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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Des Taupes et des Hommes

6 thèmes | 20 oeuvres
Guerre froide, CIA contre KGB, mur de Berlin, secrets nucléaires, Moyen-Orient, Liban… bienvenue dans le monde des agents-doubles, des coups fourrés, des diplomates écrivains et des écrivains agents de renseignement. Avec son dernier film, "Un homme très recherché", Anton Corbjin nous plonge dans le monde des espions cher au grand John le Carré, auteur du roman dont le film est adapté. Entre réalité et fantasmes nous avons exploré les coulisses de l’Histoire, là où les menaces politiques se confondent parfois avec nos peurs les plus intimes.

Barbouzeries à la française

De "La Chartreuse de Parme" aux SAS de Gérard de Villiers, la littérature a toujours adoré décrire les mouvements de « la main gauche » de l'Etat. Des films de Lautner aux comédies d'OSS 117 avec Jean Dujardin, les services secrets français ont, au moins, nourri une véritable culture de la parodie. Mais entre l'affaire du Rainbow Warrior et les interventions en sous-main dans la « Françafrique », la DGSE - la « Centrale » - a changé de méthodes : désormais, en plus des crypto-mathématiciens et des pilotes, elle recrute des linguistes et des géographes directement dans les universités, ainsi que des serruriers et des couturières via des petites annonces...

La Chartreuse de Parme

Le Carré confessait avoir une « "admiration sans limite" » pour Stendhal, dont le personnage de Fabrice del Dongo constitue une figure de héros en demi-teinte, embringué dans l’enfer de Waterloo, puis dépassé par des intrigues politico-amoureuses qui feront qu' il sera accusé d’espionnage. Balzac, qui lui-même saluait "La Chartreuse de Parme" comme un roman où « le sublime éclate de chapitre en chapitre » était l’autre passion littéraire française de le Carré – également grand lecteur de Camus. Le Carré qui avait même visité Paris avec pour seul guide des rues, le roman "César Birotteau", parce que  son auteur « "combinait à merveille conspiration et réalisme" ».

Espion, lève-toi

Loin des films de parodie, celui-ci est sombre et glacial ; l'autre facette de la « French touch » en matière de films noirs et d'espionnage : dialogues réduits au minimum et rythme lancinant. Au-delà de l'intrigue principale -le réveil d'un espion qui se découvre piégé par une taupe infiltrée dans les services secrets-, cette œuvre dresse un portrait acéré des peurs françaises de l'après 68, alors que certains groupuscules d'extrême gauche passent à la lutte armée.

Les Barbouzes

« "D'une manière générale, le barbouze demeure la synthèse des belles manières et du dynamisme" ». On gage que, quarante ans après, on ne se lassera pas de ce film-culte qui repose sur les dialogues de Michel Audiard… Ici, les barbouzes ne luttaient plus, comme à leurs débuts, contre l'OAS, mais tentaient de charmer Mireille Darc pour s'approprier son « héritage thermo-nucléaire ». L'une des plus belles réussites du cinéma français en matière de bruitage, et l'une des rares apparitions à l'écran de Lino Ventura en « garçon subtil ».

De nouveaux fronts

Les épicentres géographiques des conflits réels se sont déplacés, et les romanciers d'espionnage s'intéressent forcément de plus en plus à la menace islamiste, de Percy Kemp à Terry Hayes, en passant par Michael Robotham. L'engagement américain contre les cartels de la drogue constituent également une nouvelle ligne de front, pas toujours visible ni tangible, et l'espionnage industriel accompagne une nouvelle guerre froide, technologique. En même temps, les états intensifient la lutte contre les « dissidences » nées des nouvelles formes d'expression culturelles, et notamment les cyber-militants, dont Julian Assange ne serait que la face visible. Et diabolisée.

Le Système Boone

Longtemps consultant pour une société de renseignement en stratégie, Percy Kemp situe ses romans à Beyrouth, où il vit, et qui est selon lui l'une des capitales mythiques du renseignement, avec Vienne ou Berlin. Car ce serait là que se jouent et se déjouent toutes les tragédies du Moyen-Orient. Son personnage, l'agent Harry Boone, dandy irlandais passionné de Bel Canto et véritable tire-au-flanc, est plutôt atypique dans la profession. Kemp le lance ici dans l'un des premiers romans qui explorent les nouveaux enjeux géopolitiques liés aux attentats du 11 septembre 2001.

