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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Regards neufs sur Otto Dix !

4 thèmes | 15 oeuvres
« "La modestie silencieuse est la première chose que l’artiste exige du spectateur. Car ce qui est explicable dans une œuvre d’art, c’est peu de chose, l’essentiel en elle n’est pas explicable mais seulement visible." » Ainsi parlait le peintre allemand Otto Dix (1891-1969) qui a beaucoup regardé le retable d’Issenheim – son modèle absolu - achevé par Grünewald en 1516, aujourd’hui conservé au musée Unterlinden, à Colmar. À l’occasion de l’exposition "Otto Dix – le Retable d’Issenheim", pour célébrer les 500 ans du retable, voici un parcours pour découvrir ce qu’est un retable mais surtout cultiver le sillon qui relie les Anciens et les Modernes.

Guerre

"« Quelle connerie la guerre ! »" disait Jacques Prévert avant que Bob Dylan, le dernier des Nobel, ne dénonce la duplicité des maîtres de la guerre dans sa chanson "« Masters of War ». "La guerre a toujours relancé l’économie et inspiré les artistes. Otto Dix est connu pour ses peintures très crues qui forcent à regarder la guerre de 1914 en face. Guerre qui  casse les gueules : les « gueules cassées », héros du roman "Au revoir là haut". Guerre qui détruit les villes comme Berlin où erre le personnage principal de "Berlin Alexanderplatz". Guerre qui hante les vivants : la bataille d’Eylau hante le romancier d’"Outre-terre".

Otto Dix : Der Krieg

 "« De la même façon que l'étoffe de l'homme change de façon démoniaque, il faut avoir observé des êtres humains à l'état sauvage pour parvenir à les comprendre. La guerre est quelque chose de bestial : la faim, les poux, la boue, ces vacarmes d'enfer. »" Otto Dix a été soldat dans les tranchées. Les 50 eaux-fortes de "Der Krieg", publiées en 1923, lui furent inspirées des "Désastres de la guerre" de Francisco Goya, 82 gravures réalisées entre 1810 et 1815. D’une guerre à l’autre.

Berlin Alexanderplatz

Dans l’entre-deux guerres en Allemagne la société est désorganisée. Franz Biberkopf, le héros de "Berlin Alexanderplatz", condamné pour le meurtre de son amie, évolue dans les bas-fonds de la ville à sa sortie de prison. Il essaye de devenir honnête mais c’est impossible. Ce roman d’Alfred Döblin qui capte l’énergie de la rue est un chef-d’œuvre de la littérature allemande ; il est souvent comparé au "Voyage au bout de la nuit" de Céline. Fassbinder, l’artiste allemand phare des années 1970 en a fait une adaptation fleuve pour la télévision qui existe en DVD.

Au revoir là-haut

À la fin de la guerre de 14, deux poilus que la guerre a beaucoup abimés - l’un d’eux est une gueule cassée - imaginent un trafic de monuments aux morts. Pierre Lemaitre a écrit ce roman – prix Goncourt 2013 - comme un polar. Le résultat est une merveille de rythme, de suspense, d’invitation au voyage fantastique. Dans "Au revoir là-haut", comme dans ses autres romans, Pierre Lemaitre adresse ses remerciements pour les emprunts qu’il leur a fait à des auteurs classiques qu’il classe par ordre alphabétique. Efficace et élégant.

Outre-terre

"Outre-terre" est le voyage de Jean-Paul Kauffmann sur les traces du fantôme du Colonel Chabert, le héros de Balzac, sur les lieux de la bataille d’Eylau, dans le nord de l’oblast de Kaliningrad, « la Russie baltique ». Kauffmann nous fait revire le rythme trépidant de la bataille décomposée en plusieurs phases, avec Napoléon, qui tel un entraîneur sur le banc de touche, donne le tempo des attaques successives. Mais, à la guerre, il n’y a pas de buts, que des morts.

  Livre Fiction
Outre-terre
Auteur: Kauffmann, Jean-Paul (1944-....)
Edition: Ed. des Equateurs
Collection: Equateurs littérature

Moderne et ancien

"« Qu'est-ce au fond qu'un peintre? C'est un collectionneur qui veut se constituer une collection en faisant lui-même les tableaux qu'il aime chez les autres »" disait Picasso qui a beaucoup peint les Anciens, dont les 50 tableaux des "Ménines" de Vélasquez. Otto Dix fut fasciné pendant sa vie d’artiste par le retable d’Issenheim que Grünewald a réalisé au XVIe siècle, comme le montre l’exposition au musée Unterlinden à Colmar. Tous les grands artistes modernes, peintres, écrivains, musiciens, chanteurs, observent comment les Anciens se sont débrouillés, et leurs exercices d’admiration produisent des œuvres qui, à leur tour...

