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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Magique Belgique

6 thèmes | 22 oeuvres
"« De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont le plus brave »", disait déjà Jules César. Vingt siècles plus tard, on ne le contredira pas : coincés au carrefour de l'Europe, mais ainsi exposés aux vents de toutes les influences, nos cousins en ont conçu le goût de l'audace, des trésors de créativité qui n'ont pas cessé de s'illustrer en France et d'y irriguer notre culture, quand ils ne lui fournissaient pas ses vedettes sportives ou artistiques. De Brel à Stromae en passant par l'électro, de l'art moderne à la BD et de Simenon aux frères Dardenne, promenade dans un immense petit pays.

Babelges

Voilà un pays aux trois langues officielles (français, néerlandais, allemand), de surcroît très anglophone (la RTBF n'a jamais doublé les films américains), et dont la capitale est depuis soixante ans celle de la construction européenne – il n'y a qu'à Bruxelles qu'on peut voir un fonctionnaire danois draguer une collègue hongroise sous l'œil de pizzaïolos prenant la commande en flamand... Ce brouillard linguistique n'est pas pour rien dans la capacité de la Belgique à attirer des artistes du monde entier, ou au contraire à exporter les siens.

L'ami ostendais de Marvin Gaye

En 1980, le prince de la Motown est au plus mal : divorce difficile, carrière en berne, cocaïne plein le nez et fisc aux fesses, il s'enfuit à Londres. C'est là que Freddy Verdussen, un simple fan de musique noire, restaurateur à Ostende, le trouve et lui offre une porte de sortie. Pendant près de deux ans, il l'héberge, le requinque à coups de bons petits plats et de jogging. Pendant cette retraite belge, Marvin Gaye écrit l'album de son come-back, « Midnight Love » (avec le tube « Sexual Healing », 1982). Richard Olivier, qui avait à l'époque tourné un documentaire sur cet exil, raconte ici cette rencontre incongrue qui finit mal : son Dieu reparti vers la gloire, Freddy sombre dans la folie ; Marvin Gaye, lui, tombera deux ans plus tard sous les balles de son propre père.

Stupeur et Tremblements

Fille d'un diplomate belge, élevée à Bruxelles puis en Asie au gré des postes paternels (Japon, Chine, Bangladesh, Birmanie...), Amélie Nothomb anime les rentrées littéraires parisiennes avec un livre par an depuis 1992. Récompensé par le Grand prix de l'Académie française, ce roman (adapté au cinéma par Alain Corneau) est l'un de ses meilleurs. La trame est autobiographique : Amélie, une jeune femme belge, retourne au Japon, où elle a grandi, pour travailler dans une grande entreprise locale. Mise en scène d'un choc culturel, mais aussi d'une déchéance fantasmée (la jeune femme est peu à peu rétrogradée jusqu'au rang de «dame pipi») et d'une quête des souvenirs d'enfance, ce triple voyage est du grand Nothomb.

CoBrA

L'existence de ce mouvement fut brève (1948-1951) mais féconde. Tenant son nom des villes d'origine de ses principaux membres, les peintres Asger Jorn (Copenhague), Pierre Alechinsky (Bruxelles) et Karel Appel (Amsterdam), ce groupe appelait à revenir aux sources de l'art primitif, préhistorique et médiéval pour mieux surmonter le récent désastre de 1939-1945, vu comme une preuve de la décomposition du monde moderne. Venus du surréalisme dont ils rejettent la rigidité idéologique, tout comme le carcan de l'art engagé au côté de l'URSS, les membres de CoBrA privilégient une création spontanée, pluridisciplinaire, souvent collective et libérée du milieu de l'art parisien. C'est d'ailleurs à Bruxelles, en 1951, que certains d'entre eux participeront avec Guy Debord à la création de l'Internationale lettriste, la matrice du mouvement situationniste.

Décibelges

Au carrefour des influences anglo-saxonnes et continentales, la Belgique a, mine de rien, contribué à la plupart des vagues musicales depuis la guerre. Comptez bien : la chanson des années 50, les yéyés (de Johnny à Adamo), la new wave de TC Matic, le groupe d'Arno, l'électro avec le new beat de la fin des années 80, le rock indé de deUS à partir de 1991... Le pays s'est aussi teinté de musique west coast en accueillant le groupe Tuxedomoon dans les années 70, et même de soul en permettant à Marvin Gaye de trouver en lui son dernier succès, en 1982 !

