raven" (1979). Comme si ça ne suffisait pas, Burnel et Darc partagent la même fascination pour les arts martiaux.

Au cœur de la nuit

A la fin des années 70, Téléphone s’inspire directement des Who et autres Rolling Stones pour délivrer un rock énergique et des textes en français qui parlent directement aux ados de l’époque. Ce troisième album est celui qui voit Téléphone atteindre un succès qu’aucun autre groupe français n’avait atteint avant lui. Et ce n’était pas fini… Rock à guitares d’un côté, pop synthétique de l’autre, Téléphone et Taxi Girl sont les deux faces de la médaille « rock français ». A l’époque, il fallait choisir son camp...

Chelsea girl

Chanteuse aux côtés de Lou Reed dans le premier album du Velvet Underground, "The Velvet Undreground and Nico" (1967), Christa Päffgen alias Nico enregistre la même année "Chelsea Girl", son premier album solo qui compte sur la participation de presque tous les membres du Velvet (sauf Maureen Tucker) - et des composition notamment signées par Lou Reed, Bob Dylan, Tim Hardin et Jackson Browne. Un album étrange et envoûtant, où la voix grave de l’égérie de la Factory donne un aspect presque gothique à des chansons aussi austères que toxiques.

Les jeunes gens modernes

Après la vague punk, au tournant des années 80, Taxi Girl et la génération que le journal Actuel baptisera « "les jeunes gens modernes" » (Elli & Jacno, Kas Product, Suicide Romeo, Mathématiques Modernes, Ruth…), propose en France une autre vision du rock’ n’roll. Froide, synthétique, distanciée. A cette même époque Libération révolutionne littéralement le traitement de la musique sous la plume d’Alain « no future » Pacadis, Bayon, Serge Loupien...

Le Lycéen

Bayon, LE critique musique du journal Libération à la prose sophistiquée et aux admirations fidèles (Manset, Alan Vega, Hubert Selby Jr, Murat….) immortalise l’éternelle bataille entre autorité et rébellion - vent de révolte contre conseil de discipline – dans ce premier roman sorti en 1987. Un récit d’une énergie noire qui sonde les graines de la violence, les racines du mal d’un dandy des préaux qui s’applique à voler et à vandaliser tout ce qui lui passe entre les mains pour se venger du monde qui l’entoure.

Nightclubbing (1973 -1986)

Chroniqueur dandy, « Reporter de l’underground », Pacadis écrit depuis le mitan des années 1970 jusqu’à sa disparition en 1986 des articles pour le quotidien "Libération" sur la nuit, le rock, le cinéma, la drogue et la sexualité, en se mettant volontiers en scène sur le mode gonzo. "Nightclubbing" retranscrit avec un mélange de désenchantement et d’euphorie l’effervescence d’une époque en pleine mutation où défilent Gainsbourg, Warhol, Burroughs, Nico, Patti Smith, Iggy Pop, Jacno, Taxi Girl...

Seppuku

De ce groupe magnétique qui offrit à la jeunesse de son époque le verbe, l’allure et le goût du danger qui lui faisait cruellement défaut à l’orée des années quatre vingt, ne subsistent qu’une trentaine de titres un peu fanés, des polaroïds. Et un seul véritable album : "Seppuku", produit par Jean-Jacques Burnel, des Stranglers. Un album bleu nuit et rouge écarlate, baigné de crime et de sang et hanté par la voix blanche d’un Daniel Darc alors en pleine descente aux enfers.

Les racines

Nourri de mythologie rock, Daniel Darc idolâtrait Eddie Cochrane, Elvis, Johnny Cash, Bob Dylan, Keith Richards, les Stooges etc. et égrenait une litanie d’objets d’adoration à longueur d’entretiens. Il aura fini par ressembler à ses héros et à faire la musique qu’il aimait après avoir clamé son dégoût pour la pop synthétique qui le fit connaître. Revenu d’entre les morts par la grâce d’une conversion au protestantisme, il enregistre l’album "Crève Cœur" en 2004. Daniel Darc, né Rozoum, restera toujours profondément attaché à ses racines juives : « "pour moi, ce n'est pas du tout renier la religion juive", disait-il, "c'est aller plus loin." »

