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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Cartier Bresson : l’homme qui savait attendre

5 thèmes | 16 oeuvres
Ce n’est sans doute pas un hasard si le photographe Henri Cartier-Bresson, dont le sens de la composition et du moment décisif sont la marque de fabrique, aimait jouer avec son nom - En rit Ca-Bré -, lui qui a côtoyé les surréalistes de la bande à André Breton. Il attendait ce fameux moment décisif en laissant le sujet venir à lui pour, en un clic, saisir l’ensemble de la composition dont il avait déjà repéré la géométrie. Photographe, il était aussi reporter et a co-fondé l’agence Magnum. Son biographe Pierre Assouline le consacre « photographe du siècle », même si Cartier-Bresson lui-même disait : « Les siècles, c’est de la bêtise... ». Prenez votre temps mais ne laissez pas passer l’occasion de rencontrer l’œuvre d’un des artistes les plus importants du XXème siècle au Centre Pompidou jusqu’au 9 juin.

L’instant décisif

Les photographes savent que le temps ne fait que passer. L’instant raté est raté. Et dans une exposition, comment saisir les bonnes occasions de regarder ? Pour vous y aider la lecture du hors série de Télérama n’est pas à faire sur place mais vivement recommandée avant la visite. En revanche, le livre Des images et des mots, mieux vaut le regarder après, afin de voir avant les photos avec vos yeux à vous. Comme quoi, comme l’explique Alberto Giacometti, les questions de temps et de regards ne concernent pas que les photographes...

Henri Cartier Bresson, l’œil décisif

A la mort de Cartier-Bresson en 2004 – il était né en 1908 – Télérama lui consacre un hors série réédité aujourd’hui pour l’exposition à Beaubourg. Une véritable mine d’or avec "L’instant décisif" le fameux texte d’introduction à son premier livre "À la sauvette" paru en 1952. Un texte d’Alain Jouffroy "Le géomètre du hasard", s’intéresse à l’harmonie des œuvres de Cartier-Bresson qui mélange une dose d’instinct, une autre de bouddhisme agité et d’un sens absolu de la composition. Ça va mieux en le disant !

Des images et des mots

Cartier Bresson, comme d’autres grands photographes a vu son travail mis en valeur par un éditeur de photo de génie aussi estimé par les professionnels qu’inconnu du grand public, Robert Delpire, le créateur de la collection "Photo Poche". Des images et des mots est une occasion de découvrir des clichés de Cartier Bresson commentés par des regardeurs éclairés. Le DVD du film "Flagrants délits" est réalisé par Robert Delpire : on y voit plusieurs centaines de photographies de Henri Cartier-Bresson. Autant d’instants décisifs !

Je ne sais ce que je vois qu’en travaillant

Pour Cartier-Bresson, avant la photographie il y a d’abord eu l’atelier de peinture d’André Lhote (comme William Klein après lui). Vers la fin de sa vie il reviendra au dessin refusant même parfois d’évoquer son « ancien » métier de photographe. Alberto Giacometti, l’ami dont il tira si souvent le portrait, fut un sculpteur et dessinateur de génie qui portait sur son art un regard qui renvoie aux questions de l’œuvre qu’on découvre en la faisant, comme les photographes qui déclenchent au moment où ils voient l’image se mettre en place devant leur objectif.

La profondeur de champ

Cartier-Bresson est un maître de la longue profondeur de champ. Tout est net dans ses images. Il a collaboré avec Jean Renoir dont le film "La règle du Jeu" est réputé pour la qualité de son image. Pour ceux qui ne sont pas encore passés maîtres dans le maniement de cette notion essentielle de la photographie, le livre d’Henry Carroll est très instructif, ludique et tonique. Un ouvrage dont la lecture aurait évité au héros de "Blow up" de longs moments passés dans son labo à agrandir encore et encore sa photo pour en découvrir le secret caché ...

