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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Lars Von Trier

6 thèmes | 20 oeuvres
La sortie très récente de "Nymphomaniac, Volume I" donne l’occasion de mesurer le chemin parcouru par Lars von Trier depuis son premier long métrage "Element of Crime" en 1984. En trente ans, von Trier a expérimenté, provoqué, filmé les plus grands acteurs et actrices, généré une foule nombreuse d’admirateurs et de détracteurs et a fini par occuper une place centrale dans le cinéma contemporain. De "Breaking the Waves" à "Melancholia", de "Europa" à "Antichrist", l’itinéraire du plus célèbre Danois de notre époque est totalement unique en son genre.

La Cinéphilie

Lars von Trier est un cinéaste nourri de cinéphilie. Admirateur de Bergman, Dreyer, Tarkovski, Welles ou même Marguerite Duras, fin connaisseur de Pasolini, Fassbinder ou Werner Herzog, le cinéaste danois a aussi été marqué enfant par sa vision des "Enfants du captiaine Grant", production Disney d’après le roman d’aventure de Jules Verne. Il fait par ailleurs l’admiration de nombre de ses contemporains, notamment Steven Spielberg ou Paul Thomas Anderson, ce qui le place dans la catégorie très fermée, comme Kubrick ou David Lynch, des cinéastes pour cinéastes.

Persona

Quand il a invité Charlotte Gainsbourg a participé à "Melancholia", Lars von Trier lui a montré en priorité "Persona", le chef-d’œuvre de Bergman. Cette exploration de la psyché et de la sexualité féminines, articulée autour du duo formé par une actrice devenue muette et son infirmière, est également une des inspirations majeures de "Nymphomaniac". Plus généralement, l’influence de Bergman sur Lars von Trier est permanente, y compris dans son amour pour Strindberg, tant le réalisateur danois est hanté par le plus grand cinéaste suédois, qu’il ne cesse d’évoquer dans ses entretiens, et à qui il emprunte aussi son goût pour les trilogies.

Element of Crime

Le premier long métrage de Lars von Trier, réalisé en 1984 est tout de suite un événement. Sélectionné la même année en compétition au festival de Cannes, "Element of Crime" révèle un cinéaste surdoué, baroque, influencé par le Orson Welles de "La Dame de Shanghai" et "La Soif du mal", fasciné par l’hypnose et construisant un polar stylé et tordu où la vérité et le mensonge sont réversibles à l’infini. Element of Crime est également le premier volet de la trilogie Europe, qui comprend "Epidemic" et "Europa", respectivement deuxième et troisième longs métrages de Lars von Trier.

Le Miroir

Poème cinématographique à base autobiographique, "Le Miroir" d’Andreï Tarkovski est aussi son film le plus beau et le plus énigmatique, impressionnant par son panthéisme. C’est également le film préféré de Lars von Trier dans la filmographie du cinéaste russe qu’il porte très haut dans son panthéon personnel. La preuve : il dédie "Antichrist" à Tarkovski et s’inspire justement du Miroir pour filmer la forêt profonde et symbolique dans laquelle est plongé le couple en crise formé par Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe.

Twin Peaks

La série conçue par David Lynch et Mark Frost en 1990 a fait date. Elle a imposé cette communauté imaginaire confrontée à la disparition de Laura Palmer en inventant un ton inimitable traversé d’éclairs inquiétants et saugrenus et teinté d’un humour légèrement surréaliste. Comme David Lynch, Lars von Trier a lui aussi réalisé, en 1994, sa série, "L’Hôpital" et "Les Fantômes" où une autre communauté, scientifique cette fois, s’affronte également aux délices de l’irrationnel. L’humour déjanté est également un évident point commun entre les deux séries qui fonctionnent vraiment en miroir.

La Pornographie

Depuis longtemps, la pornographie est une tentation avec laquelle Lars von Trier flirte. Déjà, dans "Les Idiots", il filme une scène d’amour physique avec des plans qui auraient pu lui valoir un classement X. Mais c’est dans "Nymphomaniac", fresque intime autour de la compulsion sexuelle d’une femme, que la question se pose enfin frontalement pour Lars von Trier. Le film existera finalement en deux versions distinctes : la première, d’une durée de quatre heures, sera plutôt soft, tandis que la seconde durera environ cinq heures trente et sera explicitement pornographique. Par ailleurs, sa société de production Zentropa produit des films pornos depuis de nombreuses années.

