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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Putain de plaisir !

5 thèmes | 15 oeuvres
La prostituée est la reine du trottoir et du bordel ; le plaisir est son affaire. Actuellement à Paris, dans deux lieux culturels, le plaisir est à l’honneur : le libertinage au XVIIIe siècle est au musée du Luxembourg ; les splendeurs et les misères de la prostitution au XIXe siècle sont au musée d’Orsay. Maisons closes, libertinage, ambiguïté, les lieux et les manières du plaisir sont questions de points de vue sur la chose, à moins que de la chose on s’abstienne, syphilis ou sacerdoce oblige. Putain de plaisir !

Chasteté

« "La chasteté est une vertu qui consiste à s’abstenir de tout plaisir charnel jugé illicite et de toute pensée impure" » selon Le Robert. Celui qui est chaste ne consomme pas, mais n’y pense pas non plus. La chasteté devenait obligatoire pour les personnes atteintes de syphilis au XIXe siècle, comme le montre l’exposition du musée d’Orsay. La chasteté est l’une des conditions essentielles de la vie religieuse. Cette vie procure-t-elle un déplaisir ? Non, elle ouvre sur la puissance de la vie spirituelle. Mais l’essayer ce n’est pas forcément l’adopter...

Splendeurs et misères - Images de la prostitution en France 1850-1910

Les « splendeurs » du titre sont les peintures que la prostitution a inspirées à de nombreux artistes dont Toulouse-Lautrec ; les « misères » concernent la condition des prostituées en général et les ravages de la syphilis en particulier comme le montrent quelques photos écœurantes. Cette exposition qui cherche à être un plaisir en soi, offre un espace « interdit aux moins de 18 ans » dans lequel on entre en écartant un rideau rouge : à l’intérieur des images pornos donnent un petit goût de peep-show. Comme à Pigalle !

Journal d’un curé de campagne

La vie de ce jeune curé de campagne n’a rien d’un plaisir, lui qui note dans son journal : « "À quoi bon le nier ? J’ai vu trop tôt le vrai visage du vice, et bien que je sente réellement au fond de moi une grande pitié pour ces pauvres âmes, l’image que je me fais malgré moi de leur malheur est presque intolérable. Bref, la luxure me fait peur." » Georges Bernanos est préoccupé dans toute son œuvre, par la lutte spirituelle entre le bien et la mal ; une lutte que le jeune prêtre abandonne juste avant de mourir en disant : « "Tout est grâce" ».

Thérèse

Thérèse Martin est entrée à 15 ans au Carmel où elle meurt 8 ans plus tard de la tuberculose. Entre temps elle aime Jésus. Le film d’Alain Cavalier montre sa vie au couvent ; une vie souvent joyeuse, quand Thérèse éclate de rire avec une novice en imaginant qu’elles aiment un homme qui n’existe peut-être pas, Jésus. L’actrice Catherine Mouchet dégage une grâce incroyable. Dans la « vraie » vie, les religieuses contemplatives sont beaucoup plus joyeuses qu’on ne l’imagine ; leur joie donne beaucoup d’énergie. Un vrai plaisir.

Courtisanes et prostituées

Au XVIIe et au XVIIIe siècles, une courtisane faisait partie de la cour du roi. Au XIXe siècle, les frontières entre courtisanes, cocotes et demi-mondaines sont poreuses. Maupassant décrit dans ses nouvelles, des tranches de vie de prostituées. En 1932, l’allemand Alban Berg, montre dans son opéra "Lulu" comment une courtisane tombe dans la prostitution et en 2010, comme si l’histoire se répétait, l’opéra "Anna Nicole", montre la vie agitée et la mort violente d’une playmate.

Anna Nicole

Anna Nicole est un opéra qui raconte, sur une musique aux influences jazz et pop digne des grandes comédies musicales, l’histoire tragique de la cover-girl du magazine "Playboy", Anna Nicole Smith, mariée à un magna du pétrole millionnaire de 89 ans. Elle décédera dramatiquement des suites d’une overdose médicamenteuse en 2007 à l’âge de 39 ans. L’histoire d’Anna Nicole Smith c’est l’histoire éternelle de ces personnes prêtes à tout pour changer de condition mais dont la fin est souvent tragique. L’histoire d’Anna Nicole, c’est celle d’Emma Bovary au siècle de la téléréalité.

Lulu

Lulu est une femme fatale, objet de convoitise qui exerce sans retenue son pouvoir de séduction sur les hommes, multipliant sans scrupules maris et amants. Elle n’hésitera pas non plus à profiter de l'adoration que lui voue la comtesse Geschwitz, une lesbienne qui lui resta dévouée jusqu'à la fin, une mort tragique sous la lame de Jack l’Eventreur. Lulu illustre le pouvoir de fascination sexuelle de la femme qui, comme si la morale voulait se venger de sa jeunesse et de sa beauté, passe du statut de courtisane à celui de prostituée pour finir sous la lame d’un tueur.

