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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Le mystère Alfred Hitchcock

7 thèmes | 20 oeuvres
Après avoir vécu dans la peau d’Alfred Hitchcock pour les besoins du biopic de Sacha Gervasi, Anthony Hopkins brosse son profil pour un journaliste français : « Un homme sensible, complexe et secret, plutôt solitaire, ayant peu d’amis et doté d’un appétit énorme pour le cinéma, la bonne chère et les gros cigares… sans oublier les actrices blondes glaciales. » Mais qui se cache derrière ce portrait en clair-obscur d’un des plus grands réalisateurs du xxe siècle ?

« Hitch » et ses classiques

Né avec le cinématographe, à la fin du XIXe siècle, Hitchcock a commencé sa carrière dans le cinéma muet, sous les mânes des genres artistiques dominants (la photographie et la peinture), et bien sûr des maîtres de l’expressionnisme allemand, Fritz Lang, Murnau… Aucun apprenti réalisateur n’échappa à leur immense influence, à leur sens du cadrage, à leur lumière, et à leurs thèmes, comme le voyeurisme surexploité par Lang dans sa série des "Docteur Mabuse".

Hopper : Catalogue de l'exposition 

Alfred Hitchcock a beaucoup puisé ses idées dans l’œuvre du peintre Edward Hopper, qui a donné une image de l’Amérique du XXe siècle très proche de l’esthétique du polar. Comment ne pas voir dans sa toile "House by the Railroad" (1925) le modèle qui a servi pour imaginer la maison de Norman Bates (Psychose) ? Un autre tableau, "Night Windows", avec son atmosphère de solitude urbaine et de voyeurisme, a inspiré le maître pour Fenêtre sur cour. La lumière très solaire des univers de Hopper baigne aussi souvent les films de Hitchcock. Des parallèles que l’on peut admirer en découvrant le catalogue de l’exposition Hopper au Grand Palais.

Les Espions

Les historiens se sont amusés à comparer Les Espions de Fritz Lang et certains films de Hitchcock comme "Les 39 Marches" ou "L’Homme qui en savait trop". Ils y ont repéré évidemment beaucoup de points communs : le livre qui arrête la balle ; le final sur une scène de spectacle ; un bandit dissimulé sous le grimage d’un clown musicien… Normal, Alfred admirait beaucoup Fritz Lang et a largement emprunté à son œuvre, en particulier à ces "Espions", film réaliste, éloigné de l’expressionnisme habituel du réalisateur allemand.

La Mort aux trousses

Quand un innocent publicitaire new-yorkais, Roger Thornhill (Cary Grant), est pris par erreur pour un espion, il doit fuir la police et une mystérieuse organisation qui veut le liquider. À la fois récit d’espionnage, film d’aventure et thriller, "La Mort aux trousses" fourmille de scènes cultes : la poursuite de Thornhill par un avion d’épandage, au milieu d’un champ désert ; la rencontre de la blonde Eva Marie Saint et de Cary Grant dans le train ; la vente aux enchères, jusqu’à l’apothéose sur le Mont Rushmore… Salué par une presse enthousiaste - « Plein de suspense et charmant » ("New York Times"), « amusant et macabre » ("Saturday Review"), « étincelant et pittoresque » ("Newsweek")… -, "La Mort aux trousses" fut un énorme succès commercial.

Dans son abîme psychologique

Pendant longtemps, Alfred Hitchcock fut classé comme un honnête artisan de série B, un habile faiseur. Il aura fallu que les Européens s’intéressent à lui pour que le monde découvre tout le vertige psychologique de ses films, ses angoisses, son inconscient caché, sa perversité. Un livre en particulier sera décisif : l’essai écrit en 1957 par deux critiques français et jeunes cinéastes, Claude Chabrol et Eric Rohmer. Il est au commencement de tout.

L'Interprétation des rêves

« Je ne crois pas aux rêves. Ces histoires de Freud sont des sornettes », dit le médecin malade (Gregory Peck) dans le film le plus subconscient de Hitchcock, La Maison du docteur Edwardes (1945). Le grand réalisateur n’avait jamais suivi de thérapie, au contraire de son scénariste Ben Hecht et du producteur David O. Selznick qui envoya sur le lieu du tournage sa psychanalyste, Mary From, pour surveiller le scénario. L’Interprétation des rêves, de Sigmund Freud, est au cœur de l’intrigue. Car la folie du Dr Edwardes trouve sa solution dans un souvenir d’enfance et des songes étranges, obsessionnels. L’un des rares films du créateur à avoir échappé à son contrôle. Comme les rêves !