Otto Dix : Der Krieg

 "« De la même façon que l'étoffe de l'homme change de façon démoniaque, il faut avoir observé des êtres humains à l'état sauvage pour parvenir à les comprendre. La guerre est quelque chose de bestial : la faim, les poux, la boue, ces vacarmes d'enfer. »" Otto Dix a été soldat dans les tranchées. Les 50 eaux-fortes de "Der Krieg", publiées en 1923, lui furent inspirées des "Désastres de la guerre" de Francisco Goya, 82 gravures réalisées entre 1810 et 1815. D’une guerre à l’autre.

Au revoir là-haut

À la fin de la guerre de 14, deux poilus que la guerre a beaucoup abimés - l’un d’eux est une gueule cassée - imaginent un trafic de monuments aux morts. Pierre Lemaitre a écrit ce roman – prix Goncourt 2013 - comme un polar. Le résultat est une merveille de rythme, de suspense, d’invitation au voyage fantastique. Dans "Au revoir là-haut", comme dans ses autres romans, Pierre Lemaitre adresse ses remerciements pour les emprunts qu’il leur a fait à des auteurs classiques qu’il classe par ordre alphabétique. Efficace et élégant.

Otto Dix - Le Retable d’Issenheim

En 1945, Otto Dix est prisonnier au camp 102 de Colmar, il est intégré à un groupe d’artistes autorisés à travailler dans l’atelier du peintre local Robert Gall, un artiste local qui lui fait visiter le musée Unterlinden où se trouve l’œuvre de Grünewald. Otto Dix écrit à sa femme, Martha : "« J’ai vu deux fois le Retable d’Issenheim, une œuvre impressionnante, d’une témérité et d’une liberté inouïes, au-delà de toute composition... »." L’exposition montre comment Otto Dix, qui tenait Grünewald pour le premier des peintres expressionnistes, s’est inspiré du retable tout au long de sa carrière.

Concert de Nico et Tangerine Dream à la cathédrale de Reims en 1974

La statue de l’Ange au sourire de la cathédrale de Reims fut démolie par les bombardements allemands de la Première Guerre mondiale. Elle est devenue, une fois restaurée, l’emblème du patriotisme français face à la barbarie allemande, et depuis que l’amitié franco-allemande bat son plein, longtemps le logo de la région Champagne. En 1974, eut lieu dans la cathédrale de Reims, un concert de Tangerine Dream, groupe phare allemand de musique électronique, avec la chanteuse Nico en guest star. La bonne société rémoise n’y a vu qu’une messe noire de fumeurs de haschich. La qualité du son est moyenne, mais ce fut un grand moment de l’histoire du rock, dans une ambiance enfumée...

Retable

"Retro tabula" est l’origine latine du retable : vers l’arrière de la table de l’autel. Le retable est un ensemble de panneaux sculptés et peints, d’inspiration religieuse, articulés par des charnières, qui se rabattent sur la partie centrale. Dans les églises catholiques, jusqu’au XIIe siècle, le prêtre célébrait la messe face aux fidèles, comme c’est de nouveau le cas depuis 1962 avec le concile de Vatican II. Au XIIIe siècle, le prêtre se place dos aux fidèles et l’installation du retable derrière l’autel permet à chacun d’œuvrer à son salut en priant sans l’intermédiaire du prêtre. En Europe, le retable d’Issenheim par Grünewald à Colmar et le retable des frères Van Eyck à Gand, sont les plus connus.

Otto Dix - Le Retable d’Issenheim

En 1945, Otto Dix est prisonnier au camp 102 de Colmar, il est intégré à un groupe d’artistes autorisés à travailler dans l’atelier du peintre local Robert Gall, un artiste local qui lui fait visiter le musée Unterlinden où se trouve l’œuvre de Grünewald. Otto Dix écrit à sa femme, Martha : "« J’ai vu deux fois le Retable d’Issenheim, une œuvre impressionnante, d’une témérité et d’une liberté inouïes, au-delà de toute composition... »." L’exposition montre comment Otto Dix, qui tenait Grünewald pour le premier des peintres expressionnistes, s’est inspiré du retable tout au long de sa carrière.

