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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Hergé, la ligne obscure

4 thèmes | 15 oeuvres
L'exposition du Grand Palais est un formidable hommage à Hergé (1907-1983). Loin de le réduire à un style graphique, la «ligne claire», et à l'incroyable saga Tintin (250 millions d'albums vendus dans une centaine de langues), elle donne à voir toute la complexité du dessinateur : ses tourments intimes et politiques, sa lassitude (dès 1946, dira-t-il) à l'égard d'un succès qui le dépasse, son complexe d'infériorité vis-à-vis de l'Art avec un grand «A»... On en ressort avec le sentiment de mieux saisir l'un des plus grands créateurs du XXe siècle.

L'amateur d'art frustré

Venu au dessin avec le scout «Totor», prototype simpliste de Tintin, Hergé a pourtant une grande culture visuelle. Influencé par le style Art déco et futuriste des affichistes de l'époque, il sera toute sa vie frustré d'exercer un art «mineur» et collectionnera les œuvres contemporaines après s'être essayé en vain à la peinture. Enquête dans le monde des galeries et des marchands, "Tintin et l'Alph-Art", album inachevé à sa mort, le montre jusqu'au bout obsédé par les questions esthétiques.

Hergé

Les dix salles que le Grand Palais ouvre à cette expo monumentale ne seront pas de trop pour faire le tour de l'immense Hergé. Ses influences graphiques multiples et son héritage infini – il a, presque à lui seul, transformé les «petits Mickey» en 9ème Art – le rôle fondamental du scoutisme catholique de sa jeunesse et sa passion tardive pour l'art contemporain, ses dérives politiques (accusations de racisme et de collaboration) et ses tourments intimes (dépression et trahison conjugale)... Tout y est, documents et archives à l'appui.

L'art d'Hergé : Hergé et l'art

Un véritable portrait artistique du créateur de Tintin. Conçu à partir des archives du Musée Hergé de Louvain-la-Neuve en Belgique, il suit la naissance de la fameuse «ligne claire», l'adoption progressive de la couleur, et la méticulosité croissante du dessinateur (documentation à outrance, multiples essais de découpages...) qui ralentit sa production au fil des années. L'ouvrage n'oublie pas de présenter les artistes contemporains qu'Hergé commença à collectionner dans les années 60, comme Lucio Fontana ou Andy Warhol.

Un musée imaginé. Et si l'art disparaissait ?

Dans l'inachevé "Tintin et l'Alph-Art," Hergé plongeait son héros dans un trafic de fausses œuvres contemporaines. Obsédé par la question de la vérité graphique, et par celle du rang de la BD parmi les beaux-arts, l'auteur de "On a marché sur la Lune "aurait adoré cette expo en forme de roman d'anticipation, qui nous projette en 2052 : alors que l'art est proscrit, seules 80 œuvres (dont des Fontana et des Warhol, prisés par Hergé) ont été préservées. Comment ont-elles été choisies, sont-elles authentiques, indispensables, comment les conserver, les diffuser ? Une interrogation sur l'art en forme de parcours ludique.

L'affiche en Belgique 1880-1980

Auteur du «Littoral» qui orne la couverture de ce catalogue, Léo Marfurt (1984-1977) est un affichiste suisse qui a fait carrière en Belgique dès 1921, se faisant vite remarquer avec ses publicités pour les cigarettes Belga, qu'il créera jusqu'aux années 70. Omniprésentes dans le Bruxelles des années 20 où débute le jeune Hergé, ces images pures, inspirées par l'Art déco ou le futurisme et aux typographies soignées, sont l'une des influences majeures de la «ligne claire» qui caractérise l'auteur de Tintin.

L'idéologue louche

Hergé a débuté au sein de la droite catholique belge nationaliste et fascisante des années 20 et 30. Ses premiers albums en portent la marque : anticommunisme primaire, colonialisme, préjugés antisémites... Même si, dès 1936, "Le Lotus Bleu" le montre plus lucide sur les régimes autoritaires, il travaillera de 1940 à 1944 pour Le Soir, quotidien collaborationniste en Belgique occupée. Seule sa crise personnelle des années 50 et 60 le libérera de ces errements politiques comme de ses autres démons.

