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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Jacques Demy

5 thèmes | 16 oeuvres
Depuis qu’Agnès Varda a reçu une Palme d’honneur au dernier Festival de Cannes, nous avons appris que Michel Legrand sera à l’honneur du Festival du Film de Cabourg. Depuis nous chantonnons sans arrêt… les chansons des films de Jacques Demy. Une façon d’accompagner le retour des beaux jours. Pourquoi, en 2015, des films comme "Les Parapluies de Cherbourg", "Les Demoiselles de Rochefort" ou "Une Chambre en ville" fascinent-ils autant? Parce que le spectateur y voit surtout la naissance d’un monde : la Nouvelle Vague, l’émergence du jazz, l’explosion de la couleur, le psychédélisme naissant et un sentiment de liberté sans limite. Revoir un film de Demy, c’est croire à nouveau à la puissance de la beauté. Pourquoi s’en priver alors ? Découvrez la playlist du Parcours

La tradition du conte

« "Quand j’étais petit, j’avais un guignol où je montais Cendrillon, Peau d’Âne et les contes d’Andersen" », raconte Jacques Demy. Très tôt, il rêva comme un enfant, et voulut faire partager l’imaginaire des contes de Charles Perrault et d’Andersen qu’il avait lus. Mais sa totale liberté n’a pas toujours été bien comprise. Lorsqu’il envisagea de faire arriver la fée de Peau d’Âne dans un hélicoptère, son épouse Agnès Varda essaya de l’en dissuader. Le réalisme a des limites !

Peau d’Âne

Pour adapter le conte de Perrault, Jacques Demy reste fidèle à son équipe, Michel Legrand pour la musique, Catherine Deneuve, en princesse fuyant, dissimulée sous une peau d’âne, l’amour incestueux de son père, Jacques Perrin dans le rôle du prince. Le cinéaste, qui s’est offert, trois ans plus tôt, Gene Kelly dans "Les Demoiselles de Rochefort", se fait plaisir en engageant le héros de Cocteau, Jean Marais himself. Ajoutons des parties musicales de haute volée comme « Les Conseils de la Fée des Lilas » chantés par la regrettée Christiane Legrand, sœur de Michel.

La Belle et la Bête

Un marchand ruiné offre sa fille en sacrifice à un monstre à tête fauve habitant un château gothique. Le film "La Belle et la Bête" aura émerveillé des générations de spectateurs avec son atmosphère fantastique, ses costumes baroques, et ses décors inspirés par les toiles du peintre flamand Vermeer. Le cinéaste et poète Jean Cocteau le voyait comme un film de « "réalisme irréel, plus vrai que le vrai..." » Cette idée de « réalisme irréel » marquera Jacques Demy qui cite son idole poète en mettant des statues vivantes (Cariatides).

La Mode des sixties

L’entrée dans la modernité Les « sixties » représentent une véritable rupture dans la société, à la fois musicale, cinématographique avec l’avènement de la Nouvelle Vague, et bien sûr vestimentaire grâce à des icônes charismatiques comme Audrey Hepburn ou Brigitte Bardot. Un groupe de chercheurs du CNRS, sous la direction de Dominique Veillon et Michèle Ruffat, a cherché à analyser le rapport des femmes à la mode, lié à l’avènement du jeunisme qui hante alors défilés, films et publicités, et annonciateur d’une époque moderne.

La vague psychédélique

A la fin des années 1960, lassés de la France, Jacques Demy et Agnès Varda s’installent à Los Angeles. Ebahis par l’océan bleu et la vivacité de la lumière, ils se baignent de culture américaine, du Pop Art d’Andy Warhol, au courant psychédélique, se lient d’amitié avec Jim Morrison et le jeune comédien Harrison Ford, écoutent les groupes de la région, le Grateful Dead et Spirit qui illustrera le film expérimental de Demy, "Model Shop", en 1969. Et que dire des innombrables références à l’époque dans "Peau d’Âne" ?

Chapeau melon et bottes de cuir

Cette série culte aurait pu être une comédie musicale bien dans l’air du temps. Le détective John Steed (Patrick Macnee), toujours tiré à quatre épingles, jongle avec son chapeau melon, sa partenaire Emma Peel (Diana Rigg) rend fou les téléspectateurs du monde entier avec ses tenues moulantes et son habileté au karaté. Les décors parfois gothiques des manoirs, dans une campagne anglaise charmeuse, le mélange de fantastique et d’humour (chats homicides, automates tueurs…) contribueront au succès d’une comédie policière pop qui incarne pour toujours le glamour et la magie des années soixante.