Zone

Un certain Francis Servain Mirkovic est dans un train de nuit qui file vers Rome, avec une mallette qu'il s'apprête à remettre à une officine secrète du Vatican contre une colossale somme d'argent. Elle contient des rapports secrets et des listes de noms, de victimes et de criminels de guerre ayant sévi dans les boucheries européennes. Et l'on suit la logorrhée de Mirkovic, comme une longue dérive qui dessinerait une géographie sanglante de la Méditerranée, à partir de ses propres exactions lors de la guerre d'ex-Yougoslavie jusqu'à son entrée dans un service de renseignement du Quai d'Orsay.

Homeland

Le problème de Nicholas Brody, ce marine accueilli en héros après huit ans de captivité dans les geôles d'Al-Qaida, ce n'est pas seulement qu'il est suspecté d'avoir été « retourné » par les terroristes et de préparer un attentat ; c'est surtout qu'il fracasse définitivement l'image harmonieuse du modèle familial américain, uni et solidaire... Encore plus subversif qu'"American Beauty", dans le genre.

L'espion, entre mythe et réalité

C'est évidemment une figure largement fantasmée, sur laquelle reposerait en partie notre avenir collectif… Le fait qu'il soit parfois écrivain, comme Somerset Maugham, Joseph Conrad ou Graham Greene, en fait déjà un personnage romanesque. De Koltsov -copain avec Aragon- à Vetrov -retourné par la DST et rebaptisé Farewell- en passant par le fameux Kim Philby, toute trame d'espionnage, vraie ou fausse, se résume au fait que l'espion est « retournable » ou non. Et pourtant, l'espion le plus fascinant, c'est celui qui n'existe pas, jusqu'à ce qu'il soit incarné par accident par un citoyen ordinaire, comme Cary Grant dans "La Mort aux trousses".

Un homme très recherché

Après "Control" - biopic sur Ian Curtis, chanteur de Joy Division et "The American" - mettant en scène un tueur à gages -, Anton Corbjin adapte un roman du maître de l'espionnage, John le Carré. Celui-ci avait affirmé que la chute du mur de Berlin, loin de lui faire perdre son gagne-pain, lui donnerait un nouveau souffle. Il s'intéressait ici à la lutte contre le terrorisme islamiste et ses financements. Où Philip Seymour Hoffman -dans son dernier grand rôle, puisqu'il est mort en février dernier- dirige une cellule de renseignement qui tente de remonter une filière à partir d'Hambourg, où Le Carré a été en poste dans les années 1960, quand il travaillait pour les services secrets britanniques.

Le Système Boone

Longtemps consultant pour une société de renseignement en stratégie, Percy Kemp situe ses romans à Beyrouth, où il vit, et qui est selon lui l'une des capitales mythiques du renseignement, avec Vienne ou Berlin. Car ce serait là que se jouent et se déjouent toutes les tragédies du Moyen-Orient. Son personnage, l'agent Harry Boone, dandy irlandais passionné de Bel Canto et véritable tire-au-flanc, est plutôt atypique dans la profession. Kemp le lance ici dans l'un des premiers romans qui explorent les nouveaux enjeux géopolitiques liés aux attentats du 11 septembre 2001.

On ne lit que deux fois - Ian Fleming

En publiant Casino Royale en 1953, l'obsession de Fleming était d'écrire une histoire d'espionnage après laquelle il ne serait plus possible d'en écrire une autre. Loupé. « "Je n'ai jamais essayé de faire de James Bond un phénomène" », dira-t-il. Encore loupé. Officiellement correspondant pour le Times à Moscou en 1939, il refilait des infos aux services de renseignement anglais. C'était alors un personnage bien plus ténébreux que son héros, assez complexe pour légitimer la bonne tenue de la série qui porte son nom et qui met en scène, avec beaucoup de liberté, ses frasques d'espion : de fait, Fleming s'était révélé incapable de tuer de sang-froid, alors qu'il apprenait le métier.

