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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Malcom X

6 thèmes | 18 oeuvres
Il y a cinquante ans, le 21 février 1965, Malcolm X était abattu à Harlem de seize balles tirées à bout portant. L’ex-mauvais garçon avait été converti à l’Islam en prison. Passionné, intense et électrique, il incarnait, face à Martin Luther King, l’autre aspect de la lutte pour les droits civiques, celui d’un nationalisme noir qui ne se contenterait plus des marches pacifistes et des sit-in, dans une Amérique secouée par les émeutes raciales. Adepte de l’autodéfense, parrain éloigné des Black Panthers, créées peu après sa mort, il demeure une figure révolutionnaire radicale et visionnaire, même s’il fut controversé, et à laquelle même Barack Obama n’a pas été insensible.

Blaxploitation

Dans les années 1960, les Afro-Américains reprennent en main leur Histoire, jusque-là écrite par les Blancs, et dressent eux-mêmes la chronique de leur quotidien, entre les abattoirs de Chicago et les bas-fonds crasseux de Harlem. La véritable trouvaille de la Blaxploitation –des films réalisés par des Noirs, avec des acteurs noirs-, en plus de convoquer les meilleurs musiciens pour réaliser les bandes-son, d’Isaac Hayes à Curtis Mayfield, c’est alors de détourner les codes et références du cinéma « blanc », avec des films comme « Blacula, le Vampire noir » ou « Black Caesar ».

Malcolm X

Pasteur, le père de Malcolm Little propageait les idées de Marcus Garvey… Tombé dans la délinquance, Malcolm est arrêté en 1946 et passe sept ans en prison. En sortant, il se débarrasse de son « nom d’esclave », pour devenir Malcolm X. En affirmant que « "la non-violence de Martin Luther King est la meilleure arme de l’homme blanc" », il se proclame noir et non pas américain. Tout en captant subtilement la personnalité d’un leader dont la pensée ne cesse d’évoluer, Spike Lee réconcilie toutefois les deux figures historiques en affirmant : « "Il existe davantage de similarités que de différences entre lui et Martin Luther King" ».

Retour en Afrique

Une enquête des deux flics fétiches de Chester Himes, Ed Cercueil et Fossoyeur, qui officient à Harlem... Un prédicateur prône le retour en Afrique, en récoltant les sommes versées par les « candidats », mais se voit piquer le magot... Dans son autobiographie, Chester Himes, qui avait passé sept années en prison dans les années 1930, avant de devenir écrivain, notait : « "L’Amérique m’a beaucoup fait souffrir (…). Quand je me suis défendu, grâce à l’écriture, elle a décidé de me tuer… Quand l’Amérique tue un nègre, il ne faut pas qu’il ressuscite" ». Or la voie littéraire est souvent une résurrection...

Les Nuits rouges de Harlem (Shaft)

John Shaft est un privé noir, marginal et séducteur, qui est chargé d’enquêter sur l’enlèvement de la fille d’un ponte de la mafia noire. La lutte armée entre Blancs et Noirs est ici traitée comme une affaire de grand banditisme. Film-emblème de la Blaxploitation, Shaft est aussi une plongée réaliste dans Harlem, à l’heure du funk et des coupes afro. La musique d’Isaac Hayes –couronnée par un Oscar- est un bijou aux paroles décalées et drôles, qui font ainsi l’éloge du héros : « "Who’s the black private dick/That’s a sex machine to all the chicks ?/Shaft !"”. A noter également la présence de Drew « Bundini » Brown, l’âme damnée de Muhammad Ali.

La loi de la rue

La rue est quasi-emblématique de l’histoire des Afro-Américains. C’est une frontière qui délimite les quartiers blancs et noirs, mais c’est aussi le lieu d’où fusent les révoltes. C’est encore le territoire de de la perdition, des plaisirs interdits vendus par les classes dangereuses… Une réputation qui date de l’époque où Harlem, dans les années 1920, proposait du charleston, des filles et du whisky de contrebande... Enfin, c’est à l’ « école de la rue » qu’auront été formés les plus « hard-boiled » des écrivains afro-américains, d’Iceberg Slim à Donald Goines, en passant par Chester Himes.

