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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Le retour de La Religieuse

7 thèmes | 21 oeuvres
« Le XXIè siècle sera religieux ou ne sera pas. » Cette phrase que l’on prête à tort à André Malraux n’a jamais été aussi vraie. Entre best-sellers sur l’Opus Dei ("Le Nom de la rose" et "Da Vinci Code"), films populaires ("Les Dieux et les Hommes"), et héros médiatiques (Mère Teresa, l’abbé Pierre, jusqu’aux papes Jean-Paul II, Benoît XVI et aujourd’hui le pape François), l’Église et ses acteurs ne cessent d’occuper l’actualité. "La religieuse", dont Guillaume Nicloux vient de faire une nouvelle adaptation au cinéma, reste donc aujourd’hui une figure éminemment moderne. Et Diderot aussi !

Des siècles de censure

« Rien d'étonnant à ce que vous ne reconnaissiez plus ma voix quand je vous parle, à propos de l'interdiction de "Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot", d'assassinat. Non. Rien d'étonnant dans cette lâcheté profonde. Vous faites l'autruche avec vos mémoires intérieures. Comment donc pourriez-vous m'entendre, André Malraux, moi qui vous téléphone de l'extérieur, d'un pays lointain, la France libre ? » C’est le cinéaste Jean-Luc Godard qui parle en 1966, dans une lettre ouverte adressée au ministre de la « Kultur » [sic] et plaide la cause du film de Jacques Rivette menacé d’interdit. Signe des temps, au moment de cette lutte contre la censure, Truffaut tourne à Londres "Fahrenheit 451", « température à laquelle brûlent les livres » ...

La religieuse

Quand Jacques Rivette, étendard de la Nouvelle Vague, adapte à l’écran "La Religieuse" de Diderot, il ne se doute pas qu’il devra affronter la censure. Un long débat a même lieu au Sénat. Finalement, l’État autorise sa distribution, mais l’interdit aux moins de dix-huit ans. Sortie en juillet 1967, l’œuvre, longue et minimaliste, presque austère, au traitement « bressonnien », remporte un grand succès, et remet Diderot au goût du jour.

Diderot

La vie tonitruante et passionnante de Denis Diderot. Ce grand penseur du XVIIIè siècle, infatigable écrivain, a abordé tous les genres littéraires ou presque en vogue à l’époque : le livre érotique avec "Les Bijoux indiscrets", le roman philosophique avec "Jacques le fataliste", des écrits scientifiques avec la magistrale somme de l’"Encyclopédie", et une bombe à retardement avec "La Religieuse". Le portrait d’un des grands piliers de l’époque des Lumières !

La Religieuse

« Je me trouvai sur la paillasse, qui me servait de lit, les bras liés derrière le dos, assise avec un grand Christ de fer sur les genoux. » Le roman de Diderot raconte la douleur de Suzanne, fille d’un avocat, placée de force dans un couvent. Révoltée, la jolie jeune femme affronte l’hostilité érotique des autres religieuses et de la Mère supérieure. Écrit en 1760, cette ode à la liberté individuelle ne sera publiée qu’en 1796, après la Révolution française et la mort de Diderot. Mais elle continuera à susciter de violentes critiques de la part des plus conservateurs. Dans son "Histoire de la littérature française", l’historien Henri Berthaut y voit une « kermesse d’idées ivres », une « pure infamie », et traite le livre d’« abject anticléricalisme ».

100 livres censurés

« Je vis de la censure ! », a déclaré un jour l’avocat de l’édition Emmanuel Pierrat. Il en donne une nouvelle preuve avec ce livre qui évoque cent grands livres passés à la trappe à cause du sexe, de la religion ou de la politique. La liste comprend "Salomé" d’Oscar Wilde, "L’Archipel du goulag" de Soljenitsyne, "Lolita" de Nabokov, le Marquis de Sade, Darwin, Montesquieu... Emmanuel Pierrat reconnaît ironiquement que les censeurs auront eu souvent bon goût, en brimant des œuvres de qualité auxquelles la postérité a rendu grâce.

Jésus Christ Superstar

Un siècle religieux ? Il est sans doute un peu tôt pour répondre à cette question. Une chose est sûre : la religion est actuellement partout. Dans les débats sur l’Église et le pape. Dans les polars – qui mettent en scène d’obscurs complots ésotériques et des crimes mystérieux perpétrés dans le silence des monastères – comme au cinéma, et même au petit écran, grâce à de surprenantes séries TV.

