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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Great Black Music

5 thèmes | 17 oeuvres
On peut dessiner le voyage originel de la "Great Black Music" en traçant sur un globe une route qui partirait de la côte Ouest de l’Afrique, qui longerait l’équateur pour remonter ensuite le long du Brésil, traverserait les Caraïbes et remonterait le Mississipi jusqu’à Chicago via La Nouvelle Orléans. On croiserait alors tous les courants musicaux qui se sont développés au fur et à mesure que les hommes naviguent loin des côtes. Mais vouloir être exhaustif dans une entreprise comme celle-là reviendrait à vouloir écoper le Titanic avec un verre à dent. Alors place, là encore, à la subjectivité la plus totale. A chacun d’écrire son voyage en fonction de ses goûts. Great Black Music, Cité de la musique jusqu’au 24 aout.

Au commencement…

Le blues (qui doit beaucoup aux Celtes), le gospel, le jazz... sont considérés comme les bases de la black music moderne, celle qui va peu à peu sortir du ghetto dans lequel les blancs l’avaient parquée pour finir par être diffusée sur les ondes du monde entier. Les répertoires de certains de ces pionniers sont tellement puissants que des générations de musiciens cherchent à en percer les secrets depuis plus de cent ans. Et d’autres le feront après eux.

The complete recordings

Sans lui pas de rock. Pas de Keith Richards, pas de Brian Jones, pas de Jimmy Page, pas d’Eric Clapton, pas de Jimi Hendrix... ni aucun des autres rois du manche à six cordes. En vingt-neuf morceaux (et trois photos) Robert Johnson a gravé les tables de la loi du genre, et les mystères qui planent sur sa vie (le diable ne serait pas étranger à son génie...) et sur sa mort (mari jaloux, syphilis ?) n’ont fait que renforcer la légende. « "Vous pensez comprendre la façon de jouer le blues, et vous entendez Robert Johnson, ses rythmiques, son jeu de guitare, son chant et là vous pensez « Ce type doit avoir trois cerveaux" ». Keith Richards

Jazz

Prix Pulitzer en 1988, et première femme afro-américaine à recevoir le Prix Nobel de littérature en 1993, Toni Morrison est une romancière acclamée par la critique et le public. "Jazz" est son sixième roman, l’histoire d’un couple qui doit faire face à sa propre violence dans les années 20 quand le jazz enflammait les nuits de Harlem. C’est aussi le moment où les Noirs du Sud choisissent de s’exiler dans les villes du nord avec leurs usines et leurs ghettos. Comme dans le restant de son œuvre, Toni Morrison continue de creuser le sillon de la mémoire de la communauté afro-américaine.

Nowhere to run

Il y a des livres sur la musique aussi importants que certains disques et "Nowhere to run" est de ceux-là. Son intérêt exceptionnel vient du fait que pour l’écrire Gerri Hirshey a rencontré TOUS les protagonistes de l’histoire de la soul music et les a fait parler. De Ray Charles à Aretha Franklin, de James Brown à Diana Ross, d’Isaac Hayes aux Temptations, de Michael Jackson à Marvin Gaye… A eux tous, ils racontent l’histoire de la soul, cette musique qui n’en finit pas de résonner.

Great Black Music

Les origines africaines de ce qui deviendra la « Black Music » sont évidentes, mais c’est en se mélangeant aux musiques venues des autres coins du monde qu’elle s’est enrichie et a pris des formes aussi diverses que le blues, l’électro, ou l’afrobeat après avoir retraversé les océans jusqu’en Afrique via les ondes radio et les disques.

Jackson in Your House

On doit le concept de "Great Black Music" à l’"Art Ensemble of Chicago" qui trouvait les appellations de jazz et de free jazz trop restrictives. Il est vrai que lorsqu’ils fondent officiellement l’"Art Ensemble" en 1969 à Paris, Lester Bowie, Roscoe Mitchell, Joseph Jarman, Malachai Favors Maghostut, et Famoudou Don Moye mettent en commun leurs expériences musicales qui vont du jazz à la pop, de Dizzy Gillespie à Pharoah Sanders en passant par Salomon Burke ou encore John Cage... La musique de l’"Art Ensemble" doit donc autant à l’Afrique qu’à la musique contemporaine, aux fanfares qu’au free jazz.

