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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

L'esprit des lieux

5 thèmes | 17 oeuvres
Plus les temps sont socialement durs, plus on doit se réjouir et célébrer l'ouverture d'une salle, ou de tout autre lieu qui favorise la création artistique, sa diffusion et son enseignement. A ce titre, et au-delà des polémiques sur les coûts de sa construction, la nouvelle Philharmonie de Paris, doit donc être célébrée. Mais les créateurs nous surprennent toujours et font parfois émerger des œuvres là où on ne les attend pas. Pour ça, ils récupèrent des usines, envahissent les rues, colonisent des cafés, s'installent dans des cabarets borgnes... L'esprit de ces créateurs marque ces endroits, les façonne à l'échelle de leur démesure, de leur puissance créatrice. Et comme par magie, ces lieux ont alors de l'esprit.

Circulez y'a rien à voir !

Si justement ! « "La rue est mon théâtre" », comme disait l'autre. Parfois les visions artistiques des uns ne supportent pas les plafonds. Parfois c'est la rue ou ce que l'on y trouve qui deviennent la source d'inspiration et le support principal de l'artiste. Alors, on s'installe, on bloque le passage, on transforme, on lacère, on fait parader des girafes en bois et des trois-mâts au milieu des avenues. C'est aussi le caractère éphémère d'une œuvre ou de sa représentation qui pose question. En attendant, et comme les troupes de saltimbanques, tout disparaît jusqu'à la prochaine fois... il reste alors les vidéos et les livres pour se rappeler que l'on n'a pas rêvé.

L'Aventure du Théâtre du Soleil

En 1970, Ariane Mnouchkine transforme une ancienne fabrique d'armes et de poudre en lieu de création théâtrale : la Cartoucherie est née avec le lancement du Théâtre du Soleil. Un spectacle fait date, 1789. Sur l'affiche est écrit : « "la révolution doit s'arrêter à la perfection du bonheur".» Deux comédiens vont être des piliers des débuts, Philippe Léotard et Philippe Caubère ; ce dernier en a tiré la matière de ses spectacles-fleuves. Aller voir un spectacle d'Ariane Mnouchkine est une aventure en soit : elle nous accueille à l'entrée ; les comédiens se maquillent devant nous. C'est dans cette poésEn 1970, Ariane Mnouchkine transforme une ancienne fabrique d'armes et de poudre en lieu de création théâtrale : la Cartoucherie est née avec le lancement du Théâtre du Soleil. Un spectacle fait date, 1789. Sur l'affiche est écrit : « "la révolution doit s'arrêter à la perfection du bonheur."» Deux comédiens vont être des piliers des débuts, Philippe Léotard et Philippe Caubère ; ce dernier en a tiré la matière de ses spectacles-fleuves. Aller voir un spectacle d'Ariane Mnouchkine est une aventure en soit : elle nous accueille à l'entrée ; les comédiens se maquillent devant nous. C'est dans cette poésie-là que fait entrer le film de Catherine Vilpoux.ie-là que fait entrer le film de Catherine Vilpoux.

Jacques Villéglé : La comédie urbaine

Seuls les flâneurs considèrent qu'en matière d'affiches, une seule couche ne suffit pas. Jacques Villéglé revendique sa position de flâneur qui prélève sur les murs parisiens, depuis la fin des années 1940, des affiches lacérées par des mains anonymes, et les expose après les avoir marouflées sur une toile. Le Centre Pompidou a présenté son travail en 2008, comme le rappelle ce catalogue. L'intérêt d'une affiche lacérée qui arrive au musée, c'est de donner l'occasion à une personne de la regarder quand elle n'y aurait pas prêté attention sur les quais du métro. Revenue dans le métro, parfois la même personne se met à regarder comme jamais auparavant.

Les Voyages du Royal de Luxe

Générik Vapeur, Artonik, Ilotopie, Royal Deluxe : autant de compagnies de théâtre de rue dont les étranges machines ont parfois dévalé la Canebière avant de faire le tour du monde... C'est grâce à elles que Marseille est devenue la capitale française des arts de la rue. Sans surprise, puisque c'est la « ville-théâtre » par excellence ! Depuis 1995, la Cité des Arts de la Rue, installée dans les quartiers Nord sur d'anciennes friches industrielles, abrite aussi un centre de formation, ainsi que les ateliers Sud Side, où l'on fabrique ces étranges machines, telles que les « grandes percussions à bascules » ou les « orgues à moteurs »... pour les orchestres à explosion.