8 Mile

La « 8 Mile Road », c’est la frontière entre le quartier noir et le quartier blanc de Detroit. « Des deux côtés, c’est la pauvreté », souligne Eminem. Au-delà de prouver que les Blancs peuvent rapper aussi bien que les Noirs, ce film constitue aussi une monographie d’une ville en faillite, qui fait face à des problèmes sociaux et raciaux dont on dit qu’ils résument à eux seuls tous ceux de l’Amérique. Eminem, c’est aussi, dans la droite lignée de son compatriote Iggy Pop, l’incarnation d’un esprit « white trash », où peu importe le genre musical en lui-même.

Journal d’une fille de Harlem

Ce « roman » -on a du mal à croire que c’est de la fiction...-, qui a la forme d’un journal intime, s’ouvre sur ces mots : « "Nous avons déménagé. Maman n’aimait plus l’immeuble de la 118e rue, depuis qu’on a retrouvé Mrs R. égorgée dans les cabinets du 3e étage" ». Réalisme social éprouvant, entre la crasse et la violence de Harlem, et espoir aussi fou que tenace d’une jeune fille de 15 ans qui a décidé d’échapper à « ça »... Chef-d’œuvre.

Planet Rock The Album

Au début des années 1970, New York est au bord de la faillite, avec une criminalité endémique… Mais c’est aussi, sur un plan musical, une ville ultra-créative. Dans le South Bronx, des DJs tels que Kool Herc ou Grandmaster Flash animent des fêtes avec des rimeurs, en se branchant sur les réverbères, quand ils marchent. C’est là que se distingue l’ancien chef de gang Afrika Bambaataa, lors de mixes qu’il qualifie d’ « omnivores ». Les larrons inventent le "breakbeat" et le "hip-hop" et Afrika Bambaataa crée la Zulu Nation, qui veille à la paix et à l’esprit de fête.

Dernière Nuit sur terre

L’autobiographie d’un enfant noir pauvre devenu l’un des plus grands danseurs américains. Gamin, il vivait dans des camps d’ouvriers itinérants et faisait des concours de danse avec ses sœurs : « À cette époque, la danse était une impulsion. Marvin Gaye prenait le mot « baby », lançait le « a » en l’air, l’étirait longuement, lentement, et le remettait brusquement en place avec un petit cri et un sourire ». Son histoire est celle, finalement ordinaire, d’un enfant des sixties, qui a baigné dans un mélange typiquement américain, entre la Bible et Village Voice, Dylan et "La Case de l’Oncle Tom"...

Martin Luther King vs Malcolm X

Quand, en 1896, les États du Sud développent des « services séparés mais égaux », la violence contre les Noirs, lynchages inclus, est toujours plus terrifiante... Dans les années 1950, le pasteur King décide de se lancer dans la lutte pour les droits civiques de façon pacifiste, par des boycotts et des sit-in. Mais chanter « We Shall Overcome » ne suffit pas. Face à la réponse armée des policiers et même des « simples » citoyens blancs, Malcolm X fait rapidement des adeptes en réclamant le respect « "par tous les moyens nécessaires : ce sera le bulletin de vote, ou les balles de fusil." »

Malcolm X

Pasteur, le père de Malcolm Little propageait les idées de Marcus Garvey… Tombé dans la délinquance, Malcolm est arrêté en 1946 et passe sept ans en prison. En sortant, il se débarrasse de son « nom d’esclave », pour devenir Malcolm X. En affirmant que « "la non-violence de Martin Luther King est la meilleure arme de l’homme blanc" », il se proclame noir et non pas américain. Tout en captant subtilement la personnalité d’un leader dont la pensée ne cesse d’évoluer, Spike Lee réconcilie toutefois les deux figures historiques en affirmant : « "Il existe davantage de similarités que de différences entre lui et Martin Luther King" ».

