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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Jean-Luc Godard

5 thèmes | 17 oeuvres
Cette année encore, à Cannes, Godard a créé l’événement. Tout d’abord avec son dernier film, "Adieu au langage", Prix du Jury ex-aequo avec "Mommy" le film de Xavier Dolan, mais également avec sa lettre filmée à Gilles Jacob pour expliquer son absence aux festivités cannoises. Depuis la fin des années 50 et l’irruption de la Nouvelle Vague, le plus français des réalisateurs suisses poursuit une trajectoire faite d’inventions et de ruptures successives. A 83 ans, Godard reste le plus mythique des cinéastes encore en activité, un des très rares artistes qui a irrémédiablement changé le visage du cinéma.

Autobiographie ou autoportrait

Dans les années 60, la vie et l’œuvre de Godard se confondent en un mélange détonant. Pourtant, à l’exercice autobiographique, il préfère celui de l’autoportrait. Que ce soit à travers ses acteurs, Jean-Paul Belmondo dans "Pierrot le fou" ou, mieux encore, Jacques Dutronc dont le personnage s’appelle Paul Godard dans "Sauve qui peut(la vie)". Ou plus directement encore comme dans "Prénom Carmen" où le cinéaste joue le rôle de l’oncle Jean. Sans oublier, en 1994, l’essai cinématographique "JLG/JLG", sous-titré "Autoportrait de décembre".

Godard, biographie

Co-auteur avec Serge Toubiana de la biographie de François Truffaut, Antoine de Baecque, historien et critique de cinéma, scrute, dans cette biographie très documentée, la vie d’un cinéaste totalement rétif à l’exercice biographique et qui n’a, d’ailleurs, pas collaboré à l’ouvrage. Entremêlant l’analyse de ses origines familiales, ses relations avec les femmes avec ses méthodes de travail, sa trajectoire de cinéaste et son rapport à la célébrité ou à la politique, cette biographie captivante est la première du genre en français et fait suite à deux entreprises du même genre, écrites et publiées en anglais. Article de Libération - Cannes 2014

Pierrot le fou

De tous les films de Godard, "Pierrot le fou" est, sans doute aujourd’hui, le plus célèbre avec "A bout de souffle" et "Le mépris". Magistralement interprété par Jean-Paul Belmondo et Anna Karina qui vit, en direct, la fin de son histoire d’amour avec le cinéaste, "Pierrot le fou" permet à Godard de méditer en toute liberté sur la vie, le cinéma, la guerre du Vietnam, convoquant Rimbaud, Céline, Nicolas de Staël et même Raymond Devos qui fait une apparition dans une scène devenue mythique. Le sens de la couleur, la lumière de la Côte d’Azur ou la musique d’Antoine Duhamel, imprégnée d’un sens du tragique, montrent à Godard le chemin d’un lyrisme encore inédit dans son cinéma.

Sauve qui peut (la vie)

A la fin des années 70, Godard sort d’une longue période de quasi-clandestinité qui l’a vu enchaîner films militants ou essais vidéo. Sentant le besoin de revenir à la fiction et de retrouver le chemin des salles commerciales, il réalise, à cette période, une sorte de nouveau premier film, "Sauve qui peut (la vie)" avec Jacques Dutronc, Nathalie Baye et Isabelle Huppert, qu’il retrouvera deux ans plus tard dans "Passion". Sorti à l’automne 1980, "Sauve qui peut (la vie)", film à la fois bouleversant et conceptuel, ouvre la voie à un retour spectaculaire de Godard sur le devant de la scène cinématographique et médiatique.

Femmes

Trois femmes ont particulièrement compté dans la vie et l’œuvre de Godard. D’abord, Anna Karina qui fut sa muse absolue du "Petit soldat" à "Made in USA". Ensuite, Anne Wiazemsky qui, de "La Chinoise" à "Vent d’Est", accompagne son basculement vers l’extrême-gauche. Enfin, Anne-Marie Miéville que le cinéaste rencontre vers 1972 et avec laquelle il va faire un long chemin, au point de cosigner avec elle certains de ses films.

