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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Guy Debord

6 thèmes | 20 oeuvres
Près de vingt ans après son suicide à l’âge de 62 ans, Guy Debord entre au panthéon de la Bibliothèque nationale de France. Statufié, le maître à penser du situationnisme ? Bien au contraire, car l’installation qui lui est consacrée jusqu’au 13 juillet, intitulée "Guy Debord, un art de la guerre", fait (re)découvrir la complexité de ce révolutionnaire qui préférait se définir en « stratège » de la lutte contre ce qu’il baptisa « la société du spectacle ». Penseur individualiste et activiste d’une vaste nébuleuse internationale, écrivain au style classique et cinéaste d’avant-garde, Debord avait mille facettes...

Consécration

Avant de radicaliser sa critique de la société, l'Internationale situationniste, créée en 1957 et dissoute en 1971, fut d'abord une avant-garde artistique visant à dépasser les conventions et notamment, en digne héritière du dadaïsme et des surréalistes, à « abolir les musées ». Il y a donc une certaine ironie, aujourd'hui, à voir le mouvement disséqué doctement par les historiens des idées. Qu'importe, car comme dirait une pub que les « situs » auraient adoré détourner, « il le vaut bien »...

Guy Debord, un art de la guerre

On se perd vite dans les méandres de la pensée et de la pratique situationnistes. Superbement présentée dans ce catalogue, l'expo éclaircit les idées grâce aux archives de Guy Debord, un ensemble de documents –manuscrits, affiches, tracts, fiches de lecture – classés Trésor national et rachetés pour 2,7 millions d'euros, en 2011, à la veuve du maître à penser. Assez logiquement pour un mouvement qui prône une subjectivité radicale, la découverte des papiers de son mentor sont le meilleur moyen de revisiter le combat collectif des « situs ».

Le mouvement situationniste : Une histoire intellectuelle

Dans cette somme très pédagogique, le philosophe et historien des idées Patrick Marcolini fait le tour du situationnisme – l'histoire interne du mouvement, de ses acteurs et de ses techniques révolutionnaires, mais aussi ses racines dans les avant-gardes artistiques du xxe siècle (dadaïsme, surréalisme, lettrisme...), sa postérité chez les activistes de tout poil, de Mai 68 à nos Indignés et « Anonymes », jusqu'à la récupération dans la publicité et même le management moderne.

Contre le cinéma, œuvres cinématographiques complètes

Jugeant le cinéma complice de la « société spectaculaire marchande », Guy Debord réalisa six films. "Hurlements en faveur de Sade" (1952) est « sans image » (des commentaires y sont lus sur des fonds noirs ou blancs) ; les suivants, de 1959 à 1978, sont des collages d'images empruntées aux actualités ou à la fiction, le montage créant du sens à la manière du « zapping » de Canal +. En 1993, lorsqu'il travaillait sur cette chaîne comme dialoguiste et réalisateur des "Nuls", Michel Hazanavicius ("OSS 117", "The Artist"...) s'inspira de ce procédé pour le téléfilm "La Classe américaine : Le grand détournement", assemblage de scènes tirées de films américains. Une œuvre de jeunesse dédiée à Guy Debord...

Déambulation

Dans l'héritage situationniste, il y a un corpus théorique et une rhétorique révolutionnaire parfois franchement indigestes. Heureusement, il y a aussi toute une série de procédés ludiques, véritables méthodes pratiques destinées à révéler l'aliénation de la société moderne et à fournir le moyen d'y échapper. Ainsi de la « dérive » théorisée et pratiquée par Guy Debord et ses amis à partir de 1953, qui consiste à se déplacer en ville en se livrant au hasard, à l'errance. Se réapproprier les rues : une idée simple, mais féconde, qui a inspiré nombre d'artistes et d'activistes bien au-delà de la nébuleuse situationniste.

Panégyrique I

1989 : entre reflux des idées révolutionnaires, règne de l'argent et triomphe de la publicité et de la télévision, plus personne n'attend Guy Debord, qui n'a guère écrit depuis "La Société du spectacle" en 1967. Son retour étonne d'autant plus qu'il s'effectue sur le terrain de l'autobiographie, avec une superbe plume classique, lui qu'on jurait voué aux textes théoriques et militants. Il commente ainsi longuement sa passion pour l'alcool – « quoique ayant beaucoup lu, j'ai bu davantage » – cause de la maladie qui le conduira au suicide en 1994.