Strange Fruit

« "Les arbres du Sud portent des fruits étranges/Qui les tâchent de sang, des feuilles à la racine/Des corps noirs qui se balancent dans le vent du Sud" ». Plus qu’une chanson, c’est un cri de douleur, alors que les lynchages de Noirs sont monnaie courante dans le Vieux Sud où sévit alors « Jim Crow », surnom –tiré d’une chanson de 1832- donné au racisme... Billie Holiday s’identifiera toute sa vie à cette complainte, pourtant écrite par un Blanc, Abel Meeropol.

Back In The USA

La sauvagerie rock n’roll de ce groupe proto-punk de Detroit reposait non seulement sur les guitares de Fred « Sonic » Smith et Wayne Kramer ou sur les diatribes politiques furibondes du chanteur Rob Tyner, mais aussi sur la personnalité d’un certain John Sinclair, manager-gourou du groupe, fondateur des « White Panthers », qui estimait que les Blancs devaient accompagner les Noirs dans leur combat contre l’Amérique oppressive. Sinclair rêvait d’une grande nation « arc-en-ciel », et son programme se résumait finalement à des fondamentaux assez basiques : « Rock n’ roll, dope et baise dans la rue ».

Négritudes

C’est à Paris que le concept de négritude s’est forgé, dans les années 1930, grâce à des poètes tels que Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire. Anticolonialiste, dénonçant autant le capitalisme que la notion d’exotisme, Césaire le définissait ainsi : « "C’est la simple reconnaissance du fait d’être Noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture" ». Le terme dépasse les frontières et, devenu le premier président du Sénégal indépendant, Senghor rendra même hommage aux militants afro-américains : «"Je chante Malcolm X, l’ange rouge de notre nuit" ».

Conversations avec moi-même

Le militant anti-ségrégation par excellence du XXe siècle... Emprisonné en 1964 pour incitation à la grève, puis condamné pour sabotage, complot et haute trahison, c’était bien de lutte pour les droits civiques dont il s’agissait. Il devra partager son Prix Nobel de la Paix avec le président Frederik de Klerk en 1993, après l’abolition de l’apartheid, et il restera toujours optimiste : « "Que chacune de nos aspirations prouve que Martin Luther King avait raison, quand il disait que l’humanité ne peut plus être tragiquement liée à la nuit sans étoiles, du racisme et de la guerre "».

Poèmes complets

Le Martiniquais Édouard Glissant (1928-2011), qui se considérait comme un poète du « chaos-monde », se distinguait des tenants de la négritude en affirmant une identité africaine impossible à délier de l’Histoire de l’Amérique. Créateur du concept d’ « antillanité » et attaché à la « créolité», il estimait que l’africanité appartenait aussi au monde caraïbe. Ses poèmes restent marqués par la violence de l’esclavage. Comme dans « La Traite » : « "On a cloué un peuple aux bateaux de haut bord, on a vendu, loué, troqué la chair" ».

Ligne de fracture

Dans la campagne profonde du Sud du Mississippi, entre les bras du fleuve, les bayous, les forêts de conifères et les sous-bois marécageux, on suit le destin de deux frères jumeaux élevés par une grand-mère qui a passé sa vie à frotter les planchers des maisons des Blancs. Ils ont un diplôme et cherchent du boulot, entre deux baignades et un joint... Mais ils sont noirs, dans un univers finalement étriqué, entre le racisme et la tentation de la délinquance. Une nouvelle voix puissante de la littérature afro-américaine, aux accents faulknériens.

