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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Jim Jarmusch, le dernier romantique

5 thèmes | 18 oeuvres
Jim Jarmusch a vu deux fées se pencher sur son berceau ; la fée cinéma et la fée rock’n’roll. Fort de ce parrainage, il pose ses valises d’étudiant à New York dans le milieu des années 70. La ville qui ne dort jamais est alors le creuset d’une formidable force créatrice d’où émergeront le graff’, la peinture de Basquiat, celle de Keith Haring, le rap, la culture hip-hop, The Talking Heads, The Lounge Lizards, The Ramones, Blondie, Chic... et des centaines d’autres. Le cinéma de Jim Jarmusch se nourrit de ce bouillonnement et les personnages aux allures de dandy que l’on croise dans les grandes métropoles en sont la marque de fabrique. On les retrouve dès son premier film "Permanent vacation", en 1980, puis dans "Stranger than paradise", Caméra d’or au Festival de Cannes en 1984. La sortie de son nouveau film "Only lovers left alive" est l’occasion de replonger aux sources de son treizième long métrage sur les écrans le 19 février prochain.

Caliente caliente !

La tradition des grands orchestres de jazz (ceux de Cab Calloway, de Count Basie...) qui incendiaient les nuits folles de Harlem, et la salsa importée par les vagues successives d’émigrants portoricains, font partie intégrante de la culture musicale new yorkaise. C’est une source à laquelle des groupes viennent régulièrement puiser l’inspiration. Même aux temps anciens de la new wave la plus froide, Kid Creole, Fania All-Stars et tous les autres, finissaient toujours par attirer les tribus les plus diverses devant lesquels ils donnaient des concerts qui prenaient parfois l’allure d’un grand sabbat tropical. En-core !

ZE30 1979 – 2009

New York fut une centrifugeuse culturelle de laquelle allaient sortir l’énergie brut des Ramones, le funk-disco de Chic et les synthétiseurs de Suicide, puis une sorte de new wave funky, une musique hybride qui mélangeait guitares, synthétiseurs, rythmes syncopés et sonorités exotiques. Le label ZE créé par Michael Zilkha et Michel Esteban fut le plus représentatif de ce courant. John Peel, grand gourou de la radio anglaise de cette époque dira de ZE que c’est : « "le meilleur label de musique indépendant du monde" ». Alan Vega, Bill Laswell, Marie et les garçons, Nona Hendrix, James Chance, Was (not Was)... furent signés sur ZE. Bienvenue dans ce jukebox à remonter le temps.

Off The Coast Of Me

Cab Calloway et les big bands des années 40 sont à August Darnell (Kid Creole) ce que les Stooges d’Iggy Pop sont aux rockeurs élevés à la mamelle de Lemmy de Motorhead. Une source d’inspiration intarissable. Kid Creole - August Darnell - grandit dans le Bronx et fit ses premières apparitions avec son frère au sein du groupe Dr. Buzzard's Original Savannah Band, au moment où, à New York, toutes sortes de musiques s'échappaient du moindre trou à rat. Avec ses Coconuts belles à se faire damner un saint, et accompagnés du bondissant Coati Mundi, Kid Creole And The Coconuts mirent le feu à toutes les salles, sans exception, dans lesquelles ils se produisirent. Leurs compositions salsa-funk-calypso servies sur un lit d’arrangements cuivrés mettaient même en transes les esprits grincheux les plus blasés. On raconte qu’après leurs concerts les gens jetaient leur blouson de cuir et leurs bottes pointues pour acheter des chemises hawaïennes et des costumes à pinces... Mais on dit tellement de choses !

Live at the Cheetah vol.1

Fania est un label de salsa créé en 1964. Un des plus prestigieux. En 1968 ses fondateurs eurent l’idée de réunir quelques pointures du label plus des invités prestigieux comme Ray Baretto, Eddie Palmieri, Bobby Cruz... pour monter un orchestre à géométrie variable, le Fania All-Stars. Dès les premiers shows le succès est au rendez-vous et le Fania All-Stars réunira 60000 personnes au Yankee Stadium en 1973 ! Si des albums studio comme le formidable "Latin-Rock-Soul", restent des références, les enregistrements live dont le légendaire "Live at the Cheetah" donnent toute la mesure de cette formation hors du commun. Préparez les mojitos, poussez les meubles et prévenez les voisins.