Nous revenons comme des ombres

L'écrivain mexicain, historien et fan de séries B, est l'auteur d'une vingtaine de romans complètement déjantés, entre réalisme magique et psychédélisme pop. Dans ce petit bijou qui se passe en 1941, un espion petit et manchot qui se fait appeler « le Poète » enquête sur ce contingent de nazis qui écoute de la musique sur un gramophone en pleine forêt du Chiapas. L'intrigue est un joyeux foutoir, où l'on croise Hemingway et Graham Greene, et où l'on apprend comment Hitler a cherché à consolider son pouvoir en cavalant après toute la quincaillerie possible qui soit Sacrée, du Graal à la Sainte Lance.

La CIA, emblème absolu

Créée en 1947, l' « Agence » est le véritable siège des émotions collectives américaines... Les conflits chauds ont remplacé la guerre froide mais la CIA continue d'être une source de légendes difficilement vérifiables, entre le recyclage d'officiers nazis comme informateurs et la promotion, à leur insu, des « expressionnistes abstraits », comme Pollock ou de Kooning, pour contrer le « réalisme socialiste » ! La CIA, c'est aussi 600 tentatives d'assassinat de Fidel Castro et - à défaut de réussir - la volonté de le ridiculiser en pulvérisant du LSD dans le studio télé duquel il s'apprêtait à s'exprimer...

Un homme très recherché

Après "Control" - biopic sur Ian Curtis, chanteur de Joy Division et "The American" - mettant en scène un tueur à gages -, Anton Corbjin adapte un roman du maître de l'espionnage, John le Carré. Celui-ci avait affirmé que la chute du mur de Berlin, loin de lui faire perdre son gagne-pain, lui donnerait un nouveau souffle. Il s'intéressait ici à la lutte contre le terrorisme islamiste et ses financements. Où Philip Seymour Hoffman -dans son dernier grand rôle, puisqu'il est mort en février dernier- dirige une cellule de renseignement qui tente de remonter une filière à partir d'Hambourg, où Le Carré a été en poste dans les années 1960, quand il travaillait pour les services secrets britanniques.

La Compagnie. Le grand roman de la C.I.A.

Le départ d'un transfuge russe pour les États-Unis, en 1950, à Berlin, n'est ici qu'un prétexte pour raconter un demi-siècle de manipulations et de coups fourrés, de Budapest au Nicaragua, en passant par la Baie des Cochons, sur fond de menace nucléaire… Avec le Carré ou Eric Ambler, Littell, qui fut expert en décodage sur un destroyer durant la guerre du Vietnam, demeure l'un des romanciers incontournables du genre. Comme James Ellroy dans sa trilogie "Underworld USA", il mêle personnages de fiction et figures réelles, comme James Angleton qui, en vrai paranoïaque chargé de débusquer les agents doubles, suspectait même McCarthy !

Homeland

Le problème de Nicholas Brody, ce marine accueilli en héros après huit ans de captivité dans les geôles d'Al-Qaida, ce n'est pas seulement qu'il est suspecté d'avoir été « retourné » par les terroristes et de préparer un attentat ; c'est surtout qu'il fracasse définitivement l'image harmonieuse du modèle familial américain, uni et solidaire... Encore plus subversif qu'"American Beauty", dans le genre.

Le Roman des espionnes

Du service de renseignements de Catherine de Médicis, appelé « l'escadron volant », aux « hirondelles » du KGB, dont Elisabeth Zaroubine, qui livra à l'URSS les secrets de la bombe atomique américaine, Fédorovski dévoile tout de ces femmes dites « fatales ». Mata Hari, danseuse et espionne fusillée en 1917 en tant qu'agent vendu à l'Allemagne, incarnait trop bien cette vision machiste de « l'aventurière ». Celle qu'on n'appelait plus que « la grande putain » à la veille de son exécution n'avait pourtant jamais refilé à ses employeurs le moindre renseignement vraiment déterminant...

La guerre froide

Quand Churchill déclare en mars 1946 que, de la Baltique à l'Adriatique, « "un rideau de fer est descendu à travers le continent" », l'enjeu est de défendre les démocraties contre le péril rouge. Avec sa rhétorique intarissable, du « containment » à la « théorie des dominos », en passant par « l'équilibre de la terreur », la guerre froide compte aussi, parmi ses victimes, un bon nombre d'artistes américains, fauchés par le Maccarthysme... Avant qu'elle ne devienne une épopée romanesque, Hitchcock assurait, peu avant sa mort, que « "tous les films où il a été question du rideau de fer ont été des échecs" ».

