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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Retour de l’étoile

4 thèmes | 13 oeuvres
Quasiment 50 ans, jour pour jour, après la sortie de son premier disque (un 45T qui n’intéressa personne à l’époque), David Bowie se fait à nouveau entendre avec un album pas forcément facile à aborder lors d'une première écoute. Après "Blackstar", une sorte de suite luxueuse en trois mouvements où sa voix prend des allures de Scott Walker, ce sont six chansons bien pleines qui s’enchaînent. Jazz d’avant-garde, rythmiques drum’n’bass, guitares à la Cure et mélodies se chevauchant constituent le fond de cet enregistrement plus “arty” que foncièrement commercial. Arty mais beau, oui...

Artiste Européen

A la différence de la plupart des popstars britanniques ou américaines, David Bowie ne limite pas son univers artistique au seul monde anglo-saxon. De son intérêt pour la République de Weimar, à laquelle il associa sa découverte de Kurt Weill et de Bertolt Brecht, à son immersion dans les musiques sans références blues ou rock’n’roll nettement marquées de groupes comme Kraftwerk, il a souvent été chercher ses sources d’inspiration sur le Vieux Continent.

Trans-Europe Express

« "From Station to Station/Back to Düsseldorf City/Meet Iggy Pop and David Bowie" »… Dans les paroles de la chanson titre (et énorme succès international) de son album "Trans-Europa Express", le groupe allemand de pop synthétique Kraftwerk rappelle les liens artistiques et géographiques qui l’unissent alors à David Bowie, installé à Berlin depuis octobre 1976. Le Krautrock, né en Allemagne à la fin des années 60, dont Kraftwerk est l’une des figures de proue, aura énormément d’influence sur le Bowie de la fin des années 70 qui est à la recherche d’une nouvelle esthétique européenne et de sonorités électroniques inédites. Ses trois albums "Low/Heroes/Lodger" constituent sa “trilogie berlinoise”.

Scary Monsters

Dans le même esprit que "Blackstar" aujourd’hui, "Scary Monsters (and Super Creeps)" n’a rien d’un “album concept” à couleur musicale unique, comme David Bowie en a souvent enregistré au cours de sa carrière. Ce disque, son quatorzième, est même à l’exact opposé : diversifié du début à la fin, empruntant des chemins parfois assez éloignés les uns des autres. Entre une reprise d’une chanson de Tom Verlaine, le guitariste chanteur de Television ("Kingdom Come"), un tube à tendance funk ("Fashion"), préfigurant le succès planétaire de "Let’s Dance", qui arrivera trois ans plus tard, et un nouveau standard pop de la star caméléon ("Ashes to Ashes"), l’artiste montre tout son savoir-faire.

  CD
Scary monsters
Auteur: Bowie, David (1947-2016)
Edition: EMI

Opéra de quat'sous

David Bowie a plusieurs fois chanté du Kurt Weill, reprenant par exemple, sur un 45T, le standard "Alabama Song" en 1980. Le compositeur allemand associé à Bertolt Brecht (à qui Bowie a aussi rendu hommage dans une pièce de théâtre pour la BBC, "David Bowie in Bertolt Brecht’s Baal"), pour "l’Opéra de quat’sous" et "Grandeur et décadence de la ville de Mahagony" aura aussi composé des symphonies, des opéras et des comédies musicales montées avec beaucoup de succès à Broadway. Récemment, d’autres chanteurs de pop ou de rock (Elvis Costello, Tom Waits ou Nick Cave) ont puisé dans le large répertoire d’inspiration à la fois classique, jazz et musiques de cabaret, de celui qui se présentait comme le “Verdi des pauvres”.

Musical et Théâtral

David Bowie est autant un artiste visuel que musical. S’il a tant plu aux foules, c’est qu’il composait et interprétait des chansons qui attiraient irrémédiablement l’oreille, mais aussi parce qu’il savait les présenter de la meilleure manière. Parfois en s’inspirant du cabaret et des revues brechtiennes qui l’ont tant marqué, d’autres fois avec un sens théâtral du grand spectacle. Il a parfois été sombre et “no look” et donc une référence majeure pour les post-punks de l’ère Thatcher.