Culture Club

Vivre en marge c’est souvent vivre la nuit, et pour avoir chaud, la nuit, on va dans les clubs. On y dîne parfois, on y boit beaucoup, on discute sur la musique, on drague, on prend des ascenseurs pour atteindre des paradis artificiels... Tous, des plus glamour (le Studio 54, Le Palace, Les Bains... ) au plus rock (le CBGB, Max’s Kansas City, le Gibus...) ont contribué à créer cette culture qui rendait les nuits de certains plus belles que le jours des autres.

ZE30 1979 – 2009

New York fut une centrifugeuse culturelle de laquelle allaient sortir l’énergie brut des Ramones, le funk-disco de Chic et les synthétiseurs de Suicide, puis une sorte de new wave funky, une musique hybride qui mélangeait guitares, synthétiseurs, rythmes syncopés et sonorités exotiques. Le label ZE créé par Michael Zilkha et Michel Esteban fut le plus représentatif de ce courant. John Peel, grand gourou de la radio anglaise de cette époque dira de ZE que c’est : « "le meilleur label de musique indépendant du monde" ». Alan Vega, Bill Laswell, Marie et les garçons, Nona Hendrix, James Chance, Was (not Was)... furent signés sur ZE. Bienvenue dans ce jukebox à remonter le temps.

Can’t stop won’t stop

Le Rap arrive aux oreilles du « grand public » en 1979 avec le premier tube du genre "Rapper’s Delight" de Sugarhill Gang. Puis ce sera la déferlante que l’on connaît. Mais le genre a une histoire qui remonte aux années trente avec l’apparition des premiers spoken words (les chansons parlées), voire à la tradition des griots. Si les chaînes en or et les clichés macho font parfois oublier les origines contestataires du mouvement, le travail d’historien auquel s’est livré Jeff Chang, journaliste à San Francisco, est là pour nous les rappeler. Une histoire passionnante qui se lit comme un reportage qui fait voir que le rêve américain est sérieusement ébréché.

Nightclubbing Desperados

Les années punk et new wave vont aussi secouer la France. Le Palace, Actuel, Métal Hurlant, Libération, Chorus, les Enfants du rock… chacun dans son domaine va contribuer au bouillonnement culturel de l’époque qui voit l’arrivée de Frank Margerin, Yves Chaland, Denis Sire... Une nouvelle génération d’auteurs de bande dessinée dont Serge Clerc qui va être au rock et au nightclubbing ce que Michel Ange est à la Chapelle Sixtine. Pas moins.

La fièvre du samedi soir

A la fin des années 70, le rock underground new yorkais partage le terrain avec toutes sortes de musique dont le disco qui suinte des murs du Studio 54, la mecque du genre et de la hype. Dans "La Fièvre du samedi soir", c’est sur la piste du 2001 Odyssey (clin d’œil au film de Kubrick) que Tony Monero (J. Travolta) oublie son quotidien de vendeur dans une quincaillerie. Succès planétaire, naissance de la star Travolta et des dizaines de millions de disques vendues pour les Bee Gees. "La Fièvre du samedi soir", est un film remarquable sur l’obstination dont il faut faire preuve pour se fabriquer un avenir plus reluisant que celui qui vous est destiné. Stayin’ alive !

Do it yourself

Les situations les plus désespérées produisent parfois une énergie qui donne envie de se battre avec rage. A la fin des années 70, New York (Detroit aujourd’hui) est au bord du gouffre financier, et des quartiers entiers et leurs habitants sont abandonnés produisant misère et violence. C’est pourtant dans cette même ville qu’un nombre incroyable d’artistes va faire table rase des conventions et des circuits traditionnels pour produire des œuvres dans toutes les disciplines. Certaines occupent les meilleures places dans les musées, dans nos discothèques ou dans nos bibliothèques.

