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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

L’œil de Brassaï

5 thèmes | 15 oeuvres
Brassaï, les graffitis lui disent merci ! Le transylvanien de Brasov, après un premier séjour à Paris quand il était petit, s’y installe définitivement à 25 ans, et, sans perdre de temps, apprend le français en lisant "À la recherche du temps perdu". Sans blague ! Il se laisse envoûter par la capitale de la "Belle Époque", avant de regarder la vraie vie des bordels, les marlous, le cirque, les singes et les girafes au zoo, l’atelier de Picasso et les graffitis, donc, qui vont lui inspirer son grand œuvre, même si dans son œuvre la grandeur jaillit souvent, comme le montrent des perles de l’exposition Brassaï, pour l’amour de Paris, dont ce baiser dans l’ombre de la visière de l’amoureux. Doisneau montre, Brassaï suggère. Regardez la différence !

Apprendre

C’est Kertész, hongrois comme lui, qui fut le premier maître de Brassaï pour la photo, et après on s’étonne ! Brassaï, après des études à Budapest, a appris beaucoup à Paris : le français, en lisant Proust, les graffitis en regardant les murs. Les graffitis qui ont depuis leur manuel scolaire. Apprendre par soi-même demande de la volonté, mais comment un maître peut-il aider des élèves à apprendre par eux-mêmes ? Réponse avec "Le Maître ignorant".

À la recherche du temps perdu

Brassaï a appris le français en lisant Proust. Son père était professeur de lettres à la Sorbonne, donc "À la recherche du temps perdu" n’est sans doute pas arrivé complètement par hasard dans ses mains ni dans sa tête. Proust ne lui a d’ailleurs pas servi que de méthode "Assimil", car il a plus tard cherché à mettre en valeur le rapport évident et profond, selon lui, que Proust entretenait avec la photographie. Brassaï ou pas, Proust est une merveille, donc si vous n’avez jamais eu l’occasion de vous y mettre, ne perdez plus de temps. Un conseil : lisez les sept tomes dans l’ordre.

Graffiti School

L’école du graffiti est-elle une branche des arbres de l’allée qui mène à l’école buissonnière ? Cette dernière ne donne de l’énergie que si l’écolier en rupture y cultive sa liberté, avec un peu de théorie sur le contexte historique des graffitis, des conseils pratiques indispensables pour réaliser un tag, savoir ce qu’est « throwup », etc. Un chapitre est destiné aux enseignants. Comme « les bons élèves ne comprennent rien aux choses du bizarre », chante Charlélie Couture, il serait bon que l’Éducation joue avec l’interdit au lieu de l’interdire.

Le Maître ignorant

En 1818, Joseph Jacotot, lecteur de littérature française à l’université de Louvain, propose à ses étudiants flamands – dont il ne parle pas la langue et qui ne parlent pas la sienne – de faire un commentaire en français de "Télémaque" de Fénelon en se débrouillant avec l’édition bilingue. Ça a marché ! Jacques Rancière raconte cette aventure pédagogique révolutionnaire où des étudiants ont été mis en situation d’apprendre par un maître qui a stimulé leur intelligence et leur volonté. Pour Jacotot : Hip, hip, hip...

Graffitis

Brassaï et Banksy même combat ? Banksy essaye à sa manière frondeuse du XXIème siècle de montrer que l’art est encore sous la coupe du pouvoir bourgeois qui contrôle le marché où il est question d’acheter une toile et non de faire le mur ; mur que Brassaï a tant aimé sans sortir sa fronde. Le mur, en anglais, « the wall », pourtant les nouveaux graffeurs n’écoutent pas Pink Floyd, mais du rap, du hip-hop, du garage, dont cette pépite, "Original Pirate Material".

Graffiti

Dès les années trente, Brassaï regarde les murs de Paris dont il observe les craquelures. Il note dans des carnets les adresses des graffitis pour suivre leur évolution pendant des années, car, dit-il, « ce sont des œuvres collectives que les gens dessinent clandestinement ». Une partie des photos de ce livre est dans la collection permanente du Centre Pompidou, mais pour que Brassaï n’ait pas bossé pour rien, ouvrons grands nos yeux sur les murs des villes où nous marchons. Dans une visite que j’ai animée sur l’expo Basquiat, une femme devant une peinture sur un morceau de palissade m’a demandé : « Quel est ce support ? » Je lui ai répondu : « Votre question est riche mais la réponse est pauvre, c’est une palissade ! »

Faites le mur !