  CD
Lulu suite
Auteur: Berg, Alban (1885-1935)
Edition: Deutsche Grammophon Gesellschaft
Collection: The Originals

Les Prostituées

"Boule de suif" est une nouvelle qui montre la fierté d’une prostituée pendant la guerre de 1870 ; va-t-elle coucher avec cet officier prussien comme l’y encouragent les bourgeois avec qui elle voyage ? Dans "La Maison Tellier", les pensionnaires de la maison close voyagent ensemble pour une raison très touchante. Ces deux nouvelles de Maupassant sont des chefs-d’œuvre : émotions, sensualité, spiritualité, désir ardent. Flaubert, le maître de Maupassant a applaudi "Boule de suif". Maupassant estimait que "La Maison Tellier" était d’une qualité supérieure ; le rythme, les couleurs, la liberté de ton de "La Maison Tellier" annonce le Fellini de "Fellini Roma".

Libertins, libertines

Le libertinage au XVIIe siècle est un mouvement intellectuel qui s’inspire librement de l’épicurisme créé par Epicure à Athènes ; l’épicurisme visait le bonheur en supprimant les plaisirs inutiles. Au XVIIe siècle, Dom Juan, le personnage de la pièce de Molière, est un libertin. Au XVIIIe siècle, le roman libertin prône le matérialisme, donc le plaisir matériel, pour s’affranchir de l’autorité de Dieu. Parmi les écrivains libertins, il y a Sade, Choderlos de Laclos et Casanova ; parmi les peintres, Boucher et Fragonard.

Casanova

Histoire de ma vie T.1 Vénitien, Giacomo Casanova est le libertin le plus célèbre du XVIIIe siècle. Il a écrit Histoire de ma vie sous le pseudonyme de Jacques Casanova de Seingalt. La version intégrale mentionne 142 femmes avec lesquelles il a couché. Malgré ce nombre il n’était pas collectionneur, mais au contraire, attentionné. Casanova a écrit "Histoire de ma vie" dans un français jugé trop cru, qui fut censuré dans les précédentes éditions. Grâce au travail éditorial de Bouquins Robert Laffont, une phrase comme « "Je lance mille baisers qui se perdent dans l’air" » est redevenue : « "Je baise l’air, croyant que tu y es" ». Casanova était un poète !

Galants et libertins : Fragonard amoureux

Le plaisir a été peint au XVIIIe siècle par deux grands peintres : Boucher et son élève Fragonard. L’exposition montre comment Fragonard passe de sa touche légère dans "Les Baigneuses" à son chef-d’œuvre de maîtrise "Le Verrou". Si nous regardons bien "Les Baigneuses", nous voyons comment le peintre invite à sa fête galante, aussi bien les jeunes filles que la nature ; c’est jouissif.

Les liaisons dangereuses

Un vicomte et une marquise prennent un malin plaisir à se provoquer par lettres interposées pour se moquer de la société pudibonde du XVIIIe siècle ; telles sont "Les Liaisons dangereuses" de Choderlos de Laclos, roman épistolaire écrit en 1782, dont Stephen Frears a tiré son film, sorti en 1988. Il ne faut pas en rater les premières minutes : elles montrent que l’habillement de la marquise et le poudrage du vicomte ne doivent rien au hasard ; tout est très précis. Le plaisir, ils le prennent ensuite dans la forme, à travers la perfection de leurs manières et de leur verbe, et dans le fond, en s’attaquant à la vertu de leur entourage, très coincé. John Malkovich est bluffant, avec sa voix faussement innocente.

Maisons closes

Les lupanars tiraient leur nom de la bestialité sexuelle de la louve ; à Rome, les prostituées étaient les « "lupas" ». Au Moyen Age, Saint Louis cachait des femmes de petites vertus au bord de la Seine, dans des bordeaux, d’où vient le mot bordel. Des maisons de tolérance, Paul Claudel tira un bon mot pour répondre à Jules Renard : « "La tolérance ? Il y a des maisons pour ça !" » Certaines maisons closes étaient des lieux aux décors somptueux ; leur atmosphère inspira des artistes, peintres, écrivains, cinéastes. Tous ces établissements qui proposaient les services de prostituées furent interdits en France par la loi Marthe Richard, votée le 13 avril 1946.

Splendeurs et misères - Images de la prostitution en France 1850-1910

Les « splendeurs » du titre sont les peintures que la prostitution a inspirées à de nombreux artistes dont Toulouse-Lautrec ; les « misères » concernent la condition des prostituées en général et les ravages de la syphilis en particulier comme le montrent quelques photos écœurantes. Cette exposition qui cherche à être un plaisir en soi, offre un espace « interdit aux moins de 18 ans » dans lequel on entre en écartant un rideau rouge : à l’intérieur des images pornos donnent un petit goût de peep-show. Comme à Pigalle !

