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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

La loi des séries

6 thèmes | 19 oeuvres
Quand "Oz" a débarqué sur les écrans, ce fut un premier choc. Puis arrivèrent "Les Soprano", "Lost", "Deadwood", "Six Feet Under"... On n'avait pas vu une telle créativité depuis le cinéma de la fin des années soixante. "The Wire" (Sur Ecoute), Breaking Bad, ou récemment "True Detective" ont achevé de convaincre les derniers sceptiques : la télévision offre désormais des fictions d'un niveau et d'une liberté de ton qui font pâlir les réalisateurs de films les plus courus d'Hollywood. Les auteurs, désormais bombardés « showrunners », sont ainsi devenus les nouveaux patrons du dispositif de création. Ce sont eux qui redorent désormais le blason de « l'usine à rêves ». Les séries cultes ont même droit à une deuxième vie grâce à des « spin-off » tels que "Better Call Saul", qui remet en selle l'avocat pourri de "Breaking Bad". Previously on...

A l'origine était le verbe

Le point commun de toutes les séries remarquables est la qualité de l'écriture. Journaliste, enseignant, scénariste de profession, quelle que soit leur profession d'origine, tous les « showrunners » de talent sont avant toute chose des gens de lettres et de remarquables écrivains. Talent que l'on retrouve aussi bien dans la construction des récits que dans les dialogues. Du verbe à l'image... et retour.

True Detective

Avec la première saison de "True Detective", on atteint des sommets de sophistication dans la narration. L'intrigue à résoudre n'est ici qu'un prétexte pour nous faire pénétrer la psyché en complète décomposition des deux personnages principaux. L'ambiance, presque surréelle, n'est pas sans rappeler "Twin Peaks", ou les films de Jeff Nichols ("Take Shelter", "Mud"). L'impact de la première saison de True Detective est tellement fort, que les producteurs vont se permettre de tourner une nouvelle saison autour d'un nouveau duo de personnages. "True Detective", ou la première série qui se dissout pour (mieux ?) se recomposer.

True Detective
CVS
True Detective
Auteur: Pizzolatto, Nic
Edition: Warner Bros. Entertainment France S.a.s (prod.)

Baltimore

Si "The Wire" est si réaliste, si juste dans son observation des méthodes des flics, des truands ou des journalistes, c'est d'abord parce que David Simon, avant de créer la série, a été pendant dix ans reporter spécialisé dans le fait divers pour le « Baltimore Sun ». Pour écrire cette chronique « noire » de sa ville, soit une véritable plongée dans le quotidien des habitants qui peuplent les quartiers déshérités, David Simon a suivi pendant un an des inspecteurs d'une brigade chargée des homicides. Un récit de voyage au fond du chaudron, encore plus terrifiant – et désespérant, le plus souvent - que la série.

Hamlet - Othello - Macbeth

Tous les grands auteurs de séries l'affirment, David Simon ("Sur Ecoute", "Treme") en tête, c'est à la lecture des pièces des auteurs classiques (Tchekhov, Pirandello, Shakespeare...) qu'ils ont perfectionné la construction de leurs personnages et de leurs histoires. David Chase ("Les Soprano") cite William Shakespeare comme l'une de ses références principales, et David Milch (NYPD Blues, Deadwood) a été professeur de littérature anglaise à Yale. Indeed.

Autre temps, nouvelle économie

Le cinéma a d'abord rassemblé les gens dans les salles. Puis la télévision les a dispersés pour mieux leur imposer des programmes consensuels tronçonnés par la publicité. Ce sont les chaînes payantes par abonnement comme HBO ou Canal+, débarrassées de la nécessité de plaire au plus grand nombre – et de ne choquer personne - qui vont donner aux producteurs les moyens d'être audacieux. "Oz" est lancé en 1997 sur HBO, championne toutes catégories, puisqu'elle diffusera par la suite "Les Soprano", "Six Feet Under", "The Wire", ou encore "Game of Thrones". Aujourd'hui ce sont les plate-formes de distribution comme Netflix ("House of Cards") ou Amazon (Woody Allen) qui se lancent dans l'aventure. A suivre...

Des Hommes tourmentés - Le nouvel âge d'or des séries

Un portrait croisé de cinq créateurs de séries illustres ; David Chase ("Les Soprano"), David Simon ("The Wire") ou Matthew Weiner ("Mad Men"). Ceux que l'on appelle maintenant les « showrunners » gèrent des équipes gigantesques, disposent de budgets importants et sont devenus les vrais patrons. Tous ont en point commun d'être des écrivains qui ont réussi l'exploit d'imposer des histoires et des personnages qui feraient fuir en courant tous les producteurs à Hollywood. Ils ont ouvert ce que Brett Martin appelle « "le troisième âge d'or de la télé" » qui, selon l'auteur, « "a toujours été dominée par les écrivains, parce que la télé est un train qui ne s'arrête jamais, et ce sont les écrivains qui fournissent le charbon."»