Cabaret

Le contexte du récit, le Berlin “décadent” des années 30, ne pouvait qu’attirer le jeune David Jones (le vrai nom de David Bowie) qui découvrit la comédie musicale Cabaret quand elle fut présentée au Palace Theater de Londres en 1968. « "L’éclairage était phénoménal. Ce que j’ignorais c’est que c’était un éclairage “brechtien""”. C’est devenu, pour moi, l’image par excellence de ce que à quoi devait ressembler une scène », se rappela-t-il en 1993. L’adaptation cinématographique réalisée par Bob Fosse, avec Liza Minnelli et Michael York dans les rôles principaux, alterne intrigues amoureuses complexes et scènes de revues marquantes. Avec, en toile de fond, la montée du nazisme."

Rit it Up and Start Again, Postpunk 1978-1984

Nombreuses sont les chansons de David Bowie citées comme source d’inspiration dans "Rit it up and start again", un livre passionnant et documenté qui revient sur l’histoire du postpunk, un mouvement musical à l’esthétique sobre qui s’écartait des vieux clichés habituels Sex, Drugs, etc., du rock ou du punk. Les groupes se nommaient Bauhaus, Cabaret Voltaire, Gang of Four ou PIL… Dans l’Angleterre thatchérienne de la fin des années 70, ils s’exprimaient dans un esprit "Do it yourself", préférant les sons minimalistes, les ambiances intimistes et les synthés bricolés aux grosses productions commerciales léchées. L’un d’entre eux choisit de s’appeler Warsaw, en hommage à la chanson Warszawa de l’album "Low". Il se fera ensuite connaître sous le nom de Joy Division.

Opéra de quat'sous

David Bowie a plusieurs fois chanté du Kurt Weill, reprenant par exemple, sur un 45T, le standard "Alabama Song" en 1980. Le compositeur allemand associé à Bertolt Brecht (à qui Bowie a aussi rendu hommage dans une pièce de théâtre pour la BBC, "David Bowie in Bertolt Brecht’s Baal"), pour "l’Opéra de quat’sous" et "Grandeur et décadence de la ville de Mahagony" aura aussi composé des symphonies, des opéras et des comédies musicales montées avec beaucoup de succès à Broadway. Récemment, d’autres chanteurs de pop ou de rock (Elvis Costello, Tom Waits ou Nick Cave) ont puisé dans le large répertoire d’inspiration à la fois classique, jazz et musiques de cabaret, de celui qui se présentait comme le “Verdi des pauvres”.

Rebelle Rebel

Il est logique que David Bowie ait été attiré par la rébellion artistique tout azimut de Dada, comme il a aimé la vie et la création en marge de la société des poètes Beat. Les écrits d’un George Orwell, n’acceptant pas un monde policé par les autres, ont profondément touché celui qui est parvenu à se faire entendre pendant cinq décennies en clamant une originalité dans laquelle même les punks et Philip Glass se sont reconnus.

Low Symphony

C’est en les adaptant à sa manière minimaliste et en les enrichissant de nouvelles parties musicales, que Philip Glass transforme trois morceaux instrumentaux du "Low" de David Bowie (et de Brian Eno qui joua un grand rôle dans l’élaboration de l’album d’origine) en une symphonie qui sera enregistrée avec le Brooklyn Symphonic Orchestra. Par la suite, en 1996, le musicien s’inspirera de l’album Heroes, pour composer une autre Symphonie (la n°4) accompagnant un ballet présenté à New York. "Low Symphony" a été interprétée en 2015 à la Philharmonie de Paris par l’Orchestre National d’Ile de France à l’occasion de l’exposition "David Bowie Is".

Les Souterrains

Depuis que son frère Terry lui a offert "On the road", pour ses 10 ans, David Jones/David Bowie est resté fasciné par les écrivains de la “beat generation”. Il s’est essayé à la technique du cut-up dans l’écriture de certaines de ses chansons, s’est lié à William Burroughs, a appelé l’un de ses morceaux "Subterraneans" ("Les souterrains"), titre d’un livre écrit par Jack Kerouac dans lequel il raconte son histoire d’amour avec une afro-américaine dans le San Francisco du début des années 50. Allen Ginsberg, Lawrence Ferlinghetti, William S. Burroughs et la plupart des autres poètes fréquentant City Lights Bookstore apparaissent dans ce roman.