La Religieuse

Pour son dixième film, le cinéaste Guillaume Nicloux a vu dans une nouvelle adaptation de "La Religieuse", presque cinquante ans après celle de Rivette, un sujet moderne lié à l’enfermement et au sectarisme, une manière d’interroger la foi en 2013. Il a tourné à la lueur de bougies pour donner au couvent une lumière chaleureuse, exigeant des comédiennes – la jeune Belge de vingt-trois ans Pauline Etienne, Isabelle Huppert et Louise Bourgoin – qu’elles jouent sans maquillage.

La religieuse
CVS
La religieuse
Auteur: Nicloux, Guillaume (1966-....)
Edition: France Television Distribution (prod.)

Ainsi soient-ils Saison 1

Diffusée du 11 octobre au 1er novembre 2012 sur Arte, cette série pas comme les autres raconte les doutes et espoirs de cinq candidats à la prêtrise qui entrent au séminaire des Capucins. Relations complexes avec l’ombrageux Vatican, violences antireligieuses, crises de foi, alimentent un récit gigogne digne des meilleurs exemples du genre. Un critique du "Figaro" a regretté que « le ressort de la série ne soit pas l’amour du Christ mais la volonté humaine ». Nous voilà à nouveau dans le débat sur "La Religieuse" de Diderot !

Le Nom de la rose

Au XIVè siècle, l’ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville séjourne dans une abbaye du Sud de la France quand un moine y est assassiné. Il enquête, retrouve un mystérieux manuscrit où se trouve peut-être la solution de l’énigme, se heurte au cruel Bernard Gui, prêt à brûler tous les hérétiques. Fanatisme, lutte pour la liberté, perversité, mystère, érotisme aussi, tout l’attirail propre au roman gothique et religieux défile sous nos yeux et a valu à ce roman un immense succès international.

La religieuse au cinéma

Hitchcock disait : « Les femmes sont comme le suspense. Plus elles éveillent l’imagination, plus elles suscitent l’émotion. » La religieuse est une figure privilégiée du septième art. Elle a les traits de quelques-unes des plus belles icônes d’Hollywood, d’Audrey Hepburn à Deborah Kerr, pour s’incarner, de ce côté de l’Atlantique, sous les traits de Cécile de France, dans "Sœur sourire".

La Religieuse

Pour son dixième film, le cinéaste Guillaume Nicloux a vu dans une nouvelle adaptation de "La Religieuse", presque cinquante ans après celle de Rivette, un sujet moderne lié à l’enfermement et au sectarisme, une manière d’interroger la foi en 2013. Il a tourné à la lueur de bougies pour donner au couvent une lumière chaleureuse, exigeant des comédiennes – la jeune Belge de vingt-trois ans Pauline Etienne, Isabelle Huppert et Louise Bourgoin – qu’elles jouent sans maquillage.

La religieuse
CVS
La religieuse
Auteur: Nicloux, Guillaume (1966-....)
Edition: France Television Distribution (prod.)

La religieuse

Quand Jacques Rivette, étendard de la Nouvelle Vague, adapte à l’écran "La Religieuse" de Diderot, il ne se doute pas qu’il devra affronter la censure. Un long débat a même lieu au Sénat. Finalement, l’État autorise sa distribution, mais l’interdit aux moins de dix-huit ans. Sortie en juillet 1967, l’œuvre, longue et minimaliste, presque austère, au traitement « bressonnien », remporte un grand succès, et remet Diderot au goût du jour.

Dieu seul le sait

Un marin naufragé échoue sur une île du Pacifique où vit une religieuse, Angela, survivante de sa congrégation massacrée par les Japonais. Les deux personnages apprennent à vivre ensemble, se cachant dans une grotte lorsque l’ennemi débarque sur le rivage. La confrontation du flegme désabusé du soldat (Robert Mitchum) et de la rigueur de la nonne (Deborah Kerr) forme le suspense psychologique d’un film que la censure surveilla de près. « Nous avons fui tous les clichés, et les rapports entre la religieuse et le marin sont traités avec beaucoup de délicatesse », se félicitera le réalisateur John Huston.