"Exit Through the Gift Shop" est le titre original de ce film où Banksy met en scène MBW alias Mr Brainwash, pseudo de Thierry Guetta, artiste français d’art urbain dont le réalisateur fait une caricature pour dénoncer les travers du marché de l’art. Banksy est le pseudo d’un vrai résistant du graffiti qui vient de le prouver en octobre 2013, dans un feuilleton réel, "Better Out than In", où il a nargué la police dans les rues de New York. Le premier épisode est un pochoir où un garçon monté sur le dos d’un autre attrape la bombe de peinture barrée dans un vrai panneau « Graffiti is a Crime ». Délit : quand il sort de son lit, le grand cru se fait art !

Original Pirate Material

Mike Skinner, né en 1978 à Birmingham, a son premier clavier à 5 ans et son premier ministudio dans sa chambre d’ado. Il fait des chansons pour dire son ennui en banlieue, mais son phrasé rap, son accent cockney, et ses nappes de synthés dont les écoutes successives révèlent la finesse, arrachent la mise sur une première chanson « Has it Come to This ». Le CD "Original Pirate Material" de son groupe The Streets sort dans la foulée et cartonne. Écoutez-le pour comprendre à quel point c’est addictif !

La ville la nuit

Le livre culte "Paris de nuit", paru en 1932, qui rend Brassaï célèbre, où soixante de ses photos sont présentées par un texte de Paul Morand, est introuvable ou à prix d’or. Excellente occasion pour découvrir d’autres merveilles. "Un soir insolite à Paris" est une alternative à la tisane ; le film "Taxi Driver" vous plonge dans la nuit new-yorkaise ; avec "Le Troisième Homme" de Carol Reed c’est dans les égouts de Vienne que vous allez avoir des sueurs froides.

Un soir insolite à Paris

Brassaï voyait des merveilles la nuit. Si vous manquez d’idées pour sortir, ce petit guide va vous changer vos soirées. Assister à une séance parlementaire nocturne où il est interdit de s’endormir (p. 45), regarder les étoiles à l’Observatoire de la Sorbonne (p.41), pratiquer le yoga du rire (p. 65), enfin, pour prolonger le regard de Brassaï sur les fesses, découvrir celles du Louvre (p. 15). À vous de jouer pour transformer lors d’un soir l’insolite en un seul hit !

Taxi Driver

Robert de Niro s’entraîne face à sa glace à coup de « You’re talking to me ? », dans une scène qui a fait le tour du monde. Mais de l’autre côté du miroir, ce film vous invite à vous enfoncer dans la nuit à New York avec ce chauffeur de taxi complètement cinglé : l’asphalte est noir, les enseignes sont de toutes les couleurs et les jeunes putes noires et blanches. Alors, faut-il se faire peur la nuit pour avoir des sensations ? Non, la nuit ne fait peur qu’à ceux qui se couchent tôt, mais s’ils se relèvent pour se laisser prendre et l’apprendre, tôt ou tard ils la parleront couramment !

Le Troisième Homme

Un écrivain américain venu à Vienne pour voir son ami qui vient de mourir accidentellement découvre un monde très inquiétant. Outre la présence magistrale d’Orson Welles et de Joseph Cotten, le film doit sa réputation à l’air entêtant de cithare et à la photo noir et blanc de Robert Krasker ; le chef opérateur s’est promené dans le Vienne en ruine de l’après-guerre à la recherche d’ombres à la manière d’un Brassaï dans Paris. Chef-d’œuvre aux confins de l’étrange !

Objectif Brassaï

« C’est toujours à l’imparfait de l’objectif qu’il conjugue le verbe photographier » a dit Prévert de Doisneau. Belle formule, mais Brassaï avait une vision de l’objectif plus subjective, et trouvait absurde de dire aux modèles qui posaient pour lui « faîtes comme si je n’étais pas là ». Dans son objectif il a donc mis Paris dans sa poche, mais justement si vous voulez vous frottez vous-même à l’objectif d’un Nikon, lisez Vincent Lambert.

