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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Mohamed Ali

6 thèmes | 21 oeuvres
Mohamed Ali vient de disparaître à l’âge de 74 ans. Certains personnages ne deviennent pas par hasard la référence absolue dans leur domaine : il est difficile de contourner Picasso en peinture, Einstein en physique, Pelé en football ou les Beatles en musique populaire. Ali fait partie de ce club-là. Bien sûr, il y a d'autres boxeurs brillants dans l'histoire. Mais Ali, c'est autre chose. Une icône, et surtout un continent susceptible de passionner même si l'on se moque de la boxe. Pour ce que son parcours dit de son pays et de son époque- à l’heure des célébrations du discours de Martin Luther King -, et pour les œuvres qu'il a inspirées aux artistes de son temps.

Coulisses et Perdants

Morts sur le ring, victimes de leurs mauvaises fréquentations ou de leurs managers, retournés dans l'ombre aussi vite qu'ils avaient brillé, les boxeurs ont rarement des carrières linéaires et limpides. «L'après», plus encore que dans d'autres sports, est souvent pour eux synonyme de déchéance et de disparition rapide. A ce titre aussi, Mohamed Ali désormais populaire, respecté et réhabilité, fait exception.

Desire

Les destins de boxeurs, véritables concentrés des tensions raciales et sociales agitant les Etats-Unis, ont toujours inspiré la musique folk et le blues. Héritier de cette tradition, Bob Dylan s'y est essayé deux mémorables fois. En 1963, le jeune protest singer demande «Who killed Davey Moore», ce champion du monde poids plume mort sur le ring en défendant son titre. En 1976, surtout, il consacre un long (8 mn 33s) tube à l'emprisonnement de Robin «Hurricane» Carter, un poids moyen condamné deux fois (1967 et 1976) pour un triple meurtre. Le chanteur ira jusqu'à organiser des concerts de soutien. Carter sera libéré en 1985 et bénéficiera d'un non-lieu trois ans plus tard.

Panama Al Brown, 1092-1951

Pour un Ali, combien de boxeurs retournés dans l'ombre ? Exemple avec ce poids coqs panaméen, premier champion du monde hispanique de l'histoire en 1929. Il fût, comme l'Américain Jack Johnson, une figure du Paris de l'entre-deux-guerres et un protégé de Jean Cocteau. Signée d'un peintre espagnol antifranquiste lui-même exilé à Paris dès 1958, cette biographie fouillée et revue en 1998 débute par une enquête dans la ville natale du boxeur (Colon, à l'entrée du canal de Panama) pour se terminer à New York, où Brown meurt tuberculeux, alcoolique et oublié.

Night Train

Celui qu'Ali le surnommait «le gros ours moche» ne détonne pas parmi les personnages sulfureux que l'écrivain américain Nick Tosches affectionne. D'âge inconnu, alcoolique, ex taulard lié à la mafia, Sonny Liston se hisse, à la force de son punch, jusqu'au titre de champion du monde poids lourd en 1962. Deux ans plus tard, le jeune Cassius Clay, tout en jambes, esquive, allonge et éloquence le force à abandonner au 7e round. L'année suivante, Liston perd sa revanche en deux minutes et retourne à son sort crépusculaire : overdose ou règlement de comptes, même les circonstances de sa mort, en 1971, sont mystérieuses.

Dance to the music

Derrière ses fanfaronnades, on en oublierait presque qu’Ali à révolutionner son sport et la catégorie des poids lourds en particulier. Pas en tapant plus fort que les autres, mais en se déplaçant comme un poids léger. Parfois, il donnait littéralement l’impression de glisser sur le ring. À le regarder boxer encore aujourd’hui, on jurerait qu’il a réglé ses pas sur le funk balancé par les James, Issac Hayes et consort.

Say it Loud – I’m Black and I’m Proud

Fascinés par son jeu de jambes, des entraîneurs imaginaient le jeune Brown en as des rings. Une blessure en décida autrement, mais il garda des tics de boxeur : KO mimés sur scène, peignoirs de satin à son nom, autopromotion permanente digne des rodomontades d'Ali. Le «Godfather of Soul» sera ainsi dans son élément, en 1974, en tête d'affiche du festival qui accompagna le combat Ali-Foreman au Zaïre. D'habitude plus soucieux de ses affaires que des droits civiques, Brown compose pourtant fin 1968 cet ode à la fierté noire, sous une forme «appel/réponse» idéale pour les manifs. Si même Brown l'individualiste s'en mêle, c'est bien que, malgré la loi sur les droits civiques de 1964, rien n'est alors réglé pour les Noirs américains...