L’Apollonide : Souvenirs de la maison close

« "Je suis fatiguée, je pourrais dormir mille ans" » dit une des pensionnaires de L’Apollonide qui fut le nom d’une maison close parisienne au XIXe siècle, dont le décor, les filles, et les fantasmes des clients étaient très raffinés : baignoire de champagne, panthère dans la chambre... L’Apollonide est inspiré du prénom d’Apollonie Sabatier, maîtresse de Baudelaire, auteur des Fleurs du Mal, dont l’esprit plane sur le film de Bertand Bonello. La BO, choisie par le réalisateur qui est aussi musicien, est une merveille d’éclectisme avec deux chefs-d’œuvre de soul, "Bad Girl" de Lee Moses et "The Right To Love You" de The Mighty Hannibal.

  Dvd Fiction
L'Apollonide, souvenirs de la maison close
Auteur: Bonello, Bertrand (1968-....)
Edition: France Télévisions Distribution

Toulouse-Lautrec : Les lumières de la nuit

« "J’entends partout le mot bordel, mais nulle part je ne me sens plus chez moi" » écrit Toulouse-Lautrec qui quittait régulièrement son atelier de la rue Tourlaque, à Montmartre, pour aller dans les maisons closes, rue Joubert, chez Elisa et La Farcy, ou à La Fleur Blanche, rue des Moulins. Il n’y passait pas seulement une soirée, il y restait plusieurs mois à observer les dames. Il y reçut même Paul Durand-Ruel, le marchand d’art des Impressionnistes. Ce livre montre que les femmes furent la grande affaire de sa vie, même si la nature ne l’avait pas gâté. La Goulue, danseuse vedette du Moulin Rouge lui dit un jour : « "Quand je vois mon cul dans tes peintures je le trouve beau" ».

Poètes du plaisir

À la fin du XIXe siècle, le peintre Toulouse-Lautrec était fasciné par la vie de la nuit et ses plaisirs ; le génie de son œuvre vient de là. En 1880, Maupassant devient célèbre avec des nouvelles où il décrit en touches rapides et sublimes, poétiques, la vie des prostituées. Le cinéaste Bertrand Bonello, né en 1968, explore les frontières entre la dimension charnelle et mentale ; il invite les spectateurs modernes à entrer dans un univers poétique par essence, le bordel.

Splendeurs et misères - Images de la prostitution en France 1850-1910

Les « splendeurs » du titre sont les peintures que la prostitution a inspirées à de nombreux artistes dont Toulouse-Lautrec ; les « misères » concernent la condition des prostituées en général et les ravages de la syphilis en particulier comme le montrent quelques photos écœurantes. Cette exposition qui cherche à être un plaisir en soi, offre un espace « interdit aux moins de 18 ans » dans lequel on entre en écartant un rideau rouge : à l’intérieur des images pornos donnent un petit goût de peep-show. Comme à Pigalle !

Toulouse-Lautrec : Les lumières de la nuit

« "J’entends partout le mot bordel, mais nulle part je ne me sens plus chez moi" » écrit Toulouse-Lautrec qui quittait régulièrement son atelier de la rue Tourlaque, à Montmartre, pour aller dans les maisons closes, rue Joubert, chez Elisa et La Farcy, ou à La Fleur Blanche, rue des Moulins. Il n’y passait pas seulement une soirée, il y restait plusieurs mois à observer les dames. Il y reçut même Paul Durand-Ruel, le marchand d’art des Impressionnistes. Ce livre montre que les femmes furent la grande affaire de sa vie, même si la nature ne l’avait pas gâté. La Goulue, danseuse vedette du Moulin Rouge lui dit un jour : « "Quand je vois mon cul dans tes peintures je le trouve beau" ».

Les Prostituées

"Boule de suif" est une nouvelle qui montre la fierté d’une prostituée pendant la guerre de 1870 ; va-t-elle coucher avec cet officier prussien comme l’y encouragent les bourgeois avec qui elle voyage ? Dans "La Maison Tellier", les pensionnaires de la maison close voyagent ensemble pour une raison très touchante. Ces deux nouvelles de Maupassant sont des chefs-d’œuvre : émotions, sensualité, spiritualité, désir ardent. Flaubert, le maître de Maupassant a applaudi "Boule de suif". Maupassant estimait que "La Maison Tellier" était d’une qualité supérieure ; le rythme, les couleurs, la liberté de ton de "La Maison Tellier" annonce le Fellini de "Fellini Roma".

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