Expensive Shit

Si toute la "Great Black Music" plonge une partie de ses racines en Afrique, l’influence de l’Amérique sur les musiciens africains est vraie également. La musique de Fela « "The Black President" », en est l’illustration qui, à la fin des années soixante, mélange le jazz et le funk avec la highlife africaine et la musique traditionnelle yoruba pour créer l’afrobeat. Personnage extraordinaire, leader charismatique à la popularité seulement comparable à celle de Bob Marley en Jamaïque, combattant féroce du pouvoir en place (sa mère, militante acharnée, sera défenestrée), Fela avec ses longs morceaux cuivrés a placé Lagos, la capitale du Nigeria, sur la carte du monde musicale.

Mothership Connection

Si James Brown a inventé le funk et Jimi Hendrix porté l’incandescence de la guitare à son plus haut, George Clinton a fait le mix des deux pour inventer le P-Funk, une version psychédélique et rock’ n’ roll du funk de James Brown. George Clinton, l’ancien coiffeur, a frappé deux fois ; une première avec Parliament l’autre avec Funkadelic. Deux groupes au sein desquels on retrouve des premières gâchettes de chez James Brown en rupture de ban ; Maceo Parker, Fred Wesley, Bootsy Collins. Welcome aboard !

L’histoire continue

Il ne faut surtout pas croire que, parce qu’elle est honorée dans les musées, l’histoire de la Great black Music est figée pour l’éternité. Elle évolue depuis ses origines parce qu’elle se mélange avec les autres musiques, que la technique évolue et fait reculer les limites du possible, mais surtout parce que de nouveaux talents naissent tous les jours. Démonstration ci-dessus.

GIRL

Ses succès planétaires en solo (dont le dernier en date "Happy") ou avec ses copains (Daft Punk) et ses looks repérables entre mille (mention spéciale pour le short-smoking des Oscars) en ont fait l’artiste le plus populaire du moment. Il faut dire qu’il s’était déjà fait la main avec les Neptunes comme producteur de Justin Timberlake (et quelques dizaines d’autres) ou avec The N.E.R.D. Pharell Williams fait à sa sauce une musique dans laquelle les frontières entre blanc et noir ont disparu au profit d’une soul-pop d’une rare élégance et sur laquelle plane l’ombre des géants de la Motown.

Girl
GAM
Girl
Auteur: Williams, Pharrell (1973-....)

New Amerykah Part One

Une classe insolente, un port de tête de reine, Erikha Badu fait, tour à tour, penser à Nina Simone, Diana Ross, Billie Hollyday, Angela Davis... Musicalement, elle distille une néo-soul classieuse, doux mélange de soul, R&B, jazz. Ses convictions religieuses et des textes afro-centrés la placent à part parmi les stars du R&B mondialisé. Pour les amateurs de voix susurrées, à ranger à côté de Gregory Potter ou Marvin Gaye époque "What’s Going On".

Interstellar Fugitives

Depuis qu’elle s’est arrachée du carcan racial dans lequel on l’a longtemps maintenue, la Great Black Music a irradié tous les genres musicaux. C’est le champ de l’électro qu’ont investi Mike « Mad » Banks, Jeff Mills, Robert Hood et Darwin Hall les fondateurs du label Underground Resistance ("U.R. you are") basé à Detroit, cette ville au bord du gouffre. Fortement marqués par la musique de Kraftwerk, ils produisent une techno très exigeante qui frôle parfois la musique expérimentale et qui s’accompagne d’une démarche militante forte et une volonté d’indépendance rageusement chevillée au corps. Trente ans après la création de Motown, les temps ont changé mais la détermination reste la même : prendre son histoire en main.

Musique classique

Au cours d’un voyage en Amérique où il découvre le jazz en 1928, Maurice Ravel déclare : « "Vous, les Américains, prenez le jazz trop à la légère. Vous semblez y voir une musique de peu de valeur, vulgaire, éphémère. Alors qu'à mes yeux, c'est lui qui donnera naissance à la musique nationale des États-Unis." »

Money Jungle

« "On met derrière ce mot tout et n’importe quoi. Ce que je fais personnellement, c’est de la musique classique américaine. Mais on peut choisir de l’appeler comme on veut."» déclarait Ahmad Jamal à Libération. Duke Ellington disait de son côté : « "Je fais de la musique classique noire".» "Money Jungle", cet enregistrement légendaire qui réunit en 1962 Duke Ellington, Charles Mingus et Max Roach en est la preuve éclatante. Un des plus grands enregistrements piano/basse/batterie de l’histoire.

Jazz

Prix Pulitzer en 1988, et première femme afro-américaine à recevoir le Prix Nobel de littérature en 1993, Toni Morrison est une romancière acclamée par la critique et le public. "Jazz" est son sixième roman, l’histoire d’un couple qui doit faire face à sa propre violence dans les années 20 quand le jazz enflammait les nuits de Harlem. C’est aussi le moment où les Noirs du Sud choisissent de s’exiler dans les villes du nord avec leurs usines et leurs ghettos. Comme dans le restant de son œuvre, Toni Morrison continue de creuser le sillon de la mémoire de la communauté afro-américaine.