Ecrins

Salles de concert, studio de cinéma, opéras, ateliers aménagés, eau et gaz à tous les étages... Ces endroits ont été imaginés pour permettre à des artistes de fabriquer, travailler et diffuser leurs œuvres. Ces lieux ont en commun d'être sortis de nulle part grâce à la volonté de la puissance publique ou par la seule puissance financière d'un mécène. Les artistes trouvent alors des conditions optimales pour travailler leur art. Parfois, la volonté démiurgique des commanditaires de ces endroits les entraîne vers des abîmes conceptuels et financiers. Mais c'est une autre histoire...

Philharmonie de Paris

La nouvelle Philharmonie de Paris est bien plus qu'une simple salle de concert ! Et bien plus qu'un manifeste architectural, quand bien même serait-il signé Jean Nouvel. C'est aussi et surtout un manifeste artistique : sur la place de la musique dans la cité, sur son rôle dans la société. Haut lieu culturel en même temps que lieu de vie et de rencontres, la Philharmonie de Paris rend à la musique le rôle qu'elle ne devrait jamais cesser de jouer : celui de vecteur de lien social. Vaste agora grande ouverte sur le monde et à tout le monde, elle revient aux racines étymologiques du terme (« aimer l'harmonie » !), avec tout ce que cela suppose de pédagogie et de créativité.

Le Turc en Italie

Quand on pense « opéra », La Scala n'est jamais loin. Bâti en 1778, le Teatro alla Scala de Milan est le berceau du Bel Canto italien : il en a vu naître tous les chefs-d'œuvre, des bijoux rutilants de Rossini aux drames véristes de Puccini, en passant par les pages déchirantes de Bellini, les larmes furtives de Donizetti et la pompe de Verdi. Aujourd'hui encore, La Scala reste une maison de création (Stockhausen y a créé trois journées de son cycle opératique monumental "Licht", Luca Francesconi son "Quartett"), mais c'est avant tout le temple du « bon goût » de l'opéra italien, où la « claque », aussi célèbre que redoutée, fait et défait les stars de la scène lyrique, avec plus ou moins d'oreille et d'entendement...

Ateliers d'artistes à Paris

J'ai une grande verrière, je suis orienté au nord, je suis né au XIXe siècle. Qui suis-je ? Un atelier d'artiste à Paris. L'orientation au nord laisse une lumière douce pénétrer en permanence dans l'atelier : si l'atelier était plein sud, le soleil éblouirait l'artiste. La grande verrière montre que la technologie du verre a évolué au XIXe siècle. La hauteur sous plafond des ateliers englobe deux niveaux, dont une mezzanine ; cela permet à l'artiste de prendre du recul, et à ses visiteurs d'admirer son travail. Le duplex est né de là. Le livre de Jean-Claude Delorme et Anne-Marie Dubois recense les ateliers d'artistes à Paris : de belles promenades en perspective.

Amarcord

La Cinécitta est un écrin dans lequel Fellini a tourné une dizaine de ses films. Tourner en studio est une évidence et une nécessité pour celui qui a toujours mélangé réalité et fiction, décors naturels et neige synthétique. Amarcord (Je me souviens), c'est l'histoire d'un petit village vu à travers les yeux d'un adolescent que ses pulsions éveillent à la vie... La scène où tout le village saute dans des barques pour mieux voir passer le paquebot que tous rêvent de prendre, est une merveille renforcée par l'image de ce bateau peint sur bois et par cette mer de vinyle qui brille de tous ses feux sous la lune électrique. Oscar du meilleur film étranger en 1974.

Les lieux pour faire

Un lieu permet d'avoir ses habitudes, de retrouver ses outils, ses collaborateurs, ses marques. Il permet aussi de se confronter au public. De se tester ou de tester ses créations. Ceux qui les fréquentent se rappellent les soirs de gloire ou les sifflets et les salles qui se vident. Ces endroits se chargent alors, année après année, de l'esprit de tous ceux qui s'y sont produits auparavant, comme des couches de peinture qui se superposent, ou comme si l'esprit de ceux qui sont passés avant vous vous donnait la force de poursuivre... ou la lucidité de passer à autre chose.

L'Espace vide

Inauguré en 1876, le Théâtre des Bouffes du Nord, né Théâtre Molière, boulevard de la Chapelle, a connu plusieurs vies, jusqu'à ce jour de 1974 où le metteur en scène Peter Brook le découvre. Séduit par sa lumineuse austérité, par la nudité de ses murs, il fait de cette coquille vide un décor protéiforme. Se contentant de remettre la salle aux normes, il préserve son apparence vieillie, crépusculaire, presque dévastée. S'ouvrant à une nouvelle approche du théâtre, pluridisciplinaire et iconoclaste, les Bouffes du Nord deviennent l'un des plus prestigieux lieux de création scénique de la fin du XXe siècle et du début du XXIe, en grande partie grâce au travail de Peter Brook.