Brassaï, pour l’amour de Paris

Même si une sélection d’excellents tirages en grand format est visible sur le quai du métro Hôtel de Ville, faire une bonne heure de queue pour voir l’exposition donne accès à un vrai trésor. Voici la preuve par 6 perles en petit format : une chaise sous la neige laisse la réalité se fondre dans la magie du graphisme ; le rythme des pavés parisiens dépasse l’anecdote ; les arabesques de la décoration de la tour Eiffel jouent avec celles d’une grille ; la nuit, les lumières de la place de la Concorde semblent irréelles ; sur les berges, l’ombre fait d’un soubassement du quai haut un profil joufflu ;des fesses de femme donnent l’impression d’une sculpture, d’une sculpture qui fait envie, d’une envie à se damner. Enfin !

Brassaï

Connaissez-vous Robert Delpire ? Phare de l’histoire moderne de la photo, la MEP lui a consacré l’expo Delpire & Cie en 2009. Surnommé « le montreur d’images » par sa femme Sarah Moon, il a produit "Cassius Clay", le film culte de William Klein ; édité des livres pour enfants comme "Les Larmes de crocodile" d’André François ; créé la collection « Photo Poche » quand il est devenu directeur du Centre national de la photographie en 1982. Le numéro sur Brassaï est une excellente alternative au catalogue de l’expo pour un budget de poche.

Nikon D7100

Si les photos de Brassaï vous mettent dans un état second et révèlent votre âme de photographe, vous avez le choix : vous débrouiller avec votre smartphone comme le recommande sincèrement Vincent Lambert, ou vous rendre compte qu’un vrai appareil, comme le Nikon D7100, change la donne quand vous avez appris à vous en servir. Son livre est idéal pour ça. Il est photographe professionnel et son intelligence vive vous livre des explications du même tonneau. Ainsi l’HDR est un truc épatant !

Pour l’amour de Paris

On ne compte plus les amoureux de Paris, qui nous lassent à force. Brassaï aimait traîner dans les rues. Voyons voir comment les regarder avec les yeux du clochard de Paris insolite ; écoutons dans la rue les Parisiens du mois de mai 1962 dans un documentaire exceptionnel, "Le Joli Mai", enfin, osons regarder le Paris de "Meurtres pour mémoire", où l’amour laisse la place à la haine d’un préfet qui ordonne de massacrer des Algériens en 1961.

Paris insolite

Quelle ville voulez-vous voir en laissant de côté l’« officielle » ? Êtes-vous prêt pour le grand voyage ? Jean-Paul Clébert a été clochard, exercé des métiers comme « beugleur de canard volant, vendant "L’Intran" au temps de son opulence », « métreur d’appartement », il vous montre un bordel pour clochards dans le quartier Saint-Paul où l’une des deux pièces était « Le Sénat », l’autre « La Chambre des députés », il vous présente le paradis des cloches ou le grenier des maléfices... Dans l’insolite, le vrai, à Paris, suivez le guide !

Le Joli Mai

Chris Marker, son pseudo ne l’indique pas, est français, et s’appelle Christian Hippolyte François Georges Bouche-Villeneuve. Déjà que certains trouvent les génériques un peu long... Son documentaire s’intéresse aux Parisiens pendant le mois de mai 1962, le premier mois de paix, quand s’achève la guerre d’Algérie. Avec des vues aussi belles qu’originales sur Paris et une bienveillance telle que les questions sur la guerre, la dictature, le confort de vie, le travail, qui n’obtiennent d’abord pas de réponses auprès des Parisiens, peuvent être reposées sans lasser les interlocuteurs de tout âge, ce documentaire révèle un humanisme dont nous gagnerions tous à nous inspirer dans nos conversations à venir sur des thèmes qui en valent la peine. Indispensable !

Meurtres pour mémoire

Sur le pont Saint-Michel, du côté Île de la Cité, une plaque rappelle que le 17 octobre 1961 une manifestation du FLN s’est terminée dans un bain de sang. Dans le roman "Meurtres pour mémoire" un étudiant en Histoire s’intéresse aux conditions dans lesquelles son père professeur d’Histoire fut assassiné par un CRS lors de la répression policière exercée sur l’ordre du préfet Papon, et puis c’est à son tour d’y passer car il voulait en savoir trop... Apollinaire a fait couler la Seine sous le pont Mirabeau, Didier Daeninckx nous rappelle que sous le pont Saint-Michel, la Seine a vu rouge !

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