The Sound of Belgium

Carrefour de la new wave européenne à l'époque des TC Matic d'Arno, la Belgique y ajoute quelques années plus tard l'effervescence acid house pour devenir (dans les boîtes d'Anvers, notamment) le laboratoire du new beat, un genre électro ultra créatif et très fécond puisqu'il donnera naissance à de multiples sous-genres dans les années 90. Ce documentaire récent, en VOD sur Arte, en retrace soigneusement la passionnante histoire.

L'ami ostendais de Marvin Gaye

En 1980, le prince de la Motown est au plus mal : divorce difficile, carrière en berne, cocaïne plein le nez et fisc aux fesses, il s'enfuit à Londres. C'est là que Freddy Verdussen, un simple fan de musique noire, restaurateur à Ostende, le trouve et lui offre une porte de sortie. Pendant près de deux ans, il l'héberge, le requinque à coups de bons petits plats et de jogging. Pendant cette retraite belge, Marvin Gaye écrit l'album de son come-back, « Midnight Love » (avec le tube « Sexual Healing », 1982). Richard Olivier, qui avait à l'époque tourné un documentaire sur cet exil, raconte ici cette rencontre incongrue qui finit mal : son Dieu reparti vers la gloire, Freddy sombre dans la folie ; Marvin Gaye, lui, tombera deux ans plus tard sous les balles de son propre père.

L'emmerdeur

Pour replonger dans l'œuvre du Grand Jacques, on se reportera à l'intégrale Barclay (15 CD, 193 titres de 1954 à 1977), et pour suivre les méandres de sa vie à la seule biographie correcte (celle d'Olivier Todd, «Une vie», chez Robert Laffont). Mais il faut (re)voir cette comédie pour prendre la (dé)mesure du personnage. En VRP cocu (première apparition de «François Pignon», le personnage récurrent du scénariste Francis Veber) dont la dépression suicidaire contrarie les plans d'un tueur à gages (Lino Ventura), Brel crève l'écran de sa présence et de ses outrances, un numéro rodé dès 1950 dans les cabarets bruxellois, avant sa carrière française.

Choco

A 65 ans, sa longue carrière et sa voix aussi déglinguée que ses textes (en anglais, français ou néerlandais) ont fait de lui un monument, le «Tom Waits belge». Mais avant d'incarner le chanteur beat à la sauce européenne, ce natif d'Ostende s'est trouvé au cœur de la révolution new wave, à l'époque où Bruxelles, comme Paris, louchait vers Londres et New York pour dépoussiérer le rock. Actifs de 1977 à 1986, ses TC Matic montrent sur ce troisième album qu'ils ont digéré les premiers disques de Talking Heads, XTC... et sonnent souvent comme le Bashung de Play Blessures (1982). La perle : le morceau «Putain Putain», récemment repris par Arno en duo avec son compatriote Stromae...

Je ris de me voir si Belge...

Leurs drôles de paysages, leurs étonnants travers, leurs tics de langage, leur gastronomie... Les Belges sont une source inépuisable de calembours (dont Goscinny a réuni l'essentiel dans l'épisode d'Astérix qui leur est consacré). Mais s'ils nous font tant rire, c'est parce qu'ils ont eux-mêmes un sens de l'humour à toute épreuve, et surtout multiforme, léger et malicieux quand il s'adresse aux jeunes lecteurs de BD, grave et désespéré quand il est professé par un Brel déchirant ou par un Benoît Poelvoorde dérangeant.

Le duel Tintin / Spirou

Ce livre (introuvable sauf en téléchargement gratuit) retrace l'un des plus curieux phénomènes artistiques du siècle écoulé : comment, au côté des "comics "américains et des mangas japonais, la BD européenne s'est trouvée deux capitales rivales... en Belgique, à 60 km l'une de l'autre. A Bruxelles, autour du Tintin de Hergé, est née la «ligne claire» à la postérité fameuse, de E.P. Jacobs à Yves Chaland ; à Charleroi, autour du Spirou créé par Rob-Vel puis repris par Jijé, «l'école de Marcinelle» (un quartier de la ville) qui donnera Franquin (Spirou, Gaston Lagaffe, Idées Noires...), Morris (Lucky Luke) ou Peyo (Les Schtroumpfs...). Dans les années 50 et 60, chacun avait son hebdomadaire à grand tirage (notamment en France) et ses auteurs maison. Via l'hebdo «Pilote», créé en 1959, la BD française d'aujourd'hui doit presque tout à la guéguerre entre les fans du reporter et ceux du groom...

