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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Pop sous influences

4 thèmes | 15 oeuvres
Avant l’ère des tubes mondialisés, la production de la musique occidentale était répartie en quatre grands territoires avec chacun sa spécialité. Comme si, en un Yalta imaginaire, sorte d’Olympe consacré à la musique, des dieux avaient procédé à un grand découpage musical. A l’Allemagne et les pays d’Europe de l’est, la musique classique, à l’Amérique, le rock n’roll originel, à l’Angleterre, la pop et à la France, la chanson à texte. Mais la musique étant volatile et les frontières faites pour être traversées, des échanges se produisirent et de nouveaux courants virent le jour. C’est ce qui arriva à la chanson française qui intégra les éléments de la pop britannique pour, à son tour, produire des artistes aujourd’hui signés par des labels anglais ! Alain Chamfort que l’on retrouvera sur la scène de l’Olympia, le 25 mars prochain, est un des précurseurs de cette grande mutation. Portrait de famille.

Passage en force

La chanson française a longtemps privilégié le texte sur la musique. On n’efface pas des décennies de chanson réaliste, Rive gauche, ni les figures tutélaires que sont Piaf, Brel, Aznavour, Brassens, Ferré… d’un simple coup de guitare électrique. Il faudra la pugnacité et le goût de l’aventure des Gainsbourg, Fontaine (avec Areski), Pierre Barouh et son label Saravah, pour, petit à petit, imposer un autre son aux oreilles françaises.

Rock Around the Bunker

Serge Gainsbourg est la référence évidente pour toute la scène pop-rock française née dans les années 80. Pour deux raisons au moins : il a toujours cherché à enrichir son répertoire musical, notamment du côté de Londres dans les années 70, et aussi pour son sens de la provocation qui fit l’admiration des plus punks d’entre eux. Dans "Rock Around the Bunker", tout y est. Le son anglais (studio Philips à Londres et musiciens anglais), et chansons aux textes provocants à souhait : "Nazi Rock", "Tata teutonne", "Eva", "Yellow Star"…

L’Incendie

Avant de devenir la grand-mère excentrique « électro-Björk » qu’elle est devenue dans les années 90, Brigitte Fontaine, était la moitié d’un duo qu’elle formait avec son compagnon Areski. Leur répertoire, qui mélangeait pop, folk, électro, "world music"… et des textes qui devaient plus à la poésie qu’au format couplet/refrain, étaient le carburant de prestations scéniques tenant plus du happening que du tour de chant classique. Figure incontournable et source d’inspiration intacte, elle a écrit des chansons pour Étienne Daho, -M-, Johnny Hallyday ou Vanessa Paradis. Egalement admirée par Jarvis Cocker (Pulp) ou les Sonic Youth. Classieux comme disait...

Il y a des années où l’on a envie de ne rien faire

1967-1981 chansons expérimentales Les années 1960 voient apparaître une scène artistique engagée dont les acteurs partagent le même désir d’expérimentation. En parallèle du succès grandissant de la scène yé-yé et de "Salut les Copains", le label indépendant Saravah est le fer de lance de cette nouvelle génération d’artistes. Brigitte Fontaine, Areski Belkacem ou encore Jacques Higelin, expérimentateurs parmi d’autres, n’hésitent pas à mêler les différentes formes d’art, à jouer avec la langue et éclater les formes musicales établies. Bercés par l’esprit de révolte qui se propage dans le monde entier, ces artistes voient leur horizon s’agrandir avec l’arrivée de nombreux musiciens américains issus du jazz qui viendront chercher en France une liberté à laquelle ils aspirent encore.

J'aime pas la chanson française

Tout est dans le titre. Pour certains, dont Luz, la chanson française reste l’ennemie surtout si elle est chantée par Bénabar, Benjamin Biolay, Cali, Olivia Ruiz, Vincent Delerme... «" Dès que la voix devient parole, et que la parole devient sens, j’ai l’impression qu’on me dit" “Eh, oh, arrête de bosser, arrête de vivre, j’ai quelque chose à te dire”. » Luz dans Les Inrockuptibles, août 2009

Rock n’ French

La langue française fut longtemps jugée inapte à l’expression pulsionnelle du rock, surtout vue de l’autre côté de la Manche. Le premier à avoir fait voler la barrière en éclats fut Métal Urbain, un groupe punk français aux percussions électroniques qui fut signé sur le label anglais "Rough Trade", et qui, malgré des textes chantés en français sera reconnu comme une influence majeure en Angleterre et aux Etats-Unis mais qui restera inconnu en France... Bad luck !