Basquiat

Jean-Michel Basquiat est mort à 28 ans à l’aube d’une carrière exceptionnelle. Issu de la bohème new yorkaise du début des années 80 - comme Julian Schnabel et Keith Haring -, Basquiat commença à graffer les murs de l’Est Village puis connut rapidement un succès retentissant. C’est l’histoire de cette comète que raconte Julian Schnabel dans son premier film, un hommage touchant servi par un casting inouï ; David Bowie en Andy Warhol, Garry Oldman dans le rôle de Schnabel, Benicio Del Toro, Dennis Hopper, Jeffrey Wright, Courtney Love... Lumineux.

Detroit disassembled

Après avoir été le symbole de la puissance industrielle américaine au temps où l’industrie automobile était reine, Detroit « Motor City » est aujourd’hui une ville ruinée quasiment laissée à l’abandon. Dans les années 60 et 70 la ville fut la capitale de la soul music avec le label Motown (Motor Town) créé par Berry Gordy (Stevie Wonder, les Jackson 5, Marvin Gaye…), et du rock le plus abrasif avec les Stooges d’Iggy Pop et le MC5 de Wayne Kramer. Les images d’Andrew Moore montrent des lieux abandonnés, une ville fantôme. Un peu à l’image du New York des années 70. Rien d’étonnant à ce que Jim Jarmusch y ait planté le cadre de son dernier film.

La Mer de Corail

Burroughs, John Cale, Sam Shepard... On pourrait remplir un annuaire de l’underground en listant les personnes que Patti Smith a croisées dès ses premières années à New York et avec lesquelles elle va collaborer. Cette faim inextinguible de découvertes est aussi le reflet de la vie culturelle new yorkaise de cette époque où la seule chose proscrite était de faire du surplace. "La Mer de Corail" est le premier texte dans lequel Patti Smith raconte sa longue relation avec le photographe Robert Mapplethorpe rencontré à la fin des années 1960. Un texte empreint d’une grande poésie renforcée par des photos de Mapplethorpe choisies par Patti Smith.

Can’t stop won’t stop

Le Rap arrive aux oreilles du « grand public » en 1979 avec le premier tube du genre "Rapper’s Delight" de Sugarhill Gang. Puis ce sera la déferlante que l’on connaît. Mais le genre a une histoire qui remonte aux années trente avec l’apparition des premiers spoken words (les chansons parlées), voire à la tradition des griots. Si les chaînes en or et les clichés macho font parfois oublier les origines contestataires du mouvement, le travail d’historien auquel s’est livré Jeff Chang, journaliste à San Francisco, est là pour nous les rappeler. Une histoire passionnante qui se lit comme un reportage qui fait voir que le rêve américain est sérieusement ébréché.

L’homme venu d’ailleurs

Bien que musicien dans l’âme, c’est en réalisant des films que Jim Jarmusch a trouvé un terrain d’expression à sa mesure pour produire un cinéma tout à son image de grand dandy urbain. Des personnages en marge à la classe folle, un amour des textes et de la poésie, une notion du temps qui ne se mesure pas sur une montre, un amour de la musique sans limite. On sent planer au-dessus de lui les grandes figures tutélaires de Nicholas Ray, William Burroughs ou Paul Bowles.

Only lovers left alive

Dans "Only lovers left alive", cette histoire d’amour entre deux vampires, on retrouve les éléments qui rendent le cinéma de Jim Jarmusch si particulier : le temps qui s’étire, des villes désolées et romantiques qui tombent en décrépitude (Détroit et Tanger) et ces personnages décalés à la classe vénéneuse (Tilda Swinton et Tom Hiddleston) qui ne demandent qu’à vivre en marge mais que le monde extérieur vient déranger. Jarmusch pousse ici son amour de la musique jusqu’à faire de son personnage principal un guitariste de rock. Son plus beau film depuis "Ghost Dog".

The mystery of heaven

Jim Jarmusch, comme tous les artistes new yorkais de la fin des années 70 a multiplié les expériences artistiques. Grand fan de rock’ n’roll il n’a jamais arrêté la musique une fois sa carrière de cinéaste entamée. Les deux albums qu’il a enregistrés avec Jozef Van Wissem (compositeur de musique minimaliste et joueur de luth) présentent des morceaux instrumentaux, sorte de no wave minimaliste (luth & guitares) aux accents psychédéliques de toute beauté. C’est Tilda Swinton (Eve dans "Only lovers left alive") que l’on entend réciter un poème médiéval du 13ème siècle sur le morceau «The more she burns the more beautiful she glows ».