Astérix chez les Belges

Le bilinguisme et les belgicismes («c'est le sauve qui sait général !»), les frites, les mornes plaines et un petit garçon énurésique, une parodie du récit de Waterloo par Victor Hugo et une autre de Brueghel l'Ancien dans la scène du banquet final... Pour son dernier scénario confié à Uderzo avant sa mort, René Goscinny (1926-1977) a bourré chaque planche de tous les clins d'œil et calembours belges possibles !

  Livre Fiction
Astérix
Auteur: Goscinny, René (1926-1977)
Edition: Hachette
Collection: Une aventure d'Astérix

L'emmerdeur

Pour replonger dans l'œuvre du Grand Jacques, on se reportera à l'intégrale Barclay (15 CD, 193 titres de 1954 à 1977), et pour suivre les méandres de sa vie à la seule biographie correcte (celle d'Olivier Todd, «Une vie», chez Robert Laffont). Mais il faut (re)voir cette comédie pour prendre la (dé)mesure du personnage. En VRP cocu (première apparition de «François Pignon», le personnage récurrent du scénariste Francis Veber) dont la dépression suicidaire contrarie les plans d'un tueur à gages (Lino Ventura), Brel crève l'écran de sa présence et de ses outrances, un numéro rodé dès 1950 dans les cabarets bruxellois, avant sa carrière française.

C'est arrivé près de chez vous

Ce vrai-faux reportage en noir et blanc sur les tribulations du tueur à gages Ben (le premier rôle au cinéma de Benoît Poelvoorde) a fait un triomphe à Cannes en mai 1992, puis en salles. Etonnant pour ce qui était le film de fin d'études de Rémy Belvaux (dont le frère Lucas est également acteur et réallisateur). Un succès sorti de nulle part, féroce et dérangeant, où l'on bascule vite de l'humour noir des situations et répliques culte vers une forme de malaise voyeuriste, à la manière de l'équipe de journalistes du film, qui perd peu à peu toute distance avec son monstrueux sujet. Comme en épilogue à son chef d'œuvre désespéré, Rémy Belvaux, brillamment reconverti dans le cinéma publicitaire, a mis fin à ses jours en 2006, à 39 ans.

Le plat pays plaît

« Mon seul rival international, c'est Tintin ! Nous sommes les petits qui ne se laissent pas avoir par les grands. » Comme c'est Malraux qui la rapporta dans « Les chênes qu'on abat », on ne sait si cette citation du général de Gaulle est authentique, mais peu importe tant elle tombe juste : comment un pays à peine grand comme la Bourgogne a-t-il pu produire tant de champions, d'artistes de légende, d'auteurs de best sellers, et même initier l'essentiel de la BD européenne ? Le mystère reste entier, mais à l'heure du phénomène Stromae, constatons que la source ne se tarit pas.

Merckx / Ickx 70 ans

Ces deux champions ont bien plus en commun que d'avoir un prénom en « y », un nom en « ckx », et 70 ans cette année : ils incarnent la capacité de ce pays minuscule à s'imposer parmi les grands en produisant dans tous les domaines des légendes et des révolutions. A l'heure du séparatisme entre Flamands et Wallons, ils restent des emblêmes (Merckx est issu d'une famille mixte, Ickxx du melting pot bruxellois), et surtout des champions simples, dont l'étonnant palmarès (525 victoires dont 5 tours de France, 6 victoires aux 24 Heures...) a été dépassé, mais l'image «populaire» jamais égalée. Cette expo vous entraînera dans leurs biographies, leurs garages (vélos et bolides sont en bonne place) et leurs archives, au « café des Sports » reconstitué. Le meilleur endroit pour revivre les exploits du « Cannibale » et de « Mister Le Mans »...

