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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Films monstres, films inachevés, films invisibles

4 thèmes | 12 oeuvres
Tandis que le festival de Cannes brille de tous ses feux, il est permis de divaguer sur une autre histoire du cinéma. Une histoire du cinéma faite de films avortés, impossibles, troués… Une contre-histoire en quelque sorte qui laisse toute sa place à l’imaginaire et aux songes les plus inavoués. Bonne séance.

L’écrit, l’écran

Quand les images manquent, il reste les mots. Des scénarios, des notes, des phrases qui permettent d’imaginer ce que "La Recherche du temps perdu" ou "Les Aventures d’Harry Dickson" auraient pu devenir sous la caméra de Losey ou Resnais. Des mots pour sauver de l’oubli des films qui n’existeront jamais…

Harry Dickson

L’œuvre d’Alain Resnais est unique et particulièrement dense. Ce qui ne l’a pas empêché de connaître de grandes déceptions au cours de sa longue carrière. Ce fut particulièrement le cas, dans les années 1967-1968,  avec l’adaptation avortée du roman populaire de Jean Ray, "Les Aventures d’Harry Dickson" qui aurait dû être interprétée par Dirk Bogarde, Vanessa Redgrave et Delphine Seyrig, mais qui ne vit jamais le jour. Reste le très beau scénario écrit par Frédéric de Towarnicki, ami d’Alain Resnais mais également de Martin Heidegger, qui sera finalement publié en 2008. Une occasion de rêver ce film qui, comme l’affirme Henri Langlois, "« aurait infléchi le destin du cinéma français »…"

Les Plus Grands Films que vous ne verrez jamais

Si vous êtes un cinéphile fétichiste et que vous attachez davantage d’importance aux films invisibles qu’aux films existants, ce livre est pour vous. En effet, "Les Plus Grands Films que vous ne verrez jamais" se propose d’exhumer plus de 50 projets qui ne sont jamais arrivés à terme. Autant de films imaginaires qui, des années 1920 à aujourd’hui, de Chaplin à Wong Kar-wai, en passant par Hitchcock ou Kubrick, viennent à notre rencontre le plus naturellement du monde. Une façon comme une autre de se constituer une Cinémathèque qui a l’étoffe dont sont faits les rêves.

Le Scénario Proust

Adapter "La Recherche du temps perdu", telle fut, dans les années 1960, la grande affaire de Luchino Visconti, puis de Joseph Losey. Sans succès dans les deux cas. La montagne était sans doute trop haute pour être gravie, même par deux cinéastes aussi importants. Du projet Losey, il reste néanmoins le scénario du dramaturge Harold Pinter, déjà complice du cinéaste pour "The Servant" et "Accident". La surprise, c’est que le texte de Pinter est parfaitement achevé, à la fois transposition et analyse du monument proustien, à travers quelques scènes-clé de "La Recherche". Pas tout à fait un film donc mais plus qu’un scénario. Un livre tout simplement !

Le cinéma retrouvé

Imaginez la joie du chercheur qui trouve enfin les images du film inachevé qu’il pistait depuis longtemps. Quand les Dieux du cinéma s’en mêlent, cela s’appelle une résurrection. En totalité ou simplement en fragments… Ainsi soit-il !

It’s all True

Le plus grand spécialiste des films inachevés, c’est bien sûr Orson Welles. Aux côtés de ses nombreux projets inaboutis, parmi lesquels "Don Quichotte" ou "The Other Side of the Wind", figure un film qui a fini par trouver une forme, sinon conforme aux désirs du maître, du moins assez aboutie. Ce film, c’est le projet brésilien "It’s all True", tourné en 1942, juste après "La Splendeur des Amberson," et qui ne verra le jour qu’en 1993. À partir des splendides rushes tournés en noir et blanc à Rio et dans le Nordeste, une équipe de cinéphiles fanatiques reconstitue le film que Welles aurait aimé voir. Et c’est magnifique !

L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot

En 1964, Henri-Georges Clouzot est au zénith de sa carrière et parvient à obtenir un crédit illimité pour tourner un film qui lui tient particulièrement à cœur, "L’Enfer", traversé par la présence irradiante de Romy Schneider et par la fascination du cinéaste pour l’art cinétique. Quarante-cinq ans plus tard, Serge Bromberg et Ruxandra Medrea ressuscite, dans un passionnant documentaire, ce tournage électrique, finalement interrompu pour cause d’infarctus de Clouzot. On y voit notamment que la beauté de Romy Schneider possède littéralement le cinéaste qui glisse peu à peu vers une sorte de folie. C’est finalement Claude Chabrol qui tournera "L’Enfer" en 1993 avec Emmanuelle Béart et François Cluzet. Si loin, si proche d’Henri-Georges Clouzot...

Fear and Desire

Longtemps invisible, "Fear and Desire" est le premier long-métrage de Stanley Kubrick, réalisé en 1953, alors que le cinéaste avait tout juste 25 ans. Considérant que ce film de guerre était une œuvre d’amateur, le cinéaste a tenté d’en faire disparaître toutes les copies existantes. "Fear and Desire" ressuscite finalement en 2012 et montre que l’œuvre du grand cinéaste y est déjà en germe, notamment "Les Sentiers de la Gloire" que Kubrick réalisera quatre ans plus tard, ainsi que "Full Metal Jacket". Pour un Kubrickien fanatique, c’est une découverte essentielle qui comble enfin, après de longues années d’absence, un véritable gouffre cinématographique.

