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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Antoine Bello

5 thèmes | 18 oeuvres
A cheval entre la France et les Etats-Unis, Antoine Bello écrit sur la façon dont les mots et la culture façonnent notre vision du monde. Avec "Les Falsificateurs", suivi des "Eclaireurs" (Prix France Culture – Télérama), Antoine Bello a construit un univers stupéfiant dans lequel les agissements des agents du Consortium de falsification de la réalité (le CFR), nous font douter du réel dans lequel nous vivons. Pour patienter, en attendant le troisième volet des aventures de Sliv, l’agent du CFR, à sortir début 2015, Antoine Bello nous livre son parcours des œuvres qui l’ont influencé. Attention, sous la surface lisse des évènements se cache parfois une troublante vérité. Mais, de quelle vérité parle t-on exactement ? ...

La falsification

J’adore les films d’arnaque, ceux où l’on découvre que le Picasso volé était sous notre nez depuis le début. Mon roman "Enquête sur la disparition d’Emilie Brunet" est un hommage (caché) à "La lettre volée", le chef d’œuvre de Poe. Je crois avoir, comme romancier, une certaine facilité à brouiller les pistes. Mes lecteurs me félicitent souvent pour ma documentation sans se rendre compte que j’en ai inventé la moitié. Ecrire un article truffé de citations de faux experts me semble la chose la plus aisée du monde !

Les Falsificateurs

Sliv Dartunghuver, un jeune Islandais diplômé en géographie, entre au service du CFR, une organisation secrète internationale qui falsifie la réalité et réécrit l’Histoire. Il n’aura de cesse de découvrir qui sont les dirigeants du CFR et surtout quel but ils poursuivent. "Les Falsificateurs" sont, à la fois, un roman d’initiation, une réflexion sur l’actualité et une ode au pouvoir des mots et de la littérature. Paranoïaques s’abstenir ! Mes lecteurs me disent qu’ils ne lisent plus le journal de la même façon. Je le prends comme un grand compliment.

La Prisonnière espagnole

Chez David Mamet, que ce soit dans ses pièces, ses scénarios ou ses films, les choses ne sont jamais tout à fait ce que l’on croit. Dans ce film de 1997, injustement méconnu, Steve Martin tente de déposséder un jeune ingénieur du procédé industriel révolutionnaire qu’il a inventé en le manipulant de bout en bout.

Usual Suspects

Quand j’ai vu "Usual Suspects" à sa sortie, j’ai pensé au "Meurtre de Roger Ackroyd", ce roman d’Agatha Christie où le narrateur se révèle être l’assassin. Il existe une sorte de pacte tacite entre l’artiste et le public, qui veut que le narrateur dise toujours la vérité et qu’on puisse toujours lui faire confiance. C’est évidemment idiot. Transgresser ce tabou ouvre des possibilités immenses. Je m’y suis personnellement essayé dans "Enquête sur la disparition d’Emilie Brunet".

La Taupe

"A mon sens, le Balzac du XXème siècle, même si son univers est plus restreint. Il explore le monde de l’espionnage sous toutes ses facettes, nous donne à voir la trouille de l’agent de terrain comme le cynisme du Foreign Office, la complexité des opérations de renseignement modernes et le désarroi des démocraties occidentales suite à l’effondrement du Mur de Berlin. Je tiens personnellement "La Taupe" pour le chef-d’œuvre de Le Carré mais il vaut mieux commencer par "L’espion qui venait du froid", plus court et plus accessible."

Le pouvoir des mots

Je crois comme Borges que nous sommes inscrits dans les mots. Au commencement était le Verbe. Tout ce que nous faisons, disons, pensons, est écrit quelque part (le thème de "La bibliothèque de Babel"). Les dossiers de Sliv, ces scénarios auxquels il s’efforce de donner corps, sont une métaphore du pouvoir du romancier, qui peut faire advenir n’importe quelle réalité par le pouvoir de sa plume.

Usual Suspects

Quand j’ai vu "Usual Suspects" à sa sortie, j’ai pensé au "Meurtre de Roger Ackroyd", ce roman d’Agatha Christie où le narrateur se révèle être l’assassin. Il existe une sorte de pacte tacite entre l’artiste et le public, qui veut que le narrateur dise toujours la vérité et qu’on puisse toujours lui faire confiance. C’est évidemment idiot. Transgresser ce tabou ouvre des possibilités immenses. Je m’y suis personnellement essayé dans "Enquête sur la disparition d’Emilie Brunet".

Le Magnifique

On connaît le propos : l’écrivain raté François Merlin se met en scène dans ses livres sous les traits de Bob Saint-Clar, l’agent secret à qui tout réussit. Le film va et vient entre les deux univers qui s’interpénètrent peu à peu. Ne prétendons pas qu’il s’agit d’un grand film : il s’essouffle vite et verse dans le foutraque. Mais quel bonheur de voir Bebel régler son compte à son électricien (Jean Lefebvre) en enfonçant les touches de sa machine à écrire !

Les Cent Vingt Journées de Sodome

“"C'est maintenant, ami lecteur, qu'il faut disposer ton cœur et ton esprit au récit le plus impur qui ait jamais été fait depuis que le monde existe..."” On a tout dit des "Cent Vingt Journées de Sodome" : catalogue des perversions humaines, fable sur l’exploitation des corps, condamnation de l’Ancien Régime. Pour moi, les Journées traitent avant tout du pouvoir des mots et de l’imagination. Embastillé, à bout de nerfs, Sade s’évade toutes les nuits de son cachot en couchant, dans une langue sublime, sur une bande de parchemin le récit des turpitudes qu’il aimerait infliger à ses geôliers. Le destin rocambolesque de ce manuscrit inachevé (car fondamentalement inachevable) ajoute à son mythe : perdu en 1789, (“j’en ai pleuré des larmes de sang”, dira Sade), retrouvé un siècle plus tard, il est publié sous le manteau avant de connaître la consécration.

  Livre Fiction
Les 120 journées de Sodome ou l'Ecole du libertinage
Auteur: Sade, Donatien Alphonse François de (1740-1814)
Edition: 10/18
Collection: 10/18

Racines et influences

Comme tous les écrivains, j’écris les livres que j’aimerais lire. Et les livres que j’aime sont ceux qui me procurent du plaisir, me font éprouver une forme de jubilation gourmande. Je ne me suis jamais forcé à finir un livre qui ne me plaisait pas ; je n’ai jamais lu un auteur parce qu’il fallait l’avoir lu. Il y a un côté Tintin dans les Falsificateurs que j’assume pleinement. Sliv est délicieusement inconscient, il saute d’un continent à l’autre, imagine des scénarios abracadabrants sur les sujets les plus variés. Il me ressemble évidemment.

La Tante Julia et le scribouillard

Marito, le narrateur, veut devenir écrivain et tombe amoureux de sa tante. Pedro Camacho tient le Pérou en haleine avec ses feuilletons radiophoniques. Hélas, victime de surmenage, il commence à s’emmêler dans ses récits, à ressusciter des personnages disparus et à briser tous les codes d’une bonne histoire... Un roman jubilatoire, bien adapté (une fois n’est pas coutume) au cinéma avec Peter Falk dans le rôle de Camacho.

Vertigo (Sueurs froides)

Mon film préféré. Le mariage parfait de la forme (la cinématographie de Hitchcock, la musique de Bernard Herrmann, la beauté de San Francisco) et du fond (le scénario diablement astucieux de Boileau-Narcejac, les thèmes du double et de la fatalité). A lire absolument, la critique de Chris Marker, la plus intelligente, peut-être, que j’ai jamais lue sur un film.

Fictions

Le livre que j’emporterai sur une île déserte : car c’est un livre vertigineux et inépuisable qui contient tous les livres ; car il a été écrit par un homme qui vivait dans sa tête et que c'est une faculté qu'il n'est sans doute pas inutile de développer quand on est seul au monde ; car la langue de Borges, tellement subtile, élégante, jubilatoire, me ravira toujours.

Le petit bleu de la côte ouest

Un immense styliste doublé d’un grand subversif. Je le relis régulièrement pour son rythme, la précision de son vocabulaire, ses effets de manche (ah, le « il attendait que les choses se tassassent » !). Restez en revanche à l’écart du film ("Trois hommes à abattre", de Jacques Deray), avec un Delon totalement à contre-emploi dans le rôle de Georges Gerfaut.

Romans d’initiation

J’avais écrit, en 1999, une première mouture des "Falsificateurs" que j’ai mise dans un tiroir. J’essayais de faire trop de choses à la fois : d’écrire un roman d’espionnage doublé d’un roman d’initiation, un pastiche et un livre à thèse, de me plier aux codes et de les briser en même temps. Quand j’ai repris mon manuscrit sept ans plus tard, j’ai choisi de me concentrer sur le roman d’initiation en essayant de répondre à la question : peut-on s’épanouir professionnellement dans une organisation sur laquelle on n’a aucun contrôle ?

Les Falsificateurs

Sliv Dartunghuver, un jeune Islandais diplômé en géographie, entre au service du CFR, une organisation secrète internationale qui falsifie la réalité et réécrit l’Histoire. Il n’aura de cesse de découvrir qui sont les dirigeants du CFR et surtout quel but ils poursuivent. "Les Falsificateurs" sont, à la fois, un roman d’initiation, une réflexion sur l’actualité et une ode au pouvoir des mots et de la littérature. Paranoïaques s’abstenir ! Mes lecteurs me disent qu’ils ne lisent plus le journal de la même façon. Je le prends comme un grand compliment.

Les Thibault

Cette saga familiale, lue à 18 ans, m’a profondément marqué. Je me suis identifié aux deux personnages principaux : Antoine, l’homme d’action pressé et sûr de lui, Jacques, l’écrivain plus secret qui sacrifiera sa vie pour son idéal. La description de la montée vers la guerre de 14 est éblouissante.

Les Hommes de bonne volonté

Ces "Hommes de bonne volonté", lus à 20 ans, (23 tomes tout de même !) m’ont profondément marqué. Des dizaines de personnages vivent et meurent sous nos yeux, sans arriver à accomplir la moitié de ce qu’ils rêvaient de faire durant la jeunesse. Je me souviens m’être promis de ne jamais perdre de vue mes grands objectifs – il est si facile de se disperser. J’aime cette littérature française de l’entre-deux-guerres, les Romains, Martin du Gard ou Rolland qui n’avaient pas honte de raconter des histoires, d’une plume alerte et pour autant subtile.

Vivre dans sa tête

J’ai toujours été fasciné par le thème du prisonnier ou du paralytique qui continuent à vivre dans leur tête. On pense aussi à des théories philosophiques, l’idéalisme ou le solipsisme (« et si le monde qui m’entoure était un produit de mon imagination ? ») ou à des films comme "Matrix". Je me débrouille pour parler du cerveau dans tous mes livres ou presque.

Atlas socio-économique des pays du monde

Ou son équivalent américain, le "CIA World Factbook", remis à jour chaque année. J’adore les statistiques économiques et démographiques, souvent plus éloquentes qu’un long discours. Dixit Sliv dans "Les Falsificateurs" : « Je mémorise, sans difficulté, les indicateurs démographiques et économiques, moins bavards et paradoxalement plus évocateurs que les descriptions souvent oiseuses des anthropologues. Mon imagination vagabonde plus volontiers en apprenant que la population de la ville chinoise de Shenzhen est passée de 30 000 à 3 millions d’habitants en vingt ans qu’en lisant dans la presse magazine que « les rues grouillent d’hommes d’affaires ». Comment dès lors ne me serais-je pas entendu avec Ramirez, lui qui pour dire « il fait beau » déclarait « la température est de 27 degrés centigrades et la pression atmosphérique s’est stabilisée autour de 1 020 millibars » ? »

Le Magnifique

On connaît le propos : l’écrivain raté François Merlin se met en scène dans ses livres sous les traits de Bob Saint-Clar, l’agent secret à qui tout réussit. Le film va et vient entre les deux univers qui s’interpénètrent peu à peu. Ne prétendons pas qu’il s’agit d’un grand film : il s’essouffle vite et verse dans le foutraque. Mais quel bonheur de voir Bebel régler son compte à son électricien (Jean Lefebvre) en enfonçant les touches de sa machine à écrire !

Le scaphandre et le papillon

On peut être emprisonné ou assigné à résidence. Ou on peut être carrément enfermé dans son corps, comme Jean-Dominique Bauby, entièrement paralysé à la suite d’un accident de voiture. Douloureusement interprété par Matthieu Amalric dans le film de Schnabel, Bauby dicte un livre en clignant la paupière. Il s’éteint quelques jours après avoir fini son manuscrit, comme si seul le besoin de témoigner l’avait tenu en vie.

Le Joueur d’échecs

Un prisonnier de la Gestapo se morfond dans sa cellule quand il met la main sur un recueil des plus grandes parties d’échecs de l’histoire. Il en a vite fait le tour et, faute d’échiquier, se met à disputer mentalement des parties... contre lui-même. A rapprocher de l’étourdissante scène finale du film de Richard Dembo, "La diagonale du fou", où, dans une chambre d’hôpital, Michel Piccoli et Alexandre Arbatt s’affrontent dans un blitz virtuel.

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