Le duel Tintin / Spirou

Ce livre (introuvable sauf en téléchargement gratuit) retrace l'un des plus curieux phénomènes artistiques du siècle écoulé : comment, au côté des "comics "américains et des mangas japonais, la BD européenne s'est trouvée deux capitales rivales... en Belgique, à 60 km l'une de l'autre. A Bruxelles, autour du Tintin de Hergé, est née la «ligne claire» à la postérité fameuse, de E.P. Jacobs à Yves Chaland ; à Charleroi, autour du Spirou créé par Rob-Vel puis repris par Jijé, «l'école de Marcinelle» (un quartier de la ville) qui donnera Franquin (Spirou, Gaston Lagaffe, Idées Noires...), Morris (Lucky Luke) ou Peyo (Les Schtroumpfs...). Dans les années 50 et 60, chacun avait son hebdomadaire à grand tirage (notamment en France) et ses auteurs maison. Via l'hebdo «Pilote», créé en 1959, la BD française d'aujourd'hui doit presque tout à la guéguerre entre les fans du reporter et ceux du groom...

Stupeur et Tremblements

Fille d'un diplomate belge, élevée à Bruxelles puis en Asie au gré des postes paternels (Japon, Chine, Bangladesh, Birmanie...), Amélie Nothomb anime les rentrées littéraires parisiennes avec un livre par an depuis 1992. Récompensé par le Grand prix de l'Académie française, ce roman (adapté au cinéma par Alain Corneau) est l'un de ses meilleurs. La trame est autobiographique : Amélie, une jeune femme belge, retourne au Japon, où elle a grandi, pour travailler dans une grande entreprise locale. Mise en scène d'un choc culturel, mais aussi d'une déchéance fantasmée (la jeune femme est peu à peu rétrogradée jusqu'au rang de «dame pipi») et d'une quête des souvenirs d'enfance, ce triple voyage est du grand Nothomb.

L'emmerdeur

Pour replonger dans l'œuvre du Grand Jacques, on se reportera à l'intégrale Barclay (15 CD, 193 titres de 1954 à 1977), et pour suivre les méandres de sa vie à la seule biographie correcte (celle d'Olivier Todd, «Une vie», chez Robert Laffont). Mais il faut (re)voir cette comédie pour prendre la (dé)mesure du personnage. En VRP cocu (première apparition de «François Pignon», le personnage récurrent du scénariste Francis Veber) dont la dépression suicidaire contrarie les plans d'un tueur à gages (Lino Ventura), Brel crève l'écran de sa présence et de ses outrances, un numéro rodé dès 1950 dans les cabarets bruxellois, avant sa carrière française.

Nos amis les Belges

Je t'aime, moi non plus, une fois ! Derrière la frivolité de nos blagues belges se cachent de vraies rivalités (saura-t-on jamais lequel des deux pays a inventé les frites ?) mais surtout des liens indissociables, tissés en deux siècles de guerres européennes (la Belgique s'est constamment trouvée sur le chemin de nos envahisseurs) et confirmés, aujourd'hui, par la présence outre-Quiévrain d'une forte communauté d'expatriés français, notamment pour raisons fiscales. En réponse au séparatisme flamand, nombre de Wallons envisagent en tout cas sérieusement, en cas d'éclatement du pays, de demander leur rattachement au Nord-Pas-de-Calais...

Le livre des frites

Une vraie pomme (de terre) de discorde : ce plat devenu universel est-il une création française, datant de l'importation du légume en France par Parmentier à la fin du XVIIIe siècle ? Ou une invention de la Belgique, comme le revendiquent plusieurs de ses historiens ? Sachant que les frites alimentent un bon paquet de nos blagues belges, mais que le monde anglo-saxon les appelle «French fries», nous ne conclurons pas, l'essentiel étant de bien les préparer et de découvrir les mille et une variantes de la recette, grâce à ce livre indispensable.

Astérix chez les Belges

Le bilinguisme et les belgicismes («c'est le sauve qui sait général !»), les frites, les mornes plaines et un petit garçon énurésique, une parodie du récit de Waterloo par Victor Hugo et une autre de Brueghel l'Ancien dans la scène du banquet final... Pour son dernier scénario confié à Uderzo avant sa mort, René Goscinny (1926-1977) a bourré chaque planche de tous les clins d'œil et calembours belges possibles !