Une année studieuse

Après avoir relaté dans Jeune fille, l’expérience qu’elle a connue en tant que modèle de Robert Bresson pour Au hasard Balthazar en 1966, Anne Wiazemsky fait, dans Une année studieuse, le récit de l’année 1967 marquant sa rencontre avec Jean-Luc Godard qui devient à la fois son mentor, son amant et le cinéaste qui l’engage pour tourner dans "La Chinoise". Ce récit méticuleux et sensible jette une lumière inédite sur l’intimité d’un homme qui a toujours évité de parler de sa vie privée.

Pierrot le fou

De tous les films de Godard, "Pierrot le fou" est, sans doute aujourd’hui, le plus célèbre avec "A bout de souffle" et "Le mépris". Magistralement interprété par Jean-Paul Belmondo et Anna Karina qui vit, en direct, la fin de son histoire d’amour avec le cinéaste, "Pierrot le fou" permet à Godard de méditer en toute liberté sur la vie, le cinéma, la guerre du Vietnam, convoquant Rimbaud, Céline, Nicolas de Staël et même Raymond Devos qui fait une apparition dans une scène devenue mythique. Le sens de la couleur, la lumière de la Côte d’Azur ou la musique d’Antoine Duhamel, imprégnée d’un sens du tragique, montrent à Godard le chemin d’un lyrisme encore inédit dans son cinéma.

Cléo de 5 à 7

A priori, Agnès Varda ne fait pas partie du premier cercle des amitiés “godardiennes”. Elle n’a jamais écrit pour les "Cahiers du cinéma", n’a pas officiellement fait partie de la Nouvelle Vague et appartient plutôt, aux côtés d’Alain Resnais, Chris Marker ou Jacques Demy, au groupe des cinéastes Rive Gauche. Pourtant, dans "Cléo de 5 à 7", véritable manifeste de l’art de la cinéaste, Agnès Varda filme joyeusement, dans un intermède muet en hommage au burlesque, le couple formé par Anna Karina et Jean-Luc Godard. Une forme d’allusion amicale typiquement Nouvelle Vague que Godard, lui-même, a pratiquée assidûment dans ses premiers films.

Le musée

Le cinéma de Godard est fait d’emprunts aux autres arts. Son art de la citation, du montage, du collage insolite entre les œuvres se rapproche parfois du travail d’un commissaire d’exposition. Il a d’ailleurs plus directement tenté l’expérience au Centre Pompidou en 2006, avec l’exposition "Voyages en utopie en forme d’écriture du désastre". Sans oublier, bien sûr, sa grande œuvre, "Histoire(s) du cinéma", conçue comme une immense exposition aux courts-circuits puissamment “godardiens”.

Le Musée imaginaire

Jean-Luc Godard a toujours admiré André Malraux. "Le Musée imaginaire", élaboré par André Malraux en 1947, sous la forme d’un essai, est sans doute une des œuvres qui a le plus influencé Godard avec "Histoire de l’art" d’Elie Faure. Elle ouvre au cinéaste des perspectives nouvelles dans l’invention d’une relation mentale et non chronologique entre les œuvres d’art qui trouvera son aboutissement dans "Histoire(s) du cinéma". Cette admiration du cinéaste envers l’écrivain connaîtra cependant deux accrocs majeurs : d’abord en 1966, au moment de l’interdiction de "La Religieuse" de Rivette, où Godard adresse une lettre incendiaire à Malraux, alors ministre de la Culture ; ensuite, pendant l’affaire Langlois, où Godard avec la plupart des grands cinéastes du monde entier, prend fait et cause pour le fondateur de la Cinémathèque française contre son éviction décidée arbitrairement par ce même ministère de la Culture.