Trilogie new-yorkaise

« Ce qu’on fait quand on marche dans une ville, c’est penser », écrit l'auteur américain dans "L'invention de la solitud"e. Mais c'est surtout dans sa "Trilogie new-yorkaise" (réunion sous ce titre de ses trois premiers romans) qu'il a exploré les rapports entre errance urbaine et quête d'identité : le relevé des parcours d'un pseudo-détective dans les rues de New York finit par former des lettres, puis un texte... On comprend mieux le meilleur roman de Paul Auster à la lumière de la « dérive » théorisée par les situationnistes, pour qui l'errance révèle « les effets précis du milieu géographique (...) sur le comportement affectif des individus ». Guy Debord créa même une science, la « psychogéographie », qui vise à étudier ces effets.

Courir les rues. Battre la campagne. Fendre les flots

Sans fréquenter les situationnistes, Raymond Queneau (1903-1976) les a souvent croisés. Lecteur chez Gallimard, l'auteur de "Zazie dans le métro" a milité en 1947 pour la publication dans la NRF du mentor de Guy Debord, Isidore Isou, dont il partageait le goût pour Jarry et la pataphysique. En 1967, il soutint de même le "Traité de savoir-vivre" de Vaneigem. Auteur avant-gardiste (ex-surréaliste, il a cofondé le groupe de littérature expérimentale l'Oulipo), il a aussi beaucoup pratiqué la « dérive » chère aux « situs » : dans l'épopée parisienne de Zazie ou dans la banale scène d'autobus prétexte aux « exercices de style », la ville bouleverse les perceptions et le langage. Idem dans ces poèmes hilarants et oniriques de la fin des années soixante.

Anonymous : Pirates informatiques ou altermondialistes numériques ?

Ce collectif d'activistes masqués s'est fait un nom en piratant l'informatique d'entreprise (Sony) ou d'État (la Tunisie pendant la révolution de 2011) désignés comme ennemis de la liberté d'expression. Spécialistes de la cyberculture, les auteurs décrivent les racines et l'organisation d'un mouvement qui va bien au-delà du simple « "hacking" » pour questionner le rôle de l'Internet. Une interrogation que les situationnistes n'auraient pas reniée, eux qui ont dénoncé de longue date la passivité créée par les « technologies de confort ».

Dérision

Le maniement du calembour et de l'absurde ont fait partie, dès les origines, de l'arsenal situationniste, avec en sus une prédilection pour le détournement comique de toutes les formes de la communication et des loisirs de masse : publicité, cinéma, bande dessinée, chanson... Le peintre danois Asger Jorn s'en est même pris au football roi ! Né à la fin des années cinquante, le mouvement n'a pas non plus épargné le rock et c'est un « situ » anglais, Malcom McLaren, qui utilisa les armes de l'industrie musicale pour la subvertir de l'intérieur en lançant les Sex Pistols.

Science Foot

Chaque mois, dans le magazine "So Foot", l'illustrateur Pierre La Police convoque une science délirante pour percer les mystères du ballon rond. Sachez ainsi que Zidane a donné son célèbre coup de boule parce qu'un crachat de son père avait alourdi son maillot, le faisant brusquement pencher en avant. Quant au fiasco des Bleus au Mondial 2010, il s'explique par la présence d'un joueur invisible. Ce recueil réjouira les amateurs du peintre danois Asger Jorn, né en 1914, cofondateur de l'Internationale situationniste et créateur du football à trois côtés, dans lequel trois équipes s'affrontent sur un terrain hexagonal...

Le pire d'Hara Kiri 1960-1985

En 25 ans de satire « bête et méchante », la bande à Cavanna s'est appliquée à rigoler des curés, des militaires et de tous les pouvoirs. Par la dérision et le mauvais goût plutôt que par la théorie, Wolinski, Cabu et les autres s'attaquaient aux mêmes cibles que Guy Debord : les hypocrisies et la sclérose de la société française avant et après Mai 68, l'aliénation par la technologie (le dessinateur Reiser, mort en 1983, imaginait au contraire des machines destinées à nous libérer du travail), l'abrutissement par les médias et la publicité... Leurs fausses pubs et slogans parodiques rappellent beaucoup les procédés situationnistes. Cette anthologie réédite ainsi leur document d'identité factice, la célèbre « carte officielle de con »...

Les chansons radicales de Mai 1968

Pour en finir avec le travail. Un classique de l'esprit 68 et du détournement situationniste : réédition du 33 tours de 1974 "Pour en finir avec le travail", ce disque réunit des reprises de chants révolutionnaires ou de classiques de la chanson française aux textes revus et corrigés par Guy Debord, Raoul Vaneigem ou Étienne Roda-Gil, alors parolier de Julien Clerc (« La Californie »...) et plus tard de Vanessa Paradis (« Joe le Taxi »). Montand est à l'honneur : « À bicyclette » devient « La Mitraillette » et « Les bureaucrates se ramassent à la pelle » revisite « Les feuilles mortes ». Debord a aussi rédigé les notes pseudo-historiques qui présentent ces pastiches comme des œuvres originales.