  Livre Fiction
Astérix
Auteur: Goscinny, René (1926-1977)
Edition: Hachette
Collection: Une aventure d'Astérix

Ca s'est fait comme ça

L'exil belge a longtemps été, pour les Français, une affaire de liberté. Un moyen d'échapper à la répression (Victor Hugo en 1851, après le coup d'Etat de Bonaparte, mais aussi Boulanger, le général antirépublicain, en 1889), un endroit où publier ce que la censure réprouvait chez nous (entre autres, les "Chants de Maldoror" de Lautréamont en 1869, "Une Saison en enfer" de Rimbaud en 1873, certains textes de Jean Genet...). C'est désormais une question d'optimisation fiscale, pour les artistes comme pour les grandes fortunes. Avant de devenir citoyen russe, Gérard Depardieu s'est ainsi installé fin 2012 à Néchin, à un kilomètre de la frontière française, où il est voisin de la famille Mulliez (les propriétaires d'Auchan). Ce long entretien transcrit par le romancier Lionel Duroy rappelle pourtant que ce monstre sacré au parcours étonnant est bien plus qu'un simple exilé fiscal.

Un ciel si gris qu'un canal s'est pendu

A écouter Brel et son « plat pays », tout dans cette contrée battue par tous les vents est gris et/ou invisible pour cause de ciel bouché. Il y a une noirceur d'outre-Quiévrain, un désespoir qui alimente déjà les figures grimaçantes du peintre James Ensor et traverse l'œuvre de Simenon (même quand il porte son intrigue loin de Liège) mais nourrit tout particulièrement le cinéma belge de ces dernières années, de la fratrie Belvaux aux frères Dardenne.

James Ensor au Musée d'Orsay

Né et mort à Ostende, James Ensor (1860-1949), qui n'a presque plus peint passé la trentaine, est le chaînon manquant entre la tradition flamande et l'art moderne. Ses scènes de foules, de carnaval, de défilés populaires (en 1889, dans son « Entrée du Christ à Bruxelles », on voit une banderole « Vive la sociale »...), trouvent leurs sources chez Jérôme Bosch ou Brueghel l'Ancien. Mais dès 1883, il fonde le cercle avant-gardiste « Les Vingt », partisans d'une « libre esthétique » en peinture comme en musique et en littérature (le sculpteur Rodin les rejoindra en 1889) et peu à peu, son sens du grotesque, ses personnages déformés par sa subjectivité, annoncent, comme Edvard Munch et Vincent Van Gogh dont il est contemporain, l'expressionnisme et le surréalisme du XXe siècle.

Six enquêtes de Maigret

Quoi de belge chez le créateur de Maigret, le plus français des flics de papier, installé à Paris dès l'âge de dix-neuf ans ? Les connaisseurs de Georges Simenon (1903-1989) et de son Liège natal jurent pourtant que l'esprit de la ville (qui lui consacrera bientôt un musée) traverse son abondante production, notamment l'œuvre autobiographique (Pedigree, dès 1945), comme un sens de l'observation aigu mais détaché face à la noirceur du monde. Les illustrations de Loustal, dessinateur venu de la BD, le plus belge des arts, vont en tout cas comme un gant à cet univers.

C'est arrivé près de chez vous

Ce vrai-faux reportage en noir et blanc sur les tribulations du tueur à gages Ben (le premier rôle au cinéma de Benoît Poelvoorde) a fait un triomphe à Cannes en mai 1992, puis en salles. Etonnant pour ce qui était le film de fin d'études de Rémy Belvaux (dont le frère Lucas est également acteur et réallisateur). Un succès sorti de nulle part, féroce et dérangeant, où l'on bascule vite de l'humour noir des situations et répliques culte vers une forme de malaise voyeuriste, à la manière de l'équipe de journalistes du film, qui perd peu à peu toute distance avec son monstrueux sujet. Comme en épilogue à son chef d'œuvre désespéré, Rémy Belvaux, brillamment reconverti dans le cinéma publicitaire, a mis fin à ses jours en 2006, à 39 ans.

Deux jours, une nuit

Avec dix films coréalisés en une quinzaine d'années, dont deux Palmes d'Or à Cannes (Rosetta en 1999 et L'Enfant en 2005), ces deux natifs de la province de Liège ont mis la Belgique sur la scène du cinéma mondial, sans jamais démordre de leurs méthodes (indépendance de la production et attachement aux décors de leur région natale) ni de leur rigoureuse fibre «sociale», qui les classe du côté des britanniques Ken Loach et Mike Leigh, le manichéisme en moins. Leur dernier film, pour lequel Marion Cotillard était nommée à l'Oscar de la meilleure actrice 2015, met ainsi en scène une employée dépressive dont le retour à l'emploi va dépendre du verdict de ses collègues.

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