Œuvres cinématographiques complètes

Entre Debord et Godard, il y a comme un drôle de chassé-croisé tout au long des années 60-70. Godard ne cite jamais directement Debord, mais il y pense souvent. Les situationnistes ont, à la fin des années 60, affublé le cinéaste d’un doux sobriquet : le plus con des Suisses pro-chinois. En réalité, les films de Debord, rares et fondamentalement hérétiques, entretiennent avec certains des essais filmés de Godard et notamment ses "Histoire(s) du cinéma", une relation secrète, ne serait-ce que par un usage artistiquement forcené de la citation littéraire et cinématographique, un art commun du détournement et un sens inné du slogan.

Exposition Henri Langlois à la Cinémathèque

Parmi les figures tutélaires qui planent au-dessus de Godard, figure en bonne place Henri Langlois, fondateur de la "Cinémathèque française" auquel l’institution rend actuellement hommage. C’est grâce à ce personnage hors normes que les futurs cinéastes de la Nouvelle Vague ont découvert à la Cinémathèque de l’avenue de Messine, l’histoire du cinéma au croisement des années 40 et 50. De tous les cinéphiles qui hantent les couloirs de la Cinémathèque, c’est à Godard que Langlois restera le plus fidèle, allant même jusqu’à le choisir comme remplaçant de luxe, à la fin des années 70, dans le cadre des cours qu’il dispensait à Montréal.

La ronde de nuit

Ce célèbre tableau, peint en 1642, fait partie des toiles que Godard tente de reconstituer dans "Passion". C’est l’une des très nombreuses citations picturales qui figurent dans les films de JLG tout au long de sa trajectoire. On peut citer Velasquez, Renoir ou Nicolas de Staël dans "Pierrot le fou", mais également Le Greco, Ingres, Delacroix ou Watteau, toujours dans "Passion". La peinture classique, au même titre que la musique, la littérature ou le cinéma, constitue une sorte d’immense tapisserie que Godard recompose et décompose en permanence pour nourrir sa propre réflexion sur l’art et sur l’histoire.

Musiques et mixages

Dans les films de Godard, la musique est omniprésente. Mixeur invétéré et musicien dans l’âme, Godard a intégré toutes sortes de genres musicaux dans ses films, des quatuors de Beethoven aux Rolling Stones ou les Rita Mitsouko, en passant par les chansons de Serge Rezvani ou les bandes originales signées Antoine Duhamel – "Pierrot le fou", "Week-end") – ou Gabriel Yared – "Sauve qui peut(la vie)". Il a lui-même influencé de nombreux musiciens qui s’inspirent régulièrement des bandes-son de ses films.

Godard ça vous chante ?

L’influence de Godard s’étend bien au-delà du cinéma. Elle touche notamment les musiciens et, parmi eux, le saxophoniste, activiste, artiste conceptuel new-yorkais John Zorn. De Godard, Zorn a hérité surtout le sens du collage, de la rupture, de l’arythmie, de la stridence, de la citation. Cette influence patente se manifeste particulièrement dans la pièce Godard, créée en 1985 pour le disque "Godard ça vous chante ?". Collage insensé, qui mélange une multitude de musiques et de sources sonores concassées dans la machine Zorn, ce morceau de plus de 18 minutes est un équivalent musical possible du cinéma de JLG.

Histoire(s) du cinéma

Depuis le début des années 90, Godard a noué une étrange relation avec Manfred Eicher, le patron du label ECM, connu pour sa fidélité au pianiste Keith Jarrett depuis le début des années 70. A partir du film "Nouvelle Vague", le cinéaste, qui n’utilise plus de musique originale depuis plus de dix ans, décide de puiser essentiellement dans le catalogue du label munichois pour composer les bandes sonores de ses films. Le label lui rendra la pareille en publiant, en coffret, l’intégralité des bandes sonores de Nouvelle Vague et des "Histoire(s) du cinéma". Une expérience unique dans l’histoire du cinéma et du disque !