Nymphomaniac, Volume I

Précédé par une campagne marketing exceptionnellement habile, le premier volet de ce "Nymphomaniac" est une œuvre sombre et percutante qui prend à contrepied son spectateur. Découpé en chapitres ciselés, "Nymphomaniac, Volume I" permet à Lars von Trier de livrer sa vision dénuée de glamour et très protestante d’une femme profondément tourmentée par sa quête effrénée de la jouissance. Même s’il faudra attendre le deuxième volume de ce roman d’apprentissage pour en prendre toute la mesure, force est de constater que Lars von Trier s’impose à nouveau ici comme un cinéaste clinique et dérangeant.

Nymphomaniac
CVS
Nymphomaniac
Auteur: Trier, Lars von (1956-....)
Edition: Potemkine Films (prod.)
Collection: Agnès b. DVD

Justine

La figure de Sade, le plus grand des écrivains transgresseurs, fascine Lars von Trier. Son célèbre roman "Justine ou les Infortunes de la vertu" est sans doute le modèle narratif de "Nymphomaniac". Le cinéaste reprend notamment la narration à la première personne et la forme picaresque, ironique et libertine du livre, mais il en inverse les pôles, puisque "Nymphomaniac" pourrait être sous-titrée « les Infortunes du vice ». Déjà dans "Melancholia", le personnage interprété par Kirsten Dunst se prénomme Justine.

Les Idiots

Film à part dans la carrière de Lars von Trier, "Les Idiots" met en scène d’une manière faussement documentaire une communauté utopique à la recherche de son « idiot » intérieur. Profondément imprégné par les expériences de groupes d’artistes d’avant-garde, comme les actionnistes viennois, "Les Idiots" est aussi, avec "Festen" de Thomas Vinterberg, le plus important des films réalisés selon les principes de la charte Dogme95, une série de dix commandements rédigée par von Trier et Vinterberg, selon lesquels tout cinéaste qui s’y soumet fait vœu de chasteté esthétique.

Histoire d'O

Ce chef-d’œuvre de la littérature érotique écrit sous le pseudonyme de « Pauline Réage » par Dominique Aury, la compagne de Jean Paulhan, met le masochisme au cœur de son récit. Alors qu’il n’était encore qu’étudiant, Lars von Trier a réalisé "Menthe", une adaptation libre d’"Histoire d’O" qu’il dit être aussi sous influence de Marguerite Duras. Plus globalement, le masochisme est omniprésent dans "Breaking the Waves", "Antichrist" et bien sûr, dans le deuxième volume de "Nymphomaniac" où Jo, l’héroïne du film, pratique assidûment cette perversion. Le cinéaste s’est également inspiré de la préface d’"Histoire d’O" – rédigée par Jean Paulhan sous le titre Le Bonheur dans l’esclavage – pour son film Manderlay.

Le Cosmos

Lars von Trier aime se confronter aux grands cycles du cosmos et de la nature. Influencé par un cinéaste comme Andreï Tarkovski, un maître en ce domaine, cette inclination cosmique a trouvé une première forme dans "Breaking the Waves", puis s’est approfondie dans Antichrist et bien sûr "Melancholia", où les personnages sont confrontés à une apocalypse imminente. Où l’on voit que ce qui intéresse surtout Lars von Trier ce sont les rapports de l’homme (et surtout de la femme) face à une Nature incompréhensible et éternellement irrationnelle.

Le Miroir

Poème cinématographique à base autobiographique, "Le Miroir" d’Andreï Tarkovski est aussi son film le plus beau et le plus énigmatique, impressionnant par son panthéisme. C’est également le film préféré de Lars von Trier dans la filmographie du cinéaste russe qu’il porte très haut dans son panthéon personnel. La preuve : il dédie "Antichrist" à Tarkovski et s’inspire justement du Miroir pour filmer la forêt profonde et symbolique dans laquelle est plongé le couple en crise formé par Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe.

Chasseurs dans la neige

Ce célèbre tableau peint par l’artiste flamand Pieter Brueghel en 1565 est visible au Kunsthistorisches Museum de Vienne. Il représente « décembre » dans le grand cycle des mois (ou des saisons) qui met en scène, en une série de plusieurs tableaux, la marche du monde selon les lois de la nature. C’est sans doute en raison de cette thématique cosmique que la toile est filmée d’une manière insistante dans "Melancholia" où précisément les êtres sont soumis à la puissance terrassante de la Nature. À noter que ce tableau figure déjà dans "Solaris" d’Andreï Tarkovski.