Making of

Rien de tel que les images d’un tournage chaotique pour éveiller l’imaginaire du spectateur. Parfois c’est drôle ("Lost in La Mancha"), parfois ça fait peur ("Heart of Darkness"). Il arrive même que l’on parvienne à reconstituer le making of d’un film qui n’a jamais vu le jour ("Jodorowky’s Dune…"). Eh oui, c’est le miracle du cinéma !

Lost in La Mancha

Parmi les tournages les plus catastrophiques de l’histoire du cinéma, on peut mettre en bonne place celui du "Don Quichotte" de Terry Gilliam. Si le film s’est arrêté, il nous reste ce making of devenu un documentaire à part entière qui égrène les plaies de ce tournage hors-norme : vols intempestifs de l’armée de l’air, pluies diluviennes, mal de dos de Jean Rochefort, problèmes d’argent… Aux dernières nouvelles, Terry Gilliam serait, de nouveau, en tournage de son "Don Quichotte". La persévérance finira-t-elle par payer ? Réponse dans quelques mois...

Heart of Darkness : A Filmmaker’s Apocalypse

Dans la catégorie des films-monstres, "Apocalypse Now", le chef d’œuvre de Coppola, mérite évidemment une attention particulière. Mais le documentaire réalisé à base d’images tournées par la femme du réalisateur, Eleanor Coppola, sur le tournage de son mari, vaut largement le détour. On y voit un cinéaste luttant de toutes ses forces contre des éléments contraires, travaillant dans un chaos invraisemblable, essayant de rassembler les morceaux d’un film qui semble partir en lambeaux mais qui, pourtant, obtiendra  la Palme d’or au festival de Cannes édition 1979. Au point qu’"Heart of Darkness" devienne presque aussi indispensable qu’"Apocalypse Now".

Smile

Porté par le succès immense de Good Vibrations, Brian Wilson lance les Beach Boys dans la quête de l’album parfait, une « symphonie adolescente adressée à Dieu ». Mais une psyché compliquée bombardée par les drogues psychédéliques mène Brian Wilson sur les chemins de la folie. Terrassé par la magnificence de Sgt. Pepper Brian Wilson abandonne, et le résultat des centaines d’heures passées en studio ne seront jamais assemblées. Le 6 mai 1967, Derek Taylor, le manager du groupe, annonce que Smile, dont la sortie a été sans cesse repoussée, ne sortira pas. Il fallu attendre 2011 pour que sorte un coffret rassemblant une sélection des enregistrements de ce qui promettait d’être un chef d’oeuvre. Album mythique, Smile a même eu sa parodie hollywoodienne dans Walk Hard, the Dewey Cox Story de Jake Kasdan et Judd Apatow.

Stars

Même dans le cinéma naufragé ou simplement inachevé, les stars ont leur part. Elles sont parfois au centre du jeu comme Marilyn Monroe, Romy Schneider ou Bruce Lee. Ou ce sont les cinéastes qui sont les stars : Orson Welles en majesté mais aussi Alejandro Jodorowsky ou Francis Coppola.

Marilyn Monroe - Les Derniers Jours

Les derniers jours de Marilyn Monroe sont intimement liés au film de George Cukor, "Something’s Got to Give", qui, suite au suicide de la star, ne sera jamais terminé. Dans le documentaire "Marilyn Monroe Les Derniers Jours", Patty Ivins entrelace l’intégralité des plans tournés par Cukor avec Marilyn, mais également Dean Martin et Cyd Charisse, avec des témoignages et autres archives qui permettent de prendre la température de ce drôle de tournage et de ses à-côtés. Le mystère de la mort de Marilyn reste entier, mais les plans de l’actrice sortant nue de la piscine sont tout à fait fascinants.

Jodorowsky’s Dune

Artiste tous terrains, Alejandro Jodorowski a eu, au cours de son existence échevelée, un projet pharaonique qui laisse rêveur ; l’adaptation du cycle mythique de Frank Herbert, "Dune". De ce projet unique et sans lendemain sur lequel ont flotté les ombre de Mick Jagger, Orson Welles, Salvador Dali, Pink Floyd, Magma... il reste le storyboard illustré, plan par plan, par Giger ("Alien") ou Moebius ("L'Incal"), sans oublier le témoignage de Jodo en personne, véritable narrateur d'une histoire à peine croyable. De cette matière fascinante, Frank Pavich a tiré un passionnant documentaire qui ressuscite un film qui n’a pourtant jamais été tourné. Et le miracle, c’est que l’on finit par croire à son existence !

Le Jeu de la Mort

Kung fu-héros des années 1970, Bruce Lee est mort en pleine gloire et, surtout, en juillet 1973, au  beau milieu du tournage du "Jeu de la Mort" qu’il était en train de réaliser. Le film ne verra le jour qu’en 1978, repris et largement amendé par Robert Clouse, le réalisateur du fameux "Opération Dragon". En résulte un drôle de film posthume, une sorte de pont entre la vie et la mort de la star au survêtement jaune, un film fantôme au sens strict du terme.

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