Sports et politiques

En 1936, pour le sprinter Jesse Owens, gagner quatre médailles d’or à Berlin devient un acte politique à part entière, qui met en rage Hitler... Quand le boxeur Joe Louis, le 22 juin 1937, devient champion du monde poids lourds en envoyant au tapis James Braddock, il séduit même une partie de l’Amérique blanche. La victoire sportive permet désormais de poursuivre l’ « autre » combat : Mohamed Ali refusera de partir au Vietnam et l’année suivante, en 1968, les deux coureurs noirs montés sur le podium aux J.O. de Mexico lèveront le bras en l’air pendant l’hymne américain, en soutien aux Black Panthers.

Say it Loud - I’m Black and I’m Proud

Dans les années 1940, le rythm & blues était tellement méprisé qu’on l’appelait la « race music ». Il faudra un James Brown, élevé dans un bordel du Vieux Sud, ancien boxeur, pour donner des lettres de noblesse à une musique noire qui pouvait en même temps être sexy. Parmi les messages politiques du « Soul Brother Number One », il s’agissait d’abord de filer doux : « Don’t Be a Drop-Out » (… and Stay In School). Avant de poser les bases du funk et de le mettre au service de la « cause »… Black is beautiful.

Muhammad Ali The Greatest

Le 24 février 1964, Cassius Clay, qui n’a pas encore annoncé sa conversion à l’Islam, devient champion du monde des poids lourds en battant Sonny « Night Train » Liston. Pourtant, à cette époque, le fort en gueule qui ne laisse jamais passer une occasion de défier l’Amérique blanche est la propriété d’un consortium d’entrepreneurs blancs du Tennessee. « "Float like a butterfly, sting like a bee" ».

Une Amérique musulmane

Quand Elijah Muhammad prend, en 1934, la tête de Nation Of Islam, créée quatre ans plus tôt, l’organisation se radicalise et son chef plaide alors la cause d’un État noir séparé… Quand Malcolm X y adhère, on dénombre environ 100 000 Musulmans noirs aux États-Unis. L’Amérique blanche découvre alors que les leaders de la lutte pour les droits civiques ne sont pas uniquement des pasteurs protestants, et que même des stars comme Cassius Clay peuvent se convertir. C’est en 1964 que Malcolm X quitte Nation Of Islam, qu’il accuse de racisme, un mois avant d’accomplir son pèlerinage à la Mecque.

Malcolm X

Pasteur, le père de Malcolm Little propageait les idées de Marcus Garvey… Tombé dans la délinquance, Malcolm est arrêté en 1946 et passe sept ans en prison. En sortant, il se débarrasse de son « nom d’esclave », pour devenir Malcolm X. En affirmant que « "la non-violence de Martin Luther King est la meilleure arme de l’homme blanc" », il se proclame noir et non pas américain. Tout en captant subtilement la personnalité d’un leader dont la pensée ne cesse d’évoluer, Spike Lee réconcilie toutefois les deux figures historiques en affirmant : « "Il existe davantage de similarités que de différences entre lui et Martin Luther King" ».

Les Rêves de mon père

Quand il découvre les textes des écrivains noirs Richard Wright, James Baldwin ou Ralph Ellison, Barack Obama, fils d’immigré musulman –mais n’étant pas musulman lui-même-, est frappé par l’angoisse et le mépris de soi qu’ils renferment : « "Seule l’autobiographie de Malcolm X proposait autre chose. Ses actes répétés d’autocréation éveillaient un écho en moi ; la poésie brute de ses mots, sa manière directe d’exiger le respect faisaient apparaître un ordre nouveau et sans compromis" ». Obama n’a cessé, depuis, de promouvoir et défendre ce que l’écrivain haïtien René Depestre nommait le « métier à métisser ».

Muhammad Ali The Greatest

Le 24 février 1964, Cassius Clay, qui n’a pas encore annoncé sa conversion à l’Islam, devient champion du monde des poids lourds en battant Sonny « Night Train » Liston. Pourtant, à cette époque, le fort en gueule qui ne laisse jamais passer une occasion de défier l’Amérique blanche est la propriété d’un consortium d’entrepreneurs blancs du Tennessee. « "Float like a butterfly, sting like a bee" ».

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