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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Ornette Coleman, free spirit

5 thèmes | 15 oeuvres
Au début des années soixante, les tensions sociales et raciales en Amérique trouvent soudain leur expression dans le jazz de l’époque. Le vent tourne et une musique de plus en plus radicale vient accompagner une contestation de plus en plus musclée. Dans le sillage de John Coltrane, Sun Ra, Albert Ayler, Eric Dolphy, l’Art Ensemble Of Chicago, Pharoah Sanders ou Ornette Coleman précipitent le jazz dans ses derniers retranchements, définissant la forme et les structures d’une musique aux allures de séisme : le Free Jazz. Notre playlist Deezer

Derrière la déflagration

Le free jazz ne cherche pas à séduire. Son écoute demande un travail répété. On ne règle pas le problème en quelques minutes. Il faut s’accrocher. Si aujourd’hui certains enregistrements ont gardé tout leur côté abrasif originel, d’autres s’apprivoisent et permettent de voyager aux confins du sublime. Une chose est sûre, l’expérience ne laisse pas indifférent.

Free Jazz : A Collective Improvisation

Dripping de Pollock en pochette (le tableau « White Light ») et titre sans ambiguïté (Free Jazz : A Collective Improvisation) : en 1960, Ornette Coleman annonce un grand virage dans l’histoire du jazz. Un de ses plus fabuleux dérapages. Une révolution. Le principe est simple : deux quartets (un par canal, avec sur la gauche, autour du saxophoniste, Don Cherry, Scott LaFaro et Billy Higgins, et sur la droite, derrière Eric Dolphy, Freddie Hubbard, Charlie Haden et Ed Blackwell), se lancent simultanément dans une longue course poursuite, une furieuse improvisation où tout (ou presque) peut arriver, y compris inventer de nouvelles structures et mettre le feu au jazz. 54 minutes plus tard, c’était fait.... Historique.

Expression

John Coltrane n’a jamais directement fait partie du mouvement free jazz bien que, d’Eric Dolphy à Pharoah Sanders, le saxophoniste ait longtemps travaillé avec les tenants du genre. Pourtant ses derniers albums, publiés juste avant sa mort le 17 juillet 1967, participent de la même quête d’un jazz nouveau et inédit, débarrassé de toutes règles. "Expression", gravé dans l’urgence d’une fin imminente et quasiment programmée, marque une ultime étape vers une totale liberté. Une musique, difficile, mais totale et universelle.

  CD
Expression
Auteur: Coltrane, John (1926-1967)
Edition: BMG Music
Collection: [The ]Legendary Masters of Jazz

Yes Ornette !

A la sortie de ce disque, Michel Contat, dans Télérama a écrit « "C'est un disque inespéré, inattendu, dont on se rend vite compte qu'on l'attendait sans le savoir. La visite passionnée et passionnante du répertoire le moins connu d'Ornette Coleman par trois musiciens qui possèdent leur art et paraissent pourtant le découvrir. Expérience que d'autres ont déjà faite avec l'univers musical d'Ornette qui est l'innocence même, la jeunesse." ».

Du blues au blues

Après la flambée free, un certain nombre de musiciens comme Lester Bowie (Art Ensemble Of Chicago) ou Archie Sheep reviennent aux racines du jazz. D’autres ne quittèrent jamais les rives du blues pour chanter la misère et la colère sous une forme plus rustique. Mais, comme le montre la récente actualité de Charleston et les drames qu’on retrouve régulièrement en une de nos journaux, le combat n’est pas terminé. Comme le chantait James Brown : « Say it Loud, I’m Black and I’m Proud ! »

Too Bad Jim

L’incarnation de l’increvable permanence du blues du Delta. Ce chanteur atypique, découvert dans le Mississippi à la fin des années 60, incarne à travers sa manière très rustique de jouer comme au gré d’un chant extrêmement dépouillé un blues primitif inaltérable. Revenu à la musique au début des années 90 grâce à l’admiration que lui portent alors la jeune génération, John Spencer en tête, R.L. Burnside ressort sa voix brut de décoffrage, celle qui exprime toutes les misères et les colères du peuple noir.

