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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Sgt Pepper, 50 years ago today

4 thèmes | 12 oeuvres
A l'aube du 2 avril 1967, après 700 heures passées à enregistrer moins de 40 minutes de musique, les Beatles quittent le studio avec un pressage de leur nouvel album, "Sgt" "Pepper's Lonely Hearts Club Band." Depuis l'appartement d'une amie, ils le jouent à plein volume pour le voisinage. Les fenêtres s'ouvrent, personne ne se plaint, tout le monde écoute... Ce moment de grâce se répète à l'échelle mondiale le 1er juin pour la sortie officielle : jamais un disque pop n'avait été un tel événement. Coup de génie d'un groupe que l'on disait mort, incroyable concentré d'innovations musicales, techniques et visuelles, "Sgt Pepper", à 50 ans, donne toujours envie d'en faire profiter les voisins à 6 heures du matin !

In my room

Jusqu'au milieu des années 60, un album pop n'était souvent qu'une collection de chansons quelconques assemblées à la va-vite autour d'un ou deux tubes déjà sortis en 45 tours, sans grande différence avec le son "live" de l'artiste. Si les Beach Boys, Bob Dylan et d'autres avaient déjà amorcé le mouvement, "Sgt Pepper "représente le vrai tournant vers une nouvelle conception : l'album comme œuvre à part entière et cohérente, pas toujours reproductible sur scène, et conçue grâce à de longues heures de studio.

En studio avec les Beatles

Technicien aux célèbres studios d'Abbey Road, à Londres, Geoff Emerick devient, à 18 ans, l'ingénieur du son des Beatles pour l'album "Revolver", en 1966, et le restera jusqu'à leur séparation. Il a donc été aux manettes pour leurs disques les plus sophistiqués, élaborés lors de longues séances grâce à des techniques innovantes. Travail sur la captation de la batterie ou des voix, manipulation des bandes magnétiques, effets sonores... Il raconte ici de façon vivante toutes ces trouvailles qui ont révolutionné le son de la pop.

The Piper at the Gates of Dawn

De février à juin 1967, durée alors inédite pour un jeune groupe, Pink Floyd enregistre ce premier album aux studios d'Abbey Road. A la production : Norman Smith, ancien ingénieur du son des Beatles. Et dans la pièce voisine : les Fab Four eux-mêmes, en plein travail sur leur chef-d'œuvre ! Aucune collaboration entre les débutants et les superstars, mais les premiers bénéficient audiblement des trouvailles des seconds, en produisant l'une des pépites des années psychédéliques anglaises, un disque ouvert à toutes les influences mais d'une grande cohérence sonore. A l'image de "Sgt Pepper".

Love & Mercy

Sombrant parfois dans le mélo sirupeux, ce film a surtout le mérite de fonctionner comme un documentaire passionnant sur la meilleure période des Beach Boys : 1966, l'année où leur leader Brian Wilson s'enferme en studio pour produire l'éternel "Good Vibrations" et l'album "Pet Sounds" - des disques si impressionnants et innovants que, selon Paul McCartney lui-même, ils auraient incité les Beatles à se surpasser pour concevoir "Sgt Pepper".

L'artiste et son double

Cela pourrait s'appeler «la méthode Sgt Pepper». Ou comment, à l'image des Beatles de 1967, sortir d'une impasse créative et se libérer en se créant un «double» fictif. D'autres artistes s'y sont essayé avec succès, parfois jusqu'à la supercherie.

Skylarking

Grand espoir de la new wave anglaise, XTC cesse de tourner après cinq albums, en 1982 : jouer sur scène panique trop son chanteur Andy Partridge. Le groupe se perd alors dans des disques alambiqués et confidentiels, mais finit par se retrouver grâce au pastiche : sous le nom des Dukes of Stratosphear, ils publient une dizaine de chansons qu'on croirait datées de 1967, enregistrées sur du matériel d'époque. Surprise : les ventes suivent et XTC ressuscité sort dans la foulée ce disque qui sera leur plus gros succès, sur lequel ils assument enfin leurs influences sixties.

La Vie devant soi

Il aura fallu attendre la mort de Romain Gary (1914-1980) pour avoir la certitude qu'il était l'écrivain derrière le pseudo «Emile Ajar», prix Goncourt 1975 pour ce roman, alors qu'il avait déjà obtenu la récompense sous son nom en 1956 ! Si ce récit de la vie d'une prostituée rescapée d'Auschwitz a été la plus grande supercherie de l'histoire de l'édition, il faut y voir bien plus qu'un simple canular. Lorsqu'il le publie, Gary a déjà connu plusieurs vies – écrivain, soldat, résistant, diplomate – mais sa carrière littéraire est en berne. Plus qu'une grosse blague, ce fut une renaissance...

Big Eyes

Dans ce film méconnu, Tim Burton raconte l'histoire du peintre américain Walter Keane (1915-2000), dont les toiles (des enfants aux yeux démesurés, d'où le titre) eurent un immense succès dans l'Amérique des années 50 et 60... et étaient en réalité l'œuvre de sa femme Margaret, longtemps prisonnière de la spirale du mensonge. C'est seulement en 1986, vingt ans après leur divorce, qu'elle a réussi à prouver la mystification, lors d'un procès où elle exécuta un tableau en moins d'une heure alors que le pseudo peintre – à l'origine agent immobilier - se révélait incapable de tenir un pinceau.