La Mort aux trousses

Quand un innocent publicitaire new-yorkais, Roger Thornhill (Cary Grant), est pris par erreur pour un espion, il doit fuir la police et une mystérieuse organisation qui veut le liquider. À la fois récit d’espionnage, film d’aventure et thriller, "La Mort aux trousses" fourmille de scènes cultes : la poursuite de Thornhill par un avion d’épandage, au milieu d’un champ désert ; la rencontre de la blonde Eva Marie Saint et de Cary Grant dans le train ; la vente aux enchères, jusqu’à l’apothéose sur le Mont Rushmore… Salué par une presse enthousiaste - « Plein de suspense et charmant » ("New York Times"), « amusant et macabre » ("Saturday Review"), « étincelant et pittoresque » ("Newsweek")… -, "La Mort aux trousses" fut un énorme succès commercial.

Hitchcock, édition définitive

En août 1962, Alfred Hitchcock (qui termine "Les Oiseaux") recevait, dans son bureau du studio Universal, l’un de ses plus fidèles admirateurs, le réalisateur François Truffaut, pour une série d’entretiens. Bourré d’anecdotes, balayant en détail chaque film depuis la période du muet, le "Hitchcock/Truffaut" n’élude rien du tempérament complexe du maître, de ses rapports ambigus avec les femmes, jusqu’à dévoiler certains secrets du réalisateur. Au fil des pages, le réalisateur de "Jules et Jim" y redevient le critique des "Cahiers du Cinéma" qu’il fut, évoquant, enthousiaste, « la lucidité effrayante avec laquelle Hitchcock dénonce les offenses que les hommes font à la beauté et à la pureté ».

Le père du film d’horreur

Sans doute Alfred Hitchcock n’a-il pas inventé le film d’horreur - déjà bien portant quand le cinéaste Tod Browning tourna "Freaks" au début des années 1930 -, mais avec "Psychose" et "Les Oiseaux", il l’a révolutionné, et codifié le genre en confrontant la folie démoniaque à la réalité, à la vie quotidienne. Beaucoup des plans imprimeront durablement l’œil et se retrouveront dans de nombreux autres films : un escalier sombre, une maison obscure, une ville déserte la nuit…

Psychose

« Je ne savais pas à quoi m’attendre. Lorsqu’il adaptait des romans, il changeait beaucoup de choses. Mais il n’y avait presque pas de cinéastes au monde que j’aurais préféré à Hitchcock, sinon Henri-Georges Clouzot, parce qu’il avait réalisé "Les Diaboliques". » Ainsi parle Robert Bloch, l’auteur du roman "Psychose", publié pendant l’été 1959. Il s’était inspiré du serial killer nécrophile Ed Gein. La critique loua l’originalité de cette « glaçante » plongée dans la maladie mentale, plus « terrifiante que Poe et Lovecraft réunis ». Mais l’adaptation funèbre qu’en fera Hitchcock, avec Janet Leigh et Anthony Perkins, par son esthétisme sauvage, et sa musique hystérique, a malheureusement un temps estompé l’œuvre originale. À découvrir.

Body Double

Avec "Body Double", le cinéaste Brian de Palma propose une variation sur le voyeurisme et la résurrection, c’est-à-dire les thématiques de deux grands films de son maître, "Sueurs froides" et "Fenêtre sur cour". Il raconte la mission d’un jeune acteur au chômage chargé d’épier, à l’aide d’une longue vue, une voisine dans l’immeuble d’en face. Jeu d’ombre et de miroir, "Body Double" parle du fantasme amoureux en termes très proches de ceux d’Alfred Hitchcock.

The Essential Film Music Collection

Sans l’apport du compositeur Bernard Herrmann, certains des grands films d’Hitchcock n’auraient peut-être pas eu autant d’impact. On se souvient de la musique hystérique pendant le meurtre de la douche dans "Psychose", réalisée avec des cordes lancinantes, des violons hurlants. L’artiste travaillera sur "Vertigo" et composera la symphonie orchestrale du final de "l’Homme qui en savait trop", la version de 1956, où Hitchcock, facétieux, annonce même son concert à l’écran. Une anthologie angoissante.

Le roi du suspense

Alfred Hitchcock a donné une définition du vrai suspense. Il s’interdisait de surprendre le spectateur, mais le rendait complice d’un drame qui pouvait arriver en lui fournissant une information capitale. Il le transformait ainsi en témoin tenté de vouloir prévenir le personnage du danger imminent (une bombe sous la table où il dîne, par exemple). Il distinguait ainsi le mystère, un « processus intellectuel », du suspense, « purement émotionnel ».