La Télé, dix ans d'histoires secrètes

Si, à la fin des années quatre-vingt-dix, les créateurs ont pu développer pour la télévision des séries dont les personnages évoluent dans des univers entraperçus au cinéma, c'est parce que les chaînes payantes ont pu s'affranchir d'une partie de la pression exercée par les annonceurs publicitaires. Aux grandes chaînes nationales les programmes consensuels et la course aux audiences, aux nouvelles venues les prises de risque. En France, c'est Canal+ qui, en 1984, a secoué le petit écran. Mais l'histoire ne fut pas une promenade de santé, et le chemin qui mène aux Revenants ne fut pas de tout repos. Cependant quelle histoire !

Du héros à l'infréquentable

Quand il a été créé, en 1933, Superman n'avait pas de défaut, il incarnait l'ordre, la justice et la morale. Peu à peu, avec Chandler, Hammett et le film noir, jusqu'aux contre-cultures des années soixante, le « mal » n'est plus clairement identifiable et, histoire de rester crédible, celui qui le combat a, parfois, des comportements jugés limites par la morale. Cela donne l'Inspecteur Harry. On franchit carrément la ligne rouge avec Nicholas Brody, Dexter, Omar ou Saul Goodman. On ne s'identifie plus forcément au personnage dont on suit les aventures, et l'on ne cautionne plus ses actes : on contemple simplement sa chute.

Better Call Saul

La série commence six ans avant que Saul Goodman ne devienne l'avocat des personnages de "Breaking Bad", Jesse Pinkman et Walter White, chargés de blanchir l'argent sale tiré de la vente de la méthamphétamine qu'ils produisent. C'est alors un petit escroc tiré à quatre épingles qui rêve de jouer dans la cour des grands. Défenseur des plus immondes truands, il est doté d'une mauvaise foi phénoménale qui le rend aussi cynique qu'efficace. Où l'on retrouvera avec plaisir le presque sympathique Mike Ehrmantraut, ancien flic devenu homme de main du cruel Gustavo Fring, avant de devenir enquêteur pour Saul. En France, la série est annoncée sur Netflix.

OZ

"Oz", est la première série à révolutionner le genre, en 1997, deux ans avant "Les Soprano". Avec "Oz", le spectateur est plongé dans le chaudron d'une prison expérimentale américaine censée permettre aux détenus les plus durs de se réinsérer. Outre la diversité des personnages dans cette série sans réel personnage central récurrent, la fascination qu'exerce "Oz" vient du fait que l'univers carcéral est habituellement interdit à nos regards. Ce sentiment, renforcé par le parti pris du huis-clos, donne le sentiment de regarder, épisode après épisode, un échantillon des pires situations que la société américaine était capable de produire.

Homeland

Nicholas Brody, soldat américain otage d'Al-Qaïda pendant huit ans, est retrouvé, ramené au pays et fêté comme un héros. Mais Carrie Mathison, agent de la CIA spécialiste des questions liées au terrorisme islamique est persuadée que Brody a été « retourné » par ses ravisseurs et missionné pour préparer un attentat sur le sol américain. La vraie trouvaille de "Homeland "(adaptée de la série israélienne "Hatufim"), c'est d'avoir placé, en face de Brody possible agent double, Carrie Mathison, elle-même bipolaire ! Au-delà d'un formidable suspense qui ne cesse d'alimenter la paranoïa du téléspectateur à la manière de "24 heures chrono", "Homeland "livre une terrible charge contre les valeurs familiales américaines et la « real politique ».