The Great Rock 'n' Roll Swindle

Le critique rock américain Greil Marcus a consacré un livre, "Lipstick Traces", à révéler les liens entre dadaïsme, situationnisme et punk rock. On les trouvera évoqués plus légèrement dans ce film consacré aux Sex Pistols, après leur séparation en 1978, par leur manager Malcom McLaren (1946-2010), qui fit partie du King Mob, les « situs » anglais, avant de fonder la boutique SEX avec Vivienne Westwood. Adepte du détournement (jusqu'à la croix gammée nazie arborée par les punks londoniens) et de la guérilla marketing, il apparaît dans ce pseudo-documentaire, qui mêle scènes de fiction et images d'archives, en grand manipulateur, utilisant le groupe et l'industrie musicale pour parvenir à ses fins – bouleverser l'ordre établi (et accessoirement remplir son compte en banque).

Inspiration et compagnons

Imposantes, l'œuvre et la personnalité de Guy Debord ont tendance à masquer les racines et les ramifications du situationnisme. Le mouvement s'inscrit pourtant dans une généalogie qui dépasse la figure de son créateur, celle de l'avant-garde française, et, dans l’élan d’un groupe, l’histoire d’une bande, un collectif pluridisciplinaire et sans frontières. Une Internationale, en quelque sorte...

Hypergraphic novels

Entre le surréalisme et le situationnisme, le lettrisme est le chaînon manquant de l'histoire des avant-gardes françaises. Créé en 1945 à Paris par le poète Isidore Isou (1925-2007), tout juste arrivé de sa Roumanie natale, cette théorie de la poésie (avec la lettre comme élément fondamental au détriment des mots et des sons) devint vite une contestation de l'ensemble des arts établis. L'écriture et la peinture étant jugés dans l'impasse, ces romans « hypergraphiques » tentent une synthèse. Séduit, Debord rompra pour fonder sa propre Internationale lettriste, qui préfigure le situationnisme.

Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien

Dans ce roman « néo-scientifique » qui s'achève sur un savant calcul de la « surface de Dieu », le créateur du père Ubu établit les principes de la pataphysique, « science des solutions imaginaires ». Ses héritiers du Collège de 'Pataphysique créé à Paris en 1948, parmi lesquels Raymond Queneau ou Boris Vian, décidèrent de se vouer à des recherches « savantes et inutiles ». Une satire des savoirs établis qui inspira le lettrisme d'Isidore Isou et le situationnisme de Guy Debord.

Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations

« Nous ne voulons pas d'un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de mourir d'ennui. » Relevé sur un mur de la Sorbonne en 1968, ce graffiti cite l'introduction du célèbre livre de l'écrivain belge, né en 1934 et alors membre de l'Internationale situationniste (il rompra avec Debord en 1970). L'ouvrage inspira aussi les slogans sur la « jouissance sans entrave », dans laquelle Vaneigem voyait la clé d'une création libérée et de la révolution à venir. Il n'a pas changé d'avis : dans ses interviews récentes, ce médiéviste reconnu continue à affirmer que Mai 68 ne fut « qu'un début »...

Récupération

« La dérive situationniste : le plus court chemin pour apprendre à entreprendre ? » Ceci n'est pas un détournement mais l'intitulé d'un cours donné à l'ESCP, la prestigieuse école de commerce parisienne qui forme une bonne partie de l'élite des affaires. Où l'on apprend donc que l'errance urbaine chère à Guy Debord inspire le management moderne... Depuis la fin des années soixante-dix, les thèses sur la « société spectaculaire marchande » connaissent ainsi un grand succès chez ceux qu'elles étaient censées dénoncer, inspirant l'essor de la provocation publicitaire, la révolte punk ou encore la mode du pastiche à la télévision et au cinéma.

Contre le cinéma, œuvres cinématographiques complètes

Jugeant le cinéma complice de la « société spectaculaire marchande », Guy Debord réalisa six films. "Hurlements en faveur de Sade" (1952) est « sans image » (des commentaires y sont lus sur des fonds noirs ou blancs) ; les suivants, de 1959 à 1978, sont des collages d'images empruntées aux actualités ou à la fiction, le montage créant du sens à la manière du « zapping » de Canal +. En 1993, lorsqu'il travaillait sur cette chaîne comme dialoguiste et réalisateur des "Nuls", Michel Hazanavicius ("OSS 117", "The Artist"...) s'inspira de ce procédé pour le téléfilm "La Classe américaine : Le grand détournement", assemblage de scènes tirées de films américains. Une œuvre de jeunesse dédiée à Guy Debord...