Hitchcock

Jusqu’à présent, peu de biographies se sont intéressées à la discrète épouse d’Alfred Hitchcock, Alma. Cet oubli est désormais réparé avec le film de Sacha Gervasi, qui se déroule pendant le tournage de "Psychose" (fin 1959). Il décrit les relations tumultueuses entre une femme à la fois collaboratrice et conseillère, jouée par Helen Mirren, et un cinéaste pervers, incarné par l’acteur anglais naturalisé américain Anthony Hopkins. Pour corser le tout, la sexy Scarlett Johansson joue la star Janet Leigh, poussée presque à bout lors de la célèbre scène de la douche.

Sueurs froides

Alfred Hitchcock avait envisagé d’acheter les droits du roman "Les Diaboliques" qu’adapta finalement Henri-Georges Clouzot. Lorsqu’ils apprirent que le grand cinéaste anglo-américain s’intéressait à eux, les deux auteurs, Pierre Boileau et Thomas Narcejac écrivirent "D’entre les morts", publié chez Denoël en 1954, espérant attirer l’œil du maître. Pari gagné. Si l’histoire est sensiblement la même que dans le film - un détective chargé de surveiller l’épouse d’un ami, s’éprend d’elle, ne parvient à la sauver de la mort et en conçoit une obsession dévorante -, elle ne se déroule pas à San Francisco comme chez Hitchcock, mais dans le Paris de l’Occupation. Par souci commercial, le roman sera réédité sous le titre "Sueurs froides".

  Livre Fiction
Sueurs froides
Auteur: Boileau, Pierre (1906-1989)
Edition: Gallimard
Collection: Folio

Dexter - Saison 2

Alfred Hitchcock n’a pas inventé le tueur en série au cinéma, même si dès son film muet The Lodger (1927), sur un assassin de femmes blondes, il s’y est intéressé. Il a surtout développé le fétichisme macabre attaché à ce type de meurtrier, de "L’Ombre d’un doute" à "Psychose", sans oublier "Les Oiseaux", un fétichisme et une double personnalité que l’on retrouve dans la série "Dexter" (adapté du roman de Jeff Lindsay, "Ce Cher Dexter") où un expert de la médecine légale au service de la police devient tueur en série la nuit.

Dexter
CVS
Dexter
Auteur: Hall, Michael C (1971-....)
Edition: Paramount (prod.)

Les héritiers

On ne compte plus les héritiers du maître Hitchcock. Combien de réalisateurs se sont amusés à prendre des chignons de dos, en gros plan, après avoir vu celui de Kim Novak dans "Sueurs froides" ? Combien de scènes de douche ont été inspirées directement par celle - mythique - de "Psychose", de "Shining" de Kubrick à "Paranoid Park" de Gus Van Sant ? L’œil d’Hitchcock a donné à des générations de réalisateurs un regard nouveau sur le monde.

Merci pour le chocolat

Le critique et cinéaste Claude Chabrol a été l’un des premiers cinéphiles à comprendre l’importance d’Alfred Hitchcock alors considéré, pendant les années 1950, comme un simple artisan de série B. Le chef de file de la Nouvelle Vague (avec François Truffaut et Eric Rohmer) n’a jamais caché sa fascination pour le maître du suspense, dont il aimait le mélange de comédie et de perversité. Cette drôle d’ambiance imprègne une bonne partie de son œuvre, dont le thriller "Merci pour le chocolat", titre poli pour un film froid et calculateur. Une œuvre au scalpel.

James Bond contre Dr No

Ian Fleming a eu un rêve : voir son héros James Bond transposé à l’écran sous les traits de Cary Grant et dirigé par Hitchcock… En un mot, voir 007 dans "La Mort aux trousses". Il n’a jamais exaucé son vœu le plus cher, mais il a certainement pu mesurer, avant de mourir, tout ce que la première adaptation, en 1962, de sa célèbre série d’espionnage, "James Bond contre Dr No", devait à l’auteur de "Sueurs froides" : le même pittoresque, le même sens de l’aventure et de la comédie, et un héros tout aussi charmeur, Sean Connery, qui deviendra d’ailleurs un acteur hitchcockien. En revanche, Ursula Andress en maillot de bain n’intéressera jamais le maître du suspense. Trop volcanique !