L'Apocalypse Cinéma

Ce court essai stimulant écrit par le philosophe Peter Szendy s’attaque à un genre majoritairement américain, le film apocalyptique. Szendy, penseur paradoxal et hétérodoxe, aime prendre des objets de pensée complètement inattendus comme il l’avait déjà fait dans "Sur écoute : esthétique de l’espionnage" (2007) ou dans "Tubes : la philosophie dans le juke-box" (2008). "L’Apocalypse Cinéma" s’ouvre par un beau chapitre consacré à "Melancholia", où Szendy montre que le film de Lars von Trier, en un geste novateur, est le premier film de l’histoire du cinéma à confondre la fin de son film avec la fin du monde.

Le Goût de l'Avant-Garde

Chaque film de Lars von Trier ressemble à la mise en œuvre d’un concept. Ce qui est relativement rare pour un cinéaste qui ne se situe nullement à la marge ou dans une posture strictement expérimentale. Le goût des avant-gardes a incontestablement nourri le travail de Lars von Trier, comme le prouve notamment "Five Obstructions" coréalisé avec son aîné, le cinéaste danois Jörgen Leth, dans lequel il déconstruit avec délectation les formes cinématographiques.

Persona

Quand il a invité Charlotte Gainsbourg a participé à "Melancholia", Lars von Trier lui a montré en priorité "Persona", le chef-d’œuvre de Bergman. Cette exploration de la psyché et de la sexualité féminines, articulée autour du duo formé par une actrice devenue muette et son infirmière, est également une des inspirations majeures de "Nymphomaniac". Plus généralement, l’influence de Bergman sur Lars von Trier est permanente, y compris dans son amour pour Strindberg, tant le réalisateur danois est hanté par le plus grand cinéaste suédois, qu’il ne cesse d’évoquer dans ses entretiens, et à qui il emprunte aussi son goût pour les trilogies.

Les Idiots

Film à part dans la carrière de Lars von Trier, "Les Idiots" met en scène d’une manière faussement documentaire une communauté utopique à la recherche de son « idiot » intérieur. Profondément imprégné par les expériences de groupes d’artistes d’avant-garde, comme les actionnistes viennois, "Les Idiots" est aussi, avec "Festen" de Thomas Vinterberg, le plus important des films réalisés selon les principes de la charte Dogme95, une série de dix commandements rédigée par von Trier et Vinterberg, selon lesquels tout cinéaste qui s’y soumet fait vœu de chasteté esthétique.

L'Opéra de Quat'sous

Comédie musicale la plus célèbre écrite pour le texte par Bertolt Brecht et pour la musique par Kurt Weill, qui s’inspire ici de la plupart des grands genres de la musique populaire de l’époque, "L’Opéra de quat’sous", représentée pour la première fois à Berlin en 1928, met en scène mendiants, voleurs et prostituées. Lars von Trier s’est inspiré de la chanson « La Fiancée du pirate » et plus largement des théories du dramaturge concernant la distanciation et la stylisation antinaturaliste de ses fables sur la société capitaliste pour son film profondément théâtral, "Dogville". On peut également déceler l’influence de Brecht et Weill dans la comédie musicale "Dancer in the Dark".

Manifestes du Surréalisme

Les deux "Manifestes du Surréalisme" rédigés en 1924, puis en 1930 par André Breton sont des textes fondateurs de la modernité littéraire et artistique en général. Lars von Trier y a puisé son goût pour la forme du manifeste. Le plus célèbre est Dogme95, mais le cinéaste danois n’a cessé d’en rédiger tout au long de sa carrière, et notamment à ses débuts. Cette inclination pour ce genre de textes met également en évidence son intérêt pour les défis conceptuels, les contraintes fécondes et les groupes d’artistes. Dans le même ordre d’idée, il se dit également influencé par la Nouvelle Vague française.

