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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

La DEFA, l’autre cinéma allemand

4 thèmes | 11 oeuvres
Si l’histoire du cinéma est jalonnée des noms de réalisateurs allemands prestigieux - Murnau, Lubitsch, Fassbinder, Wenders, Fritz Lang,…-  on sait moins qu’après la guerre, dans l’Allemagne de l’Est alors sous tutelle soviétique, le studio de la DEFA (Deutsche Film Aktiengesellschaft) fut créé pour participer à la «consolidation du socialisme» en produisant plus de 700 films pour la plupart totalement ignorés à l’Ouest. Alors que la 69e Berlinale rendra son palmarès ce dimanche, et que sera célébré en novembre prochain le 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin, petit retour dans l’usine du "soft power" germano-soviéticus de l’époque.

Bâti sur les ruines

Berlin est encore en ruines que la DEFA tourne déjà son premier film antifasciste, "Les Assassins sont parmi nous. "Beaucoup de films plus ou moins de propagande abordèrent le thème du nazisme et de la dictature du "IIIe Reich". Les meilleurs sont "Nackt unter Wölfen (Nu parmi des loups) "et "Jakob der Lügner (Jacob le Menteur) "de Frank Beyer. On peut citer également certains films autobiographiques de Konrad Wolf dont "J’avais 19 ans ""(Ich war neunzehn)."

Les assassins sont parmi nous

"Les assassins sont parmi nous", le premier film allemand de l’après-guerre, fut produit par la DEFA. Un chirurgien allemand traumatisé par ses années de guerre retrouve, dans un Berlin en ruines, un ancien commandant nazi responsable de massacres. Le réalisateur Wolfgang Staudte voulait d’abord que le soldat se fasse justice en tuant le commandant. Mais les autorités soviétiques ont préféré une autre fin. Dès ce premier film, le regard du grand frère soviétique planait sur les productions de la DEFA. Pour autant 5 millions de spectateurs allemands verront le film. C'est également le premier film allemand qui fut distribué en France après la Seconde Guerre mondiale.

Jacob le Menteur

"Jacob le Menteur" est l’unique film de la DEFA nominé pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère (1977). L’histoire se déroule dans un ghetto juif polonais durant l’occupation nazie. Alors qu’il est détenu pour ne pas avoir respecté le couvre-feu, le vieux Jacob apprend l’arrivée imminente de l’Armée rouge et les succès des Alliés. Voulant redonner espoir à sa communauté, il prétend détenir un poste de radio et se met à inventer des nouvelles de leur progression. En 1999, Peter Kassovitz réalisa un remake de "Jacob le Menteur" avec Robin Williams dans le rôle-titre.

Solo Sunny

"Solo Sunny" est le dernier film réalisé par Konrad Wolf. Le film raconte le parcours d’Ingrid, une ouvrière, qui décide d’entamer une carrière de chanteuse sous le nom de Sunny, pour oublier la réalité de la vie en RDA et sa vie privée qui ne la satisfait pas. Fils de communistes allemands réfugiés à Moscou au moment de la montée du nazisme, puis engagé dans l’armée russe, Konrad Wolf a tiré de cette expérience son premier film" J’avais 19 ans. " Malgré cet engagement sans faille, Wolf sera également soumis à la censure. Son film "Sonnensucher "tourné en 1958 ne sera montré qu’en 1972.

DEFA International

Hors des frontières de l’URSS, à l’Ouest, les films de la DEFA furent largement ignorés, même en France malgré quelques coproductions fameuses. En revanche, de l’autre côté du mur, en Hongrie, Tchécoslovaquie ou en Pologne, les échanges entre pays socialistes étaient monnaie courante et quasiment obligatoires, ce qui permit à quelques vedettes d’atteindre le rang de star internationale. What else ?

Les Aventures de Till l'Espiègle

Il s’agit de l’unique film réalisé par Gérard Philipe… qui fut un échec en France (descendu en flammes par François Truffaut) mais un succès en RDA et même en RFA, ce qui reste très rare pour un film de la DEFA. En France, on mentionne rarement le rôle joué par la DEFA qui, entre 1956 et 1960, coproduira également avec des sociétés françaises "Les Sorcières de Salem" (avec Yves Montand et Simone Signoret) et "Les Misérables "(réalisé par Jean-Paul Le Chanois avec Jean Gabin).

Défunte DEFA : Histoire de l'autre cinéma allemand

Pendant plus de 40 ans, la DEFA - la compagnie cinématographique d'Allemagne de l'Est – a façonné le paysage culturel de la RDA et contribué à définir l'identité est-allemande fondée sur l'antifascisme et le socialisme. Dans cet ouvrage, Cyril Buffet et Françoise Puaux comblent la méconnaissance que nous avons du cinéma est-allemand qui ne fut pas seulement un outil de la propagande, mais qui a aussi engendré des œuvres et des auteurs à part entière à l’époque de la guerre froide.