Mingus moins qu’un chien

La biographie de Charles Mingus commence par un entretien avec son psy : « "Vous ne m’aviez pas dit que vous étiez un musicien si célèbre. – Mon cul ! Ca ne veut rien dire. C’est un système dont se servent ceux à qui nous appartenons. Ils nous rendent célèbres et nous donnent des surnoms – Roi de ceci, Comte de cela, Duke de je ne sais quoi. De toute façon, nous mourrons dans la dèche – et je pense parfois que j’aimerais mieux mourir que d’affronter le monde des Blancs." » Indispensable. A ranger à côté de la l’autobiographie de Miles Davis "Miles" (1989).

Concertos Pour Piano

Rachmaninov quitte son pays en 1917. Exilé aux États-Unis, il assiste, en 1924 à New York, à la première de "Rhapsody in Blue", l’œuvre avec laquelle George Gershwin fit entrer le jazz dans les salles de concert. Très impressionné, Rachmaninov écrit trois ans plus tard son quatrième concerto pour piano, qui traduit son émerveillement face à l’œuvre du compositeur américain. Par la suite c’est Ravel qui sera impressionné par la découverte du jazz qu’il écoute dans les clubs d’Harlem. Ou quand la musique classique rencontre la "Great Black Music".

Musiques de combats

Les arts en général mais la musique en particulier – parce qu’elle se diffuse très rapidement – ont toujours servi à propager les revendications des minorités opprimées. En Amérique, en Jamaïque ou en Afrique les combats ne sont pas toujours de même nature, mais l’engagement reste tout aussi virulent.

Expensive Shit

Si toute la "Great Black Music" plonge une partie de ses racines en Afrique, l’influence de l’Amérique sur les musiciens africains est vraie également. La musique de Fela « "The Black President" », en est l’illustration qui, à la fin des années soixante, mélange le jazz et le funk avec la highlife africaine et la musique traditionnelle yoruba pour créer l’afrobeat. Personnage extraordinaire, leader charismatique à la popularité seulement comparable à celle de Bob Marley en Jamaïque, combattant féroce du pouvoir en place (sa mère, militante acharnée, sera défenestrée), Fela avec ses longs morceaux cuivrés a placé Lagos, la capitale du Nigeria, sur la carte du monde musicale.

Say it Loud – I’m Black and I’m Proud

James Brown s’est illustré dans tous les courants de la "Great Black Music". Gospel, blues, rythm’ blues, funk, rap... Le parcours du « "Godfather of soul" » est aussi édifiant ; cireur de chaussures, prison à 16 ans, musique, succès mondial (jusqu’à posséder son avion privé et ses propres stations de radio), invitation à la Maison Blanche par Richard Nixon - une visite qui créera la polémique dans la communauté afro-américaine. Musicalement, sans lui, pas de Sly Stone, Parliament, Prince ou Michael Jackson. Demandez aux rappeurs ce qu’ils pensent de celui qui fut l’artiste le plus samplé. Leur mentor à tous.

Super Ape

Pour beaucoup la musique jamaïcaine rime avec Bob Marley. Ce n’est pas faux mais c’est un peu court. Pour élargir le scope on s’intéressera ici à Lee « Scratch » Perry qui est au reggae et au dub ce que Phil Spector est au rock ou encore, comme le dit Llyod Bradley (l’auteur de "Bass Culture") « "Cet homme est le Salvador Dalí jamaïcain" ». Bricoleur de génie, ses découvertes en font une source d’inspiration majeure pour tout producteur. Sans lui pas de Massive Attack ou d’électro dub. Dans son studio Black Ark, l’homme produira la crème des musiciens jamaïcains des années 70 dont les Wailers de Bob Marley avant de se fâcher avec eux pour des histoires de droits d’auteur. Aussi fou que génial, il mettra lui même le feu à son studio...

Fear of a black planet

Dès la parution de son premier album "Yo! Bum Rush the Show" en 1987, Public Enemy fit du rap une arme de combat. "Fear of a black planet", leur troisième album, ne déroge pas à la règle bien qu’il soit musicalement le plus sophistiqué. Il suffit de lire la liste des morceaux "samplés" pour se convaincre, si besoin était, que les influences de la soul sous toutes ses coutures sont au cœur de la musique du groupe.

  CD
Fear of a black planet
Auteur: Public enemy
Edition: Polygram international
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