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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Greenwich Village

5 thèmes | 17 oeuvres
"Inside Llewyn Davis", le nouveau film des frères Coen, est une superbe évocation du Greenwich Village du début des années soixante, alors l’épicentre de la bohème new-yorkaise, voire américaine… En racontant une semaine de la vie d’un chanteur folk très doué mais qui n’arrive pas à percer, ce film juste et touchant, Grand Prix du jury à Cannes 2013, est aussi une réflexion sur les rapports compliqués entre talent et succès, art et commerce. Llewyn Davis est un personnage fictif mais emblématique, représentatif de nombreux protagonistes réels de ce « mouvement folk » que Bob Dylan va bientôt faire connaître au monde entier, puis dépasser et enfin balayer en se tournant vers le rock’n’roll...

« Folk » ne veut rien dire… Si ce n’est musique traditionnelle populaire. En fait, ce fameux folk puisait dans divers genres de musiques américaines nés des décennies plus tôt : le blues (c’est grâce au mouvement folk que de nombreux vieux bluesmen noirs oubliés purent remonter sur scène, enregistrer et gagner enfin quelques dollars), les chants de travailleurs, la country, le bluegrass... Comme le prouve le répertoire extrêmement varié des disques folk enregistrés à l’époque.

O’Brother

Cette relecture burlesque de l’"Odyssée" d’Homère située dans le Mississippi des années trente est une sorte de comédie musicale à base de vieilles chansons traditionnelles américaines folk, bluegrass, blues et country. Le film fut un immense succès, tout comme sa bande originale, produite par T-Bone Burnett – qui entamait là une collaboration avec les frères Coen, poursuivie aujourd’hui avec "Inside Llewyn Davis" –, dont le CD s’est vendu à huit millions d’exemplaires et a remporté le Grammy de l’Album de l’année en 2002, suscitant un étonnant regain d’intérêt pour la musique populaire américaine du passé.

En route pour la gloire

Sans Woody Guthrie, il n’y aurait probablement pas eu de « renouveau du folk » à la fin des années cinquante. Ce chanteur, activiste politique et grand baroudeur fut le chroniqueur musical de la Grande Dépression des années trente, bourlinguant à travers tous les États-Unis, de son Oklahoma natal à la Californie, avant d’atterrir à New York, où il devint le mentor d’une nouvelle génération de chanteurs folk, et notamment de Bob Dylan qui lui vouait un véritable culte. Son autobiographie, "En route pour la gloire", publiée en 1943, sera portée à l’écran en 1976 avec succès par l’excellent réalisateur Hal Ashby ("Harold et Maude", "Shampoo").

The Harrow and the Harvest

C’est T-Bone Burnett, ex-musicien de Bob Dylan et fidèle collaborateur des frères Coen, qui a découvert Gillian Welch en 1995 à Nashville, et produit les deux premiers albums de cette chanteuse folk ancrée dans la tradition bluegrass. C’est ainsi que deux de ses titres sont apparus sur la BO d’"O'Brother" en 2000. Une véritable mise sur orbite planétaire pour cette digne héritière d’Emmylou Harris et de Joan Baez – qui ont toutes deux repris ses chansons. Son dernier album, "The Harrow and the Harvest", le premier depuis huit ans, a été accueilli comme l’un des tout meilleurs de l’année 2011, toutes catégories confondues.

Greenwich Village

Ce quartier de New York, emblématique de la bohème de l’après-guerre, a vu naître la Beat Generation de Jack Kerouac, Allen Ginsberg et William Burroughs, puis le mouvement folk, qui en était une sorte de prolongation musicale. Ce qui est aujourd’hui un repaire de bobos richissimes n’était alors qu’un quartier aux loyers abordables où se réfugiaient les artistes sans le sou, truffé d’innombrables cafés fréquentés par une jeunesse encore modérément hirsute où se réunissaient poètes, chanteurs, peintres et comédiens aux ambitions modestes, dans une explosion de créativité bon enfant. Puis Bob Dylan a débarqué...

Meurtre à Greenwich Village

Kinky Friedman est un cas. Il a bâti sa carrière de chanteur country folk en exploitant son personnage apparemment absurde de cowboy texan juif (son groupe s’appelle les Texas Jewboys). Cet ami de Bob Dylan – il a participé à sa Rolling Thunder Review – manie ainsi l’humour juif dans des chansons typiquement country (un genre a priori connu pour son racisme latent). Devenu écrivain de polars, il se met en scène sous les traits d’un chanteur-détective dans des romans hilarants où la musique est bien évidemment très présente, comme dans cette irrésistible enquête se déroulant à Greenwich Village.

The Freewheelin’

Le deuxième album de Bob Dylan sera celui du début de son immense succès mondial, avec des chansons devenues des classiques comme « Blowin’ in the Wind », « Masters of War », « A Hard Rain’s a-Gonna Fall » ou « Don’t Think Twice, It’s All Right ». Il symbolise l’apogée du mouvement folk contestataire, dont Dylan s’éloignera bientôt, peu désireux d’assumer le rôle de leader de sa génération. Prophétique, sa pochette offre un Dylan intime et amoureux, magnifique image emblématique qui inspirera à elle seule, cinquante ans plus tard, toute l’atmosphère visuelle d’"Inside Llewyn Davis".