Les stars de la DEFA

Même si la ligne officielle du parti rejetait le vedettariat, la DEFA a produit un cinéma populaire dont le succès reposait en partie sur des acteurs dont la notoriété n’avait rien à envier à celle des vedettes de l’Ouest. Malgré des conditions de vie privilégiées, la plupart des stars de La DEFA (Armin Mueller Stahl, Angelica Domröse, Winfried Glatzeder, Manfred Krug…) quittèrent le pays après 1978 pour partir s’installer à l’Ouest, chez « l’ennemi de classe ».

Night on Earth

Dans ce film culte de l’Américain Jim Jarmusch (d’origine tchèque), on sillonne les rues de cinq grandes capitales occidentales en compagnie de chauffeurs de taxi et leurs clients. A New York, le client est un ancien clown est-allemand interprété par Armin Mueller Stahl, la grande star allemande qui commença sa carrière dans des films de la DEFA, notamment dans "Jacob le Menteur" (également présent dans sa version américaine). Après avoir tourné avec Rainer Maria Fassbinder, il entame avec beaucoup de succès une carrière aux Etats-Unis jouant notamment dans les films de Barry Levinson, Costa-Gavras, David Cronenberg ou encore Steven Soderbergh.

Die Legende von Paul und Paula

"La Légende de Paul et Paula" est l’un des plus grands succès du cinéma est-allemand avec plus de trois millions d’entrées en salle. Cette « love story » réalisée par Heiner Carrow (une jeune femme qui élève seule ses deux enfants et un  jeune flic déjà marié s’aiment mais elle décèdera en donnant naissance à leur enfant) a su capter l’air du temps est-allemand comme peu de films à cette époque et devenir l’objet d’un véritable culte. La musique est des Puhdys, un groupe de rock vedette entre les Rolling Stones et les Bee Gees ; le morceau "Wenn ein Mensch lebt" fut un énorme tube.

Heißer Sommer

La DEFA a produit des films dans tous les genres : policier, drame, comique, film d’Indiens (le terme western était banni)… Dans les années 60, on y tourne même quelques comédies musicales comme ce road movie est-allemand au charme... certain. "Heißer Sommer", la chanson éponyme, a été l’un des grands tubes de la période. Tremble Jacques Demy !

Comrade Rockstar : The Search for Dean Reed

Dean Reed, chanteur et acteur américain passé à l’Est fut baptisé « l’Elvis Rouge ». Devenue une super star derrière le rideau de fer, il remplissait les stades en Union Soviétique et dans tous les pays satellites. Dans les années 70,  il s’installe à Berlin-Est et tourne dans les films de la DEFA, notamment dans les « films d’Indiens » dans lesquels les Indiens incarnent le peuple soumis par les impérialistes du XIXe siècle, les mauvais Américains. Marié à l’actrice Renate Blume, Dean Reed était très apprécié par le pouvoir communiste. Mais en 1986, il est retrouvé noyé dans un lac. Accident ou meurtre ? C.I.A., K.G.B. mari jaloux… ? Depuis plusieurs  années, Tom Hanks essaie de produire un biopic sur Dean Reed. Sans succès…

Miroir du quotidien en RDA

30 ans après la chute du mur, les films produits par la DEFA constituent un formidable trésor de renseignements sur la vie quotidienne en RDA. Certes les héros socialistes y étaient souvent glorifiés, mais certains réalisateurs ont su déjouer les règles de la censure pour faire un cinéma social pas toujours bien accueilli par le pouvoir en place…

Le Temps des rêves

"Le Temps des rêves" d’Andreas Dresen est une adaptation du best-seller allemand "Als wir traümten"" ""(""Quand on rêvait", Piranha éditions, 2015")" de Clemens Meyer. Quand le mur tombe, cinq copains d’un quartier de Leipzig plongent dans un monde où tout semble devenir possible. Ils ouvrent un club techno, règlent leurs comptes avec des skinheads néo-nazis, tombent amoureux, se fâchent…mais le réveil est brutal. Andreas Dresen, né en 1964, est l’un des rares réalisateurs allemands venus de RDA à faire une carrière internationale. Il a déjà présenté deux films  à Cannes "Septième Ciel," en 2008 et "Pour lui," en 2011.

Le temps des rêves
CVS
Le temps des rêves
Auteur: Dresen, Andreas (1963-....)
Edition: Blaq Out (prod.)

Oh Boy !

Niko réapparait après deux ans sans que ni le spectateur, ni les autres personnages du film ne sachent ce qu’il a fait pendant tout ce temps. On suit Niko pendant une journée et une nuit dans ses déambulations à travers Berlin et ses rencontres tantôt tragiques, tantôt comiques. Premier film de Jan Ole Gerster "Oh Boy ! "a été acclamé internationalement et montré en exemple du renouveau du cinéma allemand.

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