Big eyes
CVS
Big eyes
Auteur: Burton, Tim (1958-....)
Edition: Studio Canal (prod.)

Postérité

Evénement dès sa sortie, "Sgt Pepper "a changé à jamais la face de la musique pop. S'il témoigne d'une certaine folie des grandeurs qui a souvent été moquée, son héritage se fait ressentir sur des centaines de disques sortis depuis, en créant la notion même «d'album» comme œuvre à part entière, formant un tout cohérent jusqu'au choix du graphisme de la pochette.

The Rutles: All you need is cash

Ecrit, interprété et co-réalisé par le Monty Python, Eric Idle, ce «mockumentary» raconte l'histoire d'un groupe fictif, les Rutles. Il s'agit en réalité d'une charge hilarante – mais tendre - contre les Beatles, dépeints ici comme quatre naïfs perdant peu à peu contact avec la réalité, notamment dans leur phase psychédélique. Trois des comédiens, véritables musiciens à la ville, sont allés jusqu'à composer et enregistrer des chansons-pastiches plus vraies que nature (le tube «Help!» devenant par exemple «Ouch!»). Cerise sur le gâteau : une petite apparition du vrai Beatles George Harrison, grand fan des Monty Python, dans un bel exercice d'autodérision.

Around the World in a Day

La pochette psychédélique, les multiples références au son de 1967, l'impression d'entendre un «concept album» maîtrisé de bout en bout... Encore auréolé de l'immense succès de "Purple Rain", le prodige Prince s'offre, en 1985, cette escapade qui montre sa maîtrise insolente de tous les genres. Et prouve que l'influence de "Sgt" "Pepper", loin de se limiter à la pop blanche, a aussi bouleversé le son de la musique noire américaine.

1000 record covers

Photographe et archiviste de l'iconographie des musiques populaires, l'Américain Michael Ochs réédite constamment cette grosse collection de pochettes de disques depuis plus de vingt ans. Outre des curiosités pas si anecdotiques (dans l'Amérique raciste des années 50, de nombreux artistes noirs n'avaient pas les honneurs de leurs propres pochettes), on y suit d'une image à l'autre l'essor de cet art visuel si particulier, né avec le 33 tours dans les années 50 et mort avec le numérique dans les années 2000. "Sgt Pepper", avec son ambitieuse photo de couverture et ses paroles imprimées au verso (une première), y figure évidemment en bonne place.

Retour au sommet

"«Je ne suis plus un Beatles»." A peine monté dans l'avion qui ramène le groupe de son dernier concert, le 29 août 1966 à San Francisco, le guitariste George Harrison lâche ce cri du cœur. Soulagé, il file en Inde prendre des leçons de sitar avec Ravi Shankar, tandis que Lennon tourne un film, que McCartney compose une bande originale et que Ringo Starr crée une entreprise. Après quatre ans d'un succès inégalé, les Beatles semblent avoir vécu. Et pourtant, à partir de novembre, ils vont se réinventer et publier l'album le plus célèbre de l'histoire de la musique pop...

Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band

La musique de 1967 a parfois mal vieilli. "Sgt Pepper", lui, n'a pas pris une ride. D'une grande variété de styles (rock, pop orchestrée, musique indienne, jazz...) et de thèmes (amitié, introspection, vie quotidienne...), il trouve son unité dans le soin apporté aux arrangements et à la production. Outre un remix réussi, ce coffret du 50ème anniversaire présente de nombreuses versions successives des chansons, qui rendent bien compte de ce travail d'orfèvre, tout comme le documentaire "The Making of Sgt" "Pepper", jusqu'ici uniquement diffusé en Angleterre.

The Beatles : Eight Days a Week

En se concentrant sur la première période des Beatles, de leurs débuts sur disque (octobre 1962) à leur dernier concert officiel (août 1966), ce documentaire riche en archives inédites rend bien compte de la rupture que représente "Sgt Pepper". Une volonté d'échapper à l'étouffante «Beatlemania», avec ses concerts inaudibles et de moins en moins bons. Une envie de prendre son temps en studio, alors que les sept albums précédents, certes innovants, avaient été enregistrés en quelques semaines tout au plus. Un besoin de reprendre sa liberté qui donnera le disque du siècle.

Magical Mystery Tour

Avant de revenir au son plus simple de «l'album blanc», les Beatles poursuivent quelques mois dans la veine psychédélique en enregistrant les morceaux de ce film délirant diffusé sur la BBC à Noël 1967. Détesté par la critique pour son amateurisme et son autocomplaisance, il contient certaines de leurs plus grandes chansons («I Am the Walrus», «The Fool on the Hill»), mises en images à la manière de ce qu'on n'appelait pas encore des vidéo clips. Inclus sur la bande originale, des singles hyper créatifs («Strawberry Fields», «Penny Lane», «All you need is love») forment eux aussi un complément indispensable à "Sgt Pepper".

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