Vaguement Godard

Malgré l’expérience "A bout de souffle", où Godard demande au pianiste Martial Solal de scander les fulgurances de son premier long métrage, le jazz ne joue pas un rôle si fondamental dans les films du cinéaste suisse. Ce qui n’empêche pas, en 2013, le pianiste de jazz Stephan Oliva de proposer une relecture très singulière des musiques des films de Godard. En solo intégral, Oliva réinvente poétiquement les fameuses musiques du "Mépris" ou de "Pierrot le fou", mais également les partitions de Michel Legrand pour "Vivre sa vie", "Une femme est une femme" ou "Bande à part".

Beggars Banquet

"Beggars Banquet" est, à coup sûr, un des disques les plus aboutis des Stones. D’autant qu’il contient une de leurs plus grandes chansons, "Sympathy for the Devil". C’est à ce moment précis que Godard, au faîte de sa célébrité, croise le groupe puisqu’il filme, dans "One + One", l’accouchement en studio de cette chanson appelée à devenir un tube éternel. Moins qu’au morceau lui-même ou au groupe déjà mythique, c’est au travail, aux moments creux, à la longue patience qu’il faut aux Stones pour enregistrer la chanson, que Godard s’intéresse plus particulièrement. Il récidivera, vingt ans plus tard, avec les Rita Mitsouko dans "Soigne ta droite".

Nouvelle Vague

De l’aventure des "Cahiers jaunes" sous influence d’Henri Langlois, jusqu’à "Pierrot le fou", Godard est, avec Truffaut, le pivot du groupe de cinéastes qui forme la Nouvelle Vague. Entre complicité, emprunts, disputes, influences, ils incarnent, Godard en tête, un moment décisif de l’histoire du cinéma dont l’énergie circulera un peu partout dans le monde, en Italie, en Europe de l’Est, aux USA, en Amérique latine, et même en Asie.

Godard, biographie

Co-auteur avec Serge Toubiana de la biographie de François Truffaut, Antoine de Baecque, historien et critique de cinéma, scrute, dans cette biographie très documentée, la vie d’un cinéaste totalement rétif à l’exercice biographique et qui n’a, d’ailleurs, pas collaboré à l’ouvrage. Entremêlant l’analyse de ses origines familiales, ses relations avec les femmes avec ses méthodes de travail, sa trajectoire de cinéaste et son rapport à la célébrité ou à la politique, cette biographie captivante est la première du genre en français et fait suite à deux entreprises du même genre, écrites et publiées en anglais. Article de Libération - Cannes 2014

Correspondance

Etablie par Gilles Jacob, cette monumentale correspondance trouve son sommet dans le violent échange de lettres qui oppose, en 1973, l’auteur des "400 coups" à celui de "La Chinoise". C’est Godard, en pleine période Mao, qui ouvre le feu, reprochant à Truffaut, au moment de la sortie de "La nuit américaine", son manque absolu de cohérence entre sa vie privée et ses films. Le même Truffaut, blessé par la violence de la lettre, répond à son ancien ami et camarade des "Cahiers du cinéma" de manière brillante et cinglante allant même jusqu’à évoquer « son comportement de merde sur un socle ». Après la mort de François Truffaut en 1984, Godard fera une sorte de mea culpa mélancolique, allant jusqu’à postfacer cette "Correspondance".

Mean Streets

En apparence, aucune allusion directe à Godard dans le "Mean Streets" que Scorsese réalise en 1973. Pourtant, sans les films de Godard des années 60, largement diffusés à New York et dans les grandes villes américaines, jamais sans doute Scorsese et ses amis du Nouvel Hollywood n’auraient eu l’énergie de passer à l’acte sur un mode aussi personnel. On peut d’ailleurs voir dans le personnage interprété par De Niro, qui débute véritablement dans "Mean Streets", une sorte de résurgence du Belmondo d’"A bout de souffle". L’influence de Godard sur le cinéma américain demeurera très vive jusqu’à Quentin Tarantino qui baptisera sa société de production "A Band Apart", en hommage direct au film du maître.

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