La règle du jeu

Parfois la vie est marrante qui ferme des portes pour en ouvrir d’autres. Ainsi le refus de Luis Buñuel de l’engager comme assistant sur "L’âge d’Or" amène HCB chez Renoir : il va être l’un de ses assistants sur trois films dont "La règle du jeu", référence des références pour les cinéphiles et célèbre, entre autre, pour sa profondeur de champ. C’est en travaillant sur ce film que Cartier-Bresson réalise que la fiction n’est pas pour lui qui préfère le documentaire.

Le livre qu’il vous faut pour réussir vos photos

Ce petit livre écrit par un photographe est formidable pour vous aider à voir en quoi les photos de Cartier-Bresson, Capa, Salgado… sont extraordinaires. A la page 42 il s’agit du B-A BA de l’ouverture du diaphragme, et les explications se terminent sur la notion de profondeur de champ. N’oubliez pas une idée simple : pour réussir une photo, n’ayez pas peur d’en rater beaucoup, comme pour bien parler une langue étrangère, il faut vous entraîner à la parler de moins en moins mal...

Blow up

Que signifie le titre du film "Blow up" ? Eclatement, explosion, souffle de vent, agrandissement photographique... Thomas, le photographe héros du film a pris une photo dans un parc à Londres ; agrandie des dizaines de fois, elle lui révèle un meurtre. Avec une bonne profondeur de champ, il n’en serait pas là ; oui, mais le film non plus ! Palme d’or à Cannes en 1967.

Le photographe du siècle

Quand les étiquettes se mettent à coller... « Les siècles c’est de la bêtise ; pour moi il y a le printemps, l’été, l’automne, l’hiver.» dit celui que Pierre Assouline nomme « le photographe du siècle », ce qui fait théoriquement entrer HCB dans la catégorie des mythes modernes, dont parle Roland Barthes dans son livre "Mythologies".

Le tir photographique

Page 31, la photo d’un bain d’André Pierre de Mandiargues avec Leonor Fini est assez éloignée de nos photos de vacances, et le baigneur commente « la beauté de l’image, pour lui, réside dans le dévoilement d’une certain mystère et le choc d’une certain fantastique, où le tragique se mêle au comique... ». HCB en bon chasseur, sans son chien pour être invisible, sait attendre le moment où les baigneurs lui donnent l’image qui suscite un tel commentaire. Nous n’attendons pas assez pour prendre nos photos de vacances. Mais il est vrai qu’HCB n’était pas en vacances...

Le siècle de Cartier Bresson

Sa vie, son œuvre, sa feuille de contact, « ... sorte de sismographe qui enregistre l’instant. C’est très indiscret. » selon les propres termes d’HCB. Le film réalisé par Pierre Assouline, auteur de sa biographie "L’œil du siècle" est l’occasion de découvrir la genèse de la photo. Derrière la gare Saint Lazare : il a vu la flaque et s’est dit qu’il n’était pas possible que personne ne passe au dessus ; donc il a attendu et puis il a eu de la chance...

Mythologies

Etre le « photographe du siècle « fait de vous un mythe moderne » ; cette mythologie-là, Roland Barthe la regarde de près dans son livre, au travers d’exemples comme le catch, la DS, le tour de France, les photos Harcourt... qui ne ressemblent pas à celles d’HCB, car il ne shootait pas systématiquement les gens de trois quart. Parmi les portraits de gens célèbres de Cartier-Bresson, il y a Beckett, Mauriac, et... Barthes !

Le reportage

Le reportage photo a été l’activité principale de la plupart des membres de l’agence Magnum, première coopérative de photographes fondée (avec d’autres) par Capa et Cartier-Bresson. Ces deux-là ont fait leurs armes de photo reporters pendant la guerre d’Espagne. Un reporter peut mourir à la guerre mais il peut aussi se perdre dans son sujet ; c’est le thème du film culte d’Antonioni "Profession reporter" avec Jack Nicholson. Un reporter peut aussi boiter et être le témoin héroïque de l’histoire en marche, comme dans la saga de Vautrin et Franck. Il y en a pour tous les goûts.

Magnum

L’agence Magnum, fondée à Paris en 1947, est la première coopérative créée par des photographes (Cartier-Bresson, George Rodger, Robert Capa, David Seymour, William Vandivert) qui souhaitaient garder un contrôle total sur les droits de leurs photos. Avant cette date les agences photographiques achetaient les photos « Tous droits de reproduction inclus » privant ainsi les photographes des retombées de l’exploitation de leurs images. Ce catalogue est un objet qui rend hommage à tous les photographes qui ont fait la réputation de Magnum. Une merveille.