Ghost Dog

"Ghost Dog", est le huitième film de Jim Jarmusch et sans conteste un de ses plus réussis. C’est l’histoire d’un tueur à gage connu pour agir dans la plus grande discrétion (Forest Whitaker dans son meilleur rôle ?) et qui vit à l’abri des regards suivant le code d’honneur des samouraïs du Japon médiéval. Son seul passe-temps est son élevage de pigeons. Un jour, ses employeurs décident de se débarrasser de lui... Le film est un hommage au "Samouraï" de Jean-Pierre Melville avec Alain Delon. La mise en scène est remarquable et, comme toujours, le film est porté par une bande son impeccable (RZA du Wu Tang Clan aux manettes).

Un thé au sahara

Point de passage entre le Nord et le Sud, entre l’Europe et l’Afrique, Tanger deviendra une terre d’accueil pour de nombreux artistes. Paul Bowles qui s’y est installé en 1947 y écrit "Un thé au Sahara", l’histoire d’une Américaine qui veut fuir la civilisation moderne en se jetant à corps perdu dans la vie en Afrique. Bien qu’il n’appartienne pas au courant de la Beat génération, Paul Bowles verra tous les grands noms du mouvement lui rendre visite à Tanger. Seul William Burroughs qui séjournera dans la ville deux années deviendra son ami. Encore aujourd’hui Tanger est un fantasme que Burroughs appelait une « interzone ».

  Livre Fiction
Un Thé au Sahara
Auteur: Bowles, Paul (1910-1999)
Edition: Gallimard
Collection: Imaginaire

NY, pur rock’n’roll

A cette époque, la fin des années 70 et le début des années 80, New York est LA ville la plus rock au monde. Essayer de trouver un autre nom c’est se faire mal à la tête pour rien. Rock = New York. La ville produisait ce qui se faisait de mieux dans tous les courants (punk, new wave, no wave…) et magnétisait littéralement le reste du monde. En 1984 le groupe Téléphone chantait encore « Un jour j’irai à New York avec toi… »

77

Avec la poésie rimbaldienne de Patti Smith, l’énergie brute des Ramones et la pop racée de Blondie, Talking Heads et son rock new-wave-world-proto-funk furent un des groupes de la scène new yorkaise les plus influents du tout début des années 80. En quatre albums la bande de David Byrne posa les bases d’une musique qui résonne encore sous les doigts de Vampire Week End, LCD Soundsystem, Arcade Fire, MGMT et quelques centaines d’autres. Indispensable et inusable.

The mystery of heaven

Jim Jarmusch, comme tous les artistes new yorkais de la fin des années 70 a multiplié les expériences artistiques. Grand fan de rock’ n’roll il n’a jamais arrêté la musique une fois sa carrière de cinéaste entamée. Les deux albums qu’il a enregistrés avec Jozef Van Wissem (compositeur de musique minimaliste et joueur de luth) présentent des morceaux instrumentaux, sorte de no wave minimaliste (luth & guitares) aux accents psychédéliques de toute beauté. C’est Tilda Swinton (Eve dans "Only lovers left alive") que l’on entend réciter un poème médiéval du 13ème siècle sur le morceau «The more she burns the more beautiful she glows ».

So alone

Johnny Thunders fut le guitariste des géniaux et flamboyants New York Dolls, groupe de glam rock à l’énergie pré punk qui irradia le milieu des années 70 avant que les échecs commerciaux et les drogues n’eurent raison de lui. Sur les cendres encore chaudes des Heartbreakers, son deuxième groupe, Johnny Thunders enregistra "So alone", avec la collaboration du gratin de la scène rock du moment (Chrissie Hynde des Pretenders, Phil Lynott de Thin Lizzy, Steve Jones des Sex Pistols…). Morceaux impeccables servies par la production du maître Steve Lillywhite. Un must.

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