Tintin au Tibet

L'album le plus personnel des aventures de Tintin, critiqué à sa sortie pour son intrigue trop maigre et l'absence de «méchants» efficaces. Hergé le conçoit alors que sa rencontre avec Fanny, sa future deuxième épouse, le plonge dans les affres d'une crise morale. Il lui faut alors une psychanalyse pour se débarrasser de ce qu'il appelait son «obsession de la pureté» - elle est ici représentée par les neiges de l'Himalaya, une image née des «rêves blancs» que Hergé racontait alors à son thérapeute. Nous voilà loin des aventures illustrées pour les jeunes de 7 à 77 ans !

  Livre Fiction
Tintin
Auteur: Hergé (1907-1983)
Edition: Casterman

Voyage au Congo

Tel Tintin chez les Soviets (le premier album, en 1930) puis au Congo (1931), le romancier André Gide (1869-1951) a visité ces deux pays à peu près à la même époque. Il revient d'Afrique en dénonçant le colonialisme et le triste sort des populations locales, comme il rapportera d'Union soviétique (en 1936) une critique argumentée du stalinisme. Le dessinateur, lui, ne quitte pas Bruxelles et décrit ces deux pays au travers des préjugés de son milieu, la droite catholique belge fascisante. C'est seulement en rencontrant Tchang, artiste chinois inspirateur du "Lotus Bleu", qu'Hergé adoptera une vision moins caricaturale.

Le Chagrin des Belges

De 1929 à 1940, Hergé publie Tintin dans le supplément illustré du "Vingtième Siècle", quotidien belge dirigé par l'abbé Wallez (1882-1952). Ce prêtre antisémite et admirateur de Mussolini fréquente Léon Degrelle, fondateur du mouvement nationaliste Rex qui s'illustra les armes à la main au sein d'une division SS. Ce roman splendide décrit cet environnement nauséabond, dans lequel grandit un enfant qui finit par s'en échapper grâce à la littérature et à l'art. Une plongée fascinante dans les milieux où le jeune Hergé s'est formé.

Le créateur dogmatique

Le graphisme d'Hergé, dit de «la ligne claire», est devenu un manifeste et même un dogme pour une bonne partie de la BD mondiale : un style sans pleins ni déliés (le trait d'encre d'épaisseur constante), sans flou ni dégradé (les couleurs en aplats). Ce parti pris, contesté par l'autre école belge, autour du journal de Spirou, puis par la nouvelle BD des années 60, met la rigueur formelle au service du récit qui, lui, se permet tout... comme d'envoyer Tintin sur la Lune 15 ans avant Apollo !

Hergé

Les dix salles que le Grand Palais ouvre à cette expo monumentale ne seront pas de trop pour faire le tour de l'immense Hergé. Ses influences graphiques multiples et son héritage infini – il a, presque à lui seul, transformé les «petits Mickey» en 9ème Art – le rôle fondamental du scoutisme catholique de sa jeunesse et sa passion tardive pour l'art contemporain, ses dérives politiques (accusations de racisme et de collaboration) et ses tourments intimes (dépression et trahison conjugale)... Tout y est, documents et archives à l'appui.

L'art d'Hergé : Hergé et l'art

Un véritable portrait artistique du créateur de Tintin. Conçu à partir des archives du Musée Hergé de Louvain-la-Neuve en Belgique, il suit la naissance de la fameuse «ligne claire», l'adoption progressive de la couleur, et la méticulosité croissante du dessinateur (documentation à outrance, multiples essais de découpages...) qui ralentit sa production au fil des années. L'ouvrage n'oublie pas de présenter les artistes contemporains qu'Hergé commença à collectionner dans les années 60, comme Lucio Fontana ou Andy Warhol.

Festen

Primé à Cannes en 1998, ce film sur la dissimulation et la révélation des secrets de famille est labellisé «Dogme 95», le mouvement lancé par Lars Von Trier et Thomas Vinterberg, prônant la sobriété formelle au service du récit. Hergé en aurait sans doute été frappé : sa «ligne claire» a en effet servi de manifeste esthétique à plusieurs générations d'auteurs de BD ; quant aux secrets de famille, il en a parsemé son œuvre, inspiré par la folie de sa mère) ou, pour créer Dupont et Dupond, par son père et son oncle, vrais jumeaux nés de père inconnu.