Robert Capa, Traces d’une légende

« Le-plus-grand-photographe-de-guerre-du-monde » est Robert Capa dont ce livre montre trois facettes : André le réfugié hongrois, Robert le photographe de guerre, et Bob le plus français des reporters américains. Un français habitant Paris au 37 rue Froidevaux dans le XIVème arrondissement où est né sa légende. Capa utilisa Paris comme plateforme planétaire à son œuvre. Très bien mis en page, ce livre est l’un des meilleurs réalisés sur celui qui photographiait au plus près de l’homme et de l’action.

Profession : reporter

Un journaliste doit faire un reportage sur des révolutionnaires dans le désert en Afrique, mais le destin s’acharne et la chose ne se fait pas tandis que son voisin de chambre d’hôtel, qui semblait être si libre de sa vie, meurt brutalement. Notre héros, Jack Nicholson, en profite pour changer d’identité en collant la photo du mort sur son passeport de vivant, quoiqu’à la dérive ; il ne lui reste plus qu’à se laisser aller vers les rendez-vous qu’avait celui qu’il est devenu... Est-ce si simple ?

La dame de Berlin, les aventures de Boro

En 1987, les écrivains Dan Franck et Jean Vautrin signent à quatre mains ce premier volet des aventures de Boro, intrépide reporter photographe lancé dans la tourmente de l’Europe des années trente son Leïca dans une main, sa canne dans l’autre. L’ombre de Robert Capa plane sur ce personnage qu’on retrouve tout au long des huit volumes de cette saga romanesque, à mi-chemin entre le feuilleton populaire et le polar.

Tirer

Tirer à l’arc est le sujet d’un livre qui a marqué Henri Cartier-Bresson en lui révélant le photographe qui sommeillait en lui. Avant il avait pratiqué la chasse. Pour se faire tirer le portrait, quelques "happy few" ont posé pour Cartier-Bresson, mais des millions d’anonymes ont fréquenté le monde merveilleux du photomaton. Impossible en parlant de tir de ne pas mentionner "Le tir Photographique" où il est question de l’instinct de photographe de HCB.

Le Zen dans l’Art chevaleresque du tir à l’arc

Un professeur de philo allemand va au Japon faire du tir à l’arc pour comprendre le Zen : « L'archer cesse d'être conscient de lui-même en tant que personne appliquée à atteindre le cœur de la cible qui lui fait face.» Ce best seller que lui offre George Braque est une révélation pour Cartier-Bresson qui voit un parallèle entre l'arc et son appareil photo : visée et détente. La comparaison est amusante car la flèche va vers la cible tandis que la cible vient vers l’appareil photo. La flèche du bouddhiste a touché le cœur d’HCB.

Photomaton

Une petite cabine pour réaliser et obtenir des portraits d’identité sans l’intervention d’un photographe « 8 photos en 8 minutes pour 25 cents » est installée en 1925 à New York par Anatol Josepho, immigrant russe. Ecrit par Raynal Pellicer, réalisateur de documentaires et de pubs pour la télé, le livre raconte comment l’aventure « photomatonne » est devenue une marque aussi reconnue que Frigidaire. Il est question de photographies identitaires et de détournements qui sont déconseillés pour votre passeport. Ne souriez pas !

Le tir photographique

Page 31, la photo d’un bain d’André Pierre de Mandiargues avec Leonor Fini est assez éloignée de nos photos de vacances, et le baigneur commente « la beauté de l’image, pour lui, réside dans le dévoilement d’une certain mystère et le choc d’une certain fantastique, où le tragique se mêle au comique... ». HCB en bon chasseur, sans son chien pour être invisible, sait attendre le moment où les baigneurs lui donnent l’image qui suscite un tel commentaire. Nous n’attendons pas assez pour prendre nos photos de vacances. Mais il est vrai qu’HCB n’était pas en vacances...

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