Des jeunes gens mödernes

Post-Punk, Cold Wave et culture novö en France de 1978 à 1983. Au tout début des années 80, les « jeunes gens mödernes », cette branche française de la new wave, allait secouer l'Hexagone. Rennes, Rouen, Nancy furent replacées sur la carte grâce à des groupes comme Marquis de Sade, Taxi Girl ou Kas Product. Pour raconter ce qui se passait sur le front de ce rock nouveau, d’autres jeunes gens s’inventèrent un destin de journaliste pour écrire dans "Actuel, Libération, Rock n’Folk, Best". Le titre de ce recueil de textes de l’époque fut celui d’une couverture d’un numéro d’"Actuel" : ""Les jeunes gens mödernes aiment leur maman"", couverture sur laquelle les membres du groupe Marquis de Sade posaient avec leur maman.

Piano Ombre

Français exilé en Angleterre, François Marry forme son groupe à Bristol (ville de Massive Attack). Frànçois & The Atlas Mountains est signé en 2004 avec l’album "E Volo Love" sur le label anglais Domino (Arctic Monkeys, Franz Ferdinand…), une première pour un groupe qui chante en français. Les ombres des Talking Heads et de Dominique A planent sur le groupe qui façonne des chansons de pop si légères qu’on les croirait faites pour être jouées en pleine nature et s’envoler avec le vent. Pop contagieuse.

Piano ombre
GAM
Piano ombre
Auteur: François and the Atlas Mountains
Edition: Domino Recording

10 000 Hz Legend

La mutation de la chanson française en pop française, puis pop tout court, a connu un formidable coup d’accélérateur avec la musique électronique. Des groupes comme Air (associé au courant de la "French touch" avec Daft Punk, Phoenix, Cassius…) on repris le flambeau porté par François de Roubaix, pour composer des musiques électronico-pop-psychédéliques qui leur a valu une reconnaissance mondiale. Air a également composé la musique du film "The Virgin Suicides" de Sofia Coppola en 2000.

Rock n’ pop

Après les expériences underground et les mélanges exotiques, c’est l’influence du rock anglais qui va définitivement faire craquer la frontière entre variété et rock pour donner naissance à la pop française. Etienne Daho en fut rapidement un des porte-drapeaux avec ses chansons pop aux références anglo-américaines qui dessinent un axe The Kinks – Velvet Underground.

Diskönoir

Dans la famille pop-rock, si Gainsbourg est le père et Brigitte Fontaine la mère, Etienne Daho est le grand frère. Sa carrière est un concentré de bon goût pop-rock dont les références s’étendent des Rolling Stones au Velvet Underground, de Françoise Hardy à Bob Dylan, de Chet Baker à Joy Division. Personne ne manque à l’appel. Son talent, c’est de faire résonner toutes ses références à travers un répertoire pop légèrement dépressif typiquement « "jeunes gens mödernes" » années 80. Aujourd’hui, Daho est devenu à son tour une référence.

Des jeunes gens mödernes

Post-Punk, Cold Wave et culture novö en France de 1978 à 1983. Au tout début des années 80, les « jeunes gens mödernes », cette branche française de la new wave, allait secouer l'Hexagone. Rennes, Rouen, Nancy furent replacées sur la carte grâce à des groupes comme Marquis de Sade, Taxi Girl ou Kas Product. Pour raconter ce qui se passait sur le front de ce rock nouveau, d’autres jeunes gens s’inventèrent un destin de journaliste pour écrire dans "Actuel, Libération, Rock n’Folk, Best". Le titre de ce recueil de textes de l’époque fut celui d’une couverture d’un numéro d’"Actuel" : ""Les jeunes gens mödernes aiment leur maman"", couverture sur laquelle les membres du groupe Marquis de Sade posaient avec leur maman.