The Great Rock 'n' Roll Swindle

Le critique rock américain Greil Marcus a consacré un livre, "Lipstick Traces", à révéler les liens entre dadaïsme, situationnisme et punk rock. On les trouvera évoqués plus légèrement dans ce film consacré aux Sex Pistols, après leur séparation en 1978, par leur manager Malcom McLaren (1946-2010), qui fit partie du King Mob, les « situs » anglais, avant de fonder la boutique SEX avec Vivienne Westwood. Adepte du détournement (jusqu'à la croix gammée nazie arborée par les punks londoniens) et de la guérilla marketing, il apparaît dans ce pseudo-documentaire, qui mêle scènes de fiction et images d'archives, en grand manipulateur, utilisant le groupe et l'industrie musicale pour parvenir à ses fins – bouleverser l'ordre établi (et accessoirement remplir son compte en banque).

La pub est une charogne qui nous sourit

Pour les situationnistes, la publicité est tout juste bonne à détourner, afin de révéler ses effets aliénants. À partir des années quatre-vingts, cette posture critique a eu un grand succès... chez les publicitaires eux-mêmes. Paradoxe incarné par le photographe italien Oliviero Toscani, concepteur entre autres de campagnes choc pour Benetton de 1982 à 2000. En mettant en scène le racisme, le sida ou les religions, ses célèbres affiches, explique-t-il dans ce livre, voulaient réinventer la pub, l'extraire de son univers « rose et sexy » pour en faire un art interrogeant la société. Quoi qu'on en pense, il dresse ici un portrait au vitriol du milieu publicitaire et de ses acteurs.

Révolution

En Mai 68, on parla beaucoup de Marx, Lénine et Mao. Mais le feu fut mis aux poudres par des œuvres situationnistes. Dès 1966, "De la misère en milieu étudiant", une brochure publiée par l'antenne du syndicat étudiant UNEF à Strasbourg, noyautée par des « situs », annonce les Enragés de Nanterre. "La Société du spectacle" et le "Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations" allaient fournir aux manifestants un sacré réservoir de revendications, de slogans poético-humoristiques et d'idées de manifs-happenings, que l’on retrouve aujourd’hui dans les méthodes iconoclastes des activistes modernes, des « Indignés » aux "hackers" « Anonymes ».

Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations

« Nous ne voulons pas d'un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de mourir d'ennui. » Relevé sur un mur de la Sorbonne en 1968, ce graffiti cite l'introduction du célèbre livre de l'écrivain belge, né en 1934 et alors membre de l'Internationale situationniste (il rompra avec Debord en 1970). L'ouvrage inspira aussi les slogans sur la « jouissance sans entrave », dans laquelle Vaneigem voyait la clé d'une création libérée et de la révolution à venir. Il n'a pas changé d'avis : dans ses interviews récentes, ce médiéviste reconnu continue à affirmer que Mai 68 ne fut « qu'un début »...

Les chansons radicales de Mai 1968

Pour en finir avec le travail. Un classique de l'esprit 68 et du détournement situationniste : réédition du 33 tours de 1974 "Pour en finir avec le travail", ce disque réunit des reprises de chants révolutionnaires ou de classiques de la chanson française aux textes revus et corrigés par Guy Debord, Raoul Vaneigem ou Étienne Roda-Gil, alors parolier de Julien Clerc (« La Californie »...) et plus tard de Vanessa Paradis (« Joe le Taxi »). Montand est à l'honneur : « À bicyclette » devient « La Mitraillette » et « Les bureaucrates se ramassent à la pelle » revisite « Les feuilles mortes ». Debord a aussi rédigé les notes pseudo-historiques qui présentent ces pastiches comme des œuvres originales.

Anonymous : Pirates informatiques ou altermondialistes numériques ?

Ce collectif d'activistes masqués s'est fait un nom en piratant l'informatique d'entreprise (Sony) ou d'État (la Tunisie pendant la révolution de 2011) désignés comme ennemis de la liberté d'expression. Spécialistes de la cyberculture, les auteurs décrivent les racines et l'organisation d'un mouvement qui va bien au-delà du simple « "hacking" » pour questionner le rôle de l'Internet. Une interrogation que les situationnistes n'auraient pas reniée, eux qui ont dénoncé de longue date la passivité créée par les « technologies de confort ».

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