Andy Warhol

L’auteur du catalogue de l’exposition Jacques Demy, a eu la bonne formule à propos d’Andy Warhol, en disant que le créateur du Pop Art « "remotivait en couleurs les signes de la vie moderne (piscines, stations-services, ou publicités"). » Jacques Demy ne pouvait donc que s’intéresser à l’auteur du fameux portrait de Marilyn Monroe. Ses films proposent eux aussi un feu d’artifice de couleurs, de tons vifs, une sublimation de la vie quotidienne. Mais qui était Andy Warhol ? Michel Nuridsany a interviewé, entre autres, ses proches, Lou Reed, John Giorno, et le plasticien Robert Rauschenberg.

Tout(e) Varda

Il est impossible d’évoquer Jacques Demy sans son épouse Agnès Varda. Ils se sont rencontrés à la fin des années 1950 et ne se sont plus quittés, s’accomplissant artistiquement chacun de leur côté. Ce beau coffret de 22 DVD permet de réévaluer l’œuvre d’Agnès Varda. Il présente ses films narratifs, "Cléo de 5 à 7", en 1961, et le road movie "Sans Toit Ni Loi" avec Sandrine Bonnaire, et ses essais expérimentaux, comme l’improvisé "Lions Love", en 1969, et "Murs Murs", en 1980, sans oublier son documentaire sentimental "Jacquot de Nantes", tourné l’année de la mort de Demy.

Bloom

Quelle famille ! Il y a d’abord eu Raymond Legrand, chef d’orchestre des années 1940, puis ses deux enfants, le compositeur Michel, et sa sœur Christiane, membre du groupe vocal Les Double Six, et qui a chanté avec le groupe anglais Procol Harum. Et voilà que débarque Victoria, la nièce de Michel. En 2004, installée à Baltimore, elle formait, avec le chanteur américain Alex Scally, le groupe de pop atmosphérique Beach House. Le duo a depuis publié quatre albums, mêlant orgue glacé et rythmiques mécaniques.

Le film « en-chanté », tradition française

« "Les Parapluies de Cherbourg, ce n’est pas un opéra, ni une comédie musicale, ni une opérette. On n’y danse jamais mais on y chante tout le temps. C’est un film jazz, un film en-chanté plus exactement". » Ainsi Jacques Demy définissait-il son style qui mettra du temps à faire école. Depuis, elle a souvent brillé grâce à Alain Resnais, Christophe Honoré ou Olivier Ducastel avec son film "Jeanne et le garçon formidable", dont le rôle principal est tenu par... Mathieu Demy, le fils de !

Les Parapluies de Cherbourg

« "Un film léger parlant de choses graves vaut mieux qu’un film grave parlant de choses légères." » Jacques Demy a toujours prévenu le public : derrière l’éclat, les chants, les couleurs, la magie musicale de Michel Legrand, "Les Parapluies de Cherbourg" évoque la guerre, la séparation. Une certaine tragédie pèse sur les amours de la vendeuse de parapluies, Geneviève (Catherine Deneuve), et de son amant Guy obligé de combattre en Algérie.

On connaît la chanson

Il aura fallu l’audace d’Alain Resnais pour revenir à un genre que l’on croyait disparu depuis le dernier film de Demy, "Trois places pour le 26" (1986). Sur un scénario du duo Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, le cinéaste d’"Hiroshima mon amour" s’est amusé à composer un vaudeville dans la tradition, avec chassés-croisés amoureux et coups de théâtre. Si Jacques Demy avait son compositeur attitré, Resnais, lui, intègre, en guise de dialogues, des extraits de chansons joués en play-back (Joséphine Baker, Dalida, Charles Aznavour, Alain Souchon…) « "Une mélancolie enrobée dans la légèreté de la comédie" », a écrit Les Inrockuptibles.

Les Bien-aimés

Christophe Honoré ne s’en est jamais caché : il doit beaucoup de son inspiration à Jacques Demy. Dès son film "Les Chansons d’amour", il emprunte cette voie musicale, trouvant en la personne du jeune compositeur Alex Beaupain son Michel Legrand. Il pousse la filiation jusqu’à choisir Catherine Deneuve pour sa grande comédie musicale, "Les Biens-aimés" qui raconte, sur un demi-siècle, les vies croisées de Madeleine et de sa fille « mal aimée » Vera, toutes deux témoins et victimes des bouleversements du siècle : années 1960, Printemps de Prague, sida, terrorisme... L’une des œuvres les plus ambitieuses du cinéma « en-chanté » !

Le Stanley Donen français

En 1952, sort le chef-d’œuvre de Stanley Donen, "Chantons sous la pluie", parangon de la flamboyante comédie musicale américaine, en technicolor. Son succès en France fait comprendre à Jacques Demy qu’un public existe pour ce type de spectacle. Aidé du compositeur Michel Legrand, il décide alors d’emmener le cinéma français, longtemps limité à l’opérette, vers le chant et les ballets. Il n’hésite pas à engager le comédien star Gene Kelly dans son film "Les Demoiselles de Rochefort" (1967), histoire de rappeler d’où il vient, sans renier son propre style.