Les années Nouvelle Vague

À la fin des années cinquante, plusieurs critiques des Cahiers du Cinéma – Jean-Luc Godard, Eric Rohmer, François Truffaut, Jacques Rivette, Claude Chabrol – s’en prennent aux cinéastes académiques représentés par Jean Delannoy et Claude Autant-Lara, et proposent leur propre vision du septième art. Ils revendiquent le statut d’auteur, tournent en extérieur avec des caméras légères, promeuvent de jeunes héros révoltés et indépendants en butte au conformisme de la société. Bref, répandent un vrai souffle de liberté.

La religieuse

Quand Jacques Rivette, étendard de la Nouvelle Vague, adapte à l’écran "La Religieuse" de Diderot, il ne se doute pas qu’il devra affronter la censure. Un long débat a même lieu au Sénat. Finalement, l’État autorise sa distribution, mais l’interdit aux moins de dix-huit ans. Sortie en juillet 1967, l’œuvre, longue et minimaliste, presque austère, au traitement « bressonnien », remporte un grand succès, et remet Diderot au goût du jour.

Les années Cahiers

En 1966, Jean-Luc Godard s’engagea pour permettre au film de Jacques Rivette, "La Religieuse", d’être distribué normalement. Dans sa lettre au ministre de la Culture André Malraux, publiée dans le "Nouvel Observateur", il attaque la « cabale des dévotes ». Il n’en était pas à son premier coup d’éclat, lui qui, avant d’être le cinéaste comblé d’"À bout de souffle" et de "Pierrot le Fou", ferrailla dur dans la revue "Les Cahiers du Cinéma" (aux côtés de François Truffaut, Claude Chabrol, Éric Rohmer...) entre 1950 et 1959, pour imposer ses points de vue. Ce petit livre donne un précieux assortiment de ses chroniques de l’époque.

Les fantasmes du couvent

Mais que peuvent bien cacher les murs épais du couvent ? Que se passe-t-il vraiment dans ses couloirs sombres et ses austères cellules ? Du roman gothique apparu peu après la Révolution française (et donc presque contemporain de Diderot, mort en 1784) aux tableaux érotiques de Clovis Trouille mettant en scène quelques nonnes en plein péché, la question a taraudé (et fait amplement fantasmer) bien des artistes. La religieuse, image d’une ambiguïté...

Songs of Faith and Devotion

Le groupe de Basildon a toujours aimé jouer avec les images et les symboles de la religion, entretenant même à une époque une ambiguïté souvent renforcée par son côté vaguement bondage. À mi-chemin entre une fascination pour la liturgie et le cérémonial, et une "Black Celebration" plus païenne, Depeche Mode, sous l’influence d’un Martin Gore pratiquant durant son enfance, célèbrera un « Personal Jesus » bluesy et gospel tendant souvent l’oreille à de « Blasmephous Rumours ».

Le Nom de la rose

Au XIVè siècle, l’ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville séjourne dans une abbaye du Sud de la France quand un moine y est assassiné. Il enquête, retrouve un mystérieux manuscrit où se trouve peut-être la solution de l’énigme, se heurte au cruel Bernard Gui, prêt à brûler tous les hérétiques. Fanatisme, lutte pour la liberté, perversité, mystère, érotisme aussi, tout l’attirail propre au roman gothique et religieux défile sous nos yeux et a valu à ce roman un immense succès international.

Viridiana

Viridiana (Silvia Pinal) veut entrer au couvent, mais est victime de son vieil oncle qui tente de la convaincre de l’épouser et la harcèle. Son échec pousse le vieillard au suicide. La jeune femme tourmentée par la foi et par un ardent désir charnel hérite de sa maison et décide d’y accueillir les pauvres. Mais au cours d’un banquet aux allures de bacchanales, ils s’enivrent, pillent sa demeure, cassent le mobilier et tentent de violer la jeune femme. Dans cette scène où les mendiants se substituent aux apôtres, le cinéaste espagnol Luis Buñuel règle une fois de plus ses comptes avec l’Église, dont il n’a cessé de dénoncer l’hypocrisie.

Ma sorcière bien-aimée

La religion chrétienne a fait de la femme la responsable des maux de l’humanité. Elle fut au Moyen Âge une sorcière condamnée au bûcher, puis une martyre que l’on se plaisait à haïr et à plaindre. Depuis, son image d’héroïne suppliciée occupe les œuvres d’art, la littérature, le cinéma. Elle se nomme Jeanne d’Arc, ou La Voisin, elle aussi brûlée vive, et à qui Viviane Romance prêtera ses traits dans le film de Henri Decoin.