Live at the Apollo

Au printemps 1963, l'énorme succès de ce live a relancé James Brown dont la carrière battait alors de l'aile. Et confirmé la réputation de l'Apollo. Ce théâtre de 1506 places construit en 1914 sur la 125e rue de New York, à Harlem, a une devise aussi ronflante ("ici naissent les stars et se forgent les légendes") que vérifiée puisque ses célèbres "Amateur Night" du mercredi soir (les inconnus autorisés à s'y produire sont jugés à l'applaudimètre féroce de la salle) ont révélé aussi bien Ella Fitzgerald (à 17 ans en 1934) que Jimi Hendrix (à 22 ans en 1964). Des années 30 aux années 70, aucun artiste noir n'a pu considérer sa carrière lancée avant d'avoir convaincu le public de l'Apollo, à la fois le plus exigeant de New York (donc du monde...) et le plus enthousiaste, une fois séduit : sur ce disque, James Brown et son groupe sont au top mais se font parfois voler la vedette, comme sur "Lost Someone", par les spectatrices hystériques !

L'Allure de Chanel

Gabrielle Chanel, alias Coco Chanel, fut une créatrice de mode légendaire. Paul Morand, un immense écrivain. Ils étaient amis. Il l'écouta longuement et parvint à restituer dans sa langue étincelante, l'insaisissable ; des morceaux comme : « "De même que la vraie culture consiste à flanquer par-dessus bord un certain nombre de choses ; de même que dans la mode, on commence généralement par la chose trop belle, pour arriver au simple". »

Villa Médicis

Etre en résidence à la Villa Médicis consiste, pour un artiste aujourd'hui, à passer 18 mois hors des soucis matériels, pour se consacrer à la création. La Villa Médicis, propriété des Médicis depuis le XVIe siècle, fut rachetée par Napoléon 1er au XIXe siècle pour y accueillir l'Académie de Peinture et de Sculpture. Le livre de Dominique Fernandez voyage dans ce lieu dont Frédéric Mitterrand fut le directeur avant de devenir ministre de la Culture. Plus rock 'n' roll, dans les années 70, le fils du peintre Balthus, alors que son père était directeur de l'institution, invitait Mick Jagger, Keith Richards et Marianne Faithfull à se balader dans ses jardins au clair de lune, sous LSD...

Lieux de débauche

Il y a les établissements fréquentables et ceux qui le sont moins, mais tous ont en commun de permettre de se réunir, de se tenir chaud, de penser. On peut aussi y écrire ou dessiner seul, ou fomenter des complots artistiques, chanter, jouer de la musique fort à plusieurs. Quitte à faire fuir le client. Quand l'histoire est belle, des années plus tard, les visiteurs poussent la porte (si elle existe toujours), s'assoient à une table et se laissent envahir par l'esprit des lieux. Parfois ils sortent une feuille de papier et se mettent à écrire, dessiner...

Les Beatles à Hambourg : Comment tout a débuté

""Je suis né à Liverpool, mais j'ai grandi à Hambourg"", disait Lennon. Quand il part pour le port du nord de l'Allemagne avec McCartney et Harrison, en août 1960, ses Beatles sont semi-pro, sans batteur (Pete Best est recruté sur le fil) et avec un bassiste nul (Stuart Sutcliffe). Sur place, les trois garçons de 17 à 19 ans, engagés par un club miteux de Sankt Pauli (le "Pigalle" local), logent dans un cinéma X et gagnent à peine de quoi se nourrir. Mais en jouant plusieurs heures chaque soir, pleins de bière et de cachets, ils deviennent des bêtes de scène. A leur retour à Liverpool, en décembre, ils sont le meilleur groupe de la ville. Comme une version pop et british de la légende du "crossroads" des bluesmen censés avoir rencontré le Diable à un carrefour pour échanger leur âme contre le talent...

Café de Flore : L'esprit d'un siècle

Boris Vian, dans son Manuel de St-Germain-des-Prés, dit de Paul Boubal, le patron du Flore : « "Un Auvergnat, Boubal ? Possible mais il est né à Paris, et il ne gagna l'Auvergne que trois jours plus tard. Alors ? Il est parisien, Boubal ; il faut un Parisien pour tenir le Flore." » Christophe Boubal, le petit-fils, nous fait revivre les grandes heures du Flore. Ça reste en famille. Jean-Paul Sartre travaillait si longuement au Flore que Paul Boubal lui installa une ligne téléphonique. Aujourd'hui, une copie d'une page de Sartre y tient lieu de set de table ; de quoi ramasser des miettes de littérature.