Le Prisonnier

Devenue culte, cette série anglaise est un modèle de série paranoïaque. Diffusée entre 1967 et 1968 alors que la guerre froide laissait peu à peu la place à la « détente », le pitch reflétait bien le climat « atomique » de l'époque : un agent secret, enlevé par on ne sait pas qui, se retrouve dans un village balnéaire on ne sait où, dont personne ne peut sortir et où tout le monde porte un numéro. Patrick McGoohan – numéro 6 – incarne le slogan dans lequel pourra s'identifier toute une génération issue de la contre-culture : « "Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre !" »

Prise de contrôle

« "L'ancienne génération ne passait pas le témoin. Il a fallu le leur arracher" », résumera Spielberg pour raconter la prise de pouvoir des réalisateurs comme Michael Cimino, Francis F. Coppola, Brian De Palma... pour construire ce qu'on appellera « le Nouvel Hollywood ». Avec le déferlement des séries TV de qualité, on assiste depuis une quinzaine d'années à une nouvelle mutation : les auteurs sont devenus les vrais patrons. Ils en ont profité pour imposer leurs univers peuplés de trolls, de zombies, de patron d'agence de pub ou encore de prof de chimie au passe-temps un peu trouble. Et on voit maintenant les réalisateurs de films les plus passionnants s'intéresser à leur tour au petit écran !

The Knick

New York, 1900. Un jeune et brillant médecin, viscéralement anticonformiste, n'a pour seul objectif personnel que de faire avancer la médecine de son temps. Il s'y consacre jour et nuit en usant et abusant de la cocaïne, alors substance légale, pour rester éveillé et de l'opium pour trouver le repos... Réalisée par Steven Soderbergh ("Ocean 11"), "The Knick" (avec Clive Owen - "Inside man" - dans le rôle principal) décortique les différents éléments qui commencent à infecter la société américaine (corruption, morale hypocrite, racisme...) comme un chercheur examinerait des microbes dont il n'arriverait pas à stopper le développement. Une série historique aux thèmes on ne peut plus contemporains.

The knick
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The knick
Auteur: Begler, Michael
Edition: Esc Conseils & Distribution (prod.)

Le Parrain

C'est le modèle absolu. Celui des "Soprano "notamment. Au-delà de son côté « fresque », "Le Parrain" préfigure ce qui sera l'un des éléments fondamentaux de toutes les séries réussies, une plongée dans un univers que le spectateur croit « exotique », mais dans lequel tout se passe pourtant comme partout : conflits d'intérêt, jalousies, trahisons, bravoure, amour, valeurs qui s'effritent, rêves qui s'effondrent, et souvent impossibilité de revenir à une vie normale, de sortir de sa condition ou de sa « famille ». La condition humaine en fait.

Des Hommes tourmentés - Le nouvel âge d'or des séries

Un portrait croisé de cinq créateurs de séries illustres ; David Chase ("Les Soprano"), David Simon ("The Wire") ou Matthew Weiner ("Mad Men"). Ceux que l'on appelle maintenant les « showrunners » gèrent des équipes gigantesques, disposent de budgets importants et sont devenus les vrais patrons. Tous ont en point commun d'être des écrivains qui ont réussi l'exploit d'imposer des histoires et des personnages qui feraient fuir en courant tous les producteurs à Hollywood. Ils ont ouvert ce que Brett Martin appelle « "le troisième âge d'or de la télé" » qui, selon l'auteur, « "a toujours été dominée par les écrivains, parce que la télé est un train qui ne s'arrête jamais, et ce sont les écrivains qui fournissent le charbon."»

Seconds rôles

Les séries permettent de développer des histoires sans contrainte de temps. Elles en profitent pour faire la place belle aux personnages secondaires. A l'exemple de Jennifer Melfi, la psy de Tony Soprano, ils ne font pas qu'assister le héros, mais souvent ils le révèlent à lui-même. Ces personnages prennent parfois, de façon inattendue, une telle épaisseur, à l'instar de Saul Goodman, qu'ils deviennent le centre de gravité d'une nouvelle création. A quand un « spin- off » qui donnerait enfin le premier rôle à Miss Moneypenny ?

Better Call Saul

La série commence six ans avant que Saul Goodman ne devienne l'avocat des personnages de "Breaking Bad", Jesse Pinkman et Walter White, chargés de blanchir l'argent sale tiré de la vente de la méthamphétamine qu'ils produisent. C'est alors un petit escroc tiré à quatre épingles qui rêve de jouer dans la cour des grands. Défenseur des plus immondes truands, il est doté d'une mauvaise foi phénoménale qui le rend aussi cynique qu'efficace. Où l'on retrouvera avec plaisir le presque sympathique Mike Ehrmantraut, ancien flic devenu homme de main du cruel Gustavo Fring, avant de devenir enquêteur pour Saul. En France, la série est annoncée sur Netflix.

Fargo

Les séries qui nous fascinent ont quasiment toutes en commun de mettre en scène des personnages d'une grande banalité. Ce sont les situations auxquelles ils se trouvent confrontés qui vont les révéler à eux-même. C'est pourquoi, retrouver les personnages des films des frères Coen est à la fois une évidence et un coup de génie. "Fargo", et son casting de demeurés et de frustrés perdus au milieu d'un nulle part enneigé, en est le parfait exemple.