La Passion de Jeanne d’Arc

En 1927, le cinéaste Carl Theodor Dreyer adapte "La Passion de Jeanne d’Arc" de Joseph Delteil. Le récit se concentre essentiellement sur le procès de Jeanne la Pucelle, l’occasion pour le grand réalisateur danois de présenter une scène mystique dans toute sa grandeur. Eclairé à la manière des films expressionnistes en accentuant la lumière et les ombres, il met en opposition la fragile et déterminée sainte héroïne, portée par la foi, et ses bourreaux religieux qui tentent de la faire céder. Le film révèlera une jeune actrice française, Renée Falconetti, décédée à Buenos Aires en 1946.

Les Diables

Inspiré librement des "Diables de Loudun" d’Aldous Huxley, le film de Ken Russell nous plonge dans le XVIIè siècle, au temps de l’Inquisition, de la sorcellerie. Le récit oppose Richelieu à l’abbé Grandier qui règne sur la ville de Loudun. Le premier reproche au second son libertinage et sa trop grande tolérance envers les huguenots. Certains critiques voient l’œuvre comme une suite d’images hystériques et outrancières, d’autres louent un chef-d’œuvre lyrique. Quoi qu’il en soit, cette œuvre sulfureuse aura attendu longtemps avant d’être éditée en 2013 en DVD.

La Sorcière

Durant tout le Moyen Âge, la sorcière est accusée de tous les maux, sabbats, messes noires, blasphèmes, lubricité, et se retrouve pourchassée, torturée et bien souvent brûlée vive sur de gigantesques bûchers. En 1862, l’historien Jules Michelet dresse un portrait de cette femme soi-disant conquise par Satan (et qui vivra sur terre l’enfer) alors qu’elle préfigure souvent (ne serait-ce que par ses talents de guérisseuse), face à une Inquisition aveugle, la femme de demain. Un grand classique.

Univers carcéral

"La Religieuse" se déroule dans un couvent dont le rituel est précisément décrit. Mais plus qu’un questionnement sur la foi et les ordres, le roman de Diderot parle de la liberté individuelle, de la prison, offrant en filigrane une critique acerbe du régime de Louis XV et de l’aliénation humaine qu’impose toute forme d’autoritarisme. Une thématique moderne, qui annonce bien des grands textes à venir et des débats plus actuels que jamais.

La Religieuse

Pour son dixième film, le cinéaste Guillaume Nicloux a vu dans une nouvelle adaptation de "La Religieuse", presque cinquante ans après celle de Rivette, un sujet moderne lié à l’enfermement et au sectarisme, une manière d’interroger la foi en 2013. Il a tourné à la lueur de bougies pour donner au couvent une lumière chaleureuse, exigeant des comédiennes – la jeune Belge de vingt-trois ans Pauline Etienne, Isabelle Huppert et Louise Bourgoin – qu’elles jouent sans maquillage.

La religieuse
CVS
La religieuse
Auteur: Nicloux, Guillaume (1966-....)
Edition: France Television Distribution (prod.)

La religieuse

Quand Jacques Rivette, étendard de la Nouvelle Vague, adapte à l’écran "La Religieuse" de Diderot, il ne se doute pas qu’il devra affronter la censure. Un long débat a même lieu au Sénat. Finalement, l’État autorise sa distribution, mais l’interdit aux moins de dix-huit ans. Sortie en juillet 1967, l’œuvre, longue et minimaliste, presque austère, au traitement « bressonnien », remporte un grand succès, et remet Diderot au goût du jour.

La Bête contre les murs

Avec le triste record d’avoir été le plus jeune détenu du pénitencier de San Quentin, Edward Bunker a passé le plus clair de sa vie sur la paille humide des cachots californiens, condamné plusieurs fois pour des vols et des braquages. Et c’est en prison qu’il a bâti une œuvre romanesque unique en son genre, une poignée de polars mettant en cause – comme dans cette hallucinante "Bête contre les murs" – un système carcéral inhumain et injuste qui transforme inutilement (et cruellement) les hommes en animaux. Un manifeste.

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