Poésies complètes

Ouvert en février 1916, au cœur de Zurich par Hugo Ball, vite rejoint par le peintre Jean Arp et le poète Tristan Tzara, le Cabaret Voltaire connut un succès immédiat auprès des étudiants, puis de la bourgeoisie. On y trouvait des expos d'Arp et de Giacometti, on y déclamait des textes de Voltaire, Nostradamus ou Alfred Jarry, on y reprenait des chansons d'Aristide Bruant, mais on y donnait surtout des spectacles aussi décadents que possible, avec des lectures de plusieurs poèmes en simultané sur fond d'impros de piano foutraques : on venait d'inventer le happening et la création en prise directe avec l'inconscient, parce que l'Europe était devenue, à cause du rationalisme, un véritable charnier... Plus tard, les situs puis les punks réhabiliteront l'esprit dadaïste.

Récup'

Parfois la nécessité créatrice pousse les artistes à faire feu de tout bois. Pas question d'attendre la bonne volonté d'un tiers pour obtenir les moyens nécessaires à son besoin d'expression : on récupère des usines, d'anciennes cartoucheries, des immeubles de bureaux, des chambres froides... C'est alors l'esprit de ces créateurs qui marque ces emplacements et leur donne une nouvelle âme.

L'Aventure du Théâtre du Soleil

En 1970, Ariane Mnouchkine transforme une ancienne fabrique d'armes et de poudre en lieu de création théâtrale : la Cartoucherie est née avec le lancement du Théâtre du Soleil. Un spectacle fait date, 1789. Sur l'affiche est écrit : « "la révolution doit s'arrêter à la perfection du bonheur".» Deux comédiens vont être des piliers des débuts, Philippe Léotard et Philippe Caubère ; ce dernier en a tiré la matière de ses spectacles-fleuves. Aller voir un spectacle d'Ariane Mnouchkine est une aventure en soit : elle nous accueille à l'entrée ; les comédiens se maquillent devant nous. C'est dans cette poésEn 1970, Ariane Mnouchkine transforme une ancienne fabrique d'armes et de poudre en lieu de création théâtrale : la Cartoucherie est née avec le lancement du Théâtre du Soleil. Un spectacle fait date, 1789. Sur l'affiche est écrit : « "la révolution doit s'arrêter à la perfection du bonheur."» Deux comédiens vont être des piliers des débuts, Philippe Léotard et Philippe Caubère ; ce dernier en a tiré la matière de ses spectacles-fleuves. Aller voir un spectacle d'Ariane Mnouchkine est une aventure en soit : elle nous accueille à l'entrée ; les comédiens se maquillent devant nous. C'est dans cette poésie-là que fait entrer le film de Catherine Vilpoux.ie-là que fait entrer le film de Catherine Vilpoux.

La Friche de la Belle de Mai

Installée dans l'un des quartiers les plus populaires de Marseille, c'était, avant qu'elle ne ferme ses portes à la fin des années 1960, une manufacture de tabac renommée et un haut lieu du syndicalisme depuis le XIXe siècle... En 1992, elle fut réhabilitée et transformée en nouveau temple de la « movida marseillaise », accueillant désormais des artistes en résidence. Elle abrite de nombreux lieux d'expos, un théâtre et une salle de concert, l'emblématique Radio Grenouille, ou encore l'atelier de sérigraphie « Le Dernier Cri », véritable antre de la bédé underground... La Friche illustre surtout cette tendance locale consistant à faire fleurir de la culture sur les décombres d'un passé industriel glorieux. Tout un symbole.

Les Voyages du Royal de Luxe

Générik Vapeur, Artonik, Ilotopie, Royal Deluxe : autant de compagnies de théâtre de rue dont les étranges machines ont parfois dévalé la Canebière avant de faire le tour du monde... C'est grâce à elles que Marseille est devenue la capitale française des arts de la rue. Sans surprise, puisque c'est la « ville-théâtre » par excellence ! Depuis 1995, la Cité des Arts de la Rue, installée dans les quartiers Nord sur d'anciennes friches industrielles, abrite aussi un centre de formation, ainsi que les ateliers Sud Side, où l'on fabrique ces étranges machines, telles que les « grandes percussions à bascules » ou les « orgues à moteurs »... pour les orchestres à explosion.

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