La Superbe

Musicien accompli (conservatoire, trombone, violon), Benjamin Biolay partage avec Serge Gainsbourg et Alain Chamfort un registre vocal limité et un goût pour les arrangements sophistiqués. Comme ses deux aînés, il a aussi beaucoup composé pour les autres. Benjamin Biolay s’est fait connaître du grand public avec l’album d’Henri Salvador "Chambre avec vue", composé en partie avec Keren Ann et dont a été extrait le tube « "Jardin d’Hiver" ». Par la suite, il travaillera aussi avec Raphaël, Lulu (Gainsbourg), ou Vanessa Paradis qu’il a même accompagnée sur scène. Classe à tous les étages.

  CD
La Superbe
Auteur: Biolay, Benjamin (1973-....)
Edition: Naïve

Chaleur humaine

La révélation musicale et scénique 2014. Comme Stromae, elle chamboule tous les codes allant jusqu’à semer la confusion sur son genre. Reste une pop synthétique minimaliste dont les influences sont à chercher aussi bien du côté de David Bowie, Beyoncé que de Christophe… Pour son prochain album, elle parle de casser son personnage de Christine pour le transformer en quelqu’un de « "libidineux genre Gainsbarre" ». Déroutant(e).

Variété française

Jusqu’au début des années 80, la frontière était nette entre rock et variété française. D’un côté Guy Lux, les shows des Carpentiers et RTL, de l’autre Patrice Blanc-Francard et Pop2, Rock n’Folk et José Arthur. La frontière entre les deux camps était imperméable. Jusqu’à ce que Gainsbourg, le premier, dresse un pont entre la Rive gauche et le "Swinging London". Alain Chamfort, qui travailla avec Claude François puis par la suite avec Serge Gainsbourg, suivra. Puis Daho, Air…

Versions originales

Alain Chamfort a connu plusieurs vies artistiques. Il a collaboré avec Jacques Dutronc, Claude François, Serge Gainsbourg, a connu des succès ("Manureva", paroles de S. Gainsbourg), s’est fait mettre à la porte de sa maison de disque dans les années 2000, a composé pour d’autres dont Vanessa Paradis, réalisé un concept album, "Yves Saint Laurent"… Durant toutes ces années, il n’a cessé de varier les styles au gré de ses envies. Aujourd’hui, c’est lui qui inspire la jeune génération. Sur scène, à l’Olympia le 25 mars.

Rock Around the Bunker

Serge Gainsbourg est la référence évidente pour toute la scène pop-rock française née dans les années 80. Pour deux raisons au moins : il a toujours cherché à enrichir son répertoire musical, notamment du côté de Londres dans les années 70, et aussi pour son sens de la provocation qui fit l’admiration des plus punks d’entre eux. Dans "Rock Around the Bunker", tout y est. Le son anglais (studio Philips à Londres et musiciens anglais), et chansons aux textes provocants à souhait : "Nazi Rock", "Tata teutonne", "Eva", "Yellow Star"…

J'aime pas la chanson française

Tout est dans le titre. Pour certains, dont Luz, la chanson française reste l’ennemie surtout si elle est chantée par Bénabar, Benjamin Biolay, Cali, Olivia Ruiz, Vincent Delerme... «" Dès que la voix devient parole, et que la parole devient sens, j’ai l’impression qu’on me dit" “Eh, oh, arrête de bosser, arrête de vivre, j’ai quelque chose à te dire”. » Luz dans Les Inrockuptibles, août 2009

Les chansons d’Amour

La première référence cinématographique que cite Christophe Honoré, c’est Jacques Demy. Avec Alex Beaupain, le réalisateur a trouvé son Michel Legrand. L’univers d’Alex Beaupain doit beaucoup à Gainsbourg, Daho, Souchon, avec lesquels ils partagent le goût des ambiances mélancoliques. Frédéric Lo, musicien, arrangeur, compositeur est un proche de Beaupain avec lequel il a travaillé sur son album "33 tours", Frédéric Lo a aussi réalisé deux albums de Daniel Darc ("Crèvecoeur" et "Amours suprêmes") figure emblématique des « "jeunes gens mödernes" » et grand admirateur de Gainsbourg. Et la boucle est bouclée.

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