Le Peuple du blues

Le Peuple du blues est un récit « "qui explique l’histoire des Afro-américains par la musique et la musique par l’histoire" », Le Monde. Leroi Jones (Amiri Baraka après sa conversion à l’Islam) est de ces hommes dont Octave Mirbeau disait : « "Ils se réveillent en colère et se couchent furieux" ». Romancier, éditeur, fondateur et animateur de mouvements sociaux, activiste féroce, soutien de Malcom X, on retrouve également toute sa rage dans ses poèmes, « "des poèmes qui tuent" ». Un des manifestes incontournables de la culture du peuple noir, sous titré "Negro Music in White America", écrit par un de ses plus illustres porte-parole.

Blasé / Live At The Pan-African Festival

Eté 1969. Le free jazz bat son plein des deux côtés de l’Atlantique lorsque Archie Shepp débarque en France à la tête d’une formation réunissant tout le gratin des énervés de la Great Black Music (Lester Bowie, Malachi Favors ou la grande chanteuse Jeanne Lee, entre autres…). Le 16 août, il enregistre les cinq titres de "Blasé", superbe ensemble très blues (notre saxophoniste s’en écarte rarement) donnant libre cours aux plus folles improvisations. Quelques jours plus tard, on le retrouve au Festival Panafricain d’Alger à la tête d’un nouveau gang et d’un orchestre de musiciens traditionnels algériens et touaregs, le temps de deux longues compositions échevelées, odes à une Afrique synonyme de libération et d’espoir.

Du blues au rap

La mélancolie de l’âme que traduit le blues s’est endurcie pour devenir une expression plus revendicative, plus enragée. Celle du hip-hop et du rap. “"Si on étudie l’histoire du blues et de la soul, du funk et du jazz depuis cent ans, on parcourt la vie des Noirs. Le blues, c’est les racines, parce que les Noirs de ce pays n’avaient nulle part où raconter leur histoire"” - Chuck D - Public Enemy

Le Peuple du blues

Le Peuple du blues est un récit « "qui explique l’histoire des Afro-américains par la musique et la musique par l’histoire" », Le Monde. Leroi Jones (Amiri Baraka après sa conversion à l’Islam) est de ces hommes dont Octave Mirbeau disait : « "Ils se réveillent en colère et se couchent furieux" ». Romancier, éditeur, fondateur et animateur de mouvements sociaux, activiste féroce, soutien de Malcom X, on retrouve également toute sa rage dans ses poèmes, « "des poèmes qui tuent" ». Un des manifestes incontournables de la culture du peuple noir, sous titré "Negro Music in White America", écrit par un de ses plus illustres porte-parole.

Mu First Part/Second Part

Pilier du quartet d’Ornette Coleman, Don Cherry sera durant toutes les années 60 un des principaux activistes de la révolution free jazz. Trompettiste exubérant (influencé par le jeu de Clifford Jordan), mais également impénitent voyageur sans cesse à la recherche de nouvelles sonorités, de nouveaux instruments (flûtes en bambou, cloches, et plus tard mélodica), Don Cherry va chercher en Inde, à Bali ou en Afrique tout ce qui peut enrichir le jazz et en dynamiter les règles. En duo avec un de ses complices favoris, le batteur Ed Blackwell, il signe en 1969, à Paris, un des grands manifestes free de l’histoire du jazz et annonce magistralement les futurs métissages du genre.

Straight Outta Compton

Sorti d’un des trous à rats les plus miteux de Los Angeles, Niggaz Wit Attitudes annoncent dès leur premier album un nouvel âge pour la musique noire. Un rap radical aux allures de cocktail molotov qui fera vite école en jetant les bases du gangsta rap. Le scat du jazz s’est désormais transformé en longues déclarations de guerre improvisées.

Les géants

Comme tous les autres, ils sont le fruit de leur éducation, de leur formation, des rencontres qu’ils ont faites mais ils ont un petit quelque chose en plus qui, à un moment les emmène plus loin. Ornette Coleman, Albert Ayler, Don Cherry, Pharoah Sanders, Rahsaan Roland Kirk, John Coltrane (même si Coltrane restera en marge du courant) sont ceux qui ont ouvert la voie en prenant tous les risques et qui aujourd’hui encore restent les références.