Wattstax

Los Angeles, août 1972 : 100 000 personnes assistent au festival du label de soul Stax pour l'anniversaire des émeutes du ghetto de Watts (1965). Pas une peau blanche en vue : Wattstax, réponse noire à Woodstock, est à la fois un événement musical (formidables shows des Staple Singers, de Rufus Thomas, d'Isaac Hayes), politique (le Révérend Jesse Jackson scandant le poème antiesclavagiste «I am somebody») et l'acte de naissance d'un business noir.

Music for the new millenium sampler

Ce compositeur et saxophoniste américain est surtout connu pour avoir produit les albums de Miles Davis à partir du célèbre «Kind of Blue» (1959) et jusqu'au début des années 80. On dit même que «A Tribute to Jack Johnson», l'hommage au boxeur (1970), est plus son œuvre que celle du musicien... Ce disque s'ouvre ainsi sur la voix de Mohamed Ali prononçant sa fameuse description de son propre style, «Float like a butterfly, sting like a bee» (Vole comme un papillon, pique comme une abeille). La bande-son de cette sélection.

Le combat

La carrière de Mohamed Ali est indissociable du combat contre la ségrégation raciale et pour les droits civiques. Il le fît à sa manière tonitruante, en rejoignant dès 1964 les rangs des activistes musulmans de la «Nation of Islam», bien plus radicaux que les compagnons de Martin Luther King. Chose encore plus exceptionnelle dans le milieu conservateur du sport, ses prises de position, bien que mettant sa carrière en péril, n'en signèrent pas la fin. Les athlètes noirs qui avaient manifesté aux JO de 1968, eux, ne s'en sont professionnellement jamais remis...

Muhammad Ali the Greatest

Ce documentaire, signé par le célèbre photographe après la victoire d'Ali sur Foreman au Zaïre à l'automne 1974, est en fait un montage par ses soins de deux films distincts, l'un racontant ce célèbre combat en terre africaine, l'autre, réalisé 10 ans plus tôt, s'attachant à l'ascension du jeune Cassius Clay vers son premier titre mondial. Plus qu'au boxeur (il y a peu de scènes de combat), Klein s'intéresse ici au personnage médiatique et politique, qui entre les deux dates a rejoint le groupe radical américain Nation of Islam et a refusé de combattre au Vietnam, au risque de sacrifier sa carrière.

Nous les nègres

Psychologue et célèbre militant des droits civiques, Kenneth Clarke réalise en 1963 ces entretiens télévisés, aussitôt transcrits en français, avec trois figures du mouvement noir. On connaît l'opposition entre le non-violent Martin Luther King et Malcom X, dirigeant de la Nation of Islam (Cassius Clay devient Mohamed Ali en y adhérant en 1964), partisan du séparatisme noir assumant la violence. Le romancier James Baldwin met de la finesse dans ce choc de titans : installé à Paris en 1948 pour fuir l'intolérance américaine (il était homosexuel), l'écrivain, juge Albert Memmi dans l'introduction, se montre «déchiré, intelligent et passionné, comprend tout et pardonne beaucoup.» Indispensable pour se replonger dans les enjeux et les contradictions de ces années-là.

Le Combat du siècle

«Ali prouve que la boxe est l'un des beaux arts du XXème siècle», écrit Norman Mailer dans ce récit du Championnat du monde contre le tenant du titre George Foreman, au Zaïre, en 1974. «Mailer prouve qu'écrire sur le sport en est un aussi», ajouta un critique américain. Célèbre à 25 ans dès son premier livre, «Les Nus et les morts» (1948), l'auteur a donné jusqu'à sa mort en 2007 dans la fiction, l'essai, le journalisme ou la biographie. Mais le ring fût sa vraie passion. Son récit de la préparation des champions et du combat se situe au plus près de l'événement et de ses acteurs. Mais il est aussi très personnel : comme le suggère le titre original («The Fight» : «Le Combat»), la boxe était pour Mailer une métaphore de l'écriture.

Le Chemin de l'Amérique

Un boxeur, une guerre coloniale : ce pourrait être l'histoire de Mohamed Ali, refusant d'aller combattre au Vietnam en 1966, au prix de 5 ans d'interdiction de ring. Mais cette BD de Baru, pionnier français du roman graphique, raconte celle de Saïd Boudiaf, boxeur algérien des années 50 pris entre sa quête du titre mondial et les «événements». Fictif, le récit s'inspire de la vie de Chérif Hamia, champion d'Europe poids plume 1957 et archi favori pour le titre mondial contre le Nigérian Hogan Bassey, un combat pourtant inexplicablement perdu. Les indépendantistes algériens du FLN lui auraient demandé de se coucher afin de ne pas rapporter un trophée à la France...