Lastman

Le manga japonais (récompensé cette année au Festival d'Angoulême en la personne de Katsuhiro Otomo, le créateur d'Akira), est le mètre étalon du principe de série, puisqu'il n'est pas rare de trouver des titres qui dépassent les cent tomes. Le trio Yves Balak, Michaël Sanlaville, Bastien Vivès a décidé d'en reprendre le principe de publication rapide (six tomes publiés depuis mars 2013) pour créer une série qui mélange baston, fantastique, aventure et « un truc un peu sexy ». Le succès est au rendez-vous : Prix de la Série à Angoulême cette année, deuxième saison à venir, jeu vidéo et animation en préparation.

  Livre Fiction
Last Man
Auteur: Balak (1979-....)
Edition: KSTR

Doggy bag

L'écriture de Philippe Djian a, dès le début ("Bleu comme l'Enfer" – 1983), inspiré les réalisateurs et attiré les lecteurs férus de cinéma. Lui-même grand amateur de littérature américaine, il était presque logique qu'il se consacre à l'écriture d'un roman construit comme une série. Avec son écriture très imagée, Philippe Djian a donc découpé son récit en épisodes et les a truffés de rebondissements, personnages déjantés et situations improbables. Les séries TV empruntent au modèle du feuilleton et des grands dramaturges, à leur tour, les écrivains s'en inspirent pour insuffler un vent nouveau à leurs histoires.

Vies ordinaires

Que ce soient l'hôpital, la prison, les pompes funèbres, ou le cabinet d'un psychiatre, la série investit souvent les lieux – et les obsessions - de notre vie quotidienne. Elle se déroule en bas de chez nous. C'est peut-être même la clé de la réussite de "Plus Belle la Vie", qui, entre la salle d'attente du médecin et le café du coin, traite des problèmes domestiques, de l'homosexualité honteuse, de la solitude des personnes âgées. L'épicentre de "Breaking Bad" n'est pas le labo clandestin abrité dans les sous-sols de la blanchisserie, mais le domicile familial des White : c'est là que tout se joue, se noue et se dénoue. Avec nos illusions, nos névroses ou nos espoirs, nous sommes tous des personnages de série.

Les Revenants

Cinq morts sonnent à la porte de leurs proches sans avoir pris conscience qu'ils sont morts, pour certains depuis des dizaines d'années : une mère voit ainsi débarquer l'une de ses filles jumelles, décédée quatre ans auparavant et qui s'excuse de son retard pensant s'être perdue en forêt... Et puis, à mesure que tout le monde essaie de s'adapter à cette situation nouvelle, les éléments de la vie de tous les jours commencent à se dérégler. Adaptée du film de Robin Campillo, "Les Revenants" diffuse une angoisse qui naît du contraste entre cette situation exceptionnelle et le cadre on ne peut plus serein de cette petite ville de montagne dans laquelle ces revenants, qui ont tous l'air d'être en parfaite santé, essaient de se réintégrer. Ou est-ce les vivants qui essaient de se réadapter ?

Les revenants
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Les revenants
Auteur: Gobert, Fabrice
Edition: Universal Pictures Video (prod.)
Collection: Canal+, créateur original

Fargo

Les séries qui nous fascinent ont quasiment toutes en commun de mettre en scène des personnages d'une grande banalité. Ce sont les situations auxquelles ils se trouvent confrontés qui vont les révéler à eux-même. C'est pourquoi, retrouver les personnages des films des frères Coen est à la fois une évidence et un coup de génie. "Fargo", et son casting de demeurés et de frustrés perdus au milieu d'un nulle part enneigé, en est le parfait exemple.

The Knick

New York, 1900. Un jeune et brillant médecin, viscéralement anticonformiste, n'a pour seul objectif personnel que de faire avancer la médecine de son temps. Il s'y consacre jour et nuit en usant et abusant de la cocaïne, alors substance légale, pour rester éveillé et de l'opium pour trouver le repos... Réalisée par Steven Soderbergh ("Ocean 11"), "The Knick" (avec Clive Owen - "Inside man" - dans le rôle principal) décortique les différents éléments qui commencent à infecter la société américaine (corruption, morale hypocrite, racisme...) comme un chercheur examinerait des microbes dont il n'arriverait pas à stopper le développement. Une série historique aux thèmes on ne peut plus contemporains.

The knick
CVS
The knick
Auteur: Begler, Michael
Edition: Esc Conseils & Distribution (prod.)
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