Free Jazz : A Collective Improvisation

Dripping de Pollock en pochette (le tableau « White Light ») et titre sans ambiguïté (Free Jazz : A Collective Improvisation) : en 1960, Ornette Coleman annonce un grand virage dans l’histoire du jazz. Un de ses plus fabuleux dérapages. Une révolution. Le principe est simple : deux quartets (un par canal, avec sur la gauche, autour du saxophoniste, Don Cherry, Scott LaFaro et Billy Higgins, et sur la droite, derrière Eric Dolphy, Freddie Hubbard, Charlie Haden et Ed Blackwell), se lancent simultanément dans une longue course poursuite, une furieuse improvisation où tout (ou presque) peut arriver, y compris inventer de nouvelles structures et mettre le feu au jazz. 54 minutes plus tard, c’était fait.... Historique.

Live In Greenwich Village

Entre 1965 et 1967, dates de ces enregistrements, Albert Ayler est au sommet de son art et de sa courte carrière. Ce musicien de Cleveland catalyse aussi à cette époque toute la haine et tout le mépris de ceux qui pensent que le free jazz n’est qu’une vaste fumisterie. Il suffit d’écouter l’intense agression sonore que déversent ces prestations live, la rage de ce saxophone ténor crachant sur des tempos en accéléré un flot de sonorités stridentes et suraiguës, pour comprendre à quel point Albert Ayler entraîne durant cette époque le jazz dans une zone de non-retour qui peut irriter certains. Avec le recul, ces déchaînements douloureux se révèlent aujourd’hui d’une incroyable beauté.

  CD
Live in Greenwich village
Auteur: Ayler, Albert
Edition: GRP

Expression

John Coltrane n’a jamais directement fait partie du mouvement free jazz bien que, d’Eric Dolphy à Pharoah Sanders, le saxophoniste ait longtemps travaillé avec les tenants du genre. Pourtant ses derniers albums, publiés juste avant sa mort le 17 juillet 1967, participent de la même quête d’un jazz nouveau et inédit, débarrassé de toutes règles. "Expression", gravé dans l’urgence d’une fin imminente et quasiment programmée, marque une ultime étape vers une totale liberté. Une musique, difficile, mais totale et universelle.

  CD
Expression
Auteur: Coltrane, John (1926-1967)
Edition: BMG Music
Collection: [The ]Legendary Masters of Jazz

Musiques de colères

Ici, il est question de révolution. Rien de moins. En 1960 Ornette Coleman faisait exploser les structures en place du jazz avec son manifeste ""Free jazz"". Seize ans plus tard, Johnny Rotten rendait au rock sa dangerosité. Noirs - Blancs, free jazz - punk, même combat.

Live In Greenwich Village

Entre 1965 et 1967, dates de ces enregistrements, Albert Ayler est au sommet de son art et de sa courte carrière. Ce musicien de Cleveland catalyse aussi à cette époque toute la haine et tout le mépris de ceux qui pensent que le free jazz n’est qu’une vaste fumisterie. Il suffit d’écouter l’intense agression sonore que déversent ces prestations live, la rage de ce saxophone ténor crachant sur des tempos en accéléré un flot de sonorités stridentes et suraiguës, pour comprendre à quel point Albert Ayler entraîne durant cette époque le jazz dans une zone de non-retour qui peut irriter certains. Avec le recul, ces déchaînements douloureux se révèlent aujourd’hui d’une incroyable beauté.

  CD
Live in Greenwich village
Auteur: Ayler, Albert
Edition: GRP

Free Jazz Black Power

Publié en 1971 aux éditions Champ libre (la même année que La Société du spectacle, de Guy Debord) avec un dessin de Reiser en couverture, "Free Jazz/ Black Power" présente une lecture très politique du jazz, et notamment de ses aventures free, à travers l’histoire et les luttes des Noirs américains « "qui ont amené le free jazz à rompre avec la colonisation culturelle occidentale" ». Un livre de référence signé par deux prestigieux journalistes de "Jazz Magazine" (Philippe Carles) et des "Cahiers du cinéma" (Jean-Louis Comolli).

Never Mind The Bollocks, Here’s the Sex Pistols

Après le jazz, l’incendie gagne le rock aux cris de « no future ». A la crise sociale (et raciale) américaine répondent en Angleterre les appels à la révolte contre le marasme social et artistique des années Thatcher. Certes, les Sex Pistols ne furent pas les premiers à appeler à la révolte. En 1969 (quelle année !), les MC5 de Détroit hurlait « Kick Out The Jams Mother Fucker ! » et John Sinclair, leur manager, créait le White Panthers Party pour accompagner le Black Power Party. Mais "Never Mind The Bollocks" reste néanmoins un des albums séminaux du punk. Après lui, le rock ne sera plus jamais comme avant.

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