Sun sessions

« "Elvis, il m'a peut-être raccourci la vie, mais il me l'a surtout sauvée ! L‘hôtel des cœurs brisés, c’est là où j’habite depuis un bout de temps... Et le plus beau disque du monde, c’est lui qui l’a fait avec les Sun Sessions..."» Daniel Darc vénérait Elvis au point de se faire tatouer sur le flanc la pochette d’Elvis 56 ! Sur "La taille de mon âme", son ultime album, Darc adressait un clin d’œil à son idole de toujours en chantant « My baby left me », fausse reprise et vrai hommage à l’interprète de « Heartbreak hotel. »

Une vie bouleversée – Journal 1941 - 1943

Mars 1941. En pleine occupation allemande, Etty Hillesum, une jeune juive néerlandaise, entame son journal intime. Complété par les nombreuses lettres envoyées depuis le camp de Westerbork, jusqu’à cette carte jetée du train qui l’emmenait « à l’Est » le mardi 7 septembre 1943, ce journal est le récit d’une conversion et d’un éveil spirituel, le témoignage d’une adhésion à la vie extraordinaire. A ceux qui lui conseillaient de se protéger, parce qu’elle avait encore tant choses à donner aux autres, Etty Hillesum répondait : « "C’est une curieuse surévaluation de soi-même, me semble-t-il, que de se considérer comme trop précieux pour partager avec les autres un destin de masse." »

Panthéon personnel

De la littérature à la musique en passant par le cinéma, Daniel Darc cultivait frénétiquement son jardin : Baudelaire, Mishima, Drieu La Rochelle, Jean Genet, Kerouac, Burrough, Ginsberg, Hubert Selby Jr, Elvis, Johnny Cash, Johnny Thunder, Dillinger, James Brown, Serge Gainsbourg… La liste est longue voire interminable de tous ceux qui constituaient le Panthéon de l’ex-chanteur de Taxi Girl.

Le Feu follet

Un homme en cure de désintoxication et découragé par la vie décide de mettre fin à ses jours. Il regagne alors Paris afin de dire adieu ses amis d’autrefois. Avant de s’ôter la vie, il laissera ses mots : «"Je me tue parce que vous ne m'avez pas aimé, parce ce que je ne vous ai pas aimés"»... Adaptation du roman éponyme de Drieu la Rochelle, le film de Louis Malle a longtemps été l’objet d’un culte confidentiel avant d’être reconnu à sa juste valeur. Une œuvre élégante et crépusculaire bercée par le piano de Satie et les improvisations de Miles Davis et hantée par l’immense Maurice Ronet.

Sun sessions

« "Elvis, il m'a peut-être raccourci la vie, mais il me l'a surtout sauvée ! L‘hôtel des cœurs brisés, c’est là où j’habite depuis un bout de temps... Et le plus beau disque du monde, c’est lui qui l’a fait avec les Sun Sessions..."» Daniel Darc vénérait Elvis au point de se faire tatouer sur le flanc la pochette d’Elvis 56 ! Sur "La taille de mon âme", son ultime album, Darc adressait un clin d’œil à son idole de toujours en chantant « My baby left me », fausse reprise et vrai hommage à l’interprète de « Heartbreak hotel. »

Le soleil et l’acier

En novembre 1970, Yukio Mishima, l'un des plus grands écrivains contemporains japonais, se fait hara-kiri à l’âge de 45 ans. 10 ans plus tard, Daniel Darc enregistre "Seppuku" (Hara Kiri) avec Taxi Girl. Fasciné par les arts martiaux et les vertus du Bushidô des samouraïs, Darc révère l’auteur de "La mer de fertilité" et son œuvre qui célèbre le culte du corps et de la pureté, la recherche de la beauté, la suprême tentation de la mort... Mishima qui écrivait qu’""une charpente puissante et tragique, une musculature sculpturale étaient indispensables à une mort noblement romantique"".

Les Enfants du Paradis

Sur "La Taille de mon âme", la valse lente de la chanson titre était inaugurée par les mots de Garance (Arletty) dans" Les Enfants du Paradis" de Marcel Carné (1945) : « "Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment comme nous d’un aussi grand amour" »... Le film de Marcel Carné était l’un des films fétiches du chanteur, tout comme "Le Quai des brumes" (1938) qui lui inspira ces vers dans la chanson Nijinsky : « "Je dessine un nageur, vous le croyez noyé / je dessine une fleur, vous la voyez fanée" ».

logo departement

Notre newsletter

MDDS - Médiathèque des Deux-Sèvres

298, Route de Coulonges

79000 Niort

Tél. : 05 49 26 28 20

 

28, rue des Epinettes

79100 Thouars

Tél : 05 49 66 09 60