La Taupe

C’est le chef d’œuvre de John Le Carré -de son vrai nom David Cornwell-, qui met en scène son personnage fétiche, Georges Smiley, véritable « cold warrior hero », aux prises avec son ennemi intime du KGB, Karla. Où cette histoire d’agent soviétique infiltré au sein du MI6, forcément inspirée de celle de l’espion Kim Philby, rappelle que l’espionnage n’est jamais que du contre-espionnage. Modeste –ou manipulateur-, le Carré assurait pourtant : « "Rien de ce que je peux écrire n’est authentique. Et je suis flatté que mes fables soient prises autant au sérieux" ».

Robbers and Cowards

C'est lors d'un pique-nique au pied d'une statue de Staline au Memento Park de Budapest -une sorte de cimetière des statues oubliées de l'ère soviétique- que Matt Maust a trouvé le nom du groupe qu'il formera en 2004 dans la banlieue de Los Angeles avec Nathan Willett, Matt Aveiro et Jonnie Russell. Les jeunes gens se lancent dans l'indie-rock bluesy, avec riffs stoniens et son garage, et rendent hommage dans leurs chansons aux moins-que-rien et aux porte-flingues qui veulent raccrocher.

  CD
Robbers and cowards
Auteur: Cold War Kids
Edition: V2 Music Limited

Espion, lève-toi

Loin des films de parodie, celui-ci est sombre et glacial ; l'autre facette de la « French touch » en matière de films noirs et d'espionnage : dialogues réduits au minimum et rythme lancinant. Au-delà de l'intrigue principale -le réveil d'un espion qui se découvre piégé par une taupe infiltrée dans les services secrets-, cette œuvre dresse un portrait acéré des peurs françaises de l'après 68, alors que certains groupuscules d'extrême gauche passent à la lutte armée.

Paranoïa générale !

« "On nous cache tout on nous dit rien" », chantait Dutronc en 1967. Nous sommes tous espionnés et manipulés. Même la photo de l'investiture de Barack Obama prise avec une caméra-robot de 1474 mégapixels permet de distinguer nettement chacune des personnes dans la foule... En même temps, la NSA est capable d'écouter les coups de fil que passe Angela Merkel ! Nos voisins sont forcément des terroristes ; comment ne pas douter de notre meilleur ami, voire de notre propre conjoint ?

La Compagnie. Le grand roman de la C.I.A.

Le départ d'un transfuge russe pour les États-Unis, en 1950, à Berlin, n'est ici qu'un prétexte pour raconter un demi-siècle de manipulations et de coups fourrés, de Budapest au Nicaragua, en passant par la Baie des Cochons, sur fond de menace nucléaire… Avec le Carré ou Eric Ambler, Littell, qui fut expert en décodage sur un destroyer durant la guerre du Vietnam, demeure l'un des romanciers incontournables du genre. Comme James Ellroy dans sa trilogie "Underworld USA", il mêle personnages de fiction et figures réelles, comme James Angleton qui, en vrai paranoïaque chargé de débusquer les agents doubles, suspectait même McCarthy !

Mon traître

L'épopée singulière d'un luthier parisien qui, au milieu des années 70, tombe amoureux de Belfast, et qui embrasse la cause de l'IRA en se liant avec l'un de ses « cadres », Tyrone Meehan. Une fiction inspirée de l'amitié réelle entre l'auteur, qui fut grand reporter à Libération, et un dirigeant de l'IRA, Denis Donaldson, avant qu'on découvre que ce dernier était en fait un informateur du MI5, qui sera assassiné en 2006, un an après avoir été démasqué. Une amère réflexion sur la trahison, décalée et insolente : « "La première fois que j'ai vu mon traître, il m'a appris à pisser…" ».

Le Musée ARK de Konjic

C’était un immense abri antiatomique, construit sur le flanc d’une montagne bosnienne sous Tito, et pouvant accueillir 350 personnes... En 2011, le lieu a été transformé en musée d’art contemporain pour y accueillir une biennale d’un genre insolite, puisque les installations devaient baigner dans l’ambiance et le ton de la guerre froide et de la menace nucléaire. Couloirs et chambres à coucher ont ainsi été investis par des artistes venus de tous horizons, de Sarajevo à Bagdad, de Prague à Beyrouth. La collection permanente s’étoffe peu à peu, et le plancher d’Alfredo Pirri, fait d’un immense miroir brisé, est déjà une œuvre culte. Voir ici

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