Body Double

Avec "Body Double", le cinéaste Brian de Palma propose une variation sur le voyeurisme et la résurrection, c’est-à-dire les thématiques de deux grands films de son maître, "Sueurs froides" et "Fenêtre sur cour". Il raconte la mission d’un jeune acteur au chômage chargé d’épier, à l’aide d’une longue vue, une voisine dans l’immeuble d’en face. Jeu d’ombre et de miroir, "Body Double" parle du fantasme amoureux en termes très proches de ceux d’Alfred Hitchcock.

Un homme de lettres

Alfred Hitchcock avait un principe : conscient que le cinéma ne pourrait rien apporter de plus aux classiques de la littérature, il choisissait plutôt d’adapter des polars, à condition que le livre possède au moins une scène intéressante. C’est pourquoi il préféra souvent adapter des romans noirs, ceux de Patricia Highsmith ("L’Inconnu du Nord-Express"), Daphné Du Maurier ("Rebecca" et "Les Oiseaux"), Boileau-Narcejac ("Sueurs froides") ou Robert Bloch ("Psychose"). Et rarement le genre ne fut aussi bien servi…

Sueurs froides

Alfred Hitchcock avait envisagé d’acheter les droits du roman "Les Diaboliques" qu’adapta finalement Henri-Georges Clouzot. Lorsqu’ils apprirent que le grand cinéaste anglo-américain s’intéressait à eux, les deux auteurs, Pierre Boileau et Thomas Narcejac écrivirent "D’entre les morts", publié chez Denoël en 1954, espérant attirer l’œil du maître. Pari gagné. Si l’histoire est sensiblement la même que dans le film - un détective chargé de surveiller l’épouse d’un ami, s’éprend d’elle, ne parvient à la sauver de la mort et en conçoit une obsession dévorante -, elle ne se déroule pas à San Francisco comme chez Hitchcock, mais dans le Paris de l’Occupation. Par souci commercial, le roman sera réédité sous le titre "Sueurs froides".

  Livre Fiction
Sueurs froides
Auteur: Boileau, Pierre (1906-1989)
Edition: Gallimard
Collection: Folio

Psychose

« Je ne savais pas à quoi m’attendre. Lorsqu’il adaptait des romans, il changeait beaucoup de choses. Mais il n’y avait presque pas de cinéastes au monde que j’aurais préféré à Hitchcock, sinon Henri-Georges Clouzot, parce qu’il avait réalisé "Les Diaboliques". » Ainsi parle Robert Bloch, l’auteur du roman "Psychose", publié pendant l’été 1959. Il s’était inspiré du serial killer nécrophile Ed Gein. La critique loua l’originalité de cette « glaçante » plongée dans la maladie mentale, plus « terrifiante que Poe et Lovecraft réunis ». Mais l’adaptation funèbre qu’en fera Hitchcock, avec Janet Leigh et Anthony Perkins, par son esthétisme sauvage, et sa musique hystérique, a malheureusement un temps estompé l’œuvre originale. À découvrir.

Une œuvre musicale

Alfred Hitchcock a toujours eu un rapport d’amour - haine avec la musique. Il rêvait parfois de s’en débarrasser, de laisser les images parler d’elles-mêmes. Il avait prévu par exemple de tourner la fameuse scène de la douche dans "Psychose" sans accompagnement sonore. Mais comment ne pas faire de la musique un élément crucial lorsque l’on a pour complice un compositeur de la trempe de Bernard Herrmann, véritable orchestrateur du suspense hitchcockien.

Extinction Level Event

Bernard Herrmann a influencé beaucoup de musiciens, pop et contemporains. En 1998, le rappeur américain Busta Rhymes samplait le fameux "Prelude For Psycho" dans sa chanson, « "Gimme Some More" ». Cette bonne idée d’associer la mélodie angoissante jouée aux violons, et la pulsion chaude du rap, permit au morceau de tourner en boucle sur les radios et de devenir un tube. Il fut nominé dans la catégorie « Meilleure performance de rap solo », mais dût s’incliner en fin de compte devant un titre d’Eminem.

The Essential Film Music Collection

Sans l’apport du compositeur Bernard Herrmann, certains des grands films d’Hitchcock n’auraient peut-être pas eu autant d’impact. On se souvient de la musique hystérique pendant le meurtre de la douche dans "Psychose", réalisée avec des cordes lancinantes, des violons hurlants. L’artiste travaillera sur "Vertigo" et composera la symphonie orchestrale du final de "l’Homme qui en savait trop", la version de 1956, où Hitchcock, facétieux, annonce même son concert à l’écran. Une anthologie angoissante.

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