Le Monde enchanté de Jacques Demy

Le catalogue de l’exposition Jacques Demy qui s’est tenue en 2013 à la Cinémathèque Française est à la hauteur du sujet, solaire et poétique. Entre nombreuses interviews et jolis textes, figurent des photos de tournage, des maquettes de décors... On plonge dans une valse de couleurs et de robes, jaunes, rouges et bleues, de larges chapeaux, de belles filles et de matelots en transit, tout l’univers joyeusement artificiel et glamour du maître enchanteur qui expliquait son œuvre par un vrai « désir de fuite. »

  Livre doc
Le monde enchanté de Jacques Demy
Edition: Skira Flammarion

Les Parapluies de Cherbourg

« "Un film léger parlant de choses graves vaut mieux qu’un film grave parlant de choses légères." » Jacques Demy a toujours prévenu le public : derrière l’éclat, les chants, les couleurs, la magie musicale de Michel Legrand, "Les Parapluies de Cherbourg" évoque la guerre, la séparation. Une certaine tragédie pèse sur les amours de la vendeuse de parapluies, Geneviève (Catherine Deneuve), et de son amant Guy obligé de combattre en Algérie.

Chantons sous la pluie

Le générique des "Parapluies de Cherbourg" orchestre un gracieux ballet de parapluies, citation explicite de la flamboyante comédie musicale de Stanley Donen. Jacques Demy a été profondément marqué par le chef-d’œuvre américain et ses scènes légendaires : la danse de Gene Kelly sous des trombes d’eau avec un parapluie, le saut périlleux sur un mur de Donald O’Connor ou la grâce ensorceleuse de Cyd Charisse... "Chantons sous la pluie", est aussi un récit plein d’humour, évoquant une période clef de l’histoire du cinéma, le passage du muet au parlant qui voit des stars disparaître de l’écran, victimes... de leur voix de canard !

Un Enfant du jazz

Le jazz est la bande sonore de la Nouvelle Vague. Les années 1950 ont été riches grâce à trois musiciens : le saxophoniste Sidney Bechet installé en France, le touche-à-tout amateur de swing Boris Vian, et le « fou chantant » Charles Trenet dont les chansons s’inspirent fortement du jazz. C’est dans ce contexte que se révèle le pianiste et chanteur Michel Legrand. Il adapte des standards de Cole Porter et, en 1958, le futur compositeur des "Demoiselles de Rochefort" enregistre même un disque avec Miles Davis et John Coltrane, "Legrand jazz" (1958).

Petit déjeuner chez Tiffany

Lorelei Lee, la petite écervelée qui adore les diamants dans "Les Hommes préfèrent les blondes" (1953), Lola, la danseuse de cabaret, du film de Demy (1961), et "Les Demoiselles de Rochefort" composent des portraits de femmes de l’époque, attirées par ce qui scintille. Ajoutons à la galerie, Holly, une Madame Bovary américaine, qui rêve devant la vitrine de Tiffany. Truman Capote brosse le portrait amer d’une provinciale à la fois starlette et call-girl rongée par des rêves factices. Elle aura à l’écran les traits pétillants d’Audrey Hepburn dans "Diamants sur Canapé".

Les Double Six

Pendant les années 1960, la chanson a fusionné avec le jazz. Charles Trenet et Serge Gainsbourg ont ouvert la voie, entre 1959 et 1964, un groupe vocal, Les Double Six, adapte en chanson française les morceaux de Count Basie et de Lionel Hampton, fait sonner les voix comme des instruments. L’habileté de la chanteuse Mimi Perrin, professeur d’anglais, et le brillant arrangeur Quincy Jones sont aux manettes. En trois albums, Les Double Six qui accueilleront les grands jazzmen français - Eddy Louiss, Bernard Lubat et Christiane Legrand - auront profondément marqué le paysage.

The Complete Edition

Michel Legrand n’a pas composé que des musiques de films. Il est auteur de chansons, et jazzman. Ses multiples facettes sont présentes dans ce coffret publié à l’occasion de son quatre-vingtième anniversaire. Evidemment, les cinéphiles écouteront en premier le disque consacré au cinéma pour y réentendre les thèmes célèbres du maître qui illustrent les œuvres de Jacques Demy (« la Chanson des jumelles » dans "Les Demoiselles de Rochefort"), "Un Eté 42" de Robert Mulligan, "Le Sauvage" de Jean-Paul Rappeneau, et "La Piscine" de Jacques Deray. Oui, mais chez Demy... !

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