L’Agneau mystique : Le Retable des frères Van Eyck

Les frères Hubert et Jan Van Eyck, achevèrent le retable de "L’Agneau mystique," en 1432. Composé de 24 panneaux, ce chef-d'œuvre de la peinture européenne marque une nouvelle conception de l’art : quand l’observation de la nature remplace l’idéalisation de la tradition médiévale. Inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO, il est conservé aujourd’hui dans l’ancien baptistère de la cathédrale Saint-Bavon de Gand, en Belgique. Le retable détient un record : c’est l’œuvre la plus volée dans l’histoire, 13 vols en 6 siècles. Pendant la Révolution française, les panneaux en 1794 furent exposés au Louvre, puis restitués à la cathédrale de Saint-Bavon après la chute de Napoléon.

Le Retable d’Issenheim : Le chef-d’œuvre du musée Unterlinden

Au début du XVIe siècle, un retable est commandé à Matthias Grünewald par la Commanderie des Antonins à Issenheim, une commune située à 21 km de Colmar. Grünewald a réalisé un chef-d’œuvre en plusieurs panneaux qui expriment tour à tour la douleur, la joie, la douceur, l’angoisse, l’horreur qui faisait écho à la maladie de l’ergotisme soignée par la Commanderie. Un peu de chimie : l’ergot du seigle est un champignon parasite qui contient des alcaloïdes, dont l’acide lysergique. Couverts de pustules, les malades avaient des hallucinations ; depuis, un dérivé du même acide a été inventé : le LSD !

Style

L’histoire de l’art en général et de la peinture en particulier est ponctuée de mouvements qu’on appelle des styles qui sont remarquables pour l’esthétique révélée ou pour la technique utilisée. En classant tous les styles par ordre alphabétique, on obtient une alternative à une recherche historique. Certains styles comme le surréalisme ont laissé des manifestes, d’autres non, comme ceux qui ponctuent la trajectoire d’Otto Dix, Dada, l’expressionisme et la Nouvelle Objectivité. L’absence de manifeste n’a jamais empêché personne de passer à la postérité, Otto en a fait la preuve par Dix.

Otto Dix - Le Retable d’Issenheim

En 1945, Otto Dix est prisonnier au camp 102 de Colmar, il est intégré à un groupe d’artistes autorisés à travailler dans l’atelier du peintre local Robert Gall, un artiste local qui lui fait visiter le musée Unterlinden où se trouve l’œuvre de Grünewald. Otto Dix écrit à sa femme, Martha : "« J’ai vu deux fois le Retable d’Issenheim, une œuvre impressionnante, d’une témérité et d’une liberté inouïes, au-delà de toute composition... »." L’exposition montre comment Otto Dix, qui tenait Grünewald pour le premier des peintres expressionnistes, s’est inspiré du retable tout au long de sa carrière.

Allemagne année 20 : La Nouvelle Objectivité

L’état catastrophique de l’Allemagne à l’issue de la Première Guerre mondiale a poussé les artistes expressionnistes dont la vision était subjective, vers un constat froid et réaliste qui fut la signature de la Nouvelle Objectivité. Ce style n’a pas eu le succès du surréalisme, du cubisme ou de l’impressionnisme, car il montre la société dans toute sa dureté ; forcément la société prend peur. Le catalogue permet de découvrir, George Grosz, Anton Räderscheidt, Franz Radziwill, Heinrich Hoerle ; autant d’artistes qui furent très conscients du rôle politique que représentait leur esthétique.

Balthus

Avec Dali, Balthus fut l’un des artistes français les plus concernés par la Nouvelle Objectivité. Il ne se livrait pas facilement sur son travail, la preuve : "« La meilleure façon de commencer est de dire : Balthus est un peintre dont on ne sait rien ; et maintenant, regardons les peintures »" fut sa réponse laconique à la Tate Gallery, qui souhaitait des éléments biographiques pour le catalogue de l’exposition qu’elle lui consacrait en 1968. La Tate Gallery ne pouvait pas avoir lu le livre que Claude Roy a écrit sur la vie de son ami, Balthasar Kłossowski (1908 – 2001), en 1996.

George Grosz – Otto Dix

"« L'artiste d'aujourd'hui, s'il ne veut pas tourner à vide, être un raté passé de mode, ne peut choisir qu'entre la technique et la propagande pour la lutte des classes. Dans les deux cas, il doit abandonner l'art pur »" a dit George Grosz (1863 – 1959) qui fut un membre essentiel de "Dada", puis de la "Nouvelle Objectivité". Ce petit catalogue d’exposition montre la même conscience de l’horreur de la guerre chez ces deux artistes : une encre noire chez Otto Dix ; des dessins d’une précision chirurgicale chez George Grosz. Une œuvre qui n’est pas sans rappeler l’atmosphère du roman "Berlin Alexanderplatz".

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