1984

L’une des premières suites, comme l’est aujourd’hui "Blackstar", vraiment ambitieuse enregistrée par David Bowie (sur l’album "Diamond Dogs" en 1974) était inspirée par 1984, le livre de George Orwell. Le monde totalitaire de Big Brother, auquel tente d’échapper Winston Smith, le héros du roman, ne pouvait qu’attirer l’artiste passionné par les concepts et les manipulations de masse. Orwell, engagé pendant la guerre d’Espagne du côté des milices révolutionnaires du POUM, aura trouvé la source d’inspiration de son livre à la fois dans le nazisme et dans l’URSS communiste.

  Livre Fiction
1984
Auteur: Orwell, George (1903-1950)
Edition: Gallimard
Collection: Folio

Le Festin nu

Canadien né à Toronto, Cronenberg partage avec Bowie un gout pour le cinéma expérimental. Le premier est fasciné par le cinéma fantastique ("Vidéodrome", "La Mouche"), le second fera volontiers l’acteur dans des films à la frontière de l’expérimental ("L’Homme qui venait d’ailleurs") ou du fantastique ("Les Prédateurs"). Tous les deux partagent une passion pour William Burroughs. Cronenberg adaptera "Le Festin nu", au cinéma, Bowie rencontrera l’inventeur du cut-up, en 1973, pour une longue interview publiée en 1973 dans le magazine Rolling Stone. Ne manque qu’un film sur Burroughs incarné par Bowie et filmé par Cronenberg.

Une éponge culturelle

Quasiment rien n’a échappé à David Bowie, ni les grands mouvements artistiques passés ou présents, ni les modes ("Fashion") quand elles étaient un tant soit peu dignes d’intérêt. Celui qui changea si souvent de look et de son a bien été un caméléon, comme on l’a souvent décrit, est un incorrigible curieux qui peut aussi bien s’intéresser au théâtre Kabuki, à l’expressionnisme allemand, à la dance music, à la musique contemporaine, qu’au jazz new-yorkais d’avant-garde.

Trans-Europe Express

« "From Station to Station/Back to Düsseldorf City/Meet Iggy Pop and David Bowie" »… Dans les paroles de la chanson titre (et énorme succès international) de son album "Trans-Europa Express", le groupe allemand de pop synthétique Kraftwerk rappelle les liens artistiques et géographiques qui l’unissent alors à David Bowie, installé à Berlin depuis octobre 1976. Le Krautrock, né en Allemagne à la fin des années 60, dont Kraftwerk est l’une des figures de proue, aura énormément d’influence sur le Bowie de la fin des années 70 qui est à la recherche d’une nouvelle esthétique européenne et de sonorités électroniques inédites. Ses trois albums "Low/Heroes/Lodger" constituent sa “trilogie berlinoise”.

Carnets de Notes sur vêtements et villes

« "Je suis sous influence japonaise" », clame David Bowie dans la chanson Blackout de 1977. La pop star, déjà passionnée par le théâtre Kabuki, avait découvert le travail de Kansai Yamamoto lors d’un défilé de mode à Londres, en 1971. Le styliste lui a ensuite dessiné ses costumes de scène (ceux de la tournée Aladdin Sane en 1973) avant de concevoir ceux d’Elton John. Dans le documentaire de Wim Wenders "Carnets de notes sur vêtement et villes", en partie tourné à Tokyo, le réalisateur fait un intéressant parallèle entre le monde de la mode, celui des villes et celui du cinéma.

Dictionnaire du Dadaïsme 1916-1922

Entre l’acquisition d’une réplique d’un costume conçu par Sonia Delaunay pour une pièce de théâtre Dada de Tristan Tzara, son admiration pour le peintre Dada, George Grosz, et sa perpétuelle envie d’explorer et de dynamiser différentes pratiques artistiques, David Bowie aura souvent marqué sa proximité avec le mouvement né à Zurich il y a 100 ans. "Le Dictionnaire du dadaïsme" de Georges Hugnet (écrivain, poète et graphiste), qui fréquenta Tzara et Breton, est une parfaite introduction à Dada.

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