Agatha Christie, la romance du crime

Depuis des lustres, tintinologues et fans d'Hercule Poirot pointent les similitudes entre le reporter belge et son compatriote détective. Les deux héros apparaissent dans les années 20 et «disparaissent» en 1976, année du dernier album d'Hergé et de la mort d'Agatha Christie. Sobriété d'un style classique, imagination galopante et goût de l'énigme sur fond de voyages exotiques, nombreux sont en effet les points communs entre les deux auteurs... jusqu'à avoir le même biographe, puisque François Rivière a publié ce livre juste après avoir signé son "Hergé intime" !

  Livre doc
Agatha Christie
Auteur: Rivière, François (1949-....)
Edition: La Martinière

Le dépressif chronique

La biographie d'Hergé fait découvrir un homme complexe, loin, très loin de l'univers aseptisé de ses BD «pour les jeunes de 7 à 77 ans». Enfance traumatisante, secrets de famille, aveuglement politique, déboires conjugaux... La cinquantaine venue, le dessinateur sera rattrapé par la dépression. Sans aller jusqu'à imiter son rival Franquin, qui a délaissé Spirou pour une œuvre plus intimiste, Hergé résoudra la crise avec "Tintin au Tibet", son album le plus personnel.

Hergé intime

Cette biographie de 2011 est rééditée, dans une version augmentée, à l'occasion de l'expo du Grand Palais. Riche de conversations avec Hergé, dont de nombreux extraits inédits pour cette nouvelle sortie, elle s'attache à peindre l'homme davantage que l'artiste ultra-célèbre : son enfance terne dont le souvenir, disait-il, lui inspirait «du dégoût», la maladie mentale de sa mère, la célébrité précoce que lui valut Tintin mais dont il se lassa dès l'après-guerre, sa psychanalyse... Indispensable pour jeter un nouveau regard sur l'œuvre.

Festen

Primé à Cannes en 1998, ce film sur la dissimulation et la révélation des secrets de famille est labellisé «Dogme 95», le mouvement lancé par Lars Von Trier et Thomas Vinterberg, prônant la sobriété formelle au service du récit. Hergé en aurait sans doute été frappé : sa «ligne claire» a en effet servi de manifeste esthétique à plusieurs générations d'auteurs de BD ; quant aux secrets de famille, il en a parsemé son œuvre, inspiré par la folie de sa mère) ou, pour créer Dupont et Dupond, par son père et son oncle, vrais jumeaux nés de père inconnu.

Spirou et Fantasio : Panade à Champignac

André Franquin (1924-1997), ou l'autre géant de la BD belge. En 1946, alors qu'Hergé lance le "Journal de Tintin", le futur créateur de "Gaston Lagaffe" reprend les héros phare de l'autre illustré d'alors, "Spirou". Son style nerveux et outrancier s'oppose à la sobre «ligne claire». Mais les deux hommes ont beaucoup en commun. Dévorés par leurs célèbres personnages, peinant à produire, ils vivent tous deux de graves dépressions. Ce dernier Spirou signé Franquin est un adieu parodique et grinçant. Il se consacrera ensuite à une œuvre plus personnelle, avec entre autres les très pessimistes "Idées noires". Un virage qu'Hergé, lui, n'a jamais su prendre.

  Livre Fiction
Spirou et Fantasio
Auteur: Franquin, André (1924-1997)
Edition: Dupuis

Tintin au Tibet

L'album le plus personnel des aventures de Tintin, critiqué à sa sortie pour son intrigue trop maigre et l'absence de «méchants» efficaces. Hergé le conçoit alors que sa rencontre avec Fanny, sa future deuxième épouse, le plonge dans les affres d'une crise morale. Il lui faut alors une psychanalyse pour se débarrasser de ce qu'il appelait son «obsession de la pureté» - elle est ici représentée par les neiges de l'Himalaya, une image née des «rêves blancs» que Hergé racontait alors à son thérapeute. Nous voilà loin des aventures illustrées pour les jeunes de 7 à 77 ans !

  Livre Fiction
Tintin
Auteur: Hergé (1907-1983)
Edition: Casterman
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