Peinture et Photographie

La peinture est une source d’inspiration importante pour Lars von Trier, comme en témoigne la présence des tableaux de l’artiste danois Per Kirkeby à chacune des têtes de chapitre de "Breaking the Waves". Nourri par l’œuvre d’Edvard Munch, directement influencé dans "Melancholia" par les toiles du peintre romantique Caspar David Friedrich, Lars von Trier se nourrit de tous les arts visuels, y compris la photographie.

Chasseurs dans la neige

Ce célèbre tableau peint par l’artiste flamand Pieter Brueghel en 1565 est visible au Kunsthistorisches Museum de Vienne. Il représente « décembre » dans le grand cycle des mois (ou des saisons) qui met en scène, en une série de plusieurs tableaux, la marche du monde selon les lois de la nature. C’est sans doute en raison de cette thématique cosmique que la toile est filmée d’une manière insistante dans "Melancholia" où précisément les êtres sont soumis à la puissance terrassante de la Nature. À noter que ce tableau figure déjà dans "Solaris" d’Andreï Tarkovski.

American Pictures

Ce grand livre de photos publié pour la première fois en 1978 est devenu un classique de la photo documentaire. L’auteur en est Jacob Holdt, photographe d’origine danoise, qui se retrouve aux États-Unis en 1972 après avoir fui le Danemark en raison de son activisme d’extrême gauche. Il parcourt le pays en auto-stop et se met à photographier les marginaux, notamment la communauté noire. Lars von Trier, qui n’a jamais mis les pieds aux États-Unis et qui a pourtant réalisé trois films dont l’action se situe là-bas, montre des photos de Jacob Holdt dans "Dogville" et s’inspire de son travail pour "Manderlay" qui met en scène une communauté d’anciens esclaves noirs.

Un Cinéaste Musicien

Son utilisation obsessionnelle du prélude de Tristan et Isolde de Wagner dans "Melancholia", ses digressions sur les rapports entre la polyphonie amoureuse et Jean-Sébastien Bach, son usage des standards pop dans "Breaking the Waves" montrent que Lars von Trier est un cinéaste profondément musicien. C’est sans doute pour cela qu’il aime faire tourner les chanteuses ou même qu’il a fini par réaliser une comédie musicale.

IRM

En trois films – "Antichrist, Melancholia et Nymphomaniac" – Charlotte Gainsbourg est devenue l’actrice fétiche de Lars von Trier, grand directeur d’actrices. En parallèle à une carrière d’actrice bien remplie, elle publie de loin en loin un album de chansons. Le dernier en date, IRM, est son plus réussi, grâce notamment à Beck, devenu pour l’occasion le producteur et le mentor pop de l’actrice-chanteuse. Pour la bande son de "Nymphomaniac, Volume II", le duo récidive avec une reprise envoûtante de « Hey Joe », la fameuse chanson de Jimi Hendrix, qui a donné son prénom au personnage interprété par Charlotte Gainsbourg dans le dernier film de Lars von Trier.

  CD
IRM
Auteur: Gainsbourg, Charlotte (1971-....)
Edition: Because Music

Selmasongs

De la bande originale de la comédie musicale de Lars von Trier, "Dancer in the Dark", Björk a tiré un album à part entière, intitulé "Selmasongs" d’après le nom du personnage que la chanteuse interprète dans le film. Légèrement en marge de sa discographie, c’est pourtant un des meilleurs disques de la musicienne islandaise dominé notamment par son magnifique duo avec Thom Yorke, « I’ve seen it all ». Par ailleurs, Björk obtint le prix d’interprétation féminine au festival de Cannes 2000 pour sa première et, jusqu’à nouvel ordre, seule et unique prestation d’actrice au cinéma.

  CD
Selma songs
Auteur: Björk (1965-....)
Edition: Barclay

L'Opéra de Quat'sous

Comédie musicale la plus célèbre écrite pour le texte par Bertolt Brecht et pour la musique par Kurt Weill, qui s’inspire ici de la plupart des grands genres de la musique populaire de l’époque, "L’Opéra de quat’sous", représentée pour la première fois à Berlin en 1928, met en scène mendiants, voleurs et prostituées. Lars von Trier s’est inspiré de la chanson « La Fiancée du pirate » et plus largement des théories du dramaturge concernant la distanciation et la stylisation antinaturaliste de ses fables sur la société capitaliste pour son film profondément théâtral, "Dogville". On peut également déceler l’influence de Brecht et Weill dans la comédie musicale "Dancer in the Dark".

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