Le temps des possibles

Greenwich Village, les années 1960 Suze Rotolo fut la compagne et la muse de Dylan à ses débuts, immortalisée aux côtés de l’idole dans une rue de Greenwich Village, sur la photo mythique de son deuxième album, une image qui a fait rêver des générations entières de fans et d’amoureux. Plus de quarante ans après, peu de temps avant sa disparition, elle publie ses mémoires, où il est question de Dylan, bien sûr, mais aussi de son engagement politique à elle – auquel elle initia le jeune chanteur – et du mouvement folk. Un témoignage de première main – sans aucune des arrière-pensées mercantiles ou revanchardes qui animent souvent ce genre de projet – profondément sincère et émouvant.

L’importance de l’écrit

Les écrivains et poètes new-yorkais, notamment ceux de la Beat Generation, ont énormément influencé les artistes du mouvement folk. Dylan, en particulier, est devenu l’ami d’Allen Ginsberg et n’a jamais caché ce que sa prose, devenue de plus en plus libre, lui devait. À leur tour, de nombreux chanteurs folk ont sauté le pas, passant de l’écriture de chansons – souvent fleuves – à celle de poèmes, romans ou mémoires où l’on retrouvait leur humanisme, leur humour ou leur engagement politique.

Les Sonnets

Ted Berrigan a été l’un des poètes new-yorkais les plus en vue des années soixante et soixante-dix. N’appartenant à aucun mouvement, il était d’une certaine façon un successeur des poètes beat comme Jack Kerouac et Allen Ginsberg, qui étaient plus représentatifs du New York de l’immédiat après-guerre, et un précurseur des auteurs punk, comme Patti Smith et Richard Hell, dont il était l’ami. Les sonnets de cette figure mythique de l’East Village des sixties sont de véritables perles évoquant de façon saisissante le New York de cette époque aujourd’hui mythique.

Meurtre à Greenwich Village

Kinky Friedman est un cas. Il a bâti sa carrière de chanteur country folk en exploitant son personnage apparemment absurde de cowboy texan juif (son groupe s’appelle les Texas Jewboys). Cet ami de Bob Dylan – il a participé à sa Rolling Thunder Review – manie ainsi l’humour juif dans des chansons typiquement country (un genre a priori connu pour son racisme latent). Devenu écrivain de polars, il se met en scène sous les traits d’un chanteur-détective dans des romans hilarants où la musique est bien évidemment très présente, comme dans cette irrésistible enquête se déroulant à Greenwich Village.

Chroniques (Tome I)

Le premier volume des Mémoires de Bob Dylan est absolument passionnant. Connaissant le personnage, on se doutait bien qu’il ne s’agirait pas d’une autobiographie classique. Il n’est effectivement ici pas question de suivre une chronologie précise, ça part dans tous les sens et on saute bien souvent du coq à l’âne. Mais on est surpris par l’humilité et la simplicité de Dylan écrivain, notamment quand il évoque son arrivée à New York, son immersion dans le mouvement folk et son admiration pour nombre de ses aînés. Loin de la star qu’il est devenu à son corps défendant, on découvre un homme profondément épris de musique, hier comme aujourd’hui.

Manhattan Folk Story

Devenu l’ami de Bob Dylan dès son arrivée à New York, Dave Van Ronk a beaucoup aidé le jeune prodige, lui a appris de nombreuses chansons (dont « The House of the Rising Sun ») et a assisté à son explosion… en restant dans l’ombre, sans amertume. Son autobiographie, "Manhattan Folk Story", qui sort en France au même moment qu’"Inside Llewyn Davis", a largement inspiré l’écriture du scénario de ce film, conférant ainsi à Van Ronk une sorte de gloire posthume, par fiction interposée...

L’underground new-yorkais au cinéma

Au XXième siècle, on dirait que tous les films tournés à New York se passent sur Park Avenue ou à Wall Street, dans des rédactions de magazine de mode ou des hauts lieux de la finance... La ville a bien changé : dans les années soixante et soixante-dix, elle était en proie à une grave crise financière, totalement appauvrie, des quartiers entiers laissés à l’abandon... et donc peuplée d’artistes sans le sou, de marginaux de tous poils, drogués, fugueurs ou petits malfrats. Un certain cinéma s’était alors emparé de cet univers poisseux, donnant naissance à quelques chefs-d’œuvre comme on n’en fait plus...

Macadam Cowboy

L’histoire de ce péquenaud texan (Jon Voight, magnifique de naïveté) débarquant dans la « Grosse Pomme » pour y faire le gigolo est – entre autre – un des plus beaux films jamais tourné sur New York et son univers interlope. Outre le jeu des acteurs – Dustin Hoffman, pathétique et sublime – et les images, époustouflantes, la musique est pour beaucoup dans l’incroyable succès de ce film (qui fut classé X et remporta néanmoins trois Oscars, dont celui du meilleur film, du jamais vu !), notamment la superbe chanson interprétée par Harry Nilsson, « Everybody’s Talking », due à la plume de Fred Neil, l’un des mentors de Bob Dylan lors de son arrivée à New York. Dylan à qui, justement, on avait commandé la chanson du film, avait écrit « Lay Lady Lay », mais l’avait livrée trop tard pour qu’elle figure au générique...

Panique à Needle Park

Jerry Schatzberg a commencé sa carrière comme photographe de mode, puis de l’"underground" new-yorkais (notamment dans l’entourage d’Andy Warhol), avant de devenir le portraitiste attitré de Bob Dylan pendant plus de deux ans – on lui doit entre autre la célèbre photo de pochette de "Blonde on Blonde". Devenu réalisateur, il tourne ce chef-d’œuvre – son deuxième film – dans l’univers des drogués new-yorkais avec un magistral Al Pacino, dont c’est la première apparition à l’écran ! Une sorte de cinéma vérité montrant New York comme on ne l’avait jamais vu, le tout sans une seule note de musique...

Shadows

Tourné dans les rues de New York – principalement à Greenwich Village – à la fin des années cinquante, le premier film de John Cassavetes suit une bande de jeunes marginaux de bar en bar, sur une musique de Charles Mingus. Contemporain de la nouvelle vague, filmé en noir et blanc et faisant appel à l’improvisation, ce long métrage a fait date dans l’histoire du cinéma américain en révolutionnant tous ses critères esthétiques.

Lenny

Humoriste caustique ayant débuté dans les années cinquante dans le circuit des cabarets new-yorkais, Lenny Bruce fut en butte à la censure d’une époque extrêmement bien pensante. Arrêté à de nombreuses reprises pour obscénité, il symbolisa à bien des égards la contestation des années soixante. Maniant le verbe avec un sens de l’improvisation et une liberté touchant au génie, il est aujourd’hui considéré comme l’un des inventeurs du "stand-up". Dans le film de Bob Fosse, Dustin Hoffman campe avec classe ce personnage hors du commun, dont Bob Dylan a dit : « J’ai pris un taxi avec lui une fois, sur deux kilomètres. Ça m’a semblé durer deux mois. »

Renouveau du folk, avant Dylan

i Bob Dylan incarne encore aujourd’hui – bien malgré lui – le chanteur folk contestataire puisant à la source de la musique traditionnelle américaine, l’un des nombreux mérites d’"Inside Llewyn Davis" est de nous rappeler qu’il n’a été ni le premier, ni (pour certains) le meilleur du genre. À la fin des années cinquante, venus de partout, des dizaines de chanteurs folk talentueux convergèrent vers New York pour y exercer leur art. Beaucoup n’obtinrent qu’une reconnaissance éphémère, par manque d’ambition, d’opiniâtreté, de chance ou de caractère, parce qu’ils n’avaient pas le bon look où n’étaient pas au bon endroit au bon moment. Dylan avait tout…

En route pour la gloire

Sans Woody Guthrie, il n’y aurait probablement pas eu de « renouveau du folk » à la fin des années cinquante. Ce chanteur, activiste politique et grand baroudeur fut le chroniqueur musical de la Grande Dépression des années trente, bourlinguant à travers tous les États-Unis, de son Oklahoma natal à la Californie, avant d’atterrir à New York, où il devint le mentor d’une nouvelle génération de chanteurs folk, et notamment de Bob Dylan qui lui vouait un véritable culte. Son autobiographie, "En route pour la gloire", publiée en 1943, sera portée à l’écran en 1976 avec succès par l’excellent réalisateur Hal Ashby ("Harold et Maude", "Shampoo").

Inside Dave Van Ronk

Dave Van Ronk était, avant l’arrivée de Dylan à New York en 1961, l’un des meilleurs chanteurs de folk de la ville, spécialisé dans l’interprétation de vieilles chansons traditionnelles et de blues – il était d’ailleurs l’un des rares blancs à pouvoir chanter ce style de musique sans jamais être ridicule. Son meilleur album a tout simplement inspiré le titre du film des frères Coen ainsi que la pochette du disque fictif de Llewyn Davis, clin d’œil et hommage à ce géant méconnu du folk new-yorkais.

Echoes of my Mind

Avant l’arrivée de Dylan, Fred Neil était une sorte de parrain de la scène folk new-yorkaise. Doté d’une voix grave absolument somptueuse, d’un immense talent d’auteur de chansons et d’une aversion totale pour le show-business, Neil n’a eu qu’une carrière très courte et confidentielle – il s’est retiré en Floride dès la fin des années soixante pour... étudier les dauphins, l’autre grande passion de sa vie. Mais il a atteint une sorte d’immortalité grâce à ses œuvres, reprises par les plus grands : Harry Nilsson (« Everybody’s Talking »), Tim Hardin (« Blues on the Ceiling »), Tim Buckley (« Dolphins ») ou Jefferson Airplane (« The Other Side of This Life »).

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