Le Mythe

Il faut plus qu'un palmarès (champion olympique et trois fois champion du monde) pour laisser une marque pareille sur son sport et son époque. Mohamed Ali, c'est d'abord une boxe virevoltante, riche en coups de théâtre qu'un Norman Mailer appréciait en connaisseur des ressorts dramatiques. Ali, c'est aussi une présence hors des rings exceptionnelle, véritable robinet à citations («On ne peut pas être modeste quand on est ce que je suis»). Ce soir de 1964 où il ravit le titre mondial à Sonny Liston, la boxe a changé de visage.

Le Combat du siècle

«Ali prouve que la boxe est l'un des beaux arts du XXème siècle», écrit Norman Mailer dans ce récit du Championnat du monde contre le tenant du titre George Foreman, au Zaïre, en 1974. «Mailer prouve qu'écrire sur le sport en est un aussi», ajouta un critique américain. Célèbre à 25 ans dès son premier livre, «Les Nus et les morts» (1948), l'auteur a donné jusqu'à sa mort en 2007 dans la fiction, l'essai, le journalisme ou la biographie. Mais le ring fût sa vraie passion. Son récit de la préparation des champions et du combat se situe au plus près de l'événement et de ses acteurs. Mais il est aussi très personnel : comme le suggère le titre original («The Fight» : «Le Combat»), la boxe était pour Mailer une métaphore de l'écriture.

Night Train

Celui qu'Ali le surnommait «le gros ours moche» ne détonne pas parmi les personnages sulfureux que l'écrivain américain Nick Tosches affectionne. D'âge inconnu, alcoolique, ex taulard lié à la mafia, Sonny Liston se hisse, à la force de son punch, jusqu'au titre de champion du monde poids lourd en 1962. Deux ans plus tard, le jeune Cassius Clay, tout en jambes, esquive, allonge et éloquence le force à abandonner au 7e round. L'année suivante, Liston perd sa revanche en deux minutes et retourne à son sort crépusculaire : overdose ou règlement de comptes, même les circonstances de sa mort, en 1971, sont mystérieuses.

Andy Warhol Portraits

En 1978, le riche banquier d'affaires new yorkais Richard Weisman, soumet à l'artiste une liste de 10 champions dont il commande les portraits. Mais l'affaire démarre mal : à une époque où les rois des terrains ne savent guère gérer leur image, Pelé, Kareem Abdul-Jabbar ou O.J. Simpson ne voient pas l'intérêt. Jusqu'à ce qu’Ali, accepte avec enthousiasme : «Les Blancs vont payer 25 000 dollars pour mon image ! Moi, le petit nègre du Kentucky !» Son accord emporte celui des autres vedettes, mais aux dernières nouvelles, son portrait reste le plus cher des dix – il y a quelques années, un exemplaire est parti pour plus de 9 millions de dollars chez Christie's.

Noble Art

Quel autre sport peut se targuer d'avoir inspiré Guillaume Apollinaire et Andy Warhol, Miles Davis, Bob Dylan, des écrivains pré-surréalistes comme des essayistes contemporains ? Même pas le cyclisme, qui a pourtant ses plumes, et certainement pas le football, malgré son écrasante popularité. Concentré de tensions sociales et raciales, mise en scène des corps, la boxe a toujours attiré les artistes. Et Mohamed Ali, militant de son époque, artiste des rings et figure médiatique flamboyante, plus qu'aucun de ses rivaux.

Ring noir

Quand Apollinaire, Cendrars et Picabia découvraient les boxeurs nègres. Il y a exactement un siècle, le 10 juillet 1913, Jack Johnson, premier Noir champion du monde poids lourds, arrive à Paris. Prototype du sportif médiatique à la Mohamed Ali, il vient pourtant en réprouvé. Chez lui, le boxeur américain (1878-1946) risque la prison pour avoir épousé une Blanche. Comme plus tard Miles Davis, qui lui consacra «A Tribute to Jack Johnson» (1970), il découvre qu'ici une célébrité noire peut courtiser les Européennes et se faire adopter par la communauté artistique. A son retour aux Etats-Unis, en 1920, il purge sa peine, puis vit d'exhibitions jusqu'à sa mort accidentelle. Pendant sa parenthèse européenne, il aura été la star de l'avant-garde parisienne.

Music for the new millenium sampler

Ce compositeur et saxophoniste américain est surtout connu pour avoir produit les albums de Miles Davis à partir du célèbre «Kind of Blue» (1959) et jusqu'au début des années 80. On dit même que «A Tribute to Jack Johnson», l'hommage au boxeur (1970), est plus son œuvre que celle du musicien... Ce disque s'ouvre ainsi sur la voix de Mohamed Ali prononçant sa fameuse description de son propre style, «Float like a butterfly, sting like a bee» (Vole comme un papillon, pique comme une abeille). La bande-son de cette sélection.

Andy Warhol Portraits

En 1978, le riche banquier d'affaires new yorkais Richard Weisman, soumet à l'artiste une liste de 10 champions dont il commande les portraits. Mais l'affaire démarre mal : à une époque où les rois des terrains ne savent guère gérer leur image, Pelé, Kareem Abdul-Jabbar ou O.J. Simpson ne voient pas l'intérêt. Jusqu'à ce qu’Ali, accepte avec enthousiasme : «Les Blancs vont payer 25 000 dollars pour mon image ! Moi, le petit nègre du Kentucky !» Son accord emporte celui des autres vedettes, mais aux dernières nouvelles, son portrait reste le plus cher des dix – il y a quelques années, un exemplaire est parti pour plus de 9 millions de dollars chez Christie's.

L'Art est un sport de combat

Cet ouvrage, publié en marge de l'exposition éponyme tenue en 2011 au musée des beaux-arts de Calais, va un cran plus loin dans la comparaison entre le noble art et l'art tout court. En rappelant que nombre de créateurs ont pratiqué les sports de combat (l'écrivain précurseur du surréalisme Arthur Cravan sur les rings, le peintre Yves Klein sur les tatamis...). En se penchant sur le sort des boxeuses, dont l'existence même est une hérésie pour bien des amateurs (à commencer par Ali, qui a vu d'un mauvais œil sa propre fille se lancer sur les rings). Curieux, mais stimulant pour qui perçoit dans la boxe bien plus que du muscle et de la sueur.

Yes we can !

Aux Etats-Unis, la boxe a longtemps été ce sport où deux Noirs se battent au profit d'une poignée de blancs. Une exploitation comparable à celle des musiciens. Dans cette industrie, le combat pour les droits civiques des années 60 et 70 s'est doublé d'une lutte pour le respect des contrats et le paiement des royalties... Mohamed Ali a gardé le contrôle des droits sur son image et une fortune estimée à 90 millions de dollars. Peu de vedettes des rings de sa génération peuvent en dire autant.

Say it Loud – I’m Black and I’m Proud

Fascinés par son jeu de jambes, des entraîneurs imaginaient le jeune Brown en as des rings. Une blessure en décida autrement, mais il garda des tics de boxeur : KO mimés sur scène, peignoirs de satin à son nom, autopromotion permanente digne des rodomontades d'Ali. Le «Godfather of Soul» sera ainsi dans son élément, en 1974, en tête d'affiche du festival qui accompagna le combat Ali-Foreman au Zaïre. D'habitude plus soucieux de ses affaires que des droits civiques, Brown compose pourtant fin 1968 cet ode à la fierté noire, sous une forme «appel/réponse» idéale pour les manifs. Si même Brown l'individualiste s'en mêle, c'est bien que, malgré la loi sur les droits civiques de 1964, rien n'est alors réglé pour les Noirs américains...

Wattstax

Los Angeles, août 1972 : 100 000 personnes assistent au festival du label de soul Stax pour l'anniversaire des émeutes du ghetto de Watts (1965). Pas une peau blanche en vue : Wattstax, réponse noire à Woodstock, est à la fois un événement musical (formidables shows des Staple Singers, de Rufus Thomas, d'Isaac Hayes), politique (le Révérend Jesse Jackson scandant le poème antiesclavagiste «I am somebody») et l'acte de naissance d'un business noir.

We Insist ! Max Roach's Freedom Now Suite

L'année où Cassius Clay devient champion olympique à Rome, le batteur clé du bebop (il fût de la plupart des enregistrements de Charlie Parker entre 1944 et 1949) sort cet album conçu en vue du centenaire de la Proclamation d'émancipation, l'affranchissement des esclaves par Lincoln en 1863. Avec sa compagne Abbey Lincoln au chant et quelques invités dont Coleman Hawkins au sax tenor, il alterne moments apaisés et accès furieux pour réclamer «la liberté, tout de suite». Une décennie s'ouvre, les jours de la ségrégation sont comptés.

When We Were Kings

Tout est improbable dans cette histoire digne des plus grands récits mythologiques. Premièrement, personne n’accorde la moindre chance à l’ancien champion du monde Muhamed Ali face à la machine de destruction qu’est George Foreman. Et puis, ce combat est organisé au Zaïre (ancien Congo) par un promoteur encore inconnu, Don King, au cœur d’un pays dirigé par l'un des pires tyrans du moment. Comme si cela ne suffisait pas, pour faire de ce combat un show mondial, Don King organise un festival avec les stars de la soul music, James Brown en tête. Pour couronner le tout, la dramaturgie pugilistique du combat dépasse toutes les attentes. Le film de Leon Gast (Oscar du meilleur documentaire en 1997) montre tout cela et plus encore.

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