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Médiathèque départementale des Deux-Sèvres

Erik Truffaz

5 thèmes | 14 oeuvres
Entre deux dates de tournées, deux projets musicaux et deux interviews pour promouvoir son nouvel album "Doni Doni", le trompettiste Erik Truffaz nous donne quelques clés de son monde. « Cela fait vingt ans que j’enregistre des disques. Pour ne pas faire n’importe quoi ou toujours faire la même chose, je me dois de trouver un fil conducteur pour chacun d’entre eux, une forme originale qui s’y rapporte. C’est ma façon d’exister artistiquement... Je vis dans le présent et le futur. Quand, par hasard, je regarde dans le passé, c’est pour éviter de refaire des choses que j’ai déjà faites. »

Avant et Après

Pour moi, il y a eu l’avant et l’après Ingmar Bergman, comme il y a eu l’avant et l’après Proust ou l’avant et l’après Miles Davis.

À la Recherche du temps perdu

« "La Recherche", je m’y suis mis tard, à l’âge de cinquante ans, mais, depuis, je n’arrête pas de le lire. C’est vrai que ça peut faire un peu prétentieux de dire ça, mais, le matin, je lis quelques phrases de Proust et ça me fait réfléchir. Ça peut me donner des éclairages sur des tas de choses, comme sur la façon de me comporter en société, sur la musique, sur l’Art… Comme l’écriture est poétique, elle me permet d’avoir un regard poétique sur le monde. Quand je regarde un vieux bâtiment à Paris, par exemple, je me rappelle une phrase de Proust et, du coup, le vois différemment ».

Un ange à ma table

« L’un de mes films préférés, je l’ai vu plusieurs fois. L’histoire de départ, tirée d’un livre de Janet Frame que j’ai lu aussi, est vraie ; elle m’a ému. C’est celle d’une jeune fille placée en hôpital psychiatrique par des parents qui la trouvent trop sensible. C’est un long film avec une lumière incroyable. Aussi bien dans les scènes tournées en Nouvelle-Zélande, que dans celles qui se passent en Grèce. Là, tout est y beau, elle tombe amoureuse ».

Scènes de la vie conjugale

« Le premier film qui m’ait véritablement bouleversé. J’avais été le voir à treize ans, à Genève, en pensant, à cause du titre, que ça allait être un film érotique… Ça n’avait évidemment rien de pornographique et j’ai pris une grosse claque en le voyant. Parce qu’avec, j’ai compris que le monde des adultes, celui des parents, n’était pas aussi simple que je me l’imaginais jusque-là ! La vie du coup me paraissait nettement moins simple ».

Masque sociologique

Goodis, c’est comme Proust, mais dans le milieu opposé. Tous deux décrivent le masque sociologique.

La Lune dans le Caniveau

« J’aime beaucoup Goodis qui, pour moi, est un maître du polar. J’ai d’ailleurs donné à l’un de mes morceaux le titre d’un de ses livres, "Beauté Bleue". J’ai choisi "La Lune dans le Caniveau", parce que c’est son livre le plus populaire. Mais, en réalité, tout est bien chez lui, ses nouvelles aussi... Ce qui me plaît dans Goodis, comme par exemple dans Dennis Lehane, c’est le côté « Noir Sociologique » et le fait que leurs livres parlent de ce qui se passe réellement dans les bas-fonds, ça parle du peuple... »

À la Recherche du temps perdu

« "La Recherche", je m’y suis mis tard, à l’âge de cinquante ans, mais, depuis, je n’arrête pas de le lire. C’est vrai que ça peut faire un peu prétentieux de dire ça, mais, le matin, je lis quelques phrases de Proust et ça me fait réfléchir. Ça peut me donner des éclairages sur des tas de choses, comme sur la façon de me comporter en société, sur la musique, sur l’Art… Comme l’écriture est poétique, elle me permet d’avoir un regard poétique sur le monde. Quand je regarde un vieux bâtiment à Paris, par exemple, je me rappelle une phrase de Proust et, du coup, le vois différemment ».

Premières sensations

"À La Recherche du Temps perdu" est basé sur l’idée de retrouver les sensations éprouvées pendant l’enfance ou l’adolescence. C’est la même chose aujourd’hui pour moi avec la musique. Pour que je cautionne une nouvelle composition musicale, il faut que je ressente quelque chose qui soit proche de ce que j’ai ressenti quand j’étais adolescent.

À la Recherche du temps perdu

« "La Recherche", je m’y suis mis tard, à l’âge de cinquante ans, mais, depuis, je n’arrête pas de le lire. C’est vrai que ça peut faire un peu prétentieux de dire ça, mais, le matin, je lis quelques phrases de Proust et ça me fait réfléchir. Ça peut me donner des éclairages sur des tas de choses, comme sur la façon de me comporter en société, sur la musique, sur l’Art… Comme l’écriture est poétique, elle me permet d’avoir un regard poétique sur le monde. Quand je regarde un vieux bâtiment à Paris, par exemple, je me rappelle une phrase de Proust et, du coup, le vois différemment ».

Quintette de Schubert pour deux violoncelles

« Le premier disque classique que je me suis acheté. J’ai un souvenir extraordinaire de l’écoute. C’est une œuvre majestueuse avec des contrastes rythmiques incroyables. Schubert est un compositeur qui a fait le trait d’union entre Mozart et la musique plus moderne. Déjà, la forme quintette est originale, puisque, à l’époque, on composait pour les quatuors. C’est une musique que j’adore, parce qu’elle nourrit l’espace sonore en l’améliorant ».

Mingus Ah Um

« Pour moi, "Ah Um", c’est au niveau répertoire un disque de tubes, comme peut par exemple l’être en musique pop "Help" des Beatles. C’est un modèle, le genre de chose que je cherche à faire. En fait, il y a trois albums de jazz que j’écoute régulièrement quand par exemple je suis en vacances : "Mingus Ah Um", "Milestones" et "Porgy & Bess" de Miles Davies, orchestré par Gil Evans, qui est un disque parfait. Je préfère les réécouter en vinyle. Cela correspond mieux à ma culture : celle de quelqu’un qui a cinquante-cinq ans et qui écoute de la musique depuis l’âge de douze ans. Il y a moins de mediums aigus dans le son qui est plus équilibré ».

Rythme

Que ce soit dans le domaine de l’écriture, de la musique, du cinéma, ou même des séries TV, les Américains sont bons parce qu’ils sont entièrement dans le rythme. Lorsque, par exemple, je vais à New York, j’écoute des musiques qui ne m’intéressent pas toutes, mais je reconnais qu’elles sont toujours rythmiquement parfaites.

Doni Doni

« Sur "Doni Doni", je voulais qu’il y ait quelques rythmiques africaines et la chanteuse africaine Rokia Traoré. Avec mon quartet, nous avions fait un spectacle, créé à Johannesburg avec une compagnie de danse. Nous avons été imbibés par cette expérience forte, et cela ressort sur l’album. Il est logique qu’un musicien soit influencé par ce qu’il vit. Les morceaux plus groovy, aux influences américaines, du disque viennent plus de notre bassiste Marcello Giuliani et de notre batteur, Arthur Hnatek, qui habite New York ».

Doni doni
GAM
Doni doni
Auteur: Truffaz, Erik (1960-....)
Edition: Warner music

Pourfendeur de Nuages

« Russell Banks, c’est pour moi le sommet du scénario… Ce qui m’intéresse dans la littérature américaine, c’est la différence. Elle m’embarque dans des univers qui sont très loin de ma vie, me permet de m’échapper. Elle est rythmée. Quand on lit "Pourfendeur de Nuages", on n’est jamais au repos, on ne s’ennuie jamais, ou quand il y a une pause, c’est pour mieux repartir après… C’est toujours savamment dosé. Mais ce qui est vrai pour Banks l’est aussi pour Jack London et des tas d’autres écrivains américains ».

La Rage de Vivre

« Le plus souvent, ce sont les cinéastes américains qui captent le mieux les liens entre les gangsters et le jazz. Mais « Mezz » Mezzrow l’a aussi très bien fait dans "La Rage de Vivre", que j’ai relu récemment et qui est un très joli livre. Je suis un croqueur de biographies et d’autobiographies de musiciens de jazz. Je trouve, par exemple, que celle de Dizzy Gillespie est lumineuse. Ce qui m’embête quand même un peu avec le genre, c’est que l’accent est souvent mis sur les histoires de déchéance et de drogue plus que sur la vie du musicien en général ».

Scénarios

Selon moi, un disque, c’est comme un film ou un livre, il doit obéir à un scénario de départ. Les Américains sont les plus forts quand il s’agit de les écrire. Ils savent raconter des histoires.

Pourfendeur de Nuages

« Russell Banks, c’est pour moi le sommet du scénario… Ce qui m’intéresse dans la littérature américaine, c’est la différence. Elle m’embarque dans des univers qui sont très loin de ma vie, me permet de m’échapper. Elle est rythmée. Quand on lit "Pourfendeur de Nuages", on n’est jamais au repos, on ne s’ennuie jamais, ou quand il y a une pause, c’est pour mieux repartir après… C’est toujours savamment dosé. Mais ce qui est vrai pour Banks l’est aussi pour Jack London et des tas d’autres écrivains américains ».

Journal d’un vieux dégueulasse

« Découvert quand j’avais vingt ans, ce qui n’était pas ni trop tôt ni trop tard pour apprécier. J’adore Charles Bukowski. J’ai tout lu deux fois. J’ai commencé par les "Mémoires d’un vieux dégueulasse" et ai été happé par la véracité, l’honnêteté et l’humour. J’aime les écrivains qui « mettent la main à la pâte », ceux qui, comme lui, « parlent du sale ». À le lire, il donne l’impression que l’on pourrait très facilement faire partie de son monde... Ce n’est pas le Bukowski qui fait un scandale à Apostrophe et qui pince les fesses des filles qui est intéressant ».

La Lune dans le Caniveau

« J’aime beaucoup Goodis qui, pour moi, est un maître du polar. J’ai d’ailleurs donné à l’un de mes morceaux le titre d’un de ses livres, "Beauté Bleue". J’ai choisi "La Lune dans le Caniveau", parce que c’est son livre le plus populaire. Mais, en réalité, tout est bien chez lui, ses nouvelles aussi... Ce qui me plaît dans Goodis, comme par exemple dans Dennis Lehane, c’est le côté « Noir Sociologique » et le fait que leurs livres parlent de ce qui se passe